AIR
La vie de l'homme se passe tout entière dans l'enveloppe gazeuse du globe terrestre, c'est-à-dire dans l'atmosphère, dont l'influence sur la voix est variable suivant ses qualités physiques (température, densité, électricité, vents) ou sa pureté chimique. Cette dernière en eff'et peut être altérée par la présence accidentelle d'éléments étrangers, provenant de substances susceptibles de s'évaporer (eau, gaz, matières volatiles), ou de substances pulvéï'ulentes (poussières).
A. La qualité physique de l'air à laquelle l'homme est le plus sensible, c'est le degré de chaleur ou de froid, c'est-à-dire la température. Les dilTérences entre les divers degrés de chaleur constituent les variations, qui sont régulières ou accidentelles, lentes ou brusques, insensibles ou intenses.
La Icmpéralure subit par diverses causes des variations régulières suivant les heures de la journée, suivant les saisons, etc.; en additionnant les plus hautes et les plus basses températures d'une époque, et en divisant par le nombre des observations, on obtient la température moyenne. On établit de cotte manière les températures moyennes de la journée owdiurnes, de l'hiver ou hivernales, de Vélé ou estivales et les annuelles. Les lignes qui réunissent les différents points du globe dont la température moyenne annuelle est la même sont appelées lignes isothermes.
B. L'exercice régulier de toutes les fonctions exige une température modérée, de 15 à 18 degrés; ces limites toutefois peuvent être dépassées de quelques degrés, suivant les habitudes et la susceptibilité, sans amener des troubles.
La voix s'exerce régulièrement, quelque soit le degré de température à la quelle on est habitué, mais des troubles se manifestent dès que le froid ou la chaleur déterminent de vives impressions. Quand on a trop chaud, la respiration se ralentit, on étouffe; la voix est faible, traînante et manque de tout éclat. Le chant des nègres et des Arabes est monotone, privé de toute vigueur. Quand oq a froid on ti^emble, et la voix est également tremblante, mal posée. C'est en été que les Alpes retentissent du chant des montagnards, qui vont silencieux en hiver à la chasse.
Lesmm^towslentes delà tempéi\atui^e n'exercent aucune influence sur la voix ; mais il n'en est pas de môme lorsqu'elles sont bi^usques ou intenses.
La brusque élévation de la température détermine des congestions vers la poitrine ou la tète ; les muqueuses s'engorgent, la voix se voile. On s'enroue facilement lorsque, par un froid rigoureux, on pénètre de la rue dans un salon très-chaud.
Des conséquences bien plus sérieuses peuvent résulter d'un brusque abaissement de la température ; ce sont des états inflammatoires des organes de la voix et que l'on désigne sous le nom de refroidissement. Il peut survenir en toute saison, au milieu de l'été le plus chaud aussi bien qu'en hiver, et à toute heure de la journée.
L'intensité du refroidissement et la facilité avec laquelle il se produit dépendent de la promptitude avec laquelle se déclare l'abaissement de la température et de son intensité. Toutefois il n'est pas absolument nécessaire que les températures qui se succèdent soient extrêmes ; la succession brusque de températures habituelles suffit pour faire naître un refroidissement.
D'un autre côté, les effets se mesurent aux forces générales, cà la susceptibilité, à l'âge, aux habitudes, à la prédisposition, etc. Un enfant s'enrhume plus facilement que l'homme adulte, une jeune fille délicate plutôt qu'un marin ou un chasseur.
Une conditioncepcndantqui domine toutes celles que nous venons d'indiquer, c'est l'intensité de la
TEMPÉRATURE. IbJ
iranspiralion cl de la pcrspiration cutanées et pulmonaires au moment de l'abaissement de la température. C'est par la peau des pieds, du thorax, du cou, par les muqueuses du nez et surtout par celles de la bouche que se gagne le refroidissement. Une brusque variation de quelques degrés dans la température suffit alors pour déterminer les phénomènes morbides, attribués vulgairement à « une sueur rentrée » ; les suites seront d'autant plus accusées que la transpiration a été plus active. On peut être insensible à des variations d'un certain degré, lorsque les muqueuses ont été au repos, tandis que l'on en subit l'influence fâcheuse lorsque le corps est en transpiration et les muqueuses congestionnées. L'air froid aspiré par la bouche n'a pas le temps de se. réchauff'er, tandis que celui qui est obligé de traverser les diverses cavités du nez arrive déjà échauff'é dans l'arrière-bouche.
Dès qu'un refroidissement s'est produit, il survient dans la plupart des cas un léger mouvement fébrile, de la lassitude et de l'inappétence ; d'autres symptômes s'y joignent, variables suivant la région particuUèrement affectée. On dit alors que l'inflammation est à l'état aigu, sa durée moyenne si les soins apportés n'en abrègent la marche, ou ne la font avorter, est de quelques jours jusqu'à deux ou trois semaines. L'afl'ection devient chronique lorsque l'altération organique du tissu en-
m MANUEL DE L'HYGIÈNE DE LA VOIX.
flammé persiste pendant des semaines et des mois entiers, malgré la disparition des symptômes généraux, tels que la fièvre, le mal de tête : le mal, de simple surnuméraire, devient fonctionnaire attitré.
Cependant, il ne faut pas supposer que toute affection chronique est la conséquence d'un état aigu qui l'aurait précédée ; elle peut aussi sedéyelopper insensiblement, d'une manière msidieuse, par le mécanisme défectueux, comme nous l'avons vu dans la fatigue de la voix, et ne révéler son existence que lorsque la voix a déjà subi une altération profonde.
Nous allons maintenant examiner les états inflammatoires des muqueuses dans les diverses régions des organes de la voix.
\ Il est tout d'abord nécessaire de consulter le siège du mal, afin que l'on connaisse la portion de la bouche ou de l'arrière-bouche qui réclame des soins. On fera asseoir le malade en face de la croisée qui donne le jour; on lui fait ouvrir largement la bouche, on l'engage à continuer la respiration -sans interruption et puis on déprime la langue, contenue à l'intérieur de la bouche à l'aide d'une spatule, du manche d'une cuillière ou avec le doigt enveloppé d'un linge. Si l'on veut s'examiner soimême, on procède de la même manière, à cette exception près que l'on tourne le dos à la croisée
TEMPÉRATUIIE. 1«5
et que l'on se regarde clans une glace placée devant la figure et qui reçoit toute la lumière. On reconnaît de cette manière les points malades.
L'inflammation de chaque région porte un nom particulier. On comprend cependant sous le nom commun de mal de gorge ou d'esquinancie les affections du pharynx, des amygdales, du voile du palais et du larynx.
1 . Le coryza, rhume de cerveauou catarrhe nasal est l'inflammation des muqueuses des fosses nasales. Il déhute par une sensation de sécheresse, avec picotements et démangeaisons; puis surviennent des éternuments, l'écoulement plus ou moins abondant d'un mucus, d'abord transparent, séreux, âcre, plus tard opaque et d'un jaune plusou moins foncé ; l'odorat se perd ; la respiration par le nez est gênée (enchifrènement), la voix nasonnée ; quelquefois surviennent des maux de tête surtout dans la région frontale, des malaises, de l'inappétence et un léger mouvement fébrile. Plus rarement on constate le développement de petits boutons ou d'abcès à l'entrée des narines.
Si le coryza devient chronique, la plupart des symptômes que nous venons d'énumérer persistent; cependant la douleur ainsi que la fièvre ont disparu.
2" L'inflammation du pharynx dans sa paroi postérieure constitue la pharyngite ou angine
simple. Elle existe presque constamment dans le reste de la gorge, soit isolée, soit combinée avec une affection inflammatoire des amygdales, de la luette ou du larynx. En déprimant la langue à l'aide d'une spatule ou d'une cuillière, on aperçoit le pharynx devenu rouge, plus ou moins tuméfié, sec ou recouvert d'une couche de mucosités blancgrisâtres et demi-transparentes dans les affections légères, et d'autant plus opaques et tirant sur le jaune que l'affection est plus intense. Le malade ressent une gêne douloureuse, de la sécheresse et del'âcretéau gosier; la déglutition est difficile, déterminant un étranglement plus ou moins prononcé. La voix est plus ou moins gênée et devient parfois nasonnante. Quelques symptômes généraux peuvent s'y joindre, tels que langue pâle, courbature, mouvements fébriles, mal de tête, etc.
A Vétat chronique, la muqueuse du pharynx est rouge, tuméfiée, tapissée de mucosités adhérentes, ou sèche et plissée comme du parchemin ; d'autres fois elle a une teinte plus ou moins bleuâtre et est sillonnée de capillaires variqueux. La pharyngite simple chronique entraîne souvent l'engorgement desglandules, ce qui constitue l'angine granuleuse (p. 61), dont nous avons déjà décrit les symptômes ; il existe souvent aussi simultanément un engorgement chronique des amygdales. Les symptômes d'une pharyngite simple chro-
TEMl'ÉUATURK. 16"
nique sont la sécrétion plus ou moins abondante de mucosités blanc jaunâtre ou jaunâtres, adhérentes et qui engagent constamment le malade à crachotter. La difficulté de la déglutition a disparu de même que tout mouvement fébrile, mais il peut exister un peu de sécheresse ou de l'âpreté au gosier. Le timbre de la voix est altéré et la parole ou le chant provoquent facilement de la fatigue.
3. L'inflammation des amygdales ou Vangine tonsillaire existe d'un seul ou des deux côtés, accompagnée souvent d'une infllammation du pharynx. Le malade accuse la sensation d'un corps étranger dans l'arrière-gorge, éprouve de la difficulté dans la déglutition et se sent plus ou moins suffoqué ; la voix est nasonnante, enrouée ; la bouche et la gorge sèches, plus tard couvertes de mucosités; les boissons rejetées par le nez ; parfois une surdité passagère. Suivant l'intensité de l'affection, la fièvre, le mal de tête, la perte d'appétit, l'affaissement général, etc., sont plus ou moins prononcés ou peuvent même manquer complètement.
A l'inspectioUj faite suivant les règles indiquées (p. 164), on constate, de l'un ou de l'autre côté de la gorge, à côté des dernières molaires, quelquefois des deux côtés à la fois, l'amygdale saillante, gonflée, d'un roiige plus ou moins foncé, recouverte quelquefois de mucosités visqueuses, blanchâtres ou jaunâtres. Quelquefois un abcès se pro-
duit dans l'amygdale ; la douleur est alors considérable; on ressent des élancements; tous les sym- ■ptômes indiqués précédemment sont très-prononcés ; on constate un gonflement sur le côté latéral du cou, dû à l'engorgement des glandes sous-maxillaires à l'angle de la mâchoire, et la pression y provoque de la douleur.
A Vétat chronique, il existe une altération organique des tissus ; les amygdales sont engorgées et ont quelquefois doublé ou triplé de volume ; elles peuvent former d'énormes saillies qui parviennent quelquefois à se toucher, à refouler le voile en haut et la luette en avant; d'autres fois, elles sont cachées par les piliers; la surface est lisse ou chagrinée, criblée de trous; la rougeur a presque entièrement disparu. Fréquemment on voit se former de petites masses pultacées, caséiformes, jaunâtres, qui répandent une odeur nauséabonde et rendent fétide l'haleine; quelquefois on
ir,c 1" — Engorgement des amygdales; /(/, luellc allongée, l'accolant aux amygdales ; am, amygdales engorgées; la, langue
trouve dans l'amygdale des concrétions dures, presque pierreuses (%. 12).
Les symptômes sont variables. La voix est modifiée surtout dans son timbre et se fatigue facilement; la déglutition peut être gênée. Si l'engorgement est considérable, la respiration est entravée et devient souvent ronflante pendant le sommeil. Les personnes affectées d'un engorgement des amygdales s'enrhument facilement. Si l'inflammation s'étend dans la muqueuse jusqu'à l'oreille interne, il survient une altération de l'ouïe.
4. L'inflammation de la luette et du voile du palais n'existe guère, par suite d'un refroidissement, sans être accompagnée d'une pharyngite ou d'un engorgement des amygdales. Lorsqu'il y a inflammation, on voit augmenter la longueur et la largeur de la luette et du voile du palais, qui sont rouges, gonflés, jpendants et peu mobiles ; leurs contractions sont douloureuses ; il existe des accès plus ou moins marqués de suffocation et surtout de tentatives douloureuses de déglutition à vide, répétées à chaque instant.
A l'état chronique, la rougeur et le gonflement ont disparu, mais la luette reste allongée. Cet état, que l'on désigne aussi sous le nom de chute de la luette, peut occasionner des effets fâcheux pour la voix. Le timbre perd de son éclat et de sa pureté; la luette, qui traîne sur la base de la langue, pro-
voque un cliatouiUement qui se répclc à chaque instant et force à hemmer et àloussaillei-; d'autres fois, la touK devient convulsive par paroxysmes, accompagnée d'accès de suffocation; parfois il existe des nausées, qui peuvent aller jusqu'aux vomissements, surtout le matin et après les repas; le sommeil même peut être troublé par des cauchemars. L'irritation de la base de la langue se propage fréquemment jusque dans le larynx, dont la sécrétion muqueuse se trouve augmentée. Il y a alors expulsion de petites masses grisâtres, gluantes, perlées, dont la présence sur les lèvres vocales produit le symptôme connu sous le nom de « chat » dans la voix.
5 La Icmjngite est l'inflammation des diverses parties qui composent le larynx ou des membranes muqueuses qui les recouvrent.
La coanaissance exacte des diverses régions affectées n'est possible qu'à l'aide du laryngoscope; encore faul-il :;:jLecertaLhabitudepour savo. ^ist;"|;;j;— lères normauxdes tissus d'avecceux propresal ^-^^ surtout à celle qui est chronique. Aussi ne sui.-je nulle L ut partisan de la méthode adoptée P^^ q-^^"^^ Is et qui consiste à faire constater par le malade Uu- Xel'ltatde son larynx dans rimage ^^ryngos jqu • D'abord la dignité professionnelle ne souffrc-t-ell. pa^ ^ 0 contrôle fait par le malade? \ quel médecin est-d ;Z:t^ Vidée Rengager le malade à s— môme, à percuter son foie ou a examiner . " " "^^«1 Tes ^émeîits cancéreux d'une tumeur, pour vcnher et ap-
prouver le diagnostic? Puis, quelle aulorité [icut avoir le jugcmenl tlu malade iuexpérimenlé? iN'esL-il pas bien facile de faire accroire que telle ou telle région est rouge ou tuméfiée cà celui qui n'a jamais vu d'autres larynx malades, el pas môme un larynx normal !
Les symptômes les plus saillants sont les douleurs, l'altération delà voix, la toux et les crachats. Dans les cas légers, la douleur au niveau de la pomme d'Adam n'est pas très-vive; mais il existe une sensation d'ardeur, de chatouillement, de sécheresse, de picotement pendant l'aspiration de l'air froid et pendant la production de la voix. La voix est altérée dans son intensité, son timbre et sa tonalité ; elle est plus faible, ne porte pas au loin, est enrouée, éraillée, rauque, impure, voilée et abaissée de quelques tons. La toux est rare, quelquefois fréquente, surtout le soir. Les crachats sont au début rares, transparents, visqueux ; puis ils deviennent opaques, grisâtres et finissent par être épais, blanc jaunâtre. La fièvre est plus ou moins accentuée.
L'intensité des symptômes augmente avec le degré de l'inflammation, surtout dans l'enfance. La toux devient douloureuse, fréquente et l'expectoration est suivie souvent d'une cuisson violente, d'un déchirement intense ; la production de la voix est difficile, pénible; la voix peut passer brusquement du grave à l'aigu ou seperdre complètement ;
172 MANUEL DE L'HYf.lÈNE DE LA VOIX.
le malade devient aphone. Il y a quelquefois suffocation et difficulté dans la déglutition. Avec la fièvre, il existe aussi de l'agitation, un malaise général, etc.
Tous ces symptômes ne se présentent pas simultanément, mais plusieurs se groupent ensemble, suivant l'inflammation prononcée dans telle ou telle portion du larynx.
A l'état chronique, les sympômes ont diminué d'intensité. La douleur est nulle ou presque nulle, mais une certaine sensibilité persiste ; la toux est moin? fréquente, non douloureuse, peu sonore; les crachats sont grisâtres ou blancs, gluants, ressemblant à de l'empois, perlés; sécrétés à l'intérieur du larynx, ils s'attachent aux lèvres vocales et altèrent la voix d'une manière presque constante ; l'enrouement devient plus accentué sous l'influence de la moindre fatigue.
6. La bronchite ou le rhume de poitrine débute souvent par un rhume de cerveau, surtout lorsque l'affection est légère. On éprouve un sentiment d'irritation à la gorge; la poitrine est oppressée, les bronches irritées; il survient une toux d'abord sèche, puis grasse ; les crachats, plus ou moins abondants, sont blancs, plus tard jaunatreset épais.
Dans les cas intenses, il y a de la fièvre, de la courbature, perle de l'appétit ; on se sent brisé ; la langue est sale, la soit plus ou moins vive. La loux
est fatigante et détermine des douleurs à la poitrine'; l'expectoration de crachats visqueux, transparents, est difficile. Au bout de quelqnèsjoursla fièvre, le mal de tête, la courbature, diminuent ; l'appétit revient; l'expectoration estfaçile; les crachats sont épais, jaunes ou jaune verdâtre.
Suivant la prédominance de tels ou tels symptômes, on dit que la bronchite a un caractère inflammatoire, bilieux, nerveux, suffocant, etc.
Dans la bronchite chronique, la douleur a disparu, de même que tous les phénomènes généraux, tels que fièvre, mal de tête, inappétence, etc; la toux seule persiste et l'expectoration. La toux est en général grasse, facile, quelquefois quinteuse; les crachats sont opaques, d'un bleu pâle, grisâtres, verdâtres, quelquefois blancs et transparents leur quantité est variable. En général la toux et l'expectoration sont plus accentuées le matin et le soir que dans la journée.
C. La guérison des troubles occasionnés par un refroidissement survient assez souvent spontanément; tout le monde sait que l'on peut guérir d'un mal de gorge ou d'un rhume sans suivre un traitement ou même sans prendre le plus simple médicament. Mais l'inflammation peut que Iquefois se prolonger, devenir chronique et constituer un état funeste pour les personnes qui font un
m MANUEL DE l'hygiEne de la voix usage professionnel de la voix. Aussi vaut-il mieux avoir recours aux moyens curatifs; le plus lot sera le mieux.
Les conseils que nous pouvons donner sont de deux sortes : les uns sont préventifs, destinés à nous prémunir contre les variations brusques de la température ; les autres curatifs, dont le but est de faire disparaître les troubles qui se sont déclarés.
Les CONSEILS préventifs diffèrent suivant qu'il s'agit d'une élévation ou d'un abaissement de température.
Pour prévenir les congestions occasionnées par une brusque transition du froid au chaud, il suffit de séjourner préalablement dans un endroit d'une température moins élevée, de se débarrasser immédiatement de vêtements trop épais, de boire quelques gorgées d'une boisson chaude. Lorsqu'on séjourne déjà depuis quelque temps dans un appartement et que l'on en trouve la température trop élevée, on peut prévenir l'état congestif par quelques gorgées, lentement avalées, d'eau froide, mais non pas d'eau glacée, surtout si l'on est au repos.
Pour rendre moins dangereux le brusque abaissement de la température, on doit, d'une part, rendre moins sensibles la peau et les muqueuses, cette double porte ouverte aux refroidissement-:
et d'autre part recourir à certains moyens préservatifs. Pour diminuer la susceptibilité aux variations de la température, on habituera la peau à les supporter de bonne heure. Les parents qui entourent les enfants de trop de soins, qui les mettent, comme on dit familièrement, dans du coton, atteignent un but tout opposé. Les personnes qui appréhendent le moindre changement de température et qui prennent des précautions exagérées tombent le plus facilement malades. Il faut donc de bonne heure habituer la peau et les muqueuses aux variations de la température.
Un des moyens les plus efficaces d'aguerrir la peau est, suivant mon expérience, la lotion avec l'eau froide et particulièrement le drap mouillé (voy. Formulaire). Cette manipulation produit d'excellents effets chez les personnes qui s'enrhument facilement. On peut employer dans le même but les bains froids, les bains de mer, l'hydrothérapie (voy. Formulaire).
A ce congeil, concernant la peau, joignons-en d'autres relatifs aux muqueuses. Le moyen préventif le plus simple, surtout pour les hommes, consiste dans l'emploi d'un c«c/îe-wez qui, tout en couvrant la bouche, laisse l'air arriver librement dans les narines. Les femmes remplacent le cachenez par un voile. Le mouchoir, tenu à la main devant la bouche, peut, à un moment de repos
donné au bras, laisser pénétrer l'air froid; c'est donc une garantie insuffisante. Le meilleur moyen préventif consiste dans l'emploi d'un petit appareil appelé respirateur (voy. Formulaire), trèsusité en Angleterre et qui, ailleurs aussi, serait répandu si la coquetterie n'y mettait obstacle.
Rangeons aussi parmi les moyens préventifs les vêtements (p. 424) , toutes les précautions à prendre contre les courants d'air, etc.
Si toutefois la maladie s'est déclarée, il faut la combattre dès que les premiers symptômes apparaissent. Les CONSEILS CURATIFS qui vont suivre donnent l'indication des moyens thérapeutiques, expliqués dans le Formulaire, dont l'emploi peut être fait par le malade en attendant le médecin, si toutefois son intervention est nécessaire. Nous n'exposerons pas, par conséquent, tous les moyens dont le médecin dispose pour cpmbaltre les affections aiguës.
Une règle générale, qui s'applique à toutes les affections inflammatoires, c'est qu'il faut donner du repos aux organes enflammés et, s'il existe de la fièvre, de l'abattement, etc., à l'organisme tout entier. On risque de casser la voix si, malgré l'existence d'une laryngite, ou continue de chanter; on épuise inutilement ses forces si, malgré une fièvre ardente, on continue ses occupations. Le principe général qui préside à toute la médi-
cation que nous allons exposer, c'est l'emploi de la chaleur; elle doit guérir le mal qui a été fait par le froid; elle doit ramener à l'état normal la transpiration et la perspiration supprimées ou entravées par le refroidissement. Tous les médicaments dont il sera question doivent être employés au plus haut degré de chaleur que l'on peut supporter sans être incommodé. Je conseille surtout, dès le début de tout refroidissement, dans les premières vingt-quatre heures, une sudation (voy. Formulaire) bien faite; j'ai eu souvent occasion de voir l'inflammation avorter à la suite d'une transpiration abondante, faite dans les premières vingt-quatre heures. C'est dans le même but que l'on emploie le bain russe ou le baiti de vapeur.
Le traitement, soit interne, général ou local, consistera au début et dans les premiers jours dans l'emploi de médicaments émollients et calmants, sous forme de gargarismes, bains locaux, fumigations, etc., combinés quelquefois avec les dérivatifs (évacuants, vomitifs, révulsifs) et avecla cautérisation. Cette dernière méthode n'est pas sans inconvénients pour les artistes. Le nitrate d'argent est sans doute un excellent moyen aborlif, mais il donne aux tissus une certaine roideur qui peut altérer les qualités de la voix. Je préconise surtout l'emploi delà médication locale ; les tisanes,
178 mmEL DE L'HYGIÈNE DE LA VOIX.
les pâles, tablcllcs, gelées, sirops, etc., pouvenl tout au plus soulager momentanément aux dépens des organes de la digestion. Les saignées et les sangsues ne doivent être ordonnées que par le médecin, dans les cas graves.
On emploie les médicaments astringents, stimulants ou toniques lorsque l'état aigu est à son déclin, que la douleur a disparu et que le gonilcment tend à se dissiper; on empêche ainsi l'état chronique de s'établir. On peut aussi faire usage de cette médication, dès le début, dans les affections légères.
Dans les cas graves ou lorsque l'affection persiste et revêt le caractère chronique, l'intervention du médecin doit être réclamée ; son expérience en ce qui concerne le siège exact du mal, le degré de l'inflammation et de l'altération organique, peut seule alors indiquer le genre du médicament et son mode d'application (i).
Aux règles générales que nous venons d'exposer, joignons maintenant quelques indications spéciales, suivant les diverses régions affectées.
1 . Dans les premières heures de l'apparition du coryza, on peut quelquefois enrayer le développement complet en faisant passer sous le nez à plusieurs reprises, toutes les trois ou quatre minutes,
(1) Cons. noire Traité pratique des maladies du lariinx ei du pharyivv, avec scpl pl. colorWcs cl ICiRg. intercalées. Pans. 18.-.
un flacon débouché, à Uirgc ouverture et contenant quelques grammes d-'iode mélallique ou d'ammoniaque (voy. Inhalations). Quelques médecins conseillent d'appliquer un sinapisme entre les épaules ou, le soir en se couchant, un large cataplasme sinapisé au même endroit. Il faut éviter avec soin le froid. L'usage de graisser le nez et la lèvre supérieure avec un corps gras (cérat, graisse de porc, huile), qui retient la chaleur, répond à ce précepte. On aspirera par les narines, si le rhume se développe, des vapeurs d'eau chaude; il n'y a pas d'avantage à employer des décoctions de plantes émollientes, parce que les principes mucilagineux ne sont pas volatiles. On peut aussi renifler de 1' eau chaude ou une décoction mucilagineuse plusieurs fois par jour, ou bien faire des injections. Si l'écoulement est peu abondant, on ajoutera une ou deux pincées de sel gris pour un verre du liquide employé; s'il est abondant et douloureux, on prisera de la poudre de camphre pure ou mêlée avec de la gomme en poudre ou de Tamidon ou du sous-nitrate de bismuth.
On a aussi conseiUé de résister ati besoin de moucher, et l'on prétend que l'on peut ainsi faire avorter le rhume à son début.
Dans le coryza chronique, le médecin conseillera des injections appropriées ou des cautérisations, etc.
2. Les moyens aborlifs que j'emploie dans la pharyngiie ou angine simple sont les suivants : a) Bains pharyngés et gargarismes cmollients, légèrement salés, très-chauds et fréquents, b). Si la déglutition est douloureuse ou entravée, application delà cravate froide, jour et nuit. c). On adoucit la sécheresse et la douleur par un morceau de gomme qu'on laisse foudre dans l'arrière-gorge. d). Dans les cas très-intenses, légers purgatifs. Les bains de pied sinapisés ne rendent aucun service.
Au bout de trois ou quatre jours, on fait usage des gargarismes astringents, faibles d'abord, plus concentrés ensuite. On peutaussi appliquer avec le doigt ou insuffler de l'alun, pur ou mêlé avec du sucre en poudre.
Une autre méthode consiste dans l'usage de la glace en petit morceaux, dès le début, que Ton fait fondre dans l'arrière-bouche; puis, au bout de trois ou quatre heures, on avale lentement quelques cuillerées à café de jus de citron, à la distance de cinq minutes l'une de l'autre, ou l'on se gargarise avec une solution d'alun au l/iOO" ou une autre solution astringente.
On a aussi recommandé l'infusion d'aubépine, prise à l'intérieur au début du mal, comme moyen abortif.
La forme la plus fréquente, sous laquelle se pre-
TEMPÉnATURE. 181
son Le l;i pliai'yugile chronique, c'est V angine granuleuse. Suivant la théorie très en vogue actuellement, dans son apparition c'est l'influence de la diatlièse herpétique qui joue le principal rôle dont il l'aut saisir les manifestations sur la peau externe ou, si les malades n'en présentent pas, jusque chez les ascendants et les collatéraux. J'ai toujours combattu cette manière de voir, et une longue expérience n'a fait que confirmer mon opinion.
Parmi les raisons qui me font repousser la théorie de l'herpétisme (1) figure au premier rangle traitement. On vante surtout le soufre, l'antiherpétique par excellence, sous forme d'eaux sulfureuses (voy. Formulaire) ; cependant les médecins du Mont-Dore et d'Ems attribuent la même efficacité à leurs eaux thermales, qui n'ont aucune prétention de guérir les herpétiques. Je noterai surtout qu'il est possible de guérir l'angine gra- .nuleuse, malgré la persistance des manifestations herpétiques sur d'autres parties du corps.
Je ne puis donner ici la description du traitement médical de l'angine granuleuse. Je dirai seulementque l'angine granuleuse n'étant pas toujours déterminée par un refroidissement, mais souvent la conséquence de la fatigue par le mauvais exercice de la voix (p. 61, 67), ou de l'abus du tabac
(1) Voy. mou Traité pratique, Glc, p. 701 i;l siiiv.
182 MANUEL DR L'HYGlfcNE DE \A VOIX.
OU des boissons excitantes, etc., il faut avant tout supprimer ces causes; il en résultera l'apaisement de tous les symptômes. C'est ce qui fait que le repos à la campagne ou à une station thermale quelconque, de même que l'hibernation dans le Midi, amènent si souvent des améliorations vantées comme guérisons. Mais celle-ci n'est réelle que lorsque non-seulement les phénomènes inHammatoires, mais aussi les granulations auront disparu. (Formulaire, Badigeonnage iodé). ^
3. Dans l'inflammation aiguë et légère des amygdales, on parvient souvent à en arrêter le développement ultérieur en portant sur l'amygdale, avec le doigt ou à l'aide d'un pinceau, de l'alun ou duborax en poudre. On emploie aussi souvent la cautérisation superficielle avec la pierre infernale. • Si l'engorgement est considérable, la déglutition difficile, s'il y a douleur, j'emploie depuis longtemps avec un succès constant un petit vesicatoire, grand de 1 centimètre et demi à 2 centimètres et posé du côté affecté à l'angle de la mâchoire, sous l'oreille. On entretient le vésicatoire pendant deux ou trois jours, en employant au besoin une légère pommade épispatique et en saupoudrant la plaie ave.,- un centigramme de morpliine. Cette médication est bien prelerable a l'application de sangsues et peut empêcher le développement d'un abcèSi
On adoucit la douleur, l'ardeur, la sécheresse, en laisanl fondre dans la bouche de pclils moiceaux de gomme arabique.
On emploie également des gargarismes et des boissons émoUientes, ces dernières sans aucun avantage.
Si un abcès est en train de se former, il mûrit et finit par s'ouvrir sous l'influence de bains locaux émollients. Cependant on est forcé souvent de l'inciser pour hâter l'écoulement du pus. Dans l'un et dans l'autre cas, on continue les émollients. En cas de mauvaise odeur, occasionnée par le pus, on fait usage de gargarismes légèrement astringents (acidulés ou au sel).
L'engorgement c/irowiçf/e des amygdales reclame un traitement local, variable suivant l'altération des éléments constituants. Le nitrate d'argent (pierre infernale), que l'on emploie fréquemment, est, suivant mes observations, plutôt nuisible et guérit rarement radicalement. La résection des portions malades est le moyen le plus sûr. Cette opération n'est pas seulement sans inconvénient aucun pour la voix, mais elle lui est toujours profitable, comme je l'ai vu maintes et maintes fois, puisque les saillies formées par les amygdales hypertrophiées entravent l'émission, l'éclat, le timbre. Aussi ne doit-on pas tenir compte de l'opposition à cette opération, laite par quelques pro-
m MANUEL DE L'HYGIÈNE DE LA VOIX.
fesseurs de chant, dont la compétonce dans celle question au surplus est Ibrt contestable. Si leur opinion s'appuyait sur un cas particulier, la conclusion n'en serait pas moins tausse. Il se peut en effet, comme j'ai eu occasion de le voir souvent, que l'opérateur s'est borné à reséquei- la portion saillante de l'amygdale, jusqu'au niveau des piliers, sans s'occuper de toute la portion malade enchâssée ci don. la présence persiste à exercer une inllucnce fâcheuse sui' la voix.
Ce n'est plus, il est vrai, le volume de l'amygdale qui est gênant, mais les tissus altérés contitinuent à rendre le pharynx plus susceptible et à gêner ses contractions. De là des modilîcations fâcheuses dans l'éclat, dans le timbre; la promptitude avec laquelle se déclare la fatigue, etc. Le médecin doit donc veiller à ce que toute la portion malade de l'amygdale disparaisse, s'il veut être sûr d'une guérison complète. Il peut insister d'au laut plus sur l'opération, qu'elle n'est pas douloureuse.
A. Le traitement de l'inflammation aiguë de la luette et du voile du palais est analogue à celui de la pharyngite. On emploie avec succès l'alun ou le borax en poudre ou mêlé à des quantités variables de sucre, appliqué avec le doigt ou en iusuffiation. On peut aussi cautériser avec le nitrate d'argent et, lorsque l'inllammalion diminue, om-
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ployei' UQ hadiiii'oimai^c avec un liquide légèrement astringent, par exemple du miel vinaigré.
Cette même médication, pratiquée dans l'allongement chronique de la luette, ne donne aucun résultat satisfaisant. Des cautérisations répétées sont inefficaces et bien plus douloureuses que le seul moyen radical qu'il faut employer, à savoir l'ablation. Cette opération n'est ni dangereuse, ni douloureuse ; elle est suivie cjuelquefois de légers symptômes inflammatoires, de quelques douleurs passagères qui se propagent jusque dans l'oreille ou dans les arcades dentaires et qui réclamentl'emploi de bains locaux et de gargarismes émollients. Ce qui est plus constant, c'est la gêne et la douleur dans la déglutition, déterminées par la petite plaie ; au surplus, ces symptômes sont peu intenses et ne persistent que pendant quelques jonrs. Les repas doivent dans ce cas se composer d'aliments mous, de viandes hachées, d'œufs, de chocolat, de semoules, etc. Ces légers désagréments sont richement contre-balancés par l'heureux effet produit sur la pureté et le timbre de la voix.
Cette opération rencontre de la part de quelques artistes la même opposition mal fondée que la résection des amygdales (p. 183). Je puis a'ïirmer que, dans le nombre considérable d'ablations que j'ai faites, j'en ai toujours vu résulter, lorsque l'opiîration ('tait réellement indiqué, les
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effets les plus heureux pour la voix, puisrpi'on enlève une cause permanente d'irritation.
5. Le traitement des Ibrmes légères de la laryngite au début, dans les premières vingtquatre heures, consiste dans une sudation énergique, l'application de la cravate froide autour du cou (v. Formulaire) et des gargarismcs éraollients profonds et chauds. Dans le cours de l'affection, on conseillera le repos du larynx, le séjour dans une chambre chauffée à 20 ou 22 degrés et remplie de vapeur d'eau, des infusions faibles pour favoriser la transpiration cutanée, quelques adoucissants (gomme, pâte de guimauve) pour donner un soulagement momentanée; au besom, quelques cuillerées d'un sirop calmant et, s'il y a embarras gastrique, un léger purgatif; on peut aussi employer avec avantage des fumigations émolhentes Les orgeats et les tisanes mucilagineuses troublent sans utilité les fonctions digestives. Lorsque la disparition de l'affection se fait attendre, on emploie localement une médication astringente, leocre, par badigconnage, insufflation, etc. Les révulsifs, appUqués à l'intérieur sur le larynx, ne sont utiles que dans les laryngites intenses, qui reclament un traitement local interne, fait à l'aide du laryngoscope. On emploie aussi dans ces cas Ircduemment avec succès des purgatifs et des emetiques.
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Le traitement le plus efficace de la laryngite chronique, et qui donne les résultats les plus prompts, est le traitement local astringent, fait à l'aide du laryngoscope. La guérison s'obtiendra plus promptement, si le larynx reste en repos pendant le traitement. Si le laryngoscope ne peut être employé, on aura recours aux aspirations d'alun, de nitrate d'argent cristallisé, etc. ; les émoUients, les narcotiques et les dérivatifs (cautères, sétons, etc.) à la région cervicale sont sans aucune utilité. En Allemagne, on emploie souvent la sudation dans l'étuve à air sec et chaud, suivie d'une douche froide ; quelques médecins en France ont adopté cette méthode, dont l'onicacité est fort problématique. Il en est de même pour les fumigations et tout traitement interne, lorsque celui-ùi n'e-st pas réclamé par l'état de la santé générale.
On insiste beaucoup sur l'usage interne des eaux minérales, de la pulvérisation et de l'hibernation ; nous exprimons ailleurs (Formulaire et p. 18^^) notre opinion à ce sujet.
6. Dans la bronchite légère, il suffit d'observer h repos et de favoriser la transpiration, soit par l'usage de boissons chaudes pectorales éraollientes, soit, ce qui est préférable, par la sudation, pour la voir disparaître au bout de quelques jours.
Si la bronchite est intense, des révulsifs sur la poitrine rendent les meilleurs services. On appli-
quera de l'huile de crolon, de la pommade slibir ou mieux un emplâtre de tliapsia. Les sinapismos ne sont pas assez efficaces; les bains de pieds sinapisés n'ont aucune utilité. On retirera du soulagement de fumigations calmantes et émollicntes, dimême de l'emploi des cataplasmes sur la poitrine. Il est nécessaire d'entretenir le corps libre.
La prédominance du caractère bilieux réclame dès le début l'emploi d'un vomitif ; les calmants combatleront le caractère nerveux.
Un grand nombre de médicaments a été employé dans le traitement de la bronchite chronique. Au premier rang du traitement interne figurent les expectorants, qui soulagent beaucoup en débarrassant les broncbes des mucosités accumulées. Les tisanes émoUientes ou astringentes soni complètement inutiles ; les balsamiques sont adoucissantes, de mêms que le lichen d'Islande et le fucus crispus. Les eaux minérales donnent quelquefois de bons résultats, surtout si le traitement local est employé simultanément.
Dans celui-ci les fumigations jouent le principal rôle; on commencera par des fumigations cmollientes, sulfureuses, légèrement toniques, pour arriver aux astringents. L'emploi de ces médicaments divers doit être réglé suivant la marche de la maladie, par une main expérimentée.
L'^s inhalalions sèches de balsamiques sont de