INTELLECTUELLES
façon à ne pas irriter les yeux et à bien éclairer le livre.
École polytechnique. — L'observation de ce qui se passe à l'École polytechnique peut résumer en quelque sorte la question des professions intellectuelles et de l'influence qu'elles exercent sur l'organe de la vision par l'application continue et prolongée à des études et à des travaux minutieux.
Or, des statistiques qu'ont bien voulu nous communiquer M. le médecin principal Claudot et M. le médecin-major Pierrot, médecins chefs de l'École polytechnique, il résulte que la myopie ne s'aggrave pas d'une manière bien sensible chez les élèves de l'École, pendant les deux années de leur séjour.
Les condîtions physiques d'admission à l'École polytechnique comme aux autres écoles militaires sont les mêmes que celles qui sont exigées pour le service militaire en général. Néanmoins, dans la pratique, on se montre d'une certaine tolérance pour certains vices de réfraction; de sorte que des sujets atteints de myopie supérieure à 6 dioptries sont souvent reçus à l'Ecole, alors qu'ils n'eussent pas été admis dans les rangs de l'armée.
Nous n'avons pas à apprécier ici les motifs qui légitiment cette tolérance; disons seulement qu'elle ne nous paraît pas conforme à une bonne hygiène oculaire, du moment qu'elle place les sujets myopes à un certain degré, dans des conditions éminemment favorables à la progression de leur- myopie,
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alors qu'ils doivent éviter autant que possible le travail rapproché et la tension oculaire trop prolongée.
Toujours est-il que M. le principal Claudot a relevé un total de :
87 myopes dans la promotion de 1881, composée de 225 élèves;
de 107 dans la promotion de 1882 (25 1 élèves);
de 108 en 1883 (230 élèves);
de 112 en 1884 (241 élèves);
et de 80 en 1885 (221 élèves); c'est-à-dire, sur un total de cinq années, comprenant 1,168 élèves : 494 myopes, soit 33 0/0 en moyenne.
Les chiffres de M. le médecin-major Pierrot portent sur deux promotions (1886 et 1887); ils donnent également une proportion de 33 p. 0/0 de myopes par an.
Sur les 494 myopes observés par M. Claudot, 96 l'étaient au-dessus de 6 dioptries; 66, de 6 à 8 dioptries; 28, de 8 à 10 dioptries, et 10 au delà de 10 dioptries. M. Claudot les a suivis depuis leur entrée à l'Ecole jusqu'à leur sortie, et il a observé les causes qui ont pu influencer la marche de l'amé-. tropie. Il résulte de ces observations que les cas de myopie admis en si grand nombre, doivent être imputés surtout à l'hérédité qui lui paraît jouer un rôle considérable dans le développement de la myopie avant l'entrée à l'Ecole polytechnique. Quant