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GRAVEURS, SCULPTEURS, BIJOUTIERS, HORLOGERS

lumière qui leur est indispensable pour travailler sans préjudice. En tous cas, le travail de nuit devra avoir lieu le moins souvent et le moins longtemps possible, du moins pour les mêmes ouvriers. L'hygiène oculaire, dans toutes les conditions sociales quelles qu'elles soient, se trouve toujours tributaire de l'hygiène générale. Nous le redisons une dernière fois pour toutes les professions qu'il nous reste à étudier : il importe d'éviter les excès de toute nature, qui finissent par exercer une influence nuisible sur les yeux.

L'intoxication saturnine par les poussières métalliques contenues dans les cassetins, a très rarement été observée chez les ouvriers imprimeurs.

§111. — Graveurs, horlogers... et en gênerai ouvriers pratiquant des travaux fins à une distance rapprochée.

Graveurs, sculpteurs, bijoutiers, horlogers. — Les graveurs, les sculpteurs sur bois et sur métaux, les bijoutiers, les horlogers, etc.. travaillent sur des objets de petites dimensions et pour cela font usage de loupes qui reposent l'accommodation et la convergence, à la condition de n'en pas abuser. Car en s'en servant constamment, on finit par affaiblir la puissance accommodatrice réduite de la sorte à une inaction prolongée, absolument comme un muscle arrive à s'atrophier lorsqu'il est condammé à un repos de longue durée. Il faut par conséquent établir un sage équilibre et arriver

à procurer du repos à l'accommodation sans l'annihiler complètement.

Nous rappelons à ce groupe de professions les différents conseils que nous avons donnés plus haut à toutes les personnes qui travaillent à une distance rapprochée : repos, position, éclairage, vision éloignée de temps à autre, port de lunettes

appropriées Enfin, ainsi que l'un de nous l'a

déjà formulé : « On ne devrait pas permettre aux' enfants au-dessous de douze ans, d'entreprendre les métiers de graveur, sculpteur, imprimeur, bijoutier, etc quand ces enfants sont atteints d'une

myopie de 6 ou 7 dioptries. Avec un degré aussi prononcé de myopie et à l'époque où l'œil subit la plus grande transformation, où la deuxième dentition amène si fréquemment des asthénopies nerveuses, on verra facilement se développer la myopie progressive. »

On pensait que les professions dans lesquelles la vue se fatigue à regarder de petits objets devenaient par là même une cause de cataracte. Il n'en est rien : la cause de la cataracte ne réside jamais dans la profession, mais dans une disposition individuelle particulière. Quant aux sujets prédisposés, les efforts exagérés d'accommodation auxquels ils se livrent peuvent activer chez eux le développement de l'opacification du cristallin et l'on trouve des indices de cette influence dans le siège lui-même de la cataracte. Pendant le travail

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d'accommodation, c'est le segment inféro-interne du cristallin qui subit la plus grande pression par suite de la contraction des muscles droits interne et inférieur; or c'est précisément dans cette même région que l'on observe des cataractes commençantes chez les individus qui fatiguent beaucoup leurs yeux. Aussi, fera-t-on bien de faire suspendre tout travail exigeant de grands efforts d'accommodation aux personnes qui présentent des opacités périphériques dans le segment inféro-interne du cristallin.

Ouvriers appliqués a la lecture des aéromètres. — Le docteur Manouvriez de Valenciennes a décrit une amblyopie particulière précédée d'attaques d'asthénopie accommodative, qu'il a eu l'occasion d'observer chez plusieurs agents de la régie préposés à la surveillance des sucreries, glucoseries et distilleries.

Les trois quarts des agents mis à la retraite pendant plusieurs années étaient amblyopes et la moitié à peine d'entre eux réunissait les conditions réglementaires d'âge et de service ; de sorte que l'amblyopie était l'unique cause de leur retraite anticipée. Cette amblyopie était due d'après M. Manouvriez, à la lecture fréquente des fines divisions de l'aéromètre effacées par l'usage et des petits chiffres de la table de Gay-Lussac; lecture faite dans une atmosphère à température élevée, au milieu d'épaisses vapeurs d'eau ammoniacale et à une lumière vacillante.

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Nous pensons qu'à ces différentes causes d'amblyopie, il faut ajouter l'intoxication alcoolique survenant chez des employés, qui en dehors de leur profession, et même en raison de leur profession, consomment beaucoup d'alcool.

Couturières. — Chez les couturières dont le travail est fin, rapproché et assidu, on remarque assez fréquemment des phénomènes d'asthénopie musculaire ou accommodative, dus à une insuffisance du muscle droit interne, à de l'hypermétropie ou à une affection lacrymale. La fatigue provoquée par cette asthénopie met les ouvrières dans l'impossibilité de prolonger leur travail. Leur vue devient trouble; elles éprouvent une tension et une douleur au front et dans les tempes, et elles sont obligées de fermer les yeux et de se reposer quelques instants avant de pouvoir reprendre leur travail. Les mêmes phénomènes se reproduisent ensuite plus ou moins vite et avec une fréquence plus ou moins grande. Le repos, l'usage de verres appropriés et le traitement de l'affection lacrymale constituent les moyens destinés à remédier à ces troubles asthénopiques, parfois si pénibles et si tenaces qu'ils finissent par influer sur le moral des personnes atteintes, qui se désespèrent et s'imaginent qu'elles vont perdre la vue.

Aiguilleurs. — Les ouvriers aiguilleurs chargés du marquage fixent leur attention de la manière la plus minutieuse et la plus constante sur de fines

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