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IMPRIMEURS

caniciens qui font ce qu'on appelle la mise en train des imprimés et des gravures, les lithographes, tous sont plus ou moins soumis à un travail visuel attentif et constant.

Dans beaucoup d'imprimeries on travaille la nuit, ce qui devient une cause de plus d'irritation et de fatigue.

Il importe par conséquent de recommander aux ouvriers et aux patrons l'observation des règles hygiéniques dans le but de combattre les influences défavorables au milieu desquelles s'exerce leur profession. Il sera utile de se reposer de temps en temps, souvent même, surtout pour les compositeurs dont les yeux ont un travail si soutenu et si compliqué, allant sans cesse du manuscrit aux cassetins, des cassetins au composteur et ainsi de suite. Des repos courts mais fréquents leur sont absolument indispensables, s'ils veulent conserver leur vue intacte. Ils feront bien aussi, de même que les autres ouvriers, de se servir de lunettes en temps utile, et de ne se rapporter pour le choix des verres qu'a un médecin expert en la matière.

En dehors des heures de travail, il sera utile de sortir au grand air afin de reposer la vue fatiguée par une accommodation continuelle. Motais propose, pour décharger en partie l'accommodation chez les écrivains lithographes, « l'usage de verres convexes, et pour diminuer les inconvénients d'une convergence exagérée, de les décentrer afin

d'en faire des prismes à base en dedans. » Il pense que ces verres, d'un numéro faible pour les yeux normaux, plus élevé pour les hypermétropes, rendraient de réels services et préserveraient beaucoup d'écrivains lithographes de la myopie et des autres lésions dont ils sont menacés. Selon nous, c'est l'éclairage des ateliers qui est le facteur hygiénique dominant. Aussi les patrons doivent-ils s'en inquiéter avec la plus grande sollicitude, et il appartient aux commissions d'hygiène d'y veiller avec soin.

L'éclairage naturel doit être abondamment distribué par de grandes ouvertures et assuré dans les mêmes proportions à toutes les parties de l'atelier et surtout aux plus reculées. Quant à l'éclairage artificiel pour le travail de nuit, le meilleur procédé est incontestablement celui de la lumière électrique qui doit être employée toutes les fois que la chose est possible; à son défaut ce sera le gaz, avec des becs entourés d' abat-jour, placés à petite distance du travail, de façon à bien éclairer sans irriter les yeux1. Nous renvoyons du reste pour les détails au chapitre des écoles 2, les principes et les indications étant identiques dans les deux cas.

Trop souvent les imprimeries se trouvent installées dans des locaux étroits et obscurs, où les yeux des ouvriers ne trouvent pas la ration de

i. Voyez fig. 38.

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