‹ Hygiène des baigneursChapitre 3 sur 57 · ORIGINE ET ANTIQUITÉ DES BAINS · texte numérisé non relu

ORIGINE ET ANTIQUITÉ DES BAINS

L'usage des bains remonte au berceau. des sociétés et se retrouve chez tous les peuples de la terre.

Un instinct naturel porte l’homme à se baigner, soit dans un but de propreté, pour débarrasser son corps des impuretés qui le souillent, soit pour ré-

PA es parer ses forces abattues par la chaleur du climat ou épuisées par la fatigue, soit enfin pour trouver dans le bain un remède à ses douleurs.

Le bain et les ablutions sont prescrits par toutes les religions de l’antiquité, et cela devait être, puisque la propreté passait alors pour une vertu. — Les sectateurs de Brahma divinisèrent le Gange, et cherchèrent dans ses eaux la première initiation de la vie. — La religion chinoise recommande la propreté du corps à ses sectateurs. — L'Égyptien adorait le Nil comme une divinité bienfaisante, et allait chaque jour s’y purifier. — Moïse, un des plus grands législateurs de l'antiquité, multiplia les bains, ablutions et purifications parmi son peuple, et parvint ainsi à l’arracher aux hideuses maladies qui l’eussent assailli et dégradé. — Mahomet, suivant la route hygiénique tracée par ses devanciers, fit également du bain et des ablutions journalières une prescription rigoureuse de religion, et les peuples nombreux rangés sous sa loi lui durent la propreté et la santé. — Le christianisme seul, en exaltant l’esprit, oublia le corps et les préceptes hygiéniques ou de propreté qui le concernent; c’est ce qui faisait dire au docte Hufeland : « Les hommes

D Le et femmes des campagnes ne prennent pendant toute leur vie d’autre bain que celui du baptême. »

On voit d’après ce court aperçu que les établis- sements de bains, liés à l'hygiène publique, étaient beaucoup plus multipliés chez les anciens que chez nous. Outre les bains publics, il existait, dans chaque maison un peu à son aise, une salle de bains particuliers ; car le bain était regardé comme tout à fait nécessaire à l’entretien de la santé. On se baignait le matin et le soir, au sortir des gymnases et des palestres ; on se baignait après les différents travaux du corps et de esprit ; en un mot, on usait du bain comme nous usons de la promenade, dans un but de délassement et de bien-être. Ceite sage coutume entretenait la propreté du corps, sa fraicheur, sa force, sa souplesse et le préservait d’une foule de maladies.

Rome surpassa les autres nations par la richesse, l'étendue et la commodité de ses bains. La modicité du prix d’entrée (un quadrans, deux centimes) permettait à tout le monde de s’y baigner ; et les jours de fête on y entrait sans rétribution. Plus tard, les empereurs, pour étendre les bienfaits du bain aux classes les plus pauvres de l'em-

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