CONCERNANT L'HYGIÈNE INTELLECTUELLE ET PHYSIQUE
À L'USAGE des ECOLES PRIMAIRES ,
Par m. JACOULET, secrétairû'-rappotiûur.
La à* Sous-CommTsnon avait à s'occnper de réducation physique et inlellectuelfe en général, et notamment de ce chapitre assez pen défai appelé Thygiène des étade», qui traite de Fespèce et de la quantité de travail cérébral que comportent tes divers âges scofeires.
Nous aveos d*abord songé à rédiger un formulaire de questions relatives à remjdoi du temps, aux récréations, aux repas, etc., qui auraient été adressées à un certain nombre de directeurs des établissements primaires de tous degrés , en vue de rassembler des informations exactes sur Fétat présent de Thygiène dans nos écoles.
Ce questionnaire a é*é^, en effet, préparé et discuté? mais, à îa réflexion, il nous a paru qu'il n'aboutiraif pas irune statistique coiDplète, BÎ peut-être tout à fait sincère , et que nous avions assez de renseignements certains sur ce qui se passe aujourd'hiri dans nos écoles pour n'avoir pas bemn dTouvrir mie consultation.
Ce premier travadn'a pourtant pas été perdu r nous en avons profité
pour élaborer sous la forme la plus simple et la plus pratique un pro)fl d'instruction générale à Tusage des directeurs et autres maîtres de nos écoles, et des inspecteurs. Cette instruction, que nous avons rhoniiear de soumettre à votre jugement, sçrait destinée à expliquer, en les accentuant jusque dans le détail, les sages prescriptions du r^emient scolaire et à en régler les diverses applications.
Nous appellerons, à la fin de ce travail, l'attention de la Commission et celle de TAdministration sur un vœu important relatif à rélablissçment de colonies scolaires ou de pensionnats hygiéniques de vacancf» en faveur des enfants débiles des écoles des grandes villes.
Dans le cours de nos travaux, qui ont occupé plusieurs séances, nous avons rencontré presque à chaque pas des questions relatives au\ études et à leurs rapports avec la santé, telles que: le nombre de^ leçons, leur durée, leur répartition dans la journée, la durée des tàcbft prescrites; les récréations, leur nombre, leur durée, leur emploi, etc. Vous jugerez si, dans certains sujets, en quelque sorte frontières, noui n'avons pas, à notre insu et contre notre intention, empiété sur le domaine des sous-commissions voisines.
Nous nous sommes tenus en garde contre une tentation qui aurait pu nous venir du titre même de notre mandat ; nous n'avons pas cru qnii fût permis à une simple commission d'hygiène d'aborder l'examen détail)' des programmes d'écoles primaires, soit élémentaires, soit supérieures, soit normales , sous prétexte que l'opinion publique reproche à ces programmes, a peine mis au jour, d'imposer à l'intelligence et au cerveaa un effort excessif. Il nous a paru, en effet, que le mal dont on parit n^était encore qu'à l'état de menace pour l'ordre primaire, ou que à moins il ne s'était en quelque sorte déclaré avec quelque intensité que sur quelques points, tels que les internats normaux, où il est encore j<)^ sible de le tenir en échec. Mais, d'autre part, nous avons été unanimes ^ croire que l'opinion publique ne s'émeut pas sans raison à l'idée que crr taines habitudes de l'enseignement secondaire et surtout de renseignement préparatoire aux grandes écoles spéciales du Gouvernemtpourraient gagner notre enseignement primaire. La pente est en eff?: glissante, et le danger d'autant plus à surveiller que l'enseignement primaire, devenu universel et obligatoire, et désormais constitué de toute
pièces, étreint de ses bras puissants tonte la jeune g^n^ration^ io» (\\\t'% comme les garçons, et la retienttlurant sept années sous U discipUnt^ ()<^ 1 école, si bien qu'il a le pouvoir d^imprimer à respril et au corp* do la Dation entière une empreinîe inefla^able. De là n^ulte en jwirticulîfr que les eflets d'un excès habituel de travail cérébral , au lieu d\^tiT borut^ à une classe restreinte de la société, à la classe la plus influenic, il ont ^Tai, s'étendraient à tout le monde, et affecteraient ce qu\)n poul appeler la vaste réserve intellectuelle de la France.
Toutefois, si nous avons jugé devoir restreindre notre champ de travail et nous interdire l'examen direct des programmes, non» nVn rrgaixIotiM pas moins comme le premier devoir d'une commission d'hygit'^nc do MÎgna - 1er certains principes erronés, certaines manières générales de voir t|u« les législateurs et les administrateurs scolaires, non plu» que lo» niattroii, ne sauraient applicpier sans les plus graves inconvénients Hoit h rorgu*» nisation des études, soit à la mise en pratique des programme».
Avec la meilleure intention du monde, celle de préparer \f*M jeunr*» gens par l'école à }a vie moderne, pleine dedifliculiéset de lultc'Mf «vr*c le souci légitime de ne laisser en dehors du cadre de» étude» rien df) en qo on estime essentiel à une bonne éducation générale et â une MtÈcniUm professionnelle déterminée, il arrive qu'on se laii^M; quelqui'foi» iillitr k composer les programmes coomie si Tt niant ou le jeune Utpmtw% mm sortir des bancs, devait ne plus étudier. On le mufijl êvt*i'. mfUnMuiU* de tout le viatique jugé nécessaire pour la traverW^^e d^ b v/«% ai ou ê Tair d'oublier que cette vie, au lieu de finir a treize, 4\t$\u%**^ di« t/MJI ou vingt ans, ne fait alors que Cfmkmi:nf>r^ ^ qu'il u*'%i p^» plu» tiUnm bonne pédagogie que d'âne bonrje hygî<r/i^ 'fe W$t^. fMffi^f »ur t^yuUhSA* ou l'adolescence seule mae àiSkr^t qui ffcnr^Jt hf*t t^p^fi^ %Hf Ut% années de la jeunesse et que c***t lOfjfs^s*^ y^.n d^ i/fuU'4urH *U$^% U vertu d'un système d'educati» d^ ut pa» <////ij/<>5r vi# \iut\f*h\%i*m donnée, sot les habitode» îitC'jîq'.*^- vj/ fer* ^viU U'éW^tA^ , (//*o otu tinuo- FcEavre commeDcée *>u* ia tuvji.*> ^:*^^. 'i^ ft^iA^s^:^ hu n^^** mule les coonaisnikoes amam: û yt t-^jI ^ i^fi 4^u uté/y^ftf '>, i^^H*
veiles et d'entretenir les anciennes n'étaient pas le meillear bà d'éludés bico conduites; comme si, d'ailleurs, nous ne devions pas oo&i résigner, dans l'éducation, à rester toujours fort en deçà des limilesqu'i atteintes en chaque branche spéciale le savoir contemporain.
Il y a longtemps que l'on a dénoncé le d^oût de l'élude, le nuoqiK de curiosité sérieuse et d'application désintéressée aux choses de Tesprit qui se remarquent chez un très grand nombre de jeunes gens. Maiotâ causes sans doute, les unes qui tiennent à notre état social oumonl. les autres à nos méthodes d'enseignement, concourent à cette IkhcQse disposition, dont il serait puéril de n'accuser que l'étendue despro^ grammes ou l'organisation des études. iVIais il est un autre mal, voià de celui-là et toutefois distinct, qu'Alexandre de II umboldt signalait déji , il y ^ P^ès d'un demi-siècle à ses compatriotes, et ce mal il n'hésitait pii
1' * à l'attribuer à la surcharge des programmes universitaires. En vouk
! : faire apprendre et comprendre aux jeunes gens en quelques années trof
de choses à la fols et trop de chaque chose, en tendant trop tôt et trop longttmpsles ressorts délicats des jeunes esprits, en ne tempérant pas un exercice cérébral trop intense par un exercice musculaire propc'r tienne!, ne risque-ton pas d'à llaiblir, sinon d'étouffer l'énergie inteik tuelle et morale, c'està-dire tout ensemble la force d'invention etk&rt<' de décision? il semble en effet qu'il est à craindre .que la voloDtéd l'intelligence, sans cesse occupées au dehors et sur des points détermine», ne se dépensent tout entières dans cet effort imposé et réglé, sans am jamais le loisir de se replier au dedans, de se ressaisir, et par là de se renouveler. Cette discipline de l'esprit, prolongée plusieurs années, fiii; des agents intelligents, admirablement munis d'un certain savoir géaéiij et des connaissances qui concernent leur état spécial, habiles à appliquai savamment les formules à des cas donnés; mais est-on sûr de faire ià\ hommes aptes à prendre hardiment l'initiative et à porter des respoo j sabilités ; capables de chercher, d'imaginer, d'inventer, de tenter des voi6 diverses et nouvelles, comme aussi de commander, de décider et, sek» l'expression vulgaire, tde se débrouiller»? .
Nous nous sommes demandé à quoi tient le phénomène social si étniip et si affligeant que signalent chaque jour, non pas des rêveurs ou des pi^ losophes, mais des esprits pratiques, des chefs d'administrations privM^ et de services publics; ils se platgnentdeladu«^d'Aoinmef, laquelle let*
cfait pa6 la furabGBdaiiod ticgen» intelligents « ioëthMi» «t mém^ iiiliiknés de bon Vouinir .. ÀMurémeot il y a aussi plus â*viie Qatise à xict appanvrisbem^t de sève, de i&ree instiaotiTe et originale, de 'vignëur morale; mais si nom éaartons les explioatioas tirées du mouvement philosophique et sodal, qui en pareille nuatière sont toujours les princi« pales 4 il suffira, oroyDn»«nou8v â*ebserver dé près l'état d'esprit habituel dun grand nombk^ de jeuàes gens (et non des nloms bieb dmnés), soit durant leurs études, smt au lendeHiain de leurs épireuves finales^ pour se eonvainere qtie M. de Humboldt disait juste. Il est impossible ^'une telle dispersion desforcts^ Une appliuation du cerveau si prématerée^si prdloBgéfe^ si intetise, quand elle ast dépèurvue du ootreètif d'un régime convenable detersices physiques et de délassements^ necontribuebtpas à diminuer te goût du tmvail libre et à affàildir le ressort intime de la volonté»
On comprendra d'ailleurs sans peise que la nécessité de se à épécialiser» dé bonne heure et pour de longues années? aGn d'arriver à temps et avec plus dé chance de succès au but souhaité, contribue sii^olièremant à aggraver le mal. Quelle élasticité, quelle aisance de mouvements, quelle forte trempe y a-t^il lied d'attendre d'un esprit qui a été sounais, presque sans divërsioli, durant les Meilleures années de la jeunesëe, à une discipliae présqiie unique d'études, et qui h'a êi^ii développé longuement qu'un seul ordre de faoultés?
Je disais tout à l'hehre que notre enseignement primaire n'est ebcofe que menacé de ce tôtét iliais 11 l'esté il l'est en particulier dans lés écoles normales de maîtres et de niaiiresses 4 oà l'instruction s'est démesurémeiit accrue en Variété et en étenAne^ et de, par le plus libéral des sentimcBls^ on prétend aussi racGN)ltre en profondeur, fl eat menacé du haut en bas de l'éfchelle scolaire 4 lion par l'e&t d'une préméditation quelconque 4 mais parune force des choses qui., à mëiura que la taience reonlé ses linliies et qiie4 d'autel part, la foule se presse à l'énti^ée de toutes ifes ilarrièreSf entraîné presque ioàlgré eux les auteurs de programmto^ les directeurs d'écoles normales et les examinateurs, les chefâ d'écoles prlmairéasupéneures, etjttsqu'aila simples instituteurs euxmêmes «à gikissir la naatière de renseignement 4 à redoubler ks eaigenees de Texamen , à multiplier les leçons et les tâches, à devancer l'âge, à doubler les étapes.
D^ailleurs, ne l'oublions pas, le progrès pédagogique qui est en trau de 8*accomp]ir d'un bouta l'autre de la France, nous voulons dire cettf manière d'enseigner qai fait incessamment appel à Tactivilé de féiève, qui prétend l'obliger à ne rien apprendre qu'il ne comprenne et à tirer le plus possible la vérité de lui-même, cette méthode vraiment libérale, par cela même quelle sollicite sans trêve ni repos l'esprit, devient promptement fatigante, plus fatigante que la méthode de routine et de mémoire. Cooime elle met en jeu les facultés supérieures de réflexion et d'invention, elle risque, si l'on n'y prend garde, d'imposer une fatigue cérébrale considérable. Nul doute qu'appliquée, ainsi qu'on doit le souhaiter, à l^ducation populaire à tous ses de]^rés,elle ne contribuât bientôt, pour sa part, à aggraver le mal d'épuisement prématuré que nous redoutons, si elle n'était maniée avec discernement et contre-balancée par toute une hygiène physique très active et très assidue.
S'il est des personnes qui soient disposées k taxer nos inquiétudes de chimériques, nous les prierions encore une fois de se rappeler que la France est le pays le plus centralisé du monde pour Tadministration scolaire comme pour le reste; que tout est de portée immense dans leoseignement primaire; qu'il est aujourd'hui constitué conmie il ne Test nulle part ailleurs, pas même en Allemagne; qu'il ne lui manque aucan oi^ane,< depuis l'humble école de village et le certificat d'études primaires jusqu'aux écoles normales supérieures, où se recrutent la plupart des maîtres et des maîtresses des écoles normales départementales, et aui jurys chargés de délivrer les plus hauts diplômes. Un instrument si puissant Test pour le mal comme pour le bien : or, entre tous les périls, celui de voir s'appauvrir la sève populaire n'esl-il pas de c^eux qu'il importe le plus de considérer? N'est-ce pas de cette sève que sort à la longue, par . une circulation non interrompue , tout ce qui manifeste en France d^acti vite morale, industrielle, artistique? Aussi le désastre serait-il irréparable (et d'autant plus qu'il n'éclaterait pas aux yeux du vulgaire), si l'esprit de mandarinat , d'examens et de diplômes , l'esprit qui porte à travailler à outrance durant quelques années pour arriver à se reposer ensuite dans des situations bien étiquetées, bien définies et de responsalnlité très limitée, si Tesprit de banalité docile venait à gagner l'élite des classes populaires.
V^oici une autre erreur qu'il nous a paru opportun de signaler à ceux qui ont chaîne d'édicter ou d'appliquer le règlement des heures de repos et des exercices physiques ou des jeux. A leur insu, ils se placent, si Ton * peut ainsi parler, au point de vue d'une hygiène négative. Nous prenons en effet d'habiles précautions pour que la santé des élèves ne soit pas compromise par le travail, et nous sommes satisfaits de produire des statistiques d'où il résulte que, dans le cours de la campagne scolaire, il n'y a eu à déplorer ni morts ni blessures graves. On déploie une sollicitude ingénieuse pour évaluer ce que peut supporter dans les vingtquatre heures un cerveau d*enfant ou déjeune homme, et nul ne se pardonnerait de diminuer la dose d'air, de sommeil, d'exercices que le médecin prescrit.
Une telle manière de juger les choses est trop conforme à ce que réclame la terrible concurrence de notre société moderne, à ce que demandent souvent les familles elles-mêmes, dans leur imprévoyance et leur âpre impatience, pour qu'il nous vienne seulement à l'esprit d'en faire l'objet d'un reproche à l'adresse des hommes d'école. Mais il leur appartiendrait pourtant, il appartiendrait à chacun de nous de considérer qu'à cet âge de plein essor, où les forces du corps et de l'esprit semblent inépuisables et où le jeune homme se plaît à dépenser sans, compter, il est rare que l'excès d'application cérébrale ou l'application constante vers un point unique, ou enfin l'insuffisance des moyens ordinaires de réparation , produisent immédiatement et manifestement leurs effets naturels. La véritable hygiène ne consiste pas (qu'on nous pardonne cette façon de dire) à empêcher le jeune homme de mourir, mais plutôt à le faire vivre. Nos élèves peuvent n'être pas malades sans être pour cela bien portants. Nous ne sommes quittes envers eux, envers les familles, envers le pays, que si notre institution scolaire est concertée de manière à former des hommes robustes, capables de sufGre avec aisance non seulement aux «coups de collier» des grands examens, mais à l'effort régulier et aux épreuves extraordinaires de toute la vie. Une pareille vue , si elle était franchement acceptée, si elle sortait des livres pour entrer dans la pratique , nous semblerait de nature à modifier profondément le
choix et l'ordre de nos moyens d'éducation physique, et par suite h proportion établie entre ces moyens et la quantité de travail intellectuel.
Dans rétat présent, convenons-en , tout est subordonné, disons platèt tout est sacnlié aux nécessités dévorantes de Tinstruction ; la part iaite aux exercices physiques, soit dans la famille, soit dans Tinternat, est si artificielle, elle offre si peu d^attrait aux élèves, qu'il suffît de la moindre circonstance imprévue pour la réduire à néant sans que personne proteste.
Messieurs^ notre Sous-Commiision ^ sans Vouloir soniicr Talanoie, uds nier tout ce qui a it& accompli de préoi^yses améliorations dans le régime hygiénique des écoles , sans méconnattre surtout que les programme ainsi que les examens valent moins par eux-mêmes que par Tesprit dont on tel anime, qd*ils peuvent être, lelon la main qui les applique, ou un appareil de gène pout* la «ànté et de «grvitude pour les espriuoa un stimulant et uh régulateur salutaire, nôtre Soul-Commission a crade «on devoir d'appeler sur tB «ujet votre ittention et .eelle du Gouverne ment
Maintenant que nous vous avons fait connaître les idées générales dont nous nous sommes inspirés, il ne nous reste. Messieurs, qu'à mettre sous vos yeux quelques-uns des principaux vœux d'application qui ont obtenu Tassentiment unanime de la Sous-Commissipn ; on les trouvera en quelque sorte répandus dans tout le détail de nos instructions :
i"* Rêpousé^r de toute» nôâ forces, sUr iôiXS leâ poitltsde reâdeignemeaL à toué les àgeâ de riustruetion primaire, tHhii suHout dans les trois aanées de récolë Normale, là tetidance dé piuà éh plus envahissante qui porte à faire dés études Uûe préparation hâlfetântè âtix diplôcnes ; el. entre autres précautions, veiller partiéulièrèmeûf à ee que les examens dé tout degré, dépuis celui du éertificat priUiaire juéqu'àu b^éVet supérieur, àoiéUt conduit» dé manière à maintenir à tout le systèltie primaire le caractère simple, »obré, eàseûtieHemedt * édùéàtif i* et pratique toat ensemble, qui lui appartient.
2"" Reculer ïâ limite d'âge pour Tadmission aux divei^ eiameHs et
cxMicoars primaires^ qui est anjoard'hui ëote ans pour le oertificat primaire, quinze ans ou qainieana et demi pour Teotrée à TéoDle normale « seize et dix -sept ans pour 1 un ou Fautre brevet*
3* Ne pas resserrer comme îl arrive trop souvent en sept ou huit mois un cycle de cours qui , en bonne règle, devrait durer toute Tannée scolaire, c'est-à-dîre deux mois de plus. Pour cela, renoncer à avancer d'année en année l'époque des examens, qui de la mi-août s'est reportée peu à peu jusqu'au commencement de juillet.
à"" Renoncer définitivement à des procédés d'enseignement qui amènent une dépense inutile de temps et de peine, tels que cours dictés ou copiés en classe, ou rédigés en entier d'après des notes, etc.
5"* Renoncer aux moyens d'émulation trop excitants, qui entretiennent chez les meilleurs élèves une sorte de lièvre aussi nuisible au développement normal de l'intelligence et du caractère qu'à celui des forces physiques (concours cantonaux, concours fréquents dans l'intérieur des classes, etc.).
6° Ne pas laisser envahir le temps des récréations par toute sorte d'occupations parasites (musique, lecture, correspondance). Ne pas céder à la tentation de substituer des promenades dites instructives aux vraies promenades récréatives ou réparatives. Multiplier autant que possible les excursions longues, intéressantes, fatigantes, qui raniment l'imagination , jettent la pensée hors des voies rebattues, renouvellent les provisions de joie et de courage, disposent les jeunes gens à entreprendre, durant les grandes vacances, de longues courses à pied, les dégoûtent à l'avance des habitudes d'estaminet et de jeux sédentaires, si peu conformes à l'instinct d'une nature jeune, saine et vigoureuse.
Dans tout ce qui précède, il n'y a, nous le savons bien. Messieurs, rion de nouveau, rien qui n'ait déjà été dit et bien dit sous maintes formes. Mais nous croirions encore avoir fait œuvre utile si nous arrivions à vous faire partager le sentiment qui n'a cessé d'animer nos travaux. Ce sentiment est que, plus l'appareil de l'éducation publique excelle dans notre pays démocratique à atteindre les divers âges, les diverses conditions et les deux sexes, plus il pénètre profondément dans les habitudes intellectuelles et morales, et plus aussi il importe de
veiller à ce qu'il fasse des génA-ations saines et robustes de corps, d'esprit, de caractère. Il ne faut pas qu'en devenant plus savant, notre peuple devienne plus malingre, plus sot, et moins propre à TactioD. N'ayons garde d'oublier que l'avantage, dans les compétitions nationales comme dans les compétitions privées, n'appartient pas exclusi vement ni peut-être principalement à la supériorité du savoir, il tient surtout à lample provision, naturelle ou acquise, d'énergie et de bon sens qui seule permet de mettre le savoir en pleine valeur.
Le Président de la 4* Sous-Commission,
F. PÉCAUT.