‹ Hygiène des écoles primaires et des écoles maternellesChapitre 49 sur 58 · SOINS DE PROPRETE · texte numérisé non relu

SOINS DE PROPRETE

Le règlement scolaire modèle recommande aux instituteurs (art. S) de veiller à ce que les élèves se présentent à Técole dans un état convenable de propreté et il leur ordonne de faire chaque jour, au commencement de chaque classe, une visite de propreté.

Ce n'est pas là une recommandation vaine. Des soins que Thomme prend de son corps dépend, pour une bonne part, Ja conservation de sa santé ; sur un corps malpropre les fonctions si nécessaires de la peau ne se font pas ou ne se font qu'imparfaitement; d'un corps malpropre se dégagent des odeurs malsaines ou des miasmes délétères qui blessent l'odorat, vicient l'air ambiant et le rendent impropre à la respiration, quand ils ne le chargent pas de germes morbides.

Si les soins de propreté ont une grande importance pour l'hygiène de l'homme fait, à plus forte raison en ont-ils une considérable pour celle de l'enfant dont les organes et les tissus, encore mal affermis, résistent moins bien aux yafluences pernicieuses.

Et si les mêmes soins sont nécessaires à l'homme qui vit seul ou au milieu de sa famille, combien ne sont-ils pas plus indispensables à des écoliers réunis en grand nombre et pressés les uns contre les autres dans une même salle pendant plusieurs heures de suite ?

Il ne servirait de rien d'avoir une école saine, si les élèves ou quelquesuns d'entre eux seulement étaient malpropres sur leur personne ou sur leurs vêtements.

11 servirait de peu d'aérer les salles de classes, si, par le fait de ia

malpropreté de quelques enfants, Tair était aussitôt corrompn qne renouvelé.

Quand aucune autre ce^idérttioB n'imposerait la propreté aux élèves, le respect qu'ils doivent à leur maître leur en ferait une obligation.

D'u^tFQ part« 9Î un. iostiiatcur w parvient pas h obtenir la propireté de ses élèves, c'est qu'il n'a pas suffisamment le souci de sa dignité. On peut affirmer, de plus, qu'il n'aime pas assez les enfants ou qu'il les aime mal.

Par sa vigilance, par ses conseils, par son exemple, par des explications claires sur les règles les plus simples de l'hygiène, il peut tout sur ses élèves, et, par eux, il peut beaucoup sur les familles.

Aux objections que pourraient lui faire lesparenls pauvres, il répoD dra qu'il n'est pas besoin d'être riche pour être propre; qu'aa surplus k ppopreté élsmt le seul hixe qui sott pernûs aux pauvres, c^est bien le moûis que l«ft parent» assurent ce luxe à leors enfants, et que s'il n'est pas besoin de beaucoup d'argent pourvétir proprement un enfant, ii n'est pas besoin non plus de beaucoup de temps poor veiller à ce qu'il prenne aoin de se» vêtements et de sa personne^

B dira eneore quel'lMunme est i% plusi souvent, aif physique aussi bien qu'au moral, ce que la première éduc^tioo l'a feit, et que si les eafeilts contractent de bonne heure des habitudes de propreté, c^est use provision de santé, c'^est^-^^ de fèrees pour le travail, qu'% font durant leur jeui^sse.

Il ajoutera enfin, s'H e» est besoin, que lui, iuslituteur, îi n'a pas le difoit d'imposer aux autres élèves de son école le voisinaged'ua enfant malpropre; qu'il ne peut pas s'exposer au blilaie de ses chefs ou aai reproches des familles, et que son devoir l'oblige à exclure, au raoias provisoirement, tout enfant dont ie contact serait dangereux eu seuie ment incommode^

Il trouvera souvent, pour l'aider à vaincre certaines résistances quV pUque la pauvre lé, des ressources suffisantes dans la caisse des écoles.

Si ces ressources lui font défaut, il s'ingéniera à en trouver d'autres, et il y parviendra, s'il aime réellea>ent ses élèves.

En tout cas, s'il ne peut ol^teuir que tous les enfants aient des vête meuls convenables , il dépend de lui que tous soient propres sur lear personne.

S ifiiXt pour c^« £adi^ tous l^ j«afi « «v^^i^t o|Hk««e cImh» «k i^vto le les élèves «eroat «puioU à cM(^ iospecUoa attofitiv^w les iii^tfe«s*QQQup«Yit v€il<mtiQr« de U propreté du xisago, du çou et dn

mains. Ce n'est pas assez: il faut qu'ils s'occupent avec le même toiu de U propreté 4e h téte^ des oreilk» « des dents , des véte«^aV9^e( de«^ chMssures .

De pareil» soLpis leur vépugneiH^at peutéirei v&aii^ ne desAendenUlê pas «409 répugMilCi% d^C^ ce^ détaQ^t quand iX $'a^t de Wun prepres eQ(«at9i et k^ éliv^ d^ le^ éoole% çeux4i^ anrlout dooil le» p^reaVi ne soccupent pa^ esse%, ne «ont-ils pas leurs eof«^^)

la tëtQ d«« enfants e^ige des aoins purtiiQulier». On u'y doU point mSnt cet chutes q«e« par un préjugé ab&urdc, certvios pereolt s'obstioent eocove à défendre. Les cheveux doivent être peignés ei bvoaicW chaque joiMr. Le nvic^a^ serait que les garçoAs les pointasse At raK Cela n^« lien d'imposaible, m4me en hiver, à condÂtion de pro&tert pour les itire couper» dea. jovtre ou la température s'él^v^ 31 celte coutume prévalait^ les soins à donner à^ tête seraieot sii^guli^enient simplifiés « et que de mau^ de ^te, d^ n^vralgiea et de GeJvitie» précoces oa préviendrait I

4 moii^ d'indisposition bien constatée* tons les enfants, filles et gardons, doivent ^resiter tète ^ue^ pendaot tout le tempa qu'Us sont dons dee salles fermées; cest afi&ûre de sapté auUat que de politesse» Les coiffurei et sartottt lea loiiirdes coiffures de laine que les enjEanta portent qiuflquefois, particulièrement à la campagne, doivent être déposées au vestiaire, Elles ne peuvent quécbanffec le cerveau, en y attirant Taffliu du sang; elles rendent, pour le moifl^ les enfants lourds et somooleob.

le m^ ^t an pire, â, conuDe cela est encore la coutume, U's iUtvm gardent pendant lea daaees, ontre leur coiffure, le au^bt-tàén, dont ils senveloppient le coa et les vêtements supplémentaires d^>ttt ou l<;s a couverts à lenr départ de la maison palemeJIe*

On prétend les préserver du firoid; mais ne serit^vn pas qaa U^ug intï' mettre de rester ainsi couverts en daue, on lea rend pliM usêfê'^Miffi^ oables an froid do deiaors: que, dt fiu^^ ou ^t*j^'M{iue, uu*^ U»f$^t$Mi$^m <{Qi s'arrête hroa^paenaent an coolaU d^ faif exV^i^^r , ^ é^tMi Ik^ in^Ma ^ S^^t légers oa morlcis« sont k pi'ia »>oreiut la <//faé^|y^ii^>; 4h iMtH détestable ooutnme?

En général, on oublie trop avec quelle énergie s'opère la circalation du sang chez les enfants; à les habiller trop chaudement en hiver, on n directement contre le but qu'on se propose : non seulement on les amollit, mais on les expose aux refroidissements. Ce n'est que par les très grands froids que les vêtements supplémentaires sont véritablement nécessaires.

Les enfants répugnent à se laver les oreilles: la décence exige cependant qu'eMes soient nettes; la conservation de Torgane de Touîe ne Texige pas moins. Si Ton n'y prend garde, des boutons se forment a l'entrée du canal auditif externe, les sécrétions s'y accumulent ; onerUen dur: c'est souvent le commencement d*une grave infirmité.

Si les enfants se lavent mal les oreilles, ils ne «e lavent presque jamiis la bouche. Un tartre jaunâtre s'accumule vers le collet des dénis; il allèit et durcit les gencives qui se boursoafflent et saignent. L'haleine en e^: désagréablement affectée et peu à peu la carie attaque et ronge la coq ronne. Avec une brosse et un peu d'eau, combien les enfants De s'épargneraient-ils pas de ces douleurs qui les font tant souffrir! Ons'étonoe. quand le remède est si simple, qu'il soit si peu employé.

Les vêtements et les chaussures doivent être l'objet d'une inspectiai non moins attentive. Des vêtements malpropres sont comme des rés^r voirs d'odeurs incommodes et parfois dangereuses; ils peuvent devenir, si Ton n'y prend garde , des foyers de corruption et des réceptacles de germes de maladie. Un instituteur a le droit d'exiger que, si vieux et s usés qu'ils soient, les vêtements soient propres. Il doit exiger encore que ses élèves portent tous des bas ou des chaussettes.

L'hygiène veut enfin que le linge de corps soit renouvelé au raoio: une fois par semaine, en hiver, et, s'il se peut, deux fois par semaini en été. Dans les pensionnats, cette règle doit être invariablement suivie, et le linge de literie doit être changé deux fois par mois.

L'instituteur veillera à ce que les chaussures soient nettoyées chaquî jour. En hiver surtout, et autant que cela est possible, il prendra so > que les élèves ne restent pas en classe avec des chaussures mouillées; siî ne peuvent avoir des chaussures de rechange à l'école, il les fera mettr-i devant le poêle, à moins cependant qu'ils n'aient des engelures, et il ifl y laissera le temps nécessaire pour séchet et réchauffer leurs pieds: .tj sera la du temps gagné et non du temps perdu.

Il recommandera à ses élèves de prendre fréquemment des bains de pieds : c'est une précaution hygiénique importante et trop peu pratiquée. Il n*est pas nécessaire, comme on le croit généralement, que les bains de pieds soient chauds: à condition de n'y rester que peu de temps, on peut les prendre froids sans aucun inconvéuient. Dans les pensionnats, Tusage fréquent des bains de pieds doit être une règle exactement observée. Dans les écoles primaires, une baignade générale des pieds dans le ruisseau voisin, après la digestion faite, serait, de temps en temps, Tutile occupation d'une récréation.

Dans ces mêmes écoles, l'instituteur enseignera encore à ses élèves conunent, à défaut de grands bains, on peut faire soi-même des ablutions complètes à l'aide d'une serviette mouillée, et combien cette pratique est utile non seulement pour entretenir la propreté du corps, mais encore pour activer la circulation du sang, assurer le fonctionnement de répiderme, et le rendre moins sensible aux variations de la température. Toutefois, avant de donner des conseils à cet égard, il devra s'entendre avec un médecin qui lui indiquera les précautions à prendre.

En résumé:

Passer chaque jour en revue les élèves un à un;

En bon père de famille, s' assurer que leur visage, leurs oreilles, leurs dents, leurs mains et leurs pieds sont convenablement lavés ;

Veiller à ce que leur tête soit nette et leurs cheveux peignés et brossés;

Faire en sorte que les chaussures et les vêtements soient propres et secs;

Exiger, sauf le cas d* indisposition, que les élèves aient tous, pendant la classe, la tête et le cou découverts:

Tels sont les devoirs que la tenue décente de la classe, autant que la »nté de ses élèves, imposent à tout instituteur.

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