‹ Hygiène des écoles primaires et des écoles maternellesChapitre 55 sur 58 · P CLASSES · texte numérisé non relu

P CLASSES

Dans les écoles maternelles actuelles, une disposition réglementaire veut que dès qu'un établissement contient plus de cinquante élèves, ceux-ci soient répartis dans deux classes. Dans la pratique, on lient habituellement compte, pour cette répartition , des âges des enfants, h 5^ Sous-Com mission estime pourtant qu'il y aurait utilité à formuler o? sectionnement dans les règlements à venir et elle admet qu'il y aurai lieu de faire trois sections distinctes.

En effet, si les enfants qui fréquentent les écoles maternelles sont tou5 dans des conditions physiques analogues; si c'est précisément cette période de deux à sept ans qui, caractérisée essentiellement par la présence de> premières dents et par le développement des principales maladies infan tiles, constitue la troisième enfance, on peut affirmer qu'au point de vue du développement intellectuel, les enfants de deux et trois ans, ceux dr quatre et cinq ans et enfin ceux de six et sept ans sont dans des condilioiLdifférentes qui justifient un sectionnement plus complet.

C'est à cause de ces considérations que les membres de la Sous-Coœ

mssion se sont cTabord hroDvés (Taccord pour demander qn^on inlrodaise daos les instructions officielles les dispositions suivantes :

Le sectionnement des écoles malemelles sera fait en tenant compte de Fdge des enfants.

Ce sectionnement devra comporter trois groupes, savoir :

1* Enfants de deux et trois ans;

2^ Enfants de quatre et eing ans;

3" Enfants de six et sept ans, saaf les exceptions individut lies.

Dans Tesprit de la Sous-Commission , ce sectionnement permet de tenir compte, dans le règlement de l'emploi do temps, du dé\eloppement physique en même temps que du développement inteilectnel.

En effet , qnoiqu^à diverses époqaes on ait dressé des emplois du temps pour les écoles maternelles, le projet de règlenient modèle ne prévoit pas un cn)ploi précis de chaque heure de la journée. En général, actuellement, les enfants qui fréquentent les écoles maternelles et qui peuvent y séjourner de 7 heures du matin à 7 heures du soir sont en classe de 10 heures k midi et de 2 heures on 2 heures et demie à d heures. Ceux qui sont venus avant 10 heures, ceux qu'on ne vient pas chercher à A heures, sont tenus , pendant ces deux périodes d^ avant-classe et d' après-classe, au repos dans les préaux sous la surveillance de la Bile de service. Comme les classes sont coupées par des intervalles de repos, il n'y a guère que trois heures ou trois heures et demie d'exercices scolaires par jour.

L.a Sous-Commission a pensé que cette durée du travail quotidien et la durée de chacun des exercices devaient être fixées pour chaque groupe d'élèves. C'est là une question qui préoccupe justement ceux qui, dans tous les pays, s'intéressent à l'hygiène des écoles.

Le vénérable Edwin Chadwich ^^\ le doyen de l'hygiène en Europe, estiuie que, pour les enfants de six à sept ans, le travail ne doit pas durer plus de deux heures et demie à trois heures par jour, et que chaque leçon ne doit fixer l'attention des enfants de cet âge qu'un quart d'heure au plus.

Les hygiénistes allemands, réunis en 1877 au congrès de Nuremberg, émettaient le vœu que les heures de classe fussent réduites dans les écoles de tous les degrés et qu'une plus grande part fût laissée à l'acti-

(*) Cité par Ârnould {Hygiène, p. 1 1 1 5 ).

vite physique. En 18789 au congrès de Dresde, les mêmes hygiéciste» demandaient, entre autres choses, que pour les enfants de sept à boit ans le nombre d'heures accordées au travail ne fût pas de plus de vingtdeux par semaine, en comprenant dans le travail le chant, la gymnastique , les travaux féminins. Sur ces vingt-deux heures , seize au moins devaient se trouver prises dans la matinée.

Nous citons ces opinions étrangères parce qu elles sont moins connues, mais nous aurions pu nous en tenir aux travaux de nos savants nationaux qui sont arrivés à formuler les mêmes principes. L^avis de la Sous-Commission ne pouvait être douteux sur ce point d'hygiène de fenfance et c^est pourquoi , conformément aux vœux émis depuis longtemps par les hygiénistes français , elle a déterminé d'abord un maximum de temps à consacrer quotidiennement au travail dans les écoles maternelles et formulé la proposition suivante :

Le temps consacré, dans les écoles maternelles, aux exercices intellectaeb ne pourra dépasser trois heures par jour.

On doit entendre par exercices intellectaels ceux qui sont énamérés an paragraphe 1*' de V article 2 du décret du 2 août 1881,

Autant que possible, deux tiers du temps consacré à ces exercices seron\ pris sur la première partie de la journée.

Aucun exercice ne pourra durer plus de vingt minutes.

Ce temps maximum de trois heures par jour s'appliquerait aux enfants du groupe le plus avancé en âge, à ceux de six à sept ans qui auraient ainsi deux heures de travail avant midi et une heure après midi. Toute^ fois on a pensé que les deux heures du matin et que l'heure de l'aprèsmidi devraient être coupées par une récréation d'une demi-heure qui permettrait aux eofants d'aller aux privés et pendant laquelle la sali? d'étude pourrait être aérée. Enfin, pour éviter toute fatigue întellec tuelle prolongée, on a voulu spécifier que les exercices ne dureraient jamais plus d'un quart d'heure chacun et qu'ils seraient séparés par une pause de cinq minutes.

La Sous-Commission a d'ailleurs résumé ses discussions à cet égaid dans les propositions suivantes qu'elle a votées à l'unanimité :

Les enfants de la section supérieure (six et sept ans) entreront en classe c 9 heures et demie Entre 9 heures et demie et midi, ik prendront en une senif

fois une demi-^hevare de récréation hors de la salle de classe qui, pendant ce temps, sera largement aérée ^^^

Trois exercices différents seront faits dans une heure. Chaque exercice durera un quart d'heure et sera séparé de Vexercice suivant par cinq minutes de mouvements avec chant.

La classe de l'après-midi commencera à 2 heures et demie et se terminera à â heures : elle sera coupée par une récréation d'une demi-heure en une seule fois, hors de la salle de classe qui, pendant ce temps, sera largement aérée •

Pour les enfants plus jeunes, pour le groupe de quatre fet cinq ans, pour celui de deux et trois ans, on a ienu à garder les dispositions générales applicables aux enfants de six et sept ans. Toutefois c'est en ne les adntiettant en classe qu'à lo heures et en réduisant, en même temps, pour les plus jeunes, la durée de cette classe, qu'on a cru devoir établir une distinction, s'appliquant ainsi à mettre la durée du travail en rapport avec Tâge des enfants, de telle sorte que ceux de deux et trois ans n'aient en tout que deux heures de travail par jour, et ceux de quatre et cinq ans seulement deux heures et demie.

C'est ce que la Sous-Comniission a formulé dans les termes suivants :

Les enfants de la deuxième section (quatre et cinq ans) n'entreront en classe qu'à 10 heures du matin. Sauf cette modification, les dispositions prévues pour la première section sont applicables à la deuxième.

LaCS enfants de la troisième section (deux et trois ans) n'entreront en clause quà 10 heures du matin; ils en sortiront à 11 heures et demie. Sauf cette modification, les dispositions prévues pour la première section sont applicables à la troisième.

Les diagrammes ci-après (p. 238 et 23g) de M. Delon el de M. le docteur Napias montrent d'ailleurs clairement l'emploi du temps pour chaque groupe d'enfants.

^^) Plusieurs membres ont demandé que la Sous-Gommission altire Tattention de TÂdministration sur la nécessité de faire le balayage pendant les récréations et en prenant toutes précautions pour que la poussière n incommode pas les enfants.

Page 1