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DE LA PROPRETÉ

Pour marquer rimportance que les hygiénistes attribuent à Tintroduction d'habitudes de propreté dans la population, nous avons voulu traiter ce sujet en premier lieu et avec quelque développement.

B faut avouer tout d'abord que parmi les nations civilisées, la nôtre est une de celles qui pratiquent le moins les soins de propreté. Si les Français bien élevés savent à cet égard sauver les apparences, Fenquéte la plus superficielle suffit pour prouver que, même parmi les personnes aisées, la stricte propreté du corps ne va pas toujours au delà des parties visibles ou de celles qui peuvent, par leur odeur sui generis, déceler une négligence tout à fait révoltante. Dans les conditions sociales où les soins de propreté deviennent une charge pécuniaire sensible, les choses sont pires. Pour s'en convaincre, après avoir constaté, par exemple, dans les maisons, l'absence d'installations permettant des ablutions complètes ,

qu'on fasse le compte des baignoires existant dans une ville , par rapport

à la population, et Ton demeurera convaincu de la réalité des faits que nous avançons. Les habitudes sont plus mauvaises encore dans la masse profonde des populations rurales. Il suffit d'avoir exercé la médecine à la campagne pour savoir la terreur qu'inspire à la plupart des paysans la prescription de prendre un bain.

Nous reculons devant l'énumération des pratiques malpropres que l'imagination populaire a inventées dans un but de médication ou de prophylaxie contre les maladies.

Il ne nous appartient pas de recommander la propreté à titre de signe visible de respect de l'honmie envers lui-même et envers ses semblables, ni de rechercher dans l'histoire comment s'est réduite à un minimum.

contenu dans une coquille à la porte des églises, Teau d^ablution prescrite par les fondateurs de tous les cultes comme devant accompagner les actes religieux. Mais, comme hygiénistes, nous avons le droit d'affirmer que les glorieuses découvertes de Pasteur ont donné une base scientifique à Topinion des médecins qui reconnaissaient Tutilité de la propreté pour la conservation de la santé et son absolue nécessité dans le traitement d'un grand nombre de maladies.

C'est une grande erreur de croire que tout a été fait pour la propreté quand les apparences sont sauvegardées; les parties du corps recouvertes par les vêtements sont moins accessibles à la poussière que la face , le cou, les oreilles et les mains , et nous concédons que les enfants de nos écoles peuvent se passer à la rigueur de ces ablutions générales quotidiennes , si salutaires et qui sont en usage dans la plupart des familles arrivées depuis longtemps à l'aisance ; cependant nous croyons qu'à tout âge une ablution générale par semaine n'est pas de luxe, et que, pour les enfants, cette règle peut être prise comme minimum.

Quand l'administration de grands bains devient trop onéreuse, on peut les remplacer par une douche tiède en pluie ou en jet, avec lavage rapide au savon et rinçage consécutif. Ce procédé est employé avec succès dans tous les régiments, dans les asiles de nuit, etc. Ces lavages demandent très peu de temps et se heurtent à moins de préjugés que les bains; les parents qui craindraient, sans aucune raison d'ailleurs, la production de rhumes à la suite d'un essuyage incomplet de la tête, seraient libres de donner à leurs enfants des bonnets de caoutchouc ou de taffetas gommé.

Pour convertir à la propreté les générations qui nous succéderont, ii faudrait une série de mesures simultanées qui sont du ressort de plusieurs ministères. Depuis quelques années, le Ministre delà guerre tient la main plus sévèrement aux soins d'entretien des hommes et des casernements; les jeunes gens rapporteront du service militaire des habitudes meilleures et un progrès notable sera rapidement obtenu; le personnel de la marine est tenu proprement de temps immémorial ; mais tout le monde ne passe pas sous les drapeaux; nous voudrions qu'à la revision, tout conscrit malpropre fût ajourné, pour aller se laver; tous les Français seraient ainsi forcés de se nettoyer une fois dans leur vie et apprendraient par expérience que le contact de l'eau avec la peau n'est pas dangereux.

La mise à exécution de cette mesure exigerait une simple circulaire du Minisire de V intérieur aux préfets, leur recommandant de suivre l'exemple récent de leur collègue de la Loire Inférieure.

Mais c'est surtout au Ministère de Tinstruclion publique, dont la chaîne est réducation tout autant que Tinstruction , qu'il appartient de prendre de sérieuses déterminations; nous ne .craignons pas d'affirmer que les résultats seront insignifiants si la réforme n'est pas abordée résolument pai le sommet de la biérarchie administrative. Les prescriptions les plu précises et les plus minutieuses seront sans eOet, si l'exemple n vient pas d'en baut. Nous demandons qu'on prenne, sans aucun regard, des mesures pour l'entretien des bâtiments ressortissant au Ministère.

La propreté des locaux babités par des agglomérations nombreuses est utile en elle-même, car il est démontré que les murs et le mobilier peuvent être le réceptacle de germes nuisibles; mais c'est surtout par l'exemple et par l'efiFet moral que la propreté des lieux de réunion influe d'une manière tout à fait surprenante sur les habitudes de ceux qui sont appelés à les fréquenter ; les gens mal tenus se sentent déplacés dans un milieu brillant de propreté, et s'ils sont forcés d'y revenir quotidiennement, ils sont invinciblement amenés à s'y conformer dans leur mise et dans le soin de leur personne. Et d'autre part, la propreté des écoles est plus directement dans la main de l'Administration que celle des individus; les choses n'opposent au progrès qu'une résistance inerte. C'est par les locaux scolaires qu'il faut agir tout d'abord, mais sans se dissimuler que ce n'est pas là le point le plus important.

Comment résoudre ce problème, d'obtenir des soins de propreté quand la dépense qu'ils nécessitent sont sous la responsabilité d'autorités municipales, au moins étrangères aux notions que nous venons d'exposer?

Il faut tout d'abord gagner à notre cause les instituteurs. Nous ne comptons guère atteindre ce résultat par les leçons d'hygiène, introduites si à propos dans le programme de leurs études. La propreté , comme les autres vertus, ne s'enseigne pas ex cathedra: l'exemple et la pratique sont seuls efficaces. C'est par la bonne tenue des navires de l'État que les habitants les plus pauvres du littoral ont pris des habitudes de soin qui sautent aux yeux dès qu'on entre dans leurs demeures.

Il faudrait peut-être que les bâtiments et les bureaux du Ministère de l'instruction publique servissent de modèle aux fonctionnaires de tout rang

qui ont à intervenir dans la surveillance des écoles primaires. Il faut certainement veiller à l'entretien des bureaux des recteurs et des inspecteurs d* académie, et tenir la main à ce que les inspecteurs primaires ne laissent apparaître aucune trace de négligence dans la pièce où ik reçoivent leurs subordonnés.

Il est indispensable que ïexténeur de T école soit entretenu avec soin; les apparences sont souvent un premier pas vers la réalité des choses : quand Taspect de Técole sera irréprochable, il y aura plus de chances d'obtenir son bon entretien intérieur. L'inspecteur devra également s'assurer de la bonne tenue du logement personnel de Tinstituteur.

La classe doit être halayée tous les jours, et cette opération devant se faire toutes fenêtres ouvertes , il faut qu'en hiver elle ait lieu le soir, après la sortie des élèvéb, ou le matin en même temps que l'allumage du poêle, au moins une heure avant l'entrée des élèves, pour qu'après la fermeture des fenêtres, la salle ait le temps de se réchauffer. On peut rendre le balayage moins pénible en le faisant précéder d'un arrosage très modéré. Dans les écoles où les enfants font un repas dans la classe, il faut exiger un second balayage avant la rentrée de Taprès-midi, D'ailleurs il faudrait interdire de rien jeter à terre et surtout de cracher sur le parquet : les recherches récentes de MM. Malassez et Vignal démontrent en effet que le bacille de la tuberculose reste virulent malgré la dessiccation des crachats qui le contiennent et peut être soulevé ensuite avec la poussière du balayage.

Toutes les ménagères savent que les soins de propreté périodiques ne peuvent être obtenus que si on leur assigne des jours absolument fixes : c'est ce que nous allons faire pour le nettoyage du parquet, des murs et des vitrages.

Le parquet doit être lavé le samedi soir ou le dimanche matin. La rareté de l'eau ne peut servir de prétexte à l'omission de ce soin; en effet^ le lavage à grande eau est une erreur. La condition d'un bon nettoyage c'est de procéder de proche en proche. En Angleterre, ce sont générale* ment de vieilles femmes qui font les travaux de ce genre. Une grosse éponge et deux seaux (le premier pour l'eau propre, le second pour l'eau sale), voilà tout le matériel nécessaire. La femme, agenouillée, travaille à la portée de son bras, et chemine en déplaçant les seaux à mesure que l'ouvrage avance. On peut encore obtenir un résultat pas-

sabie au moyen d'une toile d'emballage enveloppant un balai usé : mais ce moyen se prête moins bien à contourner les pieds du mobilier fixe de nos écoles.

Il serait bien d'exiger que les vitrages fussent lavés à jour fixe, le premier jeudi du mois , par exemple. Il n'est vraiment pas admissible qu'après avoir multiplié à l'excès les surfaces éclairantes, on permette aux maîtres de laisser envahir les vitres par une épaisse couche de poussière qui s'accumule particulièrement sur les impostes mobiles. Nous avons vu à Paris des écoles neuves où le jour était absolument obscurci par la haleté des vitrages. Dans certain modèle, conforme à l'article 23 de l'ancien arrêté du 17 juin 1880, le lavage des impostes est rendu à peu près impossible : il faut supprimer les arrêts pour que l'imposte puisse se renverser entièrement à l'intérieur an moment du nettoyage. En Belgique on lave les vitres une fois par semaine.

Les murs intérieurs devront être lessivés tous les ans avant la fin des grandes vacances, s'ils sont peints à l'huile, et dans ce cas ils seront repeints tous les trois ans. Les murs simplement crépis seront chaulés une fois par an»

Les tables et bancs devront être grattés oa peints en noir dès que leur propreté laissera tant soit peu à désirer. D'ailleurs chaque élève doit être déclaré responsable de V état de la place qu'il occupe et les dégradations doivent être réparées sans retard aux frais delà commune, sauf recours contre les parents des élèves. Il est important de bien pénétrer les enfants du respect de la propriété conmiune et d'entourer ce respect d'une sanction effective; quand la discipline est bonne dans une école, les tables restent indéfiniment intactes; quand le premier coup de canif est puni par le remplacement de la planche entamée aux frais du délinquant, une seconde attaque au mobilier scolaire ne se produit pas.

S'il existe un tuyau de poêle apparent, il devra être démonté au printemps et n'être remis en place qu'à l'approche de l'hiver.

Pour couper court à des conflits de tous les jours , il est nécessaire qu'un règlement précise, en ce qui concerne les soins d'hygiène et de propreté des locaux scolaires, les devoirs respectifs des municipalités et des instituteurs, mal définis par l'article 36 de la hi de 1850.

Après de longues discussions, la i'*' Sous-Commission a décidé que les st^s des privés devaient être cirés; c'est dire que des mesures devront

être prises pour empécber les élèves d'y monter. C'est d'ailleurs un fait de stricte observation qu'on inacule moins aisément un cabinet et un siège propres. Les docteurs Perrin et Riant ont montré, dans un rapport à la Société de médecine publique et d'hygiène professionnelle, que la sordidité des cabinets dans les habitations ouvrières, qui est une des causes les plus graves de l'insalubrité de ces habitations, tient au manque du désir de propreté chez les habitants; la propreté ne leur a pas été enseignée dès l'école, elle n'est pas devenue une habitude et un besoin, tout au moins pour quelques-uns, et il suffit d'une faible proportion de personnes malpropres pour imposer la saleté à tous les autres habitants de la maison. Les ignobles cabinets à trous béants, à la turque, appellent la saleté pour ainsi dire ; c'est ce qu'on trouvait autrefois dans toutes les écoles et c'est quelque chose d'approchant qu'on trouve encore aujourd'hui. Il faut enseigner aux enfants à faire usage de cabinets propres, nous dirions presque luxueux, si l'exemple d'autres pays ne nous apprenait pas que la propreté des cabinets peut fort bien être une règle générale. Dans le rapport publié par le Commissionner of Education de Washington , nous lisons qu'il existe à peine quelques localités incultes,où

faut empêcher les enfants de monter sur les sièges des cabinets : nous sommes à cet égard moins civilisés que dans le FarWest et qu'en Bohême.

Pour que le siège ne soit plus souillé par les élèves, on pourra le disposer de façon qu'il soit impossible de monter dessus. Un bon dispositif est celui qu'on trouve à Vécole Monge à Paris : c'est un simple anneau de bois verni, qui couvre le bord de la cuvette de porcelaine et qui est trop étroit pour qu'on puisse s'y tenir en équilibre auti-ement qu'assis.

Un autre moyen d'assurer la propreté des sièges consiste à les surmonter d'une large planche montant obliquement à partir du mur de fond jusqu'en un point situé presque au-dessus du bord antérieur du siège; on peut encore poser une barre de fer horizontalement à environ 5o centimètres au-dessus de l'orifice.

Nous avouons que ces moyens mécaniques d'assurer la propreté des cabinets ne nous satisfont qu'à moitié, car nous voulons apprendre à l'enfant à s'asseoir de gré et non pas de force. Le but à atteindre est moins d'avoir des privés propres que d'habituer les hommes à ne pas salir les sièges des cabinets, et il existe des moyens certains d'obtenir ce résultat.

£n Bohême, pays presque-légendaire pour la négligence des populations*, nous avons vu procéder ainsi : à chaque classe de l'école appartient un cabinet dont la clef est accrochée près de la porte de la classe. L'élève prend la clef pour aller aux lieux et la rapporte en revenan t. Si le siège est souillé , celui qui s'en aperçoit doit en aviser le maître. Il suffit d'une inspection très rare pour assurer la propreté parfaite des privés, car si elle laisse à désirer, le dernier occupant est responsable :il ne peut rejeter la faute sur son prédécesseur, puisqu'il n'avait qu'a prévenir. La punition infligée au délinquant est, bien entendu, de nettoyer l'endroit. Après bien peu de jours, chacun préfère, s'il lui est arrivé un accident, le réparer spontanément que de s'exposer à faire punir un camarade. Au surplus, depuis l'heureuse innovation des interruptions, les enfants n'ont plus à sortir que très exceptionnellement pendant la classe et la surveillance des privés est devenue relativement facile, surtout avec le système de portes recommandé plus loin.

En adoptant le siège en bois, nous n'oublions pas que, chez les petites filles, il peut se rencontrer un danger de transmission d'écoulements vulvaires très tenaces et souvent graves; aussi la 5* Sous-Commission a-t-elie fait expérimenter avec succès dans l'école maternelle de la rue Madame un dispositif qui interrompt le siège en bois dans sa partie antérieure; on a pratiqué en outre un prolongement en avant de la cuvette; les parties sexuelles sont ainsi à l'abri de tout contact suspect. Cette disposition paraît également recommandable pour les écoles de garçons.

Quand il existe un service d'eau, il est bon de mettre dans chaque cabinet une pancarte invitant à tirer le bouton avant et après chaque opération. Après, cela va presque sans dire, mais avant .^ C'est pour humecter la cuvette afin que les matières glissent et s'attachent moins à la porcelaine. Cette précaution est superflue quand la face postérieure des cuvettes est verticale. Nous n'approuvons pas l'emploi d'appareils automatiques; car il ne s'agit pas d'aflranchir les enfants des soins de propreté, dont il importe au contraire de leur inculquer le goût.

Dans les urinoirs, si l'on ne dispose pas d'une quantité d'eau illimitée, un mécanisme extrêmement simple permet de produire un lavage intermittent, agissant par exemple toutes les trois minutes, et bien préférable à un courant continu mais insuffisant.

Sur la question des privés, la i'* Sous-Commission propose la rédaction suivante :

Les sièges en pierre, ciment ou fonte sont interdits. Les sièges devront être en hois verni ou ciré et uniquement constitués par un anneau de 5 à 6 centimètres de largeur appliqué immédiatement au bord supérieur de la cuvette, La forme générale de ce siège sera ovale; ses dimensions seront, y compris la largeur de l* anneau, de UO centimètres de long sur 33 de large, La cuvette aura une paroi postérieure verticale; elle sera munie d*un appareil obturateur et d!un siphon toutes les fois qu*on aura Veau à sa disposition.

Il est évident que la cuvette est inutile quand il n'y a pas d*eau.

Nous ajouterons qu'il serait bon d'exiger, pour faciliter la surveillance, un espace libre de 25 centimètres environ entre la porte et le sol. On voit de loin, par-dessous la porte, les pieds de la personne qui est dans le cabinet, à condition qu'il ne soit pas trop profond. Ce dernier desideratum oblige à faire ouvrir les portes vers l'extérieur.

Les murs intérieurs doivent être garnis de faïence ou très rugueux pour empêcher les inscriptions inconvenantes.

Il est désirable aussi que les portes soient très basses, de manière à rendre la surveillance possible et à assurer un bon éclairage, sans lequel la propreté ne peut être obtenue que bien difficilement.

Le principal but de l'emploi de l'eau dans les privés est d'établir une séparation entre l'air du cabinet et celui de l'égout ou de la fosse. Il ne suffit pas de la fermeture hydraulique de la valve : il faut encore exiger, sous chaque calotte, un siphon, dont le fonctionnement est permanent, tandis que la valve peut laisser passer des gaz chaque fois qu'on la met en mouvement. Les tuyaux d'écoulement des eaux mena-

gères doivent égdement être séparés de l'égout par des siphons.

Nous n'avons pas à prendre parti ici pour ou contre le « tout à Tégout • , mais nous devons signaler les dangers de l'introduction de l'air d'égout dans les habitations; les moyens d'empêcher cet inconvénient, ou même de reconnaître s'il existe, ne sont bien appliqués qu'en Angleterre; il con* viendrait, dans chaque grande ville, de charger spécialement un ingénieur de vérifier les conduites qui établissent des conmiunications entre les édifices muoicipaux et les égouts.

Dans les écoles où l'on dispose de peu d'eau , il convient de recourir à des fosses mobiles, si l'on est certain que le service des tinettes sera bien

fait ; dans le doute, ce système est la pire de toutes les solutions , car on voit, dans des édifices publics, les caveaux destinés à recevoir les tinettes transformés en doaques infects qu'on ne sait plus conmient nettoyer. Il vaut mieux alors recourir aux fosses fixes.

Mais si Ton manque absolument d*eau pour le service des privés, le mieux est de recourir à Yearih closet où la désinfection se fait au moyen de terre bien sèche et pulvérulente. — En résumé :

1^ Dans les villes. — Toutes les fois quil existera un système de canalisation permettant V évacuation immédiate des vidanges, la projection dans cette canalisation se fera directement. On prendra toutes précautions pour assurer Tisolement (siphon, obturateur, etc.).

Quand ces conditions ne seront pas remplies, les fosses mobiles seront préférées aux fosses fixes.

Les fosses fixes seront de petite dimension, sans avoir toutefois moins de 2 mètres de long, de large et de haut. Elles seront voûtées, construites en matériaux imperméables et enduites de ciment. Elles seront étanches et le fond sera disposé enferme de cuvette, les angles seront arrondis.

Elles seront établies loin des puits,

2® A la campagne. •— Les fosses fixes devront être installées dans les mêmes conditions que ci-dessus.

Dans le cas oà Ton emploierait des fosses mobiles ou le système des earth closets, l'accès des appareils devra être assez facile pour permettre un enlèvement fréquent et rapide des matières.

Dans tout ce qui précède nous n'avons parlé que de la propreté de récole et des objets qu'elle renferme. Il est plus difficile, mais tout aussi important de veiller à la propreté des élèves : c'est la vraie prophylaxie de bien des maladies contagieuses.

La première chose à faire, et la plus facile, est de veiller à la propreté des vêtements. Ici on a les mères pour auxiliaires, car les haillons malpropres sont le signe extérieur de la misère; quand Taisance pénètre dans une faibille, elle se traduit généralement tout d'abord par l'achat de vêtements neufs. Il faudrait faire comprendre aux parents que le vrai luxe des enfants pauvres est de porter des vêtements propres et non pas d'en porter beaucoup à la fois.

En général les enfants sont d'autant plus chaudement vêtus qu'ils ap-

partîennent à des familles plus pauvres, car rexpérîence et les conseils des médecins éclairés font pénétrer de plus en plus dans l'esprit des mères cette vérité, que Tenfant a beaucoup moins besoin d'être vêtu chaudement que l'adulte. Dans aucune saison les vêtements chauds ne sont utiles à l'intérieur des appartements, et quand les enfants sont à l'air, si on ne les contraint pas, ils se donnent toujours assez de mouvement pour ne pas contracter de refroidissements. Un grand nombre de familles imitent les Anglais et imposent à leurs enfants une ablution froide tous les matins : cela vaut infiniment mieux que d'élever, comme on dit, les enfants dans du coton. Croit-on que la figure soit moins impressionnable au froid que les bras ou les jambes? et cependant personne ne trouve utile de se vêtir le visage. Les habitudes françaises n'acceptent pas volontiers les jambes nues du costume écossais, mais nous pensons qu'on ne saurait trop réagir contre V excès de vétemenis chauds dont on enveloppe la plupart des enfants. En tout cas, dans Vintériear de V école, la tête doit rester découverte, et il faut faire quitter les cache-nez et vétemenis de dessus et ne pas laisser porter de bonnets aux filles. En général, la coiffure seule peut être reprise pour les récréations, même en plein air; et encore la plupart du temps vaudrait-il mieux que les enfants restassent tête nue pendant les petites récréations ; la brièveté des interruptions ne permet pas la manœuvre compliquée de mettre et d'ôler des vêtements supplémentaires, et s'il fait froid, on peut être assuré que les enfants, pour s'échauffer, ne manqueront pas de courir et de sauter, ce qui est désirable à tous égards.

En temps de pluie et surtout de neige, quand les écoliers viennent de loin, il est utile qu'ils aient des parapluies, des paletots ou des manteaux épais ou imperméables et qu'ils soient munis de sahols ou de caoutchoucs : la propreté de la classe et l'hygiène sont d'accord pour exiger que tous ces objets soient laissés au vestiaire. Il nous semble d'ailleurs qu'en général on habitue beaucoup trop les enfants à l'emploi de vêtements supplémentaires» qui ne sont réellement utiles que par les temps un peu rudes. Chez l'enfant, la calorificatîon se fait bien mieux que chez l'adulte; laissons-le s'habituer aux changements de température, c'est un très grand service à rendre aux individus et à l'armée. Les adultes, les femmes surtout, sont obligés d'adapter leurs vêtements au temps qu'il fait; les mères n'ont que trop la tendance à prendre

pour leurs enfants des précautions de ce genre, auxquelles on n'a peutêtre pas le droît de s'opposer, mais qu'on doit bien se garder d'encourager. .

Quand il fait cbaud, l'activité plus grande de la transpiration se manifeste sous forme de sueur, dont l'évaporation produit un précieux rafraîchissement, si l'on n'y porte pas d'obstacle par l'emploi de flanelles absorbantes ou de vêtements trop peu perméables à l'air. Tout en ayant indiqué tout à l'heure les inconvénients de changements de vêtements trop multipliés, nous voudrions que le corps fût très peu couvert pendant les exercices assez violents pour produire une sueur profuse : qu'on fasse quitter les vestes et les gilets pendant les séances de gymnastique en été. L'un des avantages de la natation est précisément de permettre un exercice des plus énergiques pendant lequel la sueur est enlevée à mesure de sa production.

Le public s'exagère beaucoup le danger des refroidissements produits à la suite des exercices violents. Il est certain qu'un repos absolu, surtout dans un courant d'air, au moment où le corps est baigné de sueur, peut être suivi de rhumes ou même d'affections pulmonaires; mais cet inconvénient né se produit guère que si l'on reste immobile dans un courant d'air continu. En efTet, dans ces conditions, l'un des côtés du corps est soumis à un refroidissement beaucoup plus vif que l'autre et îl paraîtrait que les nerfs vasomoteurs ne savent pas agir différemment suivant les besoins des diverses parties de la peau. Aussi les courants d'air sont-ils beaucoup plus à craindre que le froid pur et simple. Ce mécanisme est analogue à celui par lequel le froid aux pieds provoque si aisément un rhume de cerveau. Il nous suffit de dire qu'il ne faut pas porter obstacle à la transpiration cutanée , et qu'après un exercice violent îl faut éviter d'imposer un repos absolu, surtout si les enfants sont exposés à un courant d'air.

La propreté est d'autant plus difficile à maintenir chez les jeunet enfants qu'ils sont eux-mêmes le plus souvent absolument indifférents à cette question. Leurs petites mains ramassen t la poussière des tables, fouillent le sable de la cour pendant les récréations, soulèvent autour d'eux un nuage où ils se trouvent enveloppés. Un peu plus tard, la craie, le crayon, l'encre surtout viennent apporter leur contingent de

malpropreté ; les jeux de balles, de billes, de toupie, en un mot d'objets qui roulent dans la boue ou dans la poussière, ne sont pas faits pour y porter une atténuation. Dans cette lutte de tous les instants, privés le plus souvent de Tappui des familles, les maîtres se découragent et les règlements sont vaincus.

Nous estimons qu'un des moyens les plus efBcaces pour arriver à un progrès sérieux, moyen d'autant plus facile à employer qu'il en résulterait une notable économie, serait d'abandonner le plus possible le système de dédoublement des écoles mixtes. Nous demandons formellement Yabrogation du second paragraphe de V article 7 de la loi du 16 juin 1881, qui oblige indirectement les communes à établir des écoles de filles quand leur population dépasse 4oo âmes; nous demandons également Yabrogation de Varticle 1'^ de la loi du 10 avril 1867 qui exige le dédoublement des écoles mixtes dans les conmiunes de plus de 5oo habitants.

Quand il s'agit d'opérer ainsi une sorte de retour au passé, il importe d'établir solidement les motifs déterminants de ce retour et de répondre aux objections.

On verra plus loin que les règles de pédagogie et d'hygiène, d'après lesquelles on doit fixer la durée et le nombre des récréations, ne sont pas les mêmes pour les enfants des différents âges scolaires. Il importe beaucoup , pour ce motif, de diviser les enfants par âges, tandis qu^aucune considération grave n'engage à les diviser par sexes : deux classes mixtes contenant chacune quarante enfants sont certainement préférables à deux écoles séparant, d'après le sexe, les enfants en deux groupes contenant chacun tous les âges scolaires. Particulièrement sous le rapport de la propreté, il est constant que la présence d'enfants de sexe différent dans une même classe exerce une influence favorable. L'effet obtenu est meilleur encore si les classes sont confiées à des femmes, ce qui aura lieu de plus en plus pour les écoles mixtes. S'il existe une profession pour laquelle la femme puisse faire concurrence à l'homme, c'est celle qui consiste à soigner et à élever de jeunes enfants. Confiée à des fenmies , l'instruction de nos jeunes écoliers ne sera peut-être pas plus mauvaise, et leur éducation morale et physique sera beaucoup meilleure.

Nous ne sommes pas en état de déterminer jusqu'à quel âge les enfants sont mieux entre les mains des fenmies; pour le cours élémen-

taire il n'y a aucune hésitation, les femmes réussissent bien; pour le cours supérieur, au contraire, les instituteurs savent prendre plus d'autorité. Vaut-il ^eux confier actuellement le cours moyen à des fenunes ou à des hommes ? Il sera temps de poser cette question quand de nombreux cours élémentaires seront dirigés par des institutrices.

Il ne nous appartient pas de préciser dans quelle mesure les écoles mixtes doivent être conservées, mais nous avons le droit d'affirmer que si l'éducation et la propreté étaient seules en jeu, nous ne verrions que des avantages à la suppression de toute division des sexes dans tout l'enseignement primaire proprement dit; elle ne commencerait qu'avec l'école professionnelle et avec l'école primaire supérieure.

Malgré toutes les informations que nous avons prises , il ne nous a 'jamais été révélé d'inconvénient sérieux attrihuable à l'école mixte, qui fonctionne jusqu'à l'âge de quatorze ans en Autriche et bien plus tard en Suisse et en Amérique. Il nous a fallu chercher d'où pouvait bien provenir en France cette habitude de séparer les pnfants de sexe différent tout au moins par une cloison. Faute d'autre motif, nous croyons que la séparation, conservée par la routine, provient de certaines idées catholiques spéciales au moyen âge et qui n'ont plus cours aujourd'hui chez les croyants les plus sincères.

Il est à remarquer d'ailleurs que les retours offensifs du cléricalisme ont toujours battu en brèche les écoles mixtes. C'est ainsi que les articles i5, 5i et'52 de la loi du i5 mars i85o n'admettent les écoles mixtes qu'à titre provisoire, exigent le dédoublement immédiat dans les com» munes de plus de 800 habitants, disposent qu'« aucune école publique ne peut, sans autorisation, recevoir de filles s'il existe dans la commune une école publique ou libre de filles ». Du même coup on faisait la guerre aux écoles mixtes, et on protégeait les écoles congr^anistes de filles. Conséquent avec lui-même, dans sa circulaire du 3 février i854« le Ministre disait : ■ Une institutrice ne devra être substituée à un instituteur dans une école mixte que là où il sera reconnu que l'établissement d'une école spéciale de filles est impossible.» Enfin, l'article 1®' de la loi du 10 avril 1867 vint couronner l'édifice en prescrivant le dédoublement des écoles mixtes dans les communes de plus de 5oo habitants. Le personnel de l'inspection académique est tellement lancé daos cette voie

qu'il a prêté bîen plus d'attention au paragraphe 2 qu'au paragraphe 4 de rarticle 7 de la loi dux6 juin 1881, c'est-à-dire qu'il attache souvent plus de prix au dédoublement des écoles mixtes dans les communes de plus de 4oo habitants qu'à la création des classes enfantines, et cela malgré la circulaire du 11 mars 1882.

C'est cepeodant sur le développement des classes enfantines que doit porter actuellement l'efifort principal de l'Administration. D'après la remarquable instruction du 25 janvier 1882, « tout l'avenir de l'enseignement primaire dépend, en grande partie, du développement que prendront et de la direction que recevront les écoles maternelles et

enfantines > Par malheur, les fonctionnaires qui ont reçu cette

instruction se figurent généralement qu'une école est une maison, bien que l'instruction dise expressément: tPour installer une pareille classe, il suffît d'une salle assez spacieuse, d'un préau séparé et sain, d'un mo-^ bilier scolaire et d'un matériel d'enseignement en rapport avec l'âge des enfants. »

Il n'existe, par bonheur, aucun règlement relatif à la construction des écoles enfantines. Pour éviter le luxe des dépenses, le Ministère n'a d'ailleurs qu'à refuser toute subvention; il n'y a qu'à laisser faire les municipalités, et la seule difficulté sera dans le recrutement des maîtresses, dont l'article 7 de la loi du 16 juin 1881 met le traitement à la charge de l'Etat. Le mouvement est donné : il est superflu de l'encourager et il est juste de réserver les maîtresses disponibles pour les communes qui prépareront des locaux convenables. • •

Si nous applaudissons si vivement à la création des classes enfantines, c'est que $i le Ministre en fait dépendre l'avenir de l'enseignement primaire, nous y voyons, de notre côté, la pierre angulaire de l'hygiène scolaire, par la réunion d'enfants de même âge et de sexe différent sous la direction d'une femme, par la transition entre la liberté de l'enfant et la discipline qu'il faut imposer à l'écolier, par l'assainissement de l'école, ainsi déchargée des enfants de six à huit ans.

Il ne nous appartient pas de rédiger de règlement sur la tenue des écoles enfantines et de nous engager dans la lutte entre la méthode soidisant naturelle et la méthode Frœbel ; nous renvoyons à ce que nous disons au chapitre VIII relativement aux écoles maternelles. Il nous faut cependant faire observer ici que le but serait absolument manqué si les

écoles enfantines dégénéraient en garderies. L'intérêt de l'État demande que les écoles enfantines livrent aux écoles primaires des enfants familiarisés avec les éléments de la lecture elde l'écriture; il exige bien plus impérieusement que ces enfants soient éduqués, c'est-à-dire propres, disciplinés et attentifs. Il faut donc, de toute nécessité, interdire l'entrée de l'école enfantine aux enfants de moins de six ans. Si les communes veulent des garderies, qu'elles en supportent les frais.

Nous n'insistons pas davantage sur Tulililé de revenir aux écoles mixtes ; car le besoin de personnel féminin créé par le développement des écoles enfantines ne permettrait pas d'avancer actuellement dans cette voie, dans laquelle on sera poussé forcément «i les écoles enfantines réussissent et si le recrutement des instituteurs continue à se ralentir par suite de l'égalité établie entre les traitements des maîtres et des maîtresses. Nous signalerons cependant l'utilité de s'enquérir des résultats obtenus en Alsace et en Lorraine, où les Allemands se sont empressés de remplacer dans les villages les deux écoles de garçons et de filles par deux écoles mixtes, entre lesquelles les enfants sont répartis d'après l'âge ^^i.

Après avoir ainsi donné des indications générales, nous allons passer en revue les mesures à prendre aux divers degrés de l'enseignement primaire.

Écoles maternelles. — L'article i4 de l'instruction du 28 juillet 1882 pour la construction de ces écoles exige un lavabo par dix enfants. Nous voudrions que ces lavabos fussent à eau courante, ce qui du premier coup élin^ne l'usage du seau ou du baquet dont l'eau sert à plusieurs enfants sans être reiiouvelée. Tu usage des éponges doit être formellement interdit jfour le lavage des enfants, qui devront se débarbouiller avec les mains préalablement lavées; un nombre suffisant de serviettes seranxis

<*) Nous recevons à Tinstant, sous le titre de Coeâucation oj ihe sexes in the public schooh of the United States, un travail daté du H mai i883, dans lequel M. John Eaton , le câèbre directeur du Bureau of éducation , donne le résultat d'une enquête à laquelle il vient de se livrer sur les avantages et les inconvénients des écoles niixtes dans 34o communes des États-Unis. L'espace nous manque pour analyser cet important document: qu'il suffise de dire que jamais dossier plus complet ne viendra au secours de notre thèse; même dans les villes et même au delà de douze ans, l'immense majorité des gens compétents d'outremer donne la préférence à l'école mixte. Nos demandes sont plus modestes.

à leur disposition. Les mains devraient être lavées après chaque récréation où les enfants ont touché le sable, des balles, etc.

Indépendamment de ces ablutions journdières des mains et du visage, il faut indiquer un système pratique de balnéation générale , et c'est une question qui a fort occupé la 5^ Sous-Commission.

On rencontre dans plusieurs écoles maternelles deux ou trois baignoires réunies dans une petite salle ; c'est trop ou c'est trop peu, car il est impossible d'en faire profiter tous les enfants, si bien que, par justice distributive, on est conduit à n'en pas faire usage.

M. le Vice-Recteur nous a rappelé, dans l'extrême opposé, la tentative faite autrefois dans une école de la rue Jean Jacques-Rousseau : il y avait vingt ou vingt-cinq baignoires, et le personnel était constamment occupé à ce service; c'était devenu plus un établissement de bains qu'une école. Mais si, comme on a essayé de le faire avec succès à l'hospice des enfants assistés, on donne des bains de trois ou quatre minutes, le problème se simplifie; il est tout k fait résolu , si l'on établit un roulement qui ramènera les enfants au bain tous les huit jours ou, à la rigueur, tous les quinze jours. L'un des avantages du bain dans les écoles est de faciliter une sorte d'enquête sur l'état physique des enfants.

Nous verrions volontiers essayer, pour les petits enfants, ces doaches tièdes et savonneuses dont nous avons parlé plus haut.

Il existe dans beaucoup de contrées des préjugés tenaces qui s'opposent à la toilette de la tête, et cependant la propreté du cuir chevelu est la vraie guerre aux poux, aux eczémas, aux teignes, aux impétigos. La longueur des cheveux des enfants est favorable au développement de la vermine en même temps qu'elle dissimule trop longtemps et empêche de soigner efficacement les afiections du cuir chevelu. Les poux pullulent aisément dans les longs cheveux mal soignés, et il suffit d'un seul couple de poux pour donner naissance en un mois à 18,000 individus. C'est pourquoi la 5® Sous-Conmiission dit : Pour éviter toute contagion d'affections parasitaires, les enfants des écoles maternelles devront porter les cheveux courts.

Lors de la visite de propreté quotidienne, les maîtresses devront ne pas oublier de regarder de temps à autre les dents, dont la conservation s'obtient si aisément quand on a soin de les nettoyer tous les jours. Il faut reconmiander aux enfants, après le brossage, de se rincer les dénis

en prenant dans la boache un peu d'eau qu'ils font circuler d'un mouvement alternatif, de manière à passer plusieurs fois entre les dents et à enlever les résidus d'aliments qui peuvent s'y être logés. Voilà un bon exercice à introduire dans les classes de petits enfants et qui portera des fruits certains, car un certain nombre de caries des dents adultes proviennent d'altérations des premières dents, auxquelles on n'attache pas d'importance, sous prétexte qu'elles sont destinées à être remplacées. Si l'on songe au nombre considérable de maux d'oreilles et de dyspepsies qui sont attribuables à des aifections dentaires, on n'hésitera pas à enseigner, dès l'école maternelle, la manière de tenir les dents en état de propreté et par conséquent en état de santé. On entend souvent dire que la carie des dents est attribuable à la mauvaise qualité de l'eau: il serait plus souvent vrai d'accuser l'emploi trop peu fréquent de l'eau pour les rincer; le docteur Galippe dit qu'entre les dents d'une personne qui ne les a pas lavées, on trouve généralement des restes reconnaissables permettant de reconstituer le menu d'un ou de plusieurs repas.

Les oreilles doivent également être inspectées ; l'accumulation de cérumen est une cause de surdité, et au surplus, quand les oreilles sont propres, on peut compter que la figure et le cou ont été lavés.

Il faut engager les familles à choisir des couleurs aussi claires que possible pour les vêtements. Les étoffes « peu salissantes » sont celles où les taches se voient peu. Qu'on en déconseille l'emploi. Dans les fanodlles riches , les petits enfants sont constamment vêtus de blanc.

Écoles primahies. — Ce que nous avons dit pour les écoles mater^ nelles devrait s'appliquer encore ici; mais l'instituteur aura-t-il souvent

l'énergie de résister au courant ?

On nous cite des écoles où la teigne a été entretenue en vue de l'exemption du service militaire; Cependant, à Técole primaire, on ne devra plus insister pour faire couper ras les cheveux des enfants, tout au moins pour les filles; et depuis que Tinstruction est obligatoire, il est scabreux d'empiéter à ce point sur le droit des parents, et Ion nous signale d'Amérique l'habitude de couper les cheveux trop ' souvent comme pouvant être une cause de calvitie.

Parmi les objets dont la malpropreté peut introduire des germes contagieux dans les écoles, il faut signaler les vêtements fournis par la bienfai-

sance privée : pouv^int être plus ou moins suspects , ils devront toujours subir une désinfection préalable. Cette mesure de sage hygiène a été prise en Belgique par YOEuvre des vieux vêtements. Une étuve à désinfection peut servir pour toutes les écoles d'une ville.

Enfin, nous devons signaler comme fâcheuse Thabitude qui s'est introduite dans un grand nombre de communes de prêter les livres scolaires aux enfants; 'mieux vaut assurément que les enfants aient des livres prêtés que de ne pas en avoir du tout /mais il est inévitable qu après un certain roulement ces livres soient plus ou moins maculés et écornés; leur seul aspect suffit alors pour réagir cônU'e les habitudes d'ordre et de proprêté qu'il est si urgent de faire pénétrer dans les mœurs. Bien que cette observation sorte de nos attributions» nous ferons remarquer qu'en gardant en toute propriété ses livres de classe, l'écolier devenu adulte aura la tentation de les relire et d'en faire le premier noyau d'une petite bibliothèque personnelle. En tout cas, il faut exiger que tout livre de classe soit recouvert de papier, c'est une manière d'inculquer le respect du livre : quand la couv^lure sera maintenue propre ^ il y aura plus de chances pour la bonne conservation de l'intérieur. Il est bon d'exiger que l'enveloppe des livres soit en papier uni et de couleur*

Ecoles normales. ««««Dans ces établissements ^ plus que dans tous les autres, nous tiendrions à voirappliquer hardiment les améliorations dont nous avons parlé. La position sociale plus relevée des directeurs et des professeurs de ces établissements, le milieu urbain où elles sont généralement situées, l'influence delà coumûssion administrative et du médecin, l'atnour-propre des âèves, voilà autant d'éléments qui permettent de bien faire.

Qu^un élève de l'enseignement aecondaire ou même de l'enseignement «upérieur soit malpropre: c'est, après tout, plus ou moins son af&ire personnelle, et, par surcroit, il aura quelque dhtance de se corriger dans le monde où il est destiné à vivre ; d'ailleurs la plupart de ces jeunes gens sortent de familles où les bonnes habitudes sont traditionnelles : leur exemple peut améliorer la tenue des autres. Ici^ au contraire, surtout depuis la loi du 16 juin 1881, nous rencontrons des jeunes gens provenant de la campagne, où ils retourneront au bout de trois ans pour être les éducateurs de leurs concitoyens» Il n'y a pas un

instant à perdre pour modifier radicalement iear ténue tout aussi bien que leurs habitudes d'esprit Nous ne pensons pas qu'il faille s'attarder à leur faire la théorie de la toilette hygiénique : dès le premier joar il faut les nettoyer et ne pas admettre un instant de défaillance dans les soins donnés à l<ear corps. Comme iis ne trouveront dans les communes rarales ni baignoires ni appareils à douches» il faut les forcer à faire leur toilette au moins toas hs dimanches des pieds à la tête, en se tenant dans des baquets d'eau, et leur fournir les moyens de pratiquer ces ablutions générales tous les jours. L'eau pourra être tiède pour ceux qui le demanderont , mais on leur indiquera que l'eau fraîche est préférable. Chacun devrait avoir, pour procéder à la toilette du matin, sa boîte contenant éponges, savon, brosse à dents, brosse à ongles, brosse dure pour la tête et peigne fin, si les cheveux longs sont tolérés. Mais le point essentiel, nous le répétons, c'est l'ablution hebdomadaire de tout le corps, il faut y insister d'autant plus qu'il s'est trouvé jusque dans la Commission d'honnêtes gens pour demander si Ton avait le droit d'exiger une chose pareille.

On ne souffrira jamais que les ongles soient hordes de noir, ni qu aucun repas ait lieu sans ablution préalable des mains. Autant que possible, les draps seront changés tous les quinze jours. Il est mieux d'enlever toutes les semaines le drap inférieur, qui se salit plus vite, et de le remplacer par le drap supérieur, qui fera place chaque fois à un drap frais , de manière à donner un aspect plus brillant à l'ensemble du dortoir. Cette manœuvre sera toujours faite le dimanche : il importe en effet que le changement de draps ait été précédé de l'ablution générale des élèves.

On devra tenir à la propreté des vêtements, surtout à l'intérieur de l'école : les jours de sortie, les élèves se brosseront assez spontanément. Il n'est pas admissible qu'ils entrent à l'étude couverts de poussière à la suite de jeux ou d'exercices gymnastiques. On doit exiger aussi qu'ils ne négligent pas de décrotter leurs chaussures par les temps humides.

Il faut exiger deux changements de chemise par semaine , même en hiver, et déconseiller l'emploi de la flanelle. L'usage de caleçons de toile ou de coton sera obligatoire, même en été ; ik doivent être changés une fois par semaine*

U existe des écoles normales infectées de punaises, c'est aux directeurs

qu*il appartienl de faire cesser un état de choses aussi fâcheux; ils le doivent et ils le peuvent; un hôtelier, bien plus exposé au retour de ces parasites par le mouvement continu des voyageurs, sait bien en préserver sa maison pour ne pas perdre sa clientèle; est-il juste de faire souffrir les élèves parce qu'ils n'ont pas le droit de changer de domicile ? Est-il permis de leur donner ainsi des leçons de né^igence ? Le directeur d'un internat a cet avantage sur les aubergistes, d'être le maître et non le serviteur de ses pensionnaires : il lui est donc facile, s'il le veut, d'avoir une maison mieux tenue qu'un hôtel de premier rang ; c'est à l'Administration de l'y contraindre s'il ne le fait pas spontanément.

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