V. IV
Ecoles élémentaires
Dans les collèges (gymnases) . .
Il est d’autant plus difficile de contester les assertions du docteur Cohn, qu’il démontre par des tableaux détaillés que non-seulement le nombre des myopes augmente de classe en classe , mais aussi le degré de myopie. On doit dire cependant que sur ce dernier point, les écoles des filles et les écoles moyennes font exception.
La myopie dans les écoles est donc en général progressive, et elle mène peu à peu à un affaiblissement marqué de la vue.
C’est avec raison que le docteur Cohn cherche à se défendre contre l’idée d’attribuer l’énorme proportion de myopes parmi les enfants des écoles uniquement et exclusivement au régime de ces établissements. Avons-nous besoin de dire que, en dehors de l’école et même à lamaison, un ensemble decirconstances défavorables contribue à produire la myopie? Pour pouvoir porter unjugement certain sur ce sujet, il se-
(1) Nous ferons remarquer qu’il résulte de ce tableau que la proportion est de 11,4 pour 100 pour les écoles de villes.
i-ait nécessaire d’examiner d’autres catégories d’individus. On pourrait, par exemple, établir parmi les apprentis et les compagnons des classes d’âge parallèles, il en résulterait des aperçus qui nous manquent encore et qui pourraient éclairer la question qui nous occupe. Cependant on peut dire avec certitude que la classe d’âge à laquelle appartiennent les élèves de première ne compte pas toujours 55 pour 100 et celle des étudiants 60 pour 100, de myopes. Et quand on accuse le mode vicieux d’éclairage, une-impression typographique trop compacte, une écriture trop fine, l’habitude de se pencher trop en avant quand on est assis, etc., d’avoir de funestes etfets pour l’écolier même à la maison, on ne dit pas assez que ces mauvaises habitudes viennent de l'école qui, non-seulement ne fait souvent rien pour les arrêter dès le principe, mais les favorise quelquefois.
Outre l’éclairage naturel et artificiel du local de l’école, le docteur Colin a encore étudié les tables et les bancs, et il pense que leur forme actuelle doit être rejetée. On sait, en effet, que la disposition qu’on leur donne habituellement force les élèves à regarder l’écriture de très-près et en penchant la tête en avant. De là résulte une plus grande activité du muscle de 1 accommodation de l’œil qui a pour effet d’augmenter la pression hydrostatique dans la partie postérieure de la pupille et produit aussi le prolongement de l’axe de l’œil en arrière. D’un autre côté, la position inclinée de la tête en avant retarde le retour du sang, et il y a une congestion de la pupille qui augmente aussi la pression dans le fond de l’œil. Ces deux circonstances suffisent pour expliquer la myopie.
Cette explication est évidemment juste, quoiqu’elle ne le paraisse pas dans tous ses détails. Dondcrs (1) refuse d’at-
(1) Donders, On the anomalies of accommodation and refraction of ihe eye. London, 1864, p. 343.