RUD VIRCHOW
latine, par exemple, affectent principalement les enfants cL qu’elles se propagent facilement dans les écoles. Il n’est pas douteux non plus que la petite vérole, le choléra, la diphlhérite, etc., n’y trouvent un foyer très-propice de développement. Le typhus et la diarrhée jouent ici un rôle moins considérable; car quoique l’on puisse citer des cas où l’usage d’eau potable de mauvaise qualité ait développé ces maladies à l’étaL épidémique dans les écoles, c’est là une exception qui ne se produit en général que dansles établissements où les enfants sont reçus comme pensionnaires.
La loi prescrit certaines mesures efficaces contre la contagion des maladies, mais il faut bien le dire, l’administration veille rarement à leur exécution, de sorte que dans ces derniers temps, on a réclamé, le docteur Yeit, entre autres (1), une observation plus sévère des règlements.
Pour rendre la nomenclature plus complète, mentionnons encore la transmission des maladies parasitaires (gale, poux, teigne).
8. Lésions traumatiques. — Les lésions traumatiques observées en petit nombre dans les écoles ont pour cause la violence des élèves et aussi les châtiments exercés par les maîtres. Nous ajouterons que cette dernière cause esl plus fréquente qu’on ne le pense généralement. On a signalé aussi dans ces dernières années des accidents plus ou moins graves occasionnés par la gymnastique, surtout des entorses, des luxations et des hernies. Une statistique sérieuse paraît manquer jusqu’à présent; néanmoins, le fait est hors de doute, et, sur ce point, c’est le défaut de discipline et de surveillance qu’il faut accuser. En effet, si l’on est obligé de convenir que la discipline et la surveillance sont souvent impuissantes pour éviter la plupart de
(1) Berliner klinische Wochenschrift. 1866, n° 44.
ces accidents, il est bien difficile aussi d’en rapporter la plus grande partie au hasard.
Si l’on considère dans leur ensemble les faits que nous venons d’exposer, on verra qiie les observations constatées scientifiquement par la statistique, c’est-à-dire d’une façon rigoureuse, font souvent défaut. On pourrait peut-être trouver des renseignements plus étendus dans les documents officiels, peut-être aussi trouverait-on encore dans la littérature médicale certains faits qui n’ont pas été mentionnés ici. Mais quels que soient les documents que nous pourrions ajouter à ceux que nous avons discutés, il est certain qu’à l’heure qu’il est, la pathologie scolaire n’est pas encore constituée. Or, si l’on veut que les autorités remplissent utilement leur devoir, il est indispensable de réunir tous les faits et de les coordonner. Ce but désirable n’a encore été atteint que dans quelques localités, pour la myopie seulentpntet par l’initial ive privée de quelques médecins. Il est donc du. deyoir des autorités de se faire donner tous les renseignements qui peuvent les éclairer.
On pourrait pour cela demander aux chefs d’établissements de tenir une liste des élèves absents avec l’indication de la-maladie et des cas de rport qui peuvent se présenter.
Cependant, ces notes ne devraient être considérées que connue un travail préparatoire plutôt que connue le travail lui-même qui ne peut être fait que par des médecins ayant une connaissance exacte de l’hygiène des écoles et des méthodes d’observation employées dans ces dernières années. Il est indispensable que le soin de la santé publique soit remis entre les mains de médecins expérimentés. 11 faut d’abord qu’ils établissent la nomenclature des maladies auxquelles les enfants des écoles sont parliculièmeut exposés. De l’ensemble de leurs rapports, on pourrait avoir un aperçu général des maladies des établissements d éducation, du pays et des diverses provinces. Réunie à
nul). YütCÜOW.
lu stalisticjue do la conscription telle qu’elle a été demandée dans le Congrès statistique ( 1863), celle exposition pourrait devenir la base de la connaissance de l’état des forces physiques de notre nation.
Un point encore essentiel, c’est la question des bancs des écoles dont l’uniformité doit disparaître. Or, si les bancs et les tables doivent être en rapport avec les proportions de la taille des élèves, il est nécessaire d’établir une moyenne plus exacte de ces proportions. Il ne suffit pas de prendre pour base une grande ville, par exemple ; il faut prendre la moyenne des villes et des campagnes et tenir compte des conditions particulières à certaines provinces. La moyenne de certaines classes, ne donne pas la môme taille que celles des mômes classes dans d’autres provinces. Les districts manufacturiers n’offrent pas la même proportion que les districts agricoles. On comprend combien la difficulté augmente quand il s’agit de la disposition des bancs et des tables, selon l’âge de l’enfant, qui ne peut être réglée que d’après la statistique. L’exemple d’un certain nombre de médecins qui ont entrepris ces recherches, montre qu’elles peuvent être faites sur une plus vaste échelle. Nous demandons qu’elles soient faites officiellement, d’après un plan arrêté à l’avance. On comprend quels documents précieux un tel travail pourra fournir à la statistique de la conscription.
Ce ne sera qu’après ce travail préparatoire qu’il sera possible d’établir le rapport qui existe entre certaines maladies et le régime des écoles.
Pour arriver à ce résultat, il serait nécessaire de former une commission centrale d’instituteurs et de médecins qui prendrait en main la direction de toutes les mesures. Il va sans dire que cette commission aurait à délibérer préalablement sur les prescriptions qui devront servir de base aux lois et instructions qui pourront suivre.
La surveillance et en partie l’exécution de ces mesures et de ces prescriptions devraient être confiées dans chaque district scolaire à une commission dans laquelle, selon l’importance des localités, siégeraient à demeure un ou plusieurs médecins.
11 n’est pas vraisemblable qu’un examen plus approfondi de la question qui nous occupe puisse faire découvrir d’autres causes de maladies. On peut donc, dès à présent, en fixer le nombre. Ce sont à peu près les suivantes :
1° L’air du local de l’école, sur la pureté duquel, la grandeur du local, le nombre des élèves, le chauffage, la ventilation, l’humidité du parquet et des murs, la poussière, agissent d’une manière très-puissante ;
2° La lumière de l’école dépendante de la position de l’édifice et de la salle d’éludes, de la grandeur des fenêtres et de leur situation par rapport aux tables, de la couleur des murs, de l’éclairage artificiel (gaz, huile) ;
3° La manière dont les enfants sont assis à l’école, surtout les proportions des bancs et de la table, la largeur des places, leur disposition, la durée du temps pendant lequel l’enfant reste assis;
U° Les exercices du corps, particulièrement le jeu, la gymnastique, le bain, leur installation, leur surveillance, la mesure de ces exercices comparée au temps pendant lequel l’élève resteassis et à la durée des travaux intellectuels;
5 La tension de 1 esprit, sa durée, sa mesure appliquée
chaque individu, la réglementation des heures de congé
et des vacances, les travaux domestiques et ceux de l’école, etc. ;
6 Les punitions, surtout les châtiments corporels;
7° L’eau potable;
8° Les lieux d’aisances ;
nun. viRcriow.
9° Les moyens d’instruction, surloulle choix des livres de l’école (grosseur ries caractères) et des objets destinés h être montrés.
Dans ces dernières avinées* les tentatives ont porté de préférence sur certains points, par exemple la question des bancs et tables des écoles. Si l’on ne peut nier qu'elle n’ait une grande signification et qu’on soit obligé de Convenir que C’est à leur mauvaise disposition qu’on peut attribuer souvent la myopie, les congestions vers la télé, la respiration dilticile, la position vicieuse de la culonne vertébrale, il ne faut pourtant pas oublier qu’ils ne sont pas les seuls coupables. Une lumière insuffisante* la fausse position dès fenêtres, un mauvais maintien, une impression trop compacte des livres d’école, une écriture trop fine, agissent plus ou moins sur la production de la myopie. Un mauvais air* une ventilation défectueuse, le nombre exagéré des élèves, l’acide carbonique des poêles, un effort trop tendu du cerveau, peuvent produire des congestions, même quand les tables et les bancs sont parfaitement disposés. Assez souvent plusieurs causes agissent simultanément et le résultat total ne doit pas être attribué seulement à l’une d’elles.
Pour tous ces détails, le médecin seul est compétent; C’est lui qui doit, après un examen approfondi, fournir à l’autorité chargée de la surveillance des écoles tous les renseignements nécessaires et lui soumettre, au besoin, toutes les modifications qu’il jugera utiles. On comprend qu’un certain nombre de questions sont essentiellement, par leur nature, du ressort de l’instituteur. Ce que l’on peut exiger de l’élève, les efforts que l’on peut lui demander selon son âge, les* méthodes d’instruction, la réglementation des heures de gymnastique et de congé, les Vacances, etc., tout cela est l’affaire de l’instituteur. Cependant un grand nombre de ces. questions ne pourront être résolues
convenablement que par les lumières et le contrôle du médecin. Dans le sein de la commission, il faudra s’efforcer d’établir l’accord entre les différentes vues, les instituteurs et les médecins s’éclairant et se persuadant mutuellement.
C’est par les efforts réunis des hommes compétents que l’État et la commune pourront constituer une direction capable de veiller à la solution du grand problème de notre temps : Préserver la santé du corps et de l’esprit et former la génération future.