CHAPITRE IV
Précisons tout d’abord le sens que nous donnerons au mot acclimatement.
Pour Bertillon « l’acclimatement est l’évolution spontanée par laquelle l’organisme, dans un climat nouveau, se met en harmonie avec de nouvelles conditions fonctionnelles. » « L’acclimatement », dit J. Rochard, « est l’ensemble des modifications que subit l’organisme pour s’adapter à un nouveau climat. »
Ces deux définitions, comme l’a fait observer Le Roy de Méricourt, identifient l’acclimatement avec la v série des modifications qui ont pour théâtre l’organisme, chez l’individu qui change de climat. Or, ces modifications dans les organes et les fonctions sont, à vrai dire, la préparation à l’acclimatement, lequel est un résultat. L’homme s’acclimate, c’est-à-dire tend à obtenir l’acclimatement; il est acclimaté, c’est-à-dire possède l’acclimatement ou l’adaptation à un nouveau climat.
C’est dans cet ordre d’idées que nous dirons que l’acclimatement est X adaptation de l’individu seul, ou aussi de sa race , aux influences des climats exotiques.
L’importance des notions relatives à l’acclimatement est immense. Il nous faut savoir, dès à présent, où nous en sommes à ce point de vue, ce que nous avons obtenu, ce qui nous reste à obtenir. Les colonisations, les explorations et les voyages, l’issue heureuse des expéditions militaires d’outre-mer, de travaux agricoles et industriels, du percement de Nielly; 7
isthmes, de la pose des voies ferrées sous la zone torride, l’établissement ou l’abandon des comptoirs, la création des sanatoria, tous les efforts de la race blanche, en un mot, pour utiliser les immenses richesses de la zone intertropicale, sont étroitement liés aux questions palpitantes que soulève l’acclimatement. Or, la seule base solide de l’adaptation de l’individu et de la race, c’est la connaissance des éléments hygiéniques des climats partiels : aussi ne séparerons-nous pas leur étude de celle de l’acclimatement.