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Sénégal, s’étend de Saldé à Saint-Louis; mais quoi qu’il en soit de cette subdivision qui n’a pas de limites absolument précises, la seconde zone, ou bassin inférieur du fleuve, se fait remarquer par l’étendue de ses vases et de ses sables, ainsi que par sa pauvre végétation. — Des cataractes du Félou à l’embouchure du Sénégal, nous occupons Médine, à près de 900 kilom. de Saint-Louis, Kéniéba, Senoudebou, Bakel, Matam, Saldé, Aéré, Podor, Dagana, Mérinaghen, Richard-Toll et Saint-Louis. — Le bassin de la Gambie est parcouru par le fleuve du même nom, lequel court de l’efet à l’ouest et se jette dans l’Océan à Sainte- Marie-Bathurst, On y rencontre les postes anglais de Macarthy, à 400 kilom. de Sainte-Marie, et ceux d’Albreda et de Sainte-Marie-Bathurst. — Outre les deux grands cours d’eau que je viens de nommer, et dont le Sénégal est de beaucoup le plus important, les rivières Gazamance, Cacheo ou Santo-Domingo, Rio- Geba, Rio-Nunez, Rio-Pongo, Mellacorée, toutes nées dans le massif du Fouta-Djallon, parcourent, dans des dépressions secondaires, le bassin de la Gambie, au sud de ce même cours d’eau. De la Gazamance, dépendent les postes français de Garabane et de Sedhiou ; de Cacheo, le poste portugais du même nom ; du Rio- Geba, l’établissement portugais de Bissao ; du Rio- Nunez, le poste français de Boké; du Rio-Pongo, un comptoir où vit un seul résident français ; de la rivière Mellacorée, le poste français de Mellacorée. — Au sud du plus méridional de ces cours d’eau secondaires, se trouve la colonie anglaise de Sierra-Leone, dont Free- Town est le chef-lieu. La rivière de Sierra-Leone naît, comme les précédentes, du massif du Fouta-Djallon.
Sur la côte maritime du Sénégal sont : 1° les petits postes militaires de Bétété, M’boro, M’bidjem et Thiès,
situés dans le Cayor, entre Saint-Louis et le cap Vert, et protégeant la ligne télégraphique qui relie Dakar au chef-lieu du gouvernement; 2° Lîle de Gorée, Dakar, Rufisque, Portudal, Joal.
Les archipels voisins delà côte sénégambienne sont au nombre de deux; les îles du cap Vert et les Bissagos.
La température annuelle du Sénégal peut être représentée par le chiffre de 24° centigrades; mais c’est là une donnée générale qui n’a pas une grande importance, puisqu’elle 'ne constitue qu’une moyenne. Borius (1) a établi quelques moyennes locales, qui, permettant la comparaison, ont une tout autre importance. D'après notre collègue, la moyenne annuelle à Saint-Louis est de 23,7; à Gorée, de 23,8; à M’bidjem, de 23,9 ; àDagana, de 25,8 ; àPodor, de 28,3 ; à Bakel, de 28,7; à Médine de 29,9; à Macarthy, de 29,9; à Sedhiou, de 26,4; à Bissao de 26,1; à Boké, de 27,4 et à Sierra-Leone, de 26,8.
Les saisons diffèrent par leurs caractères et leurs influences, si on compare, à ce point de vue, les rivages maritimes et le Haut-Sénégal. Sur le littoral, à Saint-Louis et à Gorée, on en compte deux principales, l’hivernage et la saison fraîche qui se succèdent presque sans interruption et ne sont séparées que par des périodes intermédiaires à peine appréciables. L’hivernage s’étend de juin à la lin de novembre; c’est la période des hautes températures, voisines de 27°, de la radiation verticale du soleil, des calmes, des pluies torrentielles, des orages, de la crue des eaux fluviales, de la faible pression barométrique. Il n’est pas une localité du Sénégal qui soit salubre pendant cette période. La saison fraîche va de novembre à juin : pen-
(i) Borius, article Sénégambie du Dict. encyclopédique et Recherches sur le climat du Sénégal , ouvrage couronné.
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dant sa durée, les pluies cessent, l’humidité est moins grande, les vents soufflent dans une direction résultante, voisine duN.-N.-E. Cette saison est relativement très salubre, surtout dans les derniers mois.
Pour le Haut-Sénégal, il n’en va pas tout à fait de même, et notre collègue Thaly, se plaçant à un point de vue à la fois astronomique et médical, a proposé de diviser l’année de cette région, en quatre périodes saisonnières : première saison, de mars à juin, saison salubre, quoique très chaude, caractérisée parla présence des vents d’est et l’influence, sur les fonctions digestive et respiratoire, de l’air sec et chaud qu’ils apportent ; seconde saison, de juin à octobre, c’est l’hivernage avec chaleurs constantes, pluies et tornades, périodes des méningites et des insolations ; troisième saison, d’octobre à décembre, période fatale qui correspond au retrait des eaux du fleuve laissant à découvert de vastes laboratoires de malaria ; quatrième saison, de décembre à mai, saison fraîche et salubre pour les Européens, mais assez fertile en maladies à frigore pour les indigènes (1).
Le sol de la Sénégambie est sans altitude jusqu’au massif du Fouta-Djallon, et, si on suit le cours du Sénégal, on voit que son niveau ne commence à s’élever qu’à partir des cataractes du Félou. Dans le bassin inférieur, ce sol est constitué par des alluvions qui recouvrent soit des terrains ferrugineux, soit une argile compacte et imperméable ; dans quelques points émergent des roches à base de fer ou s’étendent des surfaces de sable ; on y trouve rarement une mince couche de terre végétale. Dans le bassin supérieur, le sol, qui s’est élevé, repose sur des massifs de basalte, de
(1) Thaly, Essai de topoqraphie médicale du Haut-Sénéaal. Arch. de Méd. nav 1867.
granit et de grès, mais il reste encore alluvionnaire sur les bords des cours d’eau qui descendent des altitudes.
« Les eaux de source sont rares dans le nord de la
Sénégambie A Saint-Louis, les puits ne donnent
qu’une eau jaunâtre, détestable. AGorée,on ne trouve qu’une seule petite source insuffisante. A Dakar, les puits donnent de bonne eau. Mais presque partout ce sont les eaux pluviales qui, recueillies dans des citernes, servent à l’alimentation. Entre le Sénégal et la Gambie, dans le Djolof, les puits font défaut, et le centre du pays est un véritable désert que les caravanes ne traversent que péniblement en transportant leurs eaux (1) ». (Borius.)
Dans le Haut-Sénégal, d’après Thaly (2), tes puits qui alimentent les villages de l’intérieur, pendant la sécheresse, contiennent le plus souvent une eau trouble et chargée de substances organiques. Les Européens boivent de l’eau pluviale et corrigent, par l’alun, les eaux troubles des puits.
Parmi les représentants de la faune, outre les fauves et les reptiles qui abondent, l’Européen doit redouter au Sénégal deux parasites assez communs chez les indigènes, les ténias inerme et armé, et la filaire de Médine dont les larves sont contenues dans les eaux croupissantes.
Quant aux groupes humains en présence desquels peut se trouver l’homme de souche européenne, ce sont (3) : sur la rive droite du Sénégal, les cruels et dangereux Maures Trarzas, dont quelques tribus appartiennent à la race blanche pure, et les autres, en nombre beaucoup plus grand, au produit du croise-
(1) Article Sénégambie, loc. cit.
(2) Article cité.
(3) V. Bérenger-Féraud, Peuplades du Sénégal.
ACCLIMATEMENT DANS LES CLIMATS PARTIELS, lio
ment avec le nègre; — dans le pays situé entre le Sénégal et la Gambie, les Yolofs, noirs d’ébène, intelligents, mais vaniteux et puérils ; — dans le pâté montagneux du Fouta-Djallon, les Peuls, d’origine blanche d’Algérie, disent les uns, de souche indo-européenne, d’après les autres ; — dans le pays de Bakel et de Médine, les Saracolais, nègres agriculteurs, s’engageant volontiers dans nos troupes indigènes, pouvant nous être très utiles dans l’établissement du chemin de fer Trans-Saharien ; — dans le Fouta-Djallon et sur les bords de laCazamance et de la Gambie, les Mandingues, agriculteurs ici, commerçants et pillards ailleurs ; — surle versant oriental du Fouta-Djallon, les Bambaras,de race nègre, — les Toucouleurs, métis de diverses races, principalement du Yolof et des Peuls, répandus dans presque toute la Sénégambie et plus condensés sur la rive gauche du Sénégal, de Dagana à l’île Morfil ; — les Serères, noirs de haute taille, vivant dans les régions situées entre le cap Yert et la Gambie.
En présence des conditions de climat que nous avons fait ressortir et surtout de l’éloignement, ainsi que de la difficulté de l’accès des altitudes sénégaliennes, on devine combien sera sévère la pathologie de ces régions et combien aussi est difficile l’acclimatement si désiré dans ces contrées pleines de richesses. Si on en doutait, le tableau qui suit, dressé par Bérenger-Féraud et donnant à la fois l’espèce des maladies les plus communes, la mortalité et la morbidité des troupes dans les hôpitaux de Saint-Louis et de Gorée pour le cours des vingt années 1852-1873, nous démontrerait toutes les difficultés du problème de l’acclimatement (1).
(!) V. Borius, Art. Sénégambie.
Morbidité et mortalité des troupes dans les hôpitaux de Saint-Louis et de Gorée 1852-1873.