‹ Hygiène des gens du mondeChapitre 4 sur 51 · VI A MON ÉDITEUR · texte numérisé non relu

VI A MON ÉDITEUR

raison de votre grande expérience et du tact avec lequel vous jugez les œuvres de Tesprit.

Vous pensiez qu'ayant été chargé pendant tant d'années d'initier les personnes du monde aux découvertes et aux progrès des sciences, je saurais traduire en langue vulgaire les principes de la médecine propres à servir de code aux hommes de loisir et d'intelligence pour diriger leur sanlé. Vous étiez d'avis qu'il était temps de faire un livre d'Hygiène pour les classes aisées de la société, pour celles qui ont le loisir de songer aux infirmités à venir, au soulagement des indispositions présentes.

Prêcher les soins et les bons régimes à ceux qui sont avant tout préoccupés des moyens de vivre, n'est-ce pas, en effet, une œuvre dérisoire? pour les déshérités de la fortune, quand on a recommandé la modération en toute chose, il ne reste que l'hygiène publique ou administrative, et Dieu merci, on est en bonne voie sous ce rapport; la médecine fait chaque jour des conquêtes qui se traduisent par l'amélioration de la santé générale et par l'allongement de la vie moyenne.

A MON ÉDITEUR. Vil

C'est donc aux gens du monde qu'il, convient de donner des conseils, mais sous quelle forme les leur présenter?

Est-ce un traité méthodique et complet d'hygiène qu'il fallait composer pour eux ? J^aurais eu peur de n'avoir pas grand succès par cette méthode. Chacun voulant trouver dans cette espèce de guide ce qui se rapporte à son état, à son âge, à sa disposition, à quoi bon prendre l'homme à sa naissance, le suivre dans son développement jusqu'à sa fin, et que voulez-vous que fasse de tout ce qui a trait à la direction des enfants, par exemple, Thomme du monde qui se sent fatigué, qui voit venir les infirmités et qui voudrait autant que possible les prévenir ou soulager une incommodité actuelle? Il y a lieu de craindre aussi qu'un traité proprement dit ne lui tombât bien vite des mains, faute par lui de pouvoir s'intéresser aux conséquences des excès de l'ivrognerie ou de toute autre passion dégradante.

Tout homme éclairé sait bien qu'il faut de la modération en tout, que l'abus de la table , des veillées , des plaisirs de toute sorte ou du tra-

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