HYGIÈNE DES FEMMES NERVEUSES
Pourquoi, parlant du bal, n*ajouterais-je pas que c'est le véritable exercice des femmes, que la danse est pour elles ce que la chasse est pour les hommes.
Mais ne peut-il donc y avoir de nerfs malades avec toutes les conditions de satisfaction et de bonheur ? N'y a-t-il d'impressionables aux influences extérieures que les êtres ébranlés par un fond de tristesse? Certes, il n'en est pas ainsi, et ce qui le prouve, c'est que la femme la plus heureuse et la plus satisfaite n'est pas à l'abri des variations atmosphériques, de l'humide et du sec, du vent aigre et du sirocco, et surtout du temps orageux et de l'électricité. Mais ces impressions sont passagères et ne constituent pas un état permanent, quand elles ne sont pas entretenues par la disposition de l'âme.
Quant aux remèdes, à part ceux que nous venons d'indiquer sans pouvoir les administrer à volonté, je ne vois pour la plupart des femmes du monde, élevées comme elles le sont chez nous et attaquées du mal dont nous parlons, que les exercices de la dévotion à la mode, les œuvres de charité ou les cartes, pour se distraire. Heureuses celles qui, par suite d'une éducation plus forte, trouvent en ellesmêmes les ressources et la fermeté nécessaires pour détourner au profit de l'esprit les courants qui se portent avec trop d'impétuosité vers le cœur.
Ne traitant pas celte question au point de vue de Tart, j'ai peu de chose à en dire^ je ne veux que signaler quelques points touchant à Thygiène.
Lamanièredes'habillerpourraitêtre vivement critiquée aujourd'hui, surtout chez les femmes, s'il s'agissait du bon goût ; la médecine n'a rien de grave à lui reprocher.
Ailleurs, en parlant des enfants (1 ), j'ai noté ce qu'il y a d'essentiel à considérer dans leurs vêlements, et je me suis surtout élevé contre l'abus que l'on fait de la flanelle, dont on les couvre des pieds à la tête sous le moindre prétexte. Cet abus existe aussi pour les personnes adultes, mais il a moins d'inconvénients que pour les enfants. La laine sur la peau est assurément une bonne chose et une utile précaution contre les intempéries , surtout dans
(1) Donné, Conseils aux mères sur la manière d'élever les en* fonts nouveau-nés, 4* édition, l'aris, 18G9, p. 25G.
les climats à brusques variations de température, comme les climats méridionaux. Les personnes délicates, susceptibles^ qui s'enrhument facilement et qui ont à ménager leur gosier, des' poumons ou des entrailles impressionnables au froid, doivent se méfier des refroidissements subits qui se manifestent dans les pays chauds, à de certaines heures du jour. Tout le monde sait qu'après une chaude journée, au moment où le soleil va disparaître derrière l'horizon, Tair dans le Midi devient tout à coup vif et piquant, aux changements de saison, pour redevenir doux le soir et quand la nuit est tout à fait arrivée. Il fait plus froid à Montpellier et en Corse vers cinq heures après midi, au printemps, qu'à dix heures du soir. Il est donc avantageux de ne pas se laisser surprendre, et la laine est un bon préservatif, au cas où l'on n'aurait pas à la main un supplément de vêtement, un pardessus ou un châle.
Mais ces précautions doivent être prises avec discernement, et il ne faut pas oublier que, quoi qu'on fîisse, il est bien difficile, pour ne pas dire impossible, d'éviter les surprises, et que le meilleur moyen de s'aguerrir n'est pas de se tenir constamment vêtu outre mesure dans la crainte du moindre courant d'air. .
Ahl les courants d'air, nos mères les crai-
gnaient bien moins que nous, et elles ne s'en portaient pas plus mal. J'avais une vieille tante qui, par politesse, lorsqu'elle recevait une visite, disait : « Monsieur, prenez donc cette place, vous serez entre deux airs. » Quel changement dans les mœurs et dans les habitudes et quel amollissement dans les tempéraments! Que de gens, une pareille manière de pratiquer la politesse ferait fuir aujourd'hui! mais que de gens aussi qui en arrivent aux manies les pics ridicules, les moins sociables et en même temps les moins hygiéniques dans leurs minutieuses précautions I
On s'aulorise des usages des pays méridionaux et en particulier de l'Orient, pour recommander les vêtements chauds, la laine sur tout le corps, et il n'est pas un voyageur de chez nous, allant en Afrique, qui ne se croie obligé, sous peine des plus grands dangers, de se couvrir lourdement la tête, à la manière des Arabes qui portent le turban; on oublie que partout il y a des préjugés à côté de notions saines, et que les mahométans n'en sont pas plus exempts que les chrétiens ; ils ont leurs abus comme nous avons les nôtres, et je serais porté à croire que leur turban pourrait bien être un de ces préjugés. Ne voit-on pas en Afrique, en même temps que des Arabes coiffés de leur longue pièce d'étoffe enrou-
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dans ma conclusion sur les corsets. Je ne connaissais pas son excellent rapport à l'Académie de médecine, sur cette portion des vêtements des femjnes ; ce rapport contient une histoire très-intéressante des corps et des corsets ; je viens de la lire avec un extrême plaisir, et j'y renvoie les amateurs (1).
Je conseillerais même aux hommes d'imiter un peu les femmes en ce point, et sans les inviter à porter corset, je les engagerai à ne pas se laisser trop aller à l'abandon dans leurs vêtements ; il n'est pas mal aussi pour eux, surtout à un certain âge, d'être soutenus et contenus.
(1) Bouvier, Recherches sur l'usage des Corsets {Bulletin de P Académie de médecine. Paris, !853, tome XVIlï, p. 35S).
DoififB, Hyg. G. M. 2 9
Ergo neque ante tempus Veneri iadulgere, neque cupidinem ssepius mutatis amoribus ultra modum incendere, rursus vero unius amicae amplexibus esse contenu, et senescentem equum mature solvere debent qui sanitatem tueri volunt.
Sed in bis nonnulla fusius explanari debent. Dixit J. J. Russseus nibil ultra timendum adolescenti qui castitatem usque ad vicesimum annum retinuerit : qua sententia nibil verius est, sive de sanitate, sive de moribus agatur. Si quis enim praematuro Veneris usu, prsesertimque solitaria libidine semet débilita vit, necesse est, ut, ipsa in ju venta senex factus, exhaustis simul corpore animoque, languentem et imbecillaia setatem trahat. Inde tôt homines nibil non respnant . fastidiuntque, et miserabili adspectu tristitiam mo- ^ vent, generis bumani non agnoscenda soboles.
Juvenis autem certam hanc, quam modo exposui, regulam, naturse simul et moribus congruentem sequatur: uni scilicet feminsD adhaerescat, eique vires et amorem, omissis aliis, impertiatur. Sic enim, nisi Ibrte morbus accident, aut nimium inter œtatem amantium ardoremque interfuerit, nuUum omnino periculum est ; dummodo neque fictitiis artibus, neque exquisitiore libidine, neque medicamentis sensus excitentur.
Senes vero in primis sibi consulere debent : non
res erit. » Quo responso, licet iis haud satisfeeerit, melius dare Fago non poterat, quippe qiium ea de re quid intersit inter usum abusumque nemodefinire queat. Suum enim cuique modum statuant aetas, vires, corporis habitas, ita ut vix uni satis sit quod alteri nimiam. Hoc unum igitur praeciperc licet : (( Unus cum una consuescat. »
Imo ne dissimilior sit amantium aetas. Dum enim adultam et acrius Yeneri studentem feminam viz puber adolescens satiare conatur, periculum est ne impar nimio labori pereat; quod florentissimo adolescenti nobisque ddlectissimo accidit, qui ante yicesimum annum in amplexibus amie» jam triginta annos natse exstinctus est.
Facile autem intelligitur parum illi timendum esse cui res sit cum una femina. Plura enim interveniunt quae viri impetum inhibeant; nempe omissa satietate quae, ut aiunt, e similitudine nascitur, certo mensium reditu et sezcentis illis feminarum incommodis otia agere vel invitus ssepe cogitur. Si vero ad maritale conjugium respezeris, sœpiùs etiam accidit, dum gravida est uzor aut alunlur infantes, ut vir recedere debeat. Id quidem multi dolent, et inopia potiùs quam abusu laborant. Inde tamen oritur quidam habitus quo vegetum valensque corpus fit et ad concubitum ipsum aptius.
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diutissime vigorem hune servant, sed ea lege ut impetu vere naturali, et necessitate sola, non libidine, rapiantur. Mea ipsius memoria, senes, qui sensibus integris vigentes juventutis robur retinuisse videbantur, ob id unum fracti cecidêre, quod impares adolescentularum concubitum affectabant, adeo verum est periculum in ea re cum flagitio conjungi !
Quid nunc de iis loquar qui et in Gupidinis castris defaligati sunt, et incommoda tam inurbane de Venere dicta perpessi sunt. His duplici, ut ita dicam, sapientia opus est, ut prislinos errores corrigant. Quot enim morbos effecit veneûcium illud, quod. non sâtis impugnatum quoad purgaretur contaminatus sanguis, legitimo, utvidetur, Veneris usu rursum excitatur ! Quot, inquam, obscuros et penîtns insitos affectus, quorum causa frustra quajritur, attulit hoc virus, pulchrse Cypridis nomine vocatum !
Utinam saltem plerique non ignorarent haud satis esse ad removendum usque periculum lèvera aliquam curalionem; pestemque illam in intimas corporis parles et in ipsa viscera saepissime demigrasse, ubi quaerenda sit et lacessenda, non tantumper aliquot dies aut menses, sed per unum etalterum annum ! Hoc vero paene omnes fugit; nesciunt enim
horrendam hanc pestem, majoribiis nostris ignotam^ facilius forsan quam inveteratos omnes morbos sanari posse, et certîus ex intimo corpore cvelli, modo tcmpus adhibeas, idoneisque remcdiis utaris.
TABLE ALPHABETIQUE