‹ Hygiène des mains et des pieds de la poitrine et de la tailleChapitre 14 sur 55 · POUR AUGMENTER LE VOLUME DE LA JAMBE · texte numérisé non relu

POUR AUGMENTER LE VOLUME DE LA JAMBE

Les exercices fréquemment répétés des

jambes, comme la course, le saut et surtout la danse, sont des moyens sûrs d’accroître leur volume en appelant dans leurs tissus une grande quantité de sucs nutritifs ; les frictions avec un excitant aromatique aident beaucoup au développement^ des muscles. Si cependant la nutrition, au lieu de s’arrêter, en grande partie, sur les muscles du mollet, se portait trop abondamment sur le bas de la jambe ou sur la région du genou, il conviendrait de la modérer par une genouillère dans le premier cas, et dans le second, par une demi-guêtre embrassant étroitement les malléoles et la partie inférieure de la jambe; alors lemollcl, recevant la presque totalité des sucs nutritifs, se développe en pleine liberté, tandis que le bas de la jambe reste fin et tendineux. On ne saurait trop recomman der de proscrire l’usage des liens trop serrés, tels que les jarretières au-dessous du genou, et les rubans de fil qui servent ordinairement à fixer le bas du caleçon des

hommes; ces ligatures, gênant la circulation du sang, occasionnent l’engorgement des malléoles et bien souvent des varices incurables,

SECTION II

Jarretières.

Un mot sur cette partie du vêtement.

Les jarretières ne sont point une invention de la civilisation moderne; quoique les bas fussent inconnus aux Romains, ils se servaient de jarretières pour fixer une espèce de caleçon de toile fine. Les jarretières des patriciennes se faisaient remarquer par leur richesse ; c’était à qui surpasserait sa rivale dans ce genre de parure. L’historien JuliusPollux nous apprend que le prix des jarretières de certaines daines romaines dépassait cent mille francs, et (pic l’impératrice Sabine en possédait une paire évaluée a un million, à cause des pier-

reries qui les entouraient et des riches camées qui leur servaient de fermoir.

Depuis l’invention des bas, les jarretières sont devenues indispensables ; on a cherché à atténuer, autant que possible, les inconvénients qu’elles offrent, en les fabriquant avec le laiton tourné en spirale et le caoutchouc, matières douées d’une grande élasticité, qui leur permet de se prêter aux divers mouvements de la jambe et de n’exercer qu’une douce pression. Les jarretières non élastiques sont dangereuses en ce qu’elles ligaturent la partie, retardent la circulation sanguine, occasionnent l’engourdissement de la jambe et du pied, disposent aux varices et à l'engorgement des tissus.

On ne saurait faire l’histoire des jarretières sans raconter l’aventure de la comtesse de Salisbury ; nous nous bornerons à dire que cette jolie femme ayant laissé tomber une de ses jarretières dans un bal, le galant Edouard 111, roi d’Angleterre, la

ramassa avec empressement et l’attacha aussitôt à sa jambe. Pour fermer la bouche aux courtisans qui s’apprêtaient à rire de l’aventure, Edouard institua l’ordre de la Jarretière , avec cette devise autour : Honni soit qui mal y pense. Cet ordre ne se confère qu’aux grands dignitaires.

Ce fut jadis une grande affaire de savoir si les femmes devaient attacher leurs jarretières au-dessus ou au-dessous du genou.

Les casuistes décidèrent pour le dessous, ce qui parut fort peu hygiénique aux dames ; quelques casuistes allèrent même jusqu’à déclarer mondaine la femme qui porterait ses jarretières au-dessus. Les hommes de l’art intervinrent et prouvèrent que le lieu d’élection était au-dessus du genou, par la raison qu’en cet endroit, la jarretière gênait moins la circulation et le développement des muscles du mollet. 11 y eut de part et d’autre des invectives, des pamphlets dt, le croirait-on? des haines, des menaces! Était-ce donc une affaire de

théologie pour montrer tant d’intolérance? Ces bons casuistes de quoi se mêlaientils?... Enfin, l’avantage resta aux hommes de l’art, et les femmes jalouses de conserver les courbes élégantes de leurs mollets, attachèrent la jarretière au-dessus du genou.

Nous croyons cependant qu’il serait plus convenable d’avoir deux paires de jarretières, l’une pour le dessus et l!autre pour le dessous, parce qu’un lieu sans cesse appliqué au même endroit et durant la vie entière doit nécessairement y laisser une dépression. Ces deux paires de jarretières, dont on se servirait alternativement, obvieraient, en partie, au défaut que nous venons de signaler.

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