‹ Hygiène des mains et des pieds de la poitrine et de la tailleChapitre 2 sur 55 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

SECTION PREMIÈRE

JLes Malus.

Le cerveau et la main sont les deux organes qui établissent la supériorité de l’être, humain sur tous les animaux. Lorsqu’on examine attentivement la conformation de la main, on y découvre toutes les conditions dans le plus admirable degré de perfection. Armée de doigts flexibles et

richement articulés, la main offre le pouce dont la facile opposition aux autres doigts était nécessaire à la complète exécution de ses mouvements. Les doigts, à leur extrémité libre, sont protégés par l’ongle, et garnis d’une espèce de coussinet offrant un grand nombre de papilles nerveuses disposées en paraboles, où siège le toucher. Un système musculaire aussi simple que varié fait mouvoir les doigts de telle sorte qu’ils peuvent saisir les corps les plus denses de même<que les plus ténus. La forme,, le volume, la consistance des corps, leur poids, leur poli, etc., sont appréciés par le toucher; on a même prétendu que certains aveugles portaient la finesse du toucher, jusqu’à distinguer les couleurs. Cette admirable conformation de la main, en fait donc un instrument de préhension et de palpation si complet, qu’il n’existe aucun être sur notre globe qui soit doué d’un semblable privilège.

Les Bras.

Les bras doivent être proportionnés au corps et parfaitement égaux dans leur longueur, de même que dans leur grosseur; cet état de choses se rencontre assez rarement, à cause de l’habitude qu’on a de se servir plus fréquemment d’un bras que de l’autre.

Chez l’homme le bras est aplati, saillant ; les muscles s’y dessinent en relief.

Chez la femme, le bras doit être mollement arrondi et recouvert d’une peau aussi blanche que douce. Il doit surtout être exempt de poils, de saillies veineuses et d’empreintes musculaires ou tendineuses qui sont les attributs d’un bras d’homme.

Un bras bien arrondi et proportionné, de même qu’une jolie main, sont deux attraits de plus à ajouter à un beau corps ;

c’est pourquoi les femmes ne sauraient trop leur prodiguer de soins.

Après le visage, c’est ordinairement la main qui se présente Je plus souvent à la vue. Les citadines n’ignorent pas cette circonstance ; car, celles qui sont douées d’un bras potelé, d’une main blanche et délicate, les offrent sans cesse aux regards, afin qu’on les admire ; et les hommes s’en épren* nent parce qu’ils sont amoureux de tout ce qui est beau.

SECTION II

I>c la IHain en particulier.

Nous avons déjà dit que la main est l’organe auquel l’homme doit sa supériorité

sur les animaux, son adresse dans les arts et ses progrès dans les sciences. Aristote la surnommait l’instrument des instruments.

Selon les proportions établies par Lart. la main doit avoir une tête de longueur, et cette longueur se divise en quatre parties :

La première va du poignet à la paume de la main ;

La seconde s’arrête à la naissauce du pouce ;

La troisième finit à la jointure moyenne du doigt médius ;

Et la quatrième au bout du même doigt.

Une main bien faite doit s'offrir un peu allongée, ayant le dessus potelé, de manière que les veines qui courent sous l’épiderme ne soient point apparentes. Une belle main ne doit être ni large ni étroite, ni grasse ni maigre, et sera recouverte d’une peau lisse et blanche. La main étant ouverte, sa face intérieure offrira, dans son milieu, un léger

eufoncement entouré de trois légers bourrelets charnus et arrondis.

Les doigts, pour être beaux et bien faits, devront décrire une courbe en dessus et être légèrement aplatis en dessous; les articulations, très-peu senties, ne présenteront aucune nodosité désagréable. Leurs proportions, quant à la longueur, sont établies ainsi :

lu Le pouce ne dépassera point la première articulation du doigt indicateur ;

2° L’extrémité de l’indicateur étendu se terminera à la naissance de l’ongle du doigt médius ;

3° Le doigt médius doit être le plus long de tous les doigts ;

/j° L’extrémité de l’annulaire ne dépassera point le milieu de l’ongle du médius ;

5° Le petit doigt se terminera au niveau de la dernière jointure du doigt annulaire ;

6° L’extrémité putpaire de tous les doigts devra se terminer en cône arrondi.

Ces proportions, qui flattent les yeux,

ont été admises par les artistes comme les plus belles.

Les ongles doivent être cintrés, de couleur rose et offrir à leur racine un petit segment blanchâtre. Leur taille la plus gracieuse est la taille ovalaire ; il ne faut les couper ni trop courts ni trop longs. — La mode des ongles longs ou à la chinoise , qui s’est introduite en France depuis nombre d’années, est, selon nous, tout à fait en dehors des attributs de la beauté. LesVénus grecques, les Hélène, les Laïs et autres femmes célèbres, types charmants de la beauté physique, n’eurent jamais la malheureuse idée de laisser cà leurs ongles une longueur démesurée; elles pensaient, avec raison, que les délicates mains des femmes étaient faites pour prodiguer de douces caresses et non pour égratigner.

Une belle, une jolie main est incontestablement un des ornements du corps humain. 11 semblerait que la délicatesse des mains, leur blancheur et le velouté de la

peau qui les recouvre, soit le privilège des personnes de qualité. On rencontre beaucoup de femmes qui ont une jolie bouche, de beaux yeux,, tandis qu’on en trouve fort peu qui possèdent des mains irréprochables.

SECTION III

Physiognomonie ou signes offerts par les Mains.

La physiognomonie est l’art de connaître l’individu intérieur par l’individu extérieur; c’est-à-dire ses penchants, ses passions, sa position sociale, etc. Les mains jouent un grand rôle dans cet art, et ont donné naissance à la Chiromancie , dont nous parlerons bientôt.

La forme et le volume de la main varient à l’infini , selon l’âge, les sexes, les tempéraments, les professions, etc., et offrent à l’observateur des signes distinctifs très-faciles à saisir, il est certain qu’on re-

connaît, à l’inspection (le la main, une femme travestie en homme, un paysan en habit de dandy, ou le citadin efféminé, l’élégant des bals et soirées sous le costume de l’artisan. La main d’un sujet lymphatique diffère essentiellement de la main d’un sujet bilieux ; la main d’une personne nerveuse ne ressemble nullement à celle d’un sanguin. — Les veines plus ou moins apparentes, les saillies tendineuses et les lignes plus ou moins développées, de même que certaines maculations et callosités, l’épaisseur, la force ou la délicatesse de la main, feront reconnaître si l’individu est adonné à des travaux physiques ou intellectuels ; s’il est forgeron, tailleur, cordonnier, artiste, homme de plume, etc., etc., c’est ce qui a fait dire que l’homme portait à ses mains le cachet de sa condition sociale.

Partant de ces données physiognomoniques, les mains épaisses, dures et calleuses annonceront le travail physique ; tandis que

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