‹ Hygiène des mains et des pieds de la poitrine et de la tailleChapitre 3 sur 55 · IG · texte numérisé non relu

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les mains délicates, eflilées, à peau line, seront un signe d’inaction de ces organes ou d’oisiveté. — Les grosses mains armées de doigts courts, crochus, mal faits, décèlent tantôt des sentiments bas, ignobles, une économie sordide, l’avarice, et tantôt la grossièreté, la brutalité. — Les mains allongées, dont les doigts sont bien faits, se rencontrent communément chez les personnes d’esprit, remarquables par leur amabilité et leur courtoisie. — Une main mignonne, des doigts effilés, offrant des ongles entretenus avec soin, distinguent une personne bien élevée, et font juger de la propreté générale du corps. Des mains et des ongles mal soignés font naître des idées contraires.

Dans ses mouvements comme dans son repos, la main possède une série d’expressions variées. Sa position tranquille annonce le calme; ses flexions, ses contractions, au contraire expriment les passions ; ses diverses poses et tous ses mouvements

suivent l’impulsion de l’âme. En un mot, le geste de la main est , après la voix , le signe le plus naturel et le plus ordinaire de nos sentiments et de nos affections.

SECTION IV

De la Chiromancie.

Nous n’écrirons que quelques lignes suice sujet. — La chiromancie est l’art de prédire les choses futures, la destinée des individus par l’inspection des lignes de la main. Sans discuter les principes de cet art frivole, nous dirons qu’on le retrouve chez tous les peuples de l’antiquité : les Chaldéens, les Assyriens, les Babyloniens et les Egyptiens. — Les Arabes étaient très- versés dans cet art, les Grecs ne le dédaignaient pas, et Arthémidore d’Ephèse en lit l’objet d’un volumineux traité. Chez les peuples modernes, surtout au moyen âge, une foule

d’auteurs de bas étage et de charlatans ajoutèrent aux absurdités des anciens ; enfin, quelques hommes distingués, fouillant dans ce monstrueux chaos d’erreurs, y trouvèrent, éparses çà et là, quelques vérités qui servirent, plus tard, à établir, sur une base solide, les signes physiognomoniques dont nous venons d’entretenir le lecteur.

Une foule d’auteurs ont écrit sur la chiromancie des pages aussi bizarres que puériles; nous renvoyons le lecteur à notre traité sur les Sciences occultes , où les noms et les opinions de ces auteurs se trouvent consignés. Il nous suffira de dire ici que la chiromancie offre des rapports intimes avec l’astrologie. — La main est divisée en plusieurs régions, et chaque région subit, l’in fluence d’une planète.

Le pouce reconnaît l’influence de Vénus.

L’ index, celle de Jupiter.

Le médius , celle de Saturne.

V annulaire, celle du Soleil.

V auriculaire, celle de Mercure.

Les éminences thénar et hypothénar appartiennent à la Lune.

Le centre de la main à Mars.

Dans la paume de la main on voit le grand triangle, formé par la ligne (le vie, — la ligne médiane et la ligne hépatique. C’est, d’après les plus habiles chiromanciens, le véritable livre de la destinée de l’individu.

Nous ne nous arrêterons pas davantage sur un sujet qu’on doit considérer comme une des mille rêveries humaines; néanmoins, nous dirons que la chiromancie, réduite aux proportions physiognomoniques, est un art d’observation qui mérite créance, puisqu’il ne choque point la raison.

SECTION V

Hygiène «les Tlains.

La main étant, de tous nos organes, celui dont l’usage est le plus fréquent, on ne

saurait trop éviter les diverses influences qui peuvent ou pourraient nuire à son enveloppe et intéresser les divers tissus qui la composent. Les coupures, déchirures, contusions, brûlures, etc., sont toujours nuisibles à la beauté de la peau ; quelquefois, elles altèrent la facilité des mouvements et la délicatesse du toucher. On évitera de manier les corps durs et anguleux, les substances acides, irritantes, caustiques; et si l’on est forcé de toucher à ces substances, il faudra préalablement oindre la peau des mains, d’huile, de graisse, de cérat, ou de toute autre préparation oléagineuse, telle que pommade de concombres, et mieux de crème-neige. — Après s’être lavé les mains dans l’eau chaude, il faut se garder de les plonger immédiatement dans l’eau froide ; de même qu’en venant de les chauffer à un feu ardent, pendant la saison d’hiver, il ne faut point les exposer au froid glacé de la rue. Le passage subit du froid au chaud ou du chaud au froid altère le tissu cutané,

le durcit, le noircit, le gerce, le fendille et peut occasionner sa desquammation. Les gants sont nécessaires, en hiver, pour garantir la main du froid; en été, pour la préserver du haie; elle exige ensuite des soins de propreté répétés plusieurs fois par jour.

11 existe dans le commerce une foule d’eaux, de pâtes, de savons, de crèmes, etc., pour la toilette des mains, dont il faut se défier; car, le commerce n’ayant en vue que l’elfet du moment, si une substance nettoie et blanchit promptement la peau, il la prône comme un excellent cosmétique et en publie partout la spécificité; les annonces remplissent les journaux, les affiches couvrent les murs, les prospectus circulent de tous côtés!... Mais, en général, ces compositions, sous forme de poudres, pâtes et savons, sont mordantes, quelquefois caustiques, et il arrive qu’après en avoir fait usage, la j)eau se durcit, se plombe, se dessèche, se ride ou se fendille. Les substances les plus naturelles et les

meilleures pour le nettoyage des mains sont la pâte d’amandes, la mie de pain, le son, le savon dermophile, et surtout la pâte callidermique. Ces dernières préparations, loin d’être nuisibles à la peau, la débarrassent, au contraire, de toute impureté, radoucissent, lui conservent sa fraîcheur et sa souplesse.

Lorsque la peau est tachée d’encre ou de toute autre couleur tenace, on commence par oindre d’huile ou de pommade la surface tachée ; on la frotte légèrement avec une ponce fine, puis on termine par un lavage avec la pâte callidermique.

Un moyen excellent et fort simple pour adoucir la peau des mains, est de se frotter d’abord avec quelques gouttes d’huile d’amandes douces qu’on a versées dans le creux de la main ; on les frotte ensuite avec le savon dermophile , et l’on termine par un lavage à la $)âte callidermique.

Mais, de tous les procédés, le meilleur, pour adoucir la peau et lui donner cette

fraîcheur, ce velouté qui en fait les charmes, est celui-ci :

Prenez gros comme une aveline de crèmeneige , et le soir, avant de vous mettre au lit, frottez-vous les mains en tout sens, pendant une minute. Lorsque la peau est bien imprégnée de ce parfum, gantez-vous immédiatement avec des gants de peau de chevreau ou d’agneau. Le lendemain, lavezvous avec la pâte callidermique , et vos mains, d’une pureté irréprochable, auront acquis la blancheur de la neige et la douceur du velours.

Chez beaucoup d’individus et particulièrement chez les jeunes personnes, la peau qui borde les deux côtés de l’ongle, se gerce, se déchire et se soulève par petits filets, auxquels on a improprement donné le nom (T envies. Ces envies peuvent s’étendre plus ou moins en longueur et en profondeur, selon les causes qui les entretiennent; alors elles deviennent fort douloureuses et quelquefois occasionnent de petits abcès. C’est

ordinairement sous l’influence des frottements répétés, du froid et du chaud alternatifs, des corps irritants, etc., que se développent ces envies; aussi les blanchisseuses, les teinturiers, etc. , y sont plus particulièrement sujets; il est des individus qui en ont les doigts couverts pendant la saison froide, et d’autres pendant les grandes sécheresses. Il faut se garder d’arracher les envies ainsi qu’on le fait ordinairement; leur brusque avulsion peut entraîner une irritation, un gonflement inflammatoire du doigt et meme le mal si douloureux connu sous le nom de mal d’aventure ou panaris.

Le meilleur procédé pour enlever les envies, est d’oindre le bout des doigts d'un peu de cérat ou de crème-neige , puis, au bout d’un quart d’heure environ, de couper les envies, le plus près possible de leur racine, avec des ciseaux courbes sur le tranchant et bien affilés. Après cette petite opération, s’il restait de la sensibilité au doigt, il conviendrait d’entourer le doigt

avec un morceau de taffetas d’Angleterre ou de sparadrap-baudruche, pour le soustraire à tout contact extérieur.

Les personnes qui s’occupent de travaux manuels ne doivent point négliger les envies aussitôt qu’elles deviennent douloureuses.

Le moyen de les prévenir, pour les personnes qui y sont sujettes, est d’oindre d’un peu d’huile le bout du doigt, et de poncer doucement la peau, de haut en bas, avec une ponce douce, de manière à user les pellicules épidermiques, dont la déchirure formerait, plus tard, des envies.

Les mains étant, de tous les organes du corps, ceux qu’on exerce le plus, elles devaient être aussi plus fréquemment exposées aux influences pernicieuses extérieures.

Les contusions, déchirures, coupures, piqûres, brûlures, crevasses, maux d’aventure, etc., ont été traitées dans l'Hygiène de la peau. (Voyez cet ouvrage.)

Les mains rouges et celles qui ont des

veines trop apparentes sont disgracieuses chez une femme. On recommande aux jeunes personnes, affligées de ce défaut, de ne jamais se laver les mains avec de l’eau chaude, de ne point porter de corset, de corsage de robe ni aucun vêtement trop serré aux aisselles, parce que la compression exercée sur cette partie occasionne la stase du sang dans les veines du bras et des mains. Les manchettes serrées au poignet sont également proscrites pour le même motif; les gants étroits, en peau, sont, au contraire, ordonnés. Enfin, on recommande, comme moyen chimique de rendre les veines moins apparentes, des lotions sur les mains, avec un liquide composé de 125 grammes d’eau et de 15 décigrammes de cyanure depotassium , lorsque, toutefois, la peau des mains est exempte de toute entamure, car le cyanure de potassium est un violent poison.

Les doigts larges, carrés ou aplatis du bout, perdront cette forme grossière par

des pincementsetdcs tractions fréquemment répétés. On parvient aussi à les rendre pointus en les enfermant, le soir avant de se coucher, dans de petits moules en buis, semblables, pour la forme, à un dé à coudre.

Gants. — L’usage des gants s’est, aujourd’hui, étendu à presque toutes les classes de la société; l’incontestable utilité de ce petit vêtement qui protège les mains contre la bise glacée des hivers et contre les ardeurs de l’été, l’a désormais rendu indispensable. Les peaux, la laine, le coton, le lin et la soie sont ordinairement employés à la fabrication des gants. — Les gants de peau extensible et moelleuse sont préférables à tous les autres ; ils ne fatiguent nullement les mains et les adoucissent; les gants de coton et de soie peuvent occasionner des rougeurs aux mains délicates. Les gants varient selon la saison : ceux de daim et de castor, les gants dits de cachemire

fourrés, etc., conviennent pour l’hiver; les gants de peau de chevreau, de lin, de soie, de fdoselle, les mitaines en fdets, etc., se portent en été. On recommande surtout de ne point faire usage de gants trop étroits ou trop serrés au poignet ; outre qu’ils se déchirent promptement ils ont l’inconvénient de meurtrir les mains délicates, de gêner la circulation et d’occasionner la dilatation des veines.

L’art du gantier a suivi, en France, les progrès de l’art du tailleur; de même que celui-ci fait disparaître certains défauts du corps, sous une coupe habile, celui-là sait, au moyen de gants apprêtés, rétrécir une large main ou allonger * des doigts trop courts.

On fabrique aussi des gants glacés et parfumés dont nous ne conseillerons point l’usage; les premiers ont l’inconvénient de nuire à la transpiration ; les seconds peuvent, par l’odeur qu’ils exhalent, occasionner divers accidents aux femmes nerveuses. Ce-

pendant, pour les personnes qui désireraient en connaître la préparation, nous transcrirons la suivante :

Eau pom* parfumer les gants.

Iris de Florence

160 grammes.

Slorax

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