‹ Hygiène des mains et des pieds de la poitrine et de la tailleChapitre 25 sur 55 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

§ Ier.

Des Verrue».

On a donné ce nom à de petites excroissances rugueuses qui naissent dans la portion fibreuse de la peau et jettent leurs racines à la surface de l’épiderme. Contrairement au tubercule du cor, qui est insensible par lui-même, les radicules fibreuses composant la verrue, sont douées de vie et d’une sensibilité quelquefois très-vive, et laissent sortir du sang lorsqu’on les coupe.

Selon leur nombre, leur volume et la partie du corps où elles se montrent, les verrues constituent une affection de peau

fort désagréable et fort incommode. Relativement à la forme, elles sont tantôt plates et à large base, tantôt oblongues et pédiculées, mais le plus généralement elles tientiennent le milieu entre ces deux termes.

La cause déterminante des verrues est locale ou générale. Lorsque les verrues ont leur principe dans un vice constitutionnel, leur guérison ne peut avoir lieu que par un traitement interne du ressort de la médecine; lorsqu’elles dépendent d’une cause locale, ce qui arrive le plus communément, leur guérison n’exige qu’un traitement local ou extérieur.

§ il.

Traitement îles vernies.

De même que pour le mal de dents et la brûlure, une foule de remèdes secrets ont été vantés contre les verrues. Ces remèdes, plus ou moins nuis et bizarres, sont de véri-

tables secrets de bonne femme qui se transmettent traditionnellement, mais dont la réussite n’arrive que par hasard ou jamais.

Parmi ces nombreux soi-disant spécifiques, on cite le suc de chélidoine, detithymale, de figuier, de lierre, de ciguë, d’aristoloche, derhue, de grande consolide, etc... la graine de basilic écrasée, les cendres de frêne, de saule, de sarment délayées dans du vinaigre ; les toiles d’araignée, la fiente de pigeon, les crottes de chèvres également délayées avec du vinaigre, etc., etc. Tous ces remèdes vulgaires n’ont, pour la plupart que des vertus négatives, et quelquefois peuvent faire mal au lieu de guérir.

A l’époque de lumières où nous vivons, on ne croit plus aux arcanes des comnicres; on va consulter les livres de science ou les hommes de l’art, ce qui est infiniment préférable et beaucoup moins dangereux.

Dans notre ouvrage intitulé : Hygiène du Visage et de la Peau , nous avons déjà décrit les divers procédés usités pour l’ex-

tirpation des verrues, nous répéterons ici que le meilleur de tous les procédés est la ligature avec un fil ciré, pour les verrues à pédicules; et la destruction par l’acide nitrique, pour celles qui ont une large base. Pour faire disparaître ces dernières, on enlève, avec un instrument tranchant, la superficie dure et rugueuse de la verrue, puis on plonge une petite allumette de bois, taillée en pointe, dans l’acide nitrique; on a soin de la secouer pour faire tomber l’excès d’acide, puis on promène la pointe de l’allumette, seulement humectée d’acide, sur toute la surface de la verrue ; on répète celte petite opération, matin et soir, et au bout de quelques jours, les radicules de la verrue désunies, corrodées par l’action de l’eau forte, se détachent en les grattant avec l’ongle.

On recommande aux personnes affligées de plusieurs verrues aux mains, de n’en opérer qu’une seule (la plus grossse) ; l’expérience a prouvé ce fait singulier, que la

chute de la plus grosse verrue entraînait ordinairement celle de ses voisines.

Mais, lorsque les verrues ont pullulé au point de couvrir les mains ou toute autre partie du corps, l’emploi du caustique serait trop long et trop douloureux: ; il faut, dans ce cas, les traiter de la manière suivante :

Le soir, avant de se coucher, on couvrira la partie verruqueused’un morceau de sparadrap ou d’un cataplasme; le lendemain on la lavera avec de l’eau fortement vinaigrée et dans laquelle on aura préalablement fait dissoudre une poignée de sel de cuisine; puis, après l’avoir essuyée, on la frictionnera avec du sel ammoniac. On pratiquera celte opération trois fois par jour, jusqu’à ce que les verrues tombent et disparaissent. — On a conseillé la poudre de sabine en remplacement du sel ammoniac.

Un médecin distingué a préconisé le sel ammoniac, comme un spécifique éprouvé

contre les verrues des mains ; voici sa manière d’opérer : — Il commence par faire prendre un manuluve d’eau salée de cinq à six minutes ; après avoir essuyé les mains, il rase légèrement la superficie des plus grosses verrues, et les lotionne ensuite avec une dissolution dè sel ammoniac qu’on laisse sécher sans essuyer. Ces lotions sont répétées trois fois par jour, et le soir il applique des compresses trempées dans une dissolution un peu plus concentrée de sel ammoniac. Au bout de quelques jours, les verrues s’entr’ouvrent et tombent d’elles-mômes sous l’influence de ce petit traitement.

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