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liâmes potu* les Cors.
Ces limes, faites d’un acier doux, et taillées en forme de râpe, usent le cor sans aucune douleur et si parfaitement que la personne qui s’en sert, pour la première fois, en est étonnée. L’opération se fait ainsi : on lime peu à peu jusqu’à ce que l’épiderme durci soit tombé en poussière et que la racine paraisse à nu ; alors on enveloppe la partie limée d’un morceau de sparadrap -
baudruche. Le surlendemain on recommence le limage de la même manière; on continue celte petite opération de jour en jour, jusqu’à ce qu’on soit entièrement débarrassé.
La destruction des cors, par la lime, n’oflre point les dangers du procédé par l’instrument tranchant, et, avec un peu de constance, on arrive quelquefois à une guérison complète. Mais, il faut le dire, le succès réside entièrement dans la bonne fabrication de cet instrument. Tontes les limes que débite le commerce sont loin de réunir les qualités exigées ; il n’existe que peu de fabricants qui en livrent de réellement bonnes. Parmi ces fabricants, se place en première ligne M. Charrière, artiste aussi intelligent qu’habile , à qui la chirurgie française doit ses meilleurs instruments.
On ne doit jamais attaquer le cor avec des acides concentrés, par la raison que le tubercule du cor étant d’une matière beau-
coup plus dure que la peau environnante, les acides détruiraient le tissu de la peau et mordraient à peine la superficie du tubercule.
SECTION III
§ Ier.
Traitement curatif.
L’extraction du tubercule ou racine est le seul moyen de guérison prompte et durable des cors; c’est aussi le moyen le plus simple et le plus exempt d’inconvénients. L’extirpation d’un cor, faite par une main habile, est toujours couronnée de succès.
Lorsque le cor est récent, il devient facile de l’enlever soit en le grattant avec l’ongle, soit en le raclant avec une lame de grattoir, parce que son tubercule, tout à fait superficiel, se déracine aisément. Au contraire, quand le cor est ancien, le tu-
hercule se trouve logé profondément, et les difficultés de son extraction augmentent en raison de sa profondeur. Voici la meilleure manière d’en opérer soi-même l’extraction :
On prend un instrument tranchant, le rasoir, le bistouri, le canif et mieux une lame à deux tranchants, bien affilée, ayant la forme d’un grattoir à papier. On enlève légèrement, couche par couche, l’épiderme durci, qui forme la couronne du cor; bientôt on découvre un ou plusieurs petits points bruns ou blanchâtres, qui sont les tubercules ou racines du cor. Avec la pointe du grattoir on cerne, on isole les tubercules de manière à arriver, doucement et sans effusion de sang, jusqu’à leur base ; le tubercule une fois isolé, si on peut le saisir avec des pinces, on l’arrache ; sinon, il faut le détacher peu à peu et avec précaution. L’extirpation faite, il reste un ou plusieurs petits trous, selon le nombre des tubercules extirpés, d’où suinte une hu-
meur rosée. On verse immédiatement une goutte de Baume pour cors dans ces petits trous, et quelques minutes après on prend un bain de pied tiède de quinze minutes de durée. Les dépendances du cor qui n’ont pu être extraites, se gonflent dans l’eau, deviennent blanchâtres et spongieuses; alors on les essuie et on les coupe avec des ciseaux, ou on les use avec une lime. On enveloppe ensuite l’orteil opéré dans un morceau de sparadrap-baudruche. Telle est la petite opération au moyen de laquelle on se débarrasse complètement d’un cor, sans avoir recours aux onguents et emplâtres des charlatans qui ne guérisent jamais, et qui sont bien souvent nuisibles.
Lorsque les cors, composés de plusieurs tubercules, sont invétérés, douloureux, très-volumineux et, par conséquent, fort difliciles à extirper soi-même, nous conseillons le ministère d’un pédicure adroit et instruit dans son art.
Afin que les lecteurs puissent juger de l’habileté du pédicure, par la méthode opératoire qu’il devra employer, ou encore pour diriger les personnes qui désireraient se livrer à cet art, nous résumerons quelques passages d’un manuel consacré au traitement et à la guérison des cors.
Le pédicure se placera à côté d’une croisée où le jour sera beau et bien clair; il s’assiéra sur une chaise et son pied gauche sera rehaussé au moyen d’un petit tabouret. La personne qu’on doit opérer se placera en face du jour, assise sur une chaise ou un fauteuil un peu plus élevé, ou encore sur une table. Le pédicure aura une serviette sur son genou gauche, contre lequel il assujétira le pied à opérer ; il aura à sa droite une autre chaise sur laquelle il disposera, en ordre, les instruments nécessaires à l’opération.
Le pédicure commencera d’abord par amincir, avec l’instrument tranchant, les cors qui offrent beaucoup d’épaisseur ; en-
suite, il circonscrira le cor, en grattant le pourtour avec la pointe du quadrille ou poinçon carré; il imitera les ouvriers qui travaillent à déraciner un arbre. Après s’être fait jour et avoir isolé le tubercule du cor, il le saisira avec des pinces à disséquer, et pour le séparer entièrement de la dernière couche épidermique, il le déchaussera peu à peu, tantôt avec le furet , tantôt avec la navette.
Les poinçons, montés sur de petits manches, se tiennent comme une plume à écrire; les deux derniers doigts servent de point d’appui. La main doit être sûre et légère, pour bien suivre les dernières ramifications du cor, à travers les inégalités de l’épiderme durci, pour les détacher, les enlever, sans intéresser le derme, et sans causer la moindre douleur. A la sûreté de la main il faut joindre aussi la bonté de la vue ; quant «à la dextérité à manier les instruments, c’est la pratique et l’exercice qui la fait acquérir.
Le pédicure apportera la plus grande attention à ne pas causer de douleur, et à ne répandre une seule goutte de sang; il opérera sans se presser, et détachera peu à peu le tubercule avec la pointe de l’instrument, en déchirant légèrement ses adhérences. Si le sommet du tubercule ou racine adhérait, soit à quelque tendon ou filet nerveux ; soit au périoste ou à la capsule synoviale de l’articulation, il redoublera de précautions et ne s’obstinera jamais à aller plus loin s’il y a danger. Il est préférable dans ce cas, d’attendre quelques jours avant de recommencer l’opération.
Nous le répétons encore : lorsque le tubercule a été parfaitement isolé, au moyen du poinçon droit ou recourbé, on le saisit avec la pince et on l’enlève doucement, afin de ne point le rompre., car s’il se rompait et qu’il en restât une petite parcelle, cette seule parcelle donnerait naissance à un nouveau cor, et l’opération serait à re-
commencer. Le succès complet de l’opération dépend strictement de l’extraction totale des tubercules. Or, c’est sur ce point important que le pédicure doit fixer toute son attention.
Après l’extraction du tubercule, il reste à l’endroit où il était logé une petite excavation dans laquelle on versera une goutte de Baume pour cor ; puis on essuie la partie et on l’enveloppe d’une bandelette de sparadrap - baudruche .
Si l’opération a été bien faite, la douleur n’existe plus et le pied se trouve dégagé comme s’il n’avait jamais eu de cor. Au contraire, si l’on éprouve quelques élancements, c’est un signe que l’extraction a été imparfaite, et qu'il faudra recommencer l’opération sous huit jours.
Cette seconde opération, beaucoup moins difficile que la première, est ordinairement suivie de succès.
La méthode de détruire les cors par le leu ou les acides concentrés, ne compte
que des victimes. Nous avons déjà démontré que les acides corrodaient les chairs environnantes et ne détruisaient point les tubercules composé d’une matière trèsdure. La méthode par extraction est la. seule rationnelle.
Nous recommandons surtout de ne jamais livrer son pied qu’à un pédicure habile ; car les dangers auxquels peuvent exposer la maladresse d’un pédicure ignorant, sont à redouter. Aussi beaucoup de personnes, dans la crainte d’avoir affaire à un charlatan inexpérimenté, préfèrent couper elles-mêmes leurs cors. Si l’opération n’est point aussi parfaite qu’étant exécutée par un pédicure habile, du moins on a l'avantage de renouveler cette opération lorsqu’on veut, avantage d’autant plus grand, que les extractions souvent répétées finissent par détruire complètement l’infirmité.
C’est une erreur de croire que les bains de pieds fréquents atténuent les douleurs
et ramollissent les cors. L’eau ne ramollit l’épiderme que momentanément; lorsque les pieds sont sortis de l’eau, la couronne du cor devient plus dure, parce que l’eau a élevé à l’épiderme sa matière onctueuse; on devra donc, pour éviter cet inconvénient, s’onctionner les pieds, après le pédiluve avec un corps gras et mieux avec la crcme-neige , qui leur communiquera une bonne odeur.
S II
Soins consecutifs.
Deux choses sont nécessaires, indispensables pour s’opposer à la formation d’un nouveau tubercule ou pour favoriser la destruction des fragments tuberculeux, s’il en existe ; la première est de toucher la partie opérée avec le baume pour cor ; la seconde est de la couvrir de sparadrapbaudruche , qu’on devra changer chaque
jour, en ayant soin d’examiner l’état du cor. Si l’on aperçoit une lame d’épiderme épaisse et blanchâtre, il faut l’enlever avec l’instrument tranchant ou les ciseaux.
Lorsque les tiraillements qu’on exerce sur l’épiderme ne produisent aucune douleur, c’est signe que le tubercule n’existe plus et qu’une peau saine remplacera bientôt l’épiderme durci qui recouvre le cor. — Dans le cas où l’on négligerait de renouveler le sparadrap-baudruche , il pourrait arriver que la lame d’épiderme, dont nous venons de parler, s’épaississant et se durcissant, chaque jour, par le frottement de la Chaussure, donnât naissance à un nouveau tubercule ; c’est ce qu’on évitera facilement par l’emploi répété du sparadrap-baudruche.
On doit bien se pénétrer de cette vérité que le nettoyage des pieds atteints de cors exige les mômes soins consécutifs que celui des dents. Or, lorsque les dents, encroûtées de tartre, ont été nettoyées par
un dentiste, il est de toute nécessité que la personne entretienne par des soins journaliers, la p'ropretéde sa bouche; sans cela le nettoyage serait bientôt à recommencer; il en est de même pour les pieds ; après l’extraction des cors, des soins sont indispensables pour s’opposer au renouvellement de nouveaux tubercules.
Règle générale. — On ne doit tenter l’extraction d’un cor qu’au moment où il ne cause que peu ou point de douleur.
Lorsqu’il est, au contraire, très-douloureux, il faut garder le repos et envelopper l’orteil d’un petit cataplasme, ou d’un emplâtre émollient, jusqu’à ce que l’irritation des parties environnantes soit calmée. Si l’irritation résiste à ce moyen, on peut en induire qu’un petit abcès se forme autour du tubercule; alors, on appliquera sur le cor un plumasseau, enduit d’onguent de Lainert ou de tout autre onguent suppuratif, pour hâter la formation et la sor-
tie du pus, ce qui a ordinairement lieu, après deux fois vingt-quatre heures.
Telle est l’histoire physiologique du cor; tels sont les moyens les plus rationnels à employer pour obtenir la guérison complète et radicale de cette infirmité.
§ ih.
Oignons#
L’oignon est un véritable cor, composé de plusieurs noyaux ou tubercules ; il 11e diffère de celui-ci que par la forme et la plus grande étendue qu’il occupe. Les tubercules de l’oignon, ordinairement petits comme des graines de millet, affectent une forme tantôt ovale et tantôt conique; souvent ils sont pellucides comme une lame de corne ; quelquefois ils revêtent une couleur brune avec un point noir à leur centre. Les chairs environnantes paraissent tuméfiées, bulbeuses, mollasses et rougeâtres; à sa
surface il se fait, parfois, une ex foliation épidermique ayant quelque ressemblance avec les pelures d’oignon.
Les causes et la nature de l’oignon étant les mêmes que celles du cor, le traitement doit être semblable, hormis quelques modifications; mais il demande plus de temps et de précautions.