‹ Hygiène des mains et des pieds de la poitrine et de la tailleChapitre 8 sur 55 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

SECTION PREMIÈRE

Épaules. — l'aille. — Abdomen.

§ Ier.

ÉPAULFS.

Les Épaules sont une des parties du corps que les femmes aiment à offrir aux regards admirateurs. De belles épaules blanches et bien soignées, non-seulement charment les yeux, mais annoncent encore la propreté du corps, une santé brillante ; et telle femme à qui la nature refusa un joli visage, doit aux attraits de ses épaules l’avantage de fixer autour d’elle plus d’un

adorateur; car les épaules blanches, grasses, potelées, ont des charmes auxquels nul regard ne reste indifférent.

La beauté des épaules réside dans leur symétrie parfaite en hauteur et en largeur; dans leurs lignes et leurs courbes qui, partant des omoplates, vont se perdre insensiblement dans la gouttière vertébrale. Les épaules de la femme doivent être grasses et charnues afin de cacher les saillies disgracieuses qu’occasionnent les omoplates. Depuis les attaches du cou jusqu’aux lombes, les épaules et le dos doivent offrir une surface légèrement arrondie, potelée, unie et d’une blancheur uniforme. Les femmes savent très-bien qu’on se passionne pour de belles épaules, et ce motif doit les engager à ne pas négliger l’hygiène de celte région.

Physiognomonie. — Les épaules larges, épaisses, indiquent la force physique, un esprit rude mais bon. — Les épaules mai-

\ou —

grès, étroites, décèlent un esprit fin et subtil. — Les épaules voûtées, qui ne dépendent pas d’un vice de conformation, annoncent la persévérance dans le travail.

S II

Hygiène des épaules.

L’hygiène des épaules consiste à éviter tout ce qui peut ternir leur peau, les meurtrir, les fatiguer, tels que baleines, lacets, bretelles de corsets, de robes, etc. On entretient la fraîcheur des chairs et la souplesse du derme par les mêmes bains et lotions conseillés dans l’Hygiène de (a Peau; et si, parfois, le haie ou quelques tristes éphélides venaient en ternir la pureté, on aurait recours aux recettes indiquées dans le même ouvrage contre ces affections.

Le procédé des dames romaines pour la toilette des épaules n’est pas à dédaigner; on sait que ces luxueuses dames se faisaient

alternativement poncer et arroser d’essences à la sortie du bain. Yoic.i comment elles procédaient à cette toilette :

Elles commençaient par prendre un bain entier d’une demi-heure; vers la fin du bain, des esclaves onctionnaient les épaules d’huile fine parfumée, et d’une main légère frottaient la peau en tous sens, afin de bien l’imprégner du liquide onctueux. Gela fait, les esclaves savonnaient les épaules de leurs maîtresses et les lavaient à grande eau ; immédiatement après elles passaient au massage, qui durait jusqu’à ce que la peau, débarrassée de toutes les parties onctueuses, s’offrît souple et veloutée comme un gant de peau de castor. Plusieurs coquettes romaines se faisaient poncer, avant le massage, avec une ponce imbibée d’huile.

Mais, de tous les procédés connus pour nettoyer les épaules, les rendre blanches, lisses et veloutées, le meilleur est celui-ci : — On prend gros comme une noisette de crème-neige , on l’étend sur toute la surface

des épaules et on frictionne, en tous sens, avec la main. Les frictions terminées, on laisse agir pendant un quart d’heure, puis on essuie la peau avec un linge fin, on la savonne avec le savon clermopkile, et l’on termine par un lavage complet avec la pale cahlidermique ; alors la peau est arrivée au plus haut degré de blancheur, de souplesse et de douceur qu’elle puisse avoir (1).

SECTION II

Aisselles*.

La sueur abondante des aisselles entraîne, avec elle plusieurs inconvénients ; d’abord celui de mouiller, de tacher les vêtements, et celui, plus capital encore, d’exhaler une

(1) On trouvera, dan3 un intéressant ouvrage inlitulé : Hygiène des Baigneurs, un choix de bains cosmétiques et callidermiqucs des plus favorables à la beauté de la peau. Chez Denlu, libraire, Palais-Royal,

à Paris. Prix : 2 fr. 60 c.

odeur qui, chez les personnes rousses, n’est rien moins qu’agréable, pour ne pas dire insupportable.

Cependant, il faut respecter les sueurs axillaires, parce que la nature ayant établi par cette voie un moyen d’élimination, leur suppression amènerait infailliblement un dérangement plus ou moins grave dans la santé de l’individu. Mais il est des moyens hygiéniques propres à masquer et meme à prévenir celte incommodité.

Hygiène des Aisselles. — Les personnes affectées de ces sueurs devront, chaque matin, se laver le dessous des bras avec une eau très-légèrement aromatisée au lait d’IIébé, à la température naturelle en été, et tiède en hiver. Après avoir parfaitement essuyé la partie avec un linge fin, on place dans le creux de l’aisselle un petit sachet de toile très-fine, rempli de poudre d’iris, qui a la propriété d’absorber la sueur et de modifier l’odeur. On doit toujours avoir

plusieurs sachets de rechange afin de remplacer ceux cpie la sueur a mouillés. Je connais une jeune personne qui, par ce procédé fort simple, est parvenue à masquer si complètement la fétidité de ses sueurs, qu’on ne s’est jamais aperçu de son infirmité dans les sociétés qu’elle fréquente. On conseille aussi de boire une décoction de racines d’artichaux qui, assure-t-on, a la propriété d’attirer sur les reins le principe fétide, qui est ensuite expulsé par les urines. Ce moyen est douteux.

SECTION III

Taille.

La taille est cette région comprise entre la base de la poitrine et les os du bassin ; sa beauté existe dans ses proportions et l'harmonie1 de scs rapports avec les autres parties du corps; son élégance dans sa souplesse et la facilité de ses mouvements, qui

doivent toujours être indépendants de ceux du bassin.

Ainsi qu’un petit nez sur une large face et un gros nez sur un petit visage sont laids, bien laids; de même sont affreuses et ridicules les tailles minces sur de larges hanches, et des tailles épaisses soudées à une poitrine étroite.

Non, mille fois non ! la beauté, la grâce d’une taille ne se trouve point dans un étranglement hideux ; l’absurde convention qui force les femmes à se comprimer les flancs est une dépravation du goût dont nous avons démontré les funestes conséquences.

Physiognomonie. — Une taille élancée, en harmonie avec la poitrine et les hanches, annonce une heureuse constitution et beaucoup d’activité physique. — Une taille massive est l’indice d’un caractère ami du repos. — La taille dont la finesse n’est due qu’au corset, révèle tantôt de ridicules

Page 1