‹ Hygiène des mains et des pieds de la poitrine et de la tailleChapitre 7 sur 55 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

SECTION PREMIÈRE

Organes Mammaires (Seins).

C’est sur la poitrine des femmes que naissent et s’arrondissent ces charmants organes où l’enfant puise la vie ; c’est à leur fraîcheur et à la fermeté de leurs contours qu’est due la magique influence qu’ils exercent sur l’œil le plus in différent. Mais toutes les poitrines n’ offrent pas ces organes avec la délicatesse de formes et de tissu qui excitent l’admiration : les unes n’en présentent que les rudiments ; sur les autres, au

contraire, ils se développent outre mesure et atteignent quelquefois de monstrueuses dimensions.

Pour réunir les conditions de la beauté exigées, les seins occuperont, sur la poitrine, une ligne horizontale parfaite ; ils s’élanceront d’une large base et, resserrant insensiblement leurs lignes sphériques , iront s’arrondir en un cône surmonté d’un rose mamelon. (Les seins ronds comme une boule sont défectueux.) De plus, ils devront offrir une harmonie parfaite de proportions, se tenir fermes naturellement et posséder cette résistance élastique, ce velouté, cette blancheur de peau , dernier terme de la perfection.

Mais nous avons vu que ces qualités ne se rencontrent jamais chez les femmes qui, dès leur jeunesse, ont fait usage du corset.

La beauté, selon l’art, exige encore que l’espace qui sépare les deux seins, soit équivalent au diamètre de l’un d’eux, et que la distance d’un mamelon à l’autre soit égale

‘à la distance du mamelon à la fossette claviculaire.

Physiognomonie. — Des seins bien conformés, fermes, à mamelpns érectiles, annoncent la santé, la fécondité et une belle organisation sexuelle. De gros seins mous, tombants, indiquent, en général, un tempérament humide, indolent; — de petits seins désignent un tempérament contraire. — L’absence de seins accuse une organisation féminine incomplète et doit faire craindre la stérilité.

Hygiène. — Les soins hygiéniques réclamés par les seins, sont de deux ordres ; les uns regardent la peau qui doit toujours être entretenue dans un état parfait de propreté, surtout au mamelon ; les autres concernent les glandes mammaires, composées d’une agglomération de petites glandes trèsimpressionnables aux influences extérieures et qui demandent les plus grands ménagements.

Ainsi, la jeune femme, éclairée sur la délicatesse du tissu de ces organes, doit veiller incessamment à les soustraire aux intempéries, à la compression du corset et aux frottements répétés, toujours nuisibles à leur fraîcheur, à leur beauté et à leur santé; elle les préservera surtout contre les chocs et contusions, qui occasionnent toujours des accidents inflammatoires, des altérations plus ou moins profondes, telles qu’engorgements, abcès, indurations, et qui, quelquefois, ont pour terminaison funeste, le squirrhe, le cancer !...

SECTION II

§ Ier.

Plasticité «les seins.

Les Grecs anciens, qui nous ont laissé de si beaux modèles, n’estimaient que les seins de grosseur médiocre et terminés en poire.

Les jeunes filles grecques menacées d’avoir une gorge trop volumineuse, se servaient, pour en arrêter le développement, d’une pierre ferrugineuse de file de Naxos. Cette pierre, réduite en poudre très-fine, était délayée dans un liquide astringent, puis appliquée en cataplasme sur les seins. Ce que nous appelons la terre cimolée obtiendrait, probablement, le même résultat.

Les dames romaines, qui ne pouvaient souffrir une grosse gorge, avaient soin de la comprimer avec une cuirasse de bandes trempées dans un liquide astringent, et parvenaient ainsi à la diminuer au détriment de sa fermeté.

Les Bayadères, depuis un temps immémorial , au lieu d’avoir les seins allongés et pendants comme les autres femmes de l’Inde, leur conservent la forme sphérique et une grosseur moyenne, en les emprisonnant dans les moules dont nous avons déjà parlé.

Dans une contrée d’Espagne, c’était une

beauté, dit la comtesse d’Aulnoy, que d’avoir une poitrine plate , et les femmes étaient parvenues, au moyen de plaques de plomb appliquées sur la gorge et fortement serrées avec des bandes, à s’atrophier les seins si complètement, qu’elles n’en offraient plus que les vestiges. — Dans certaines localités d’Auvergne, les femmes ont la poitrine plate et les seins très-peu développés. Ce défaut provient du corsage de leur robe qui est cuirassé de larges buses en bois.

On voit, parce qui précède, que la compression a été le moyen le plus généralement employé pour diminuer le volume des seins ; ce moyen n’est, en réalité, que prophylactique, c’est-à-dire qu’il peut prévenir le développement des gorges naissantes, et il doit être considéré comme stérile ou à peu près comme tel, lorsque la gorge a pris toute sa croissance. Dans ce dernier cas, il ne fait que déformer le seins, les aplatir et augmenter leur circonférence. Si

La compression pouvait être appliquée directement sur l’artère mammaire, nous croyons que la diminution du sein aurait lieu sans entraîner sa déformation ; mais ce procédé, d’exécution difficile, n’est jamais employé.

De nos jours, la médecine se sert avec succès, d’un agent très-énergique pour combattre l’engorgement et l’induration des glandes : c’est l’iode sous diverses formes. On a vu des glandes énormes s'affaisser et disparaître sous la puissante action de ce médicament, qui n’offre rien de dangereux. Or, les femmes affligées d’un surcroît excessif de gorge, devront d’abord se mettre au régime de l’entraînement, propre à maigrir (Voyez Y Hygiène générale de la Beauté), puis se frictionner les seins, deux fois par jour, avec la pommade de Walther ou avec la pommade d’hydriodate de potasse. Afin de rendre le succès plus prompt, elles feront bien de se mettre à l’usage des pilules d'iodurc de potassium. Sous l’influence de

cette efficace médication, on a vu des glandes et des seins énormes s’affaisser complètement.

La nature a voulu que les mamelles des femmes en couche devinssent le réservoir du premier aliment de l’enfant nouveau-né; à ce point de vue elles méritent une attention spéciale. Les femmes qui allaitent donnent un cours naturel à leur lait et sont, 'par cela mène, exemptes des maladies de ces organes. Mais les mères qui ne veulent ou ne peuvent pas remplir le devoir de nourrice, sont exposées à diverses maladies toujours défavorables à la pureté du sein. En effet, le sein,, gonllé par le lait qui y afflue en abondance et qui ne trouve pas d’issue, doit être résorbé et rentrer dans l’économie. C’est pendant ce travail que surviennent la fièvre de lait et l’inflammation des glandes mammaires ; cette inflammation n’étant pas traitée d’une manière convenable, peut donner lieu à des abcès, à des indurations, à des squirrlies, etc,, alors, la

beauté du sein est perdue pour jamais.

Aussi, nous ne saurions trop répéter aux femmes enceintes, de ne jamais prêter l’oreille aux remèdes presque toujours absurdes des vieilles commères, et de n’écouter strictement, en cette circonstance, que les conseils d’un homme de l’art ; c’est le seul moyen d’éviter de graves accidents et des regrets.

Pour dissiper la turgescence des mamelles cl faire, comme on dit vulgairement, passer le lait , la seule indication est de combattre modérément l’excitation des glandes mammaires et de tarir peu à peu le lait qui engorge les conduits lactifères.

On parvient à ce but : 1° en recouvrant la poitrine de serviettes chaudes, fixées par un bandage qui exerce une légère compression ; 2° en observant un régime diététique sévère; o° en ayant soin d’entretenir la liberté de tous les couloirs du corps, c’est-àdire de veiller attentivement à ce que les selles, les urines, les lochies et les sueurs

s’écoulent avec la plus grande facilité. On obtient la liberté du ventre au moyen de quelques légers purgatifs. — Avec cette simpleméthode, il n’est nullement nécessaire de cataplasmes ou autres topiques astringents, qui sont irrationnels pendant les premiers jours de raccouchement. La douce chaleur du lit, une tisane chaude, entretiennent la moiteur de la peau ; quelques lavements émollients et, ainsi que nous venons de le dire, quelques légers purgatifs, favorisent la liberté du ventre et suffisent ordinairement pour tarir le lait et dissiper le gonflement des seins.

Des Mamelons. — Un mamelon trop gros, de même qu’un mamelon trop petit, sont deux vices qu’il faut combattre dès le principe. On développe les mamelons à peine sensibles, par des frictions et succions répétées, et aussi par l’usage de topiques excitants ; on diminue les gros mamelons par des moyens contraires.

Le mamelon est sujet à des entamures, à des gerçures, qui, négligées, peuvent se creuser profondément et causer de vives douleurs. Sous l’influence d’une irritation qui le tuméfie, ce charmant organe, qu’on a si heureusement comparé à un bouton de rose, perd sa fraîcheur, passe au rouge lie de vin, au bleu livide, se flétrit, et si l’on n’arrête point les progrès du mal, un ulcère rongeur peut se développer et cruellement endommager cet organe. Pour prévenir ces funestes conséquences, le plus sûr moyen est de l’oindre, dès qu’on aperçoit une gerçure, avec la pommade suivante :

Pomniatïc contre les Gerçures.

Graisse de rognon de veau. . . (50 grammes.

Miel 15

Huile d’olives 15 —

Camphre [\ —

Mais, lorsque les gerçures sont anciennes et ont passé à l’état de plaie, d’ulcère, il

est de toute nécessité de les soumettre à des pansements réguliers, et le secours du médecin est alors indiqué.

Nous dirons toutefois, avoir retiré d'excellents effets de petits plumasseaux enduits de crcme-neige et appliqués sur les gerçures; après sept à huit applications semblables, la guérison a eu lieu. Le cérat saturnin, convient également pour obtenir la dessication des gerçures du sein. L’onguent Canet produit aussi de très-bons effets en pareilles circonstances.

Si l’excès de volume des seins est un vice qu’on cherche à réprimer, il faut croire que leur absence est un défaut capital, puisque nous voyons tous les jours, exposés à l’étalage des modistes, de délicieux appas bourrés de coton ou de raclure de baleine; et, ce qui vaut mieux encore, fabriqués en tissus élastiques offrant le relief et le creux, à la façon des cartons estampés. Les jeunes femmes à qui la nature oublia de faire ce doux présent, les coquet-

tes à poitrine plate, au lieu d’avoir recours à cet artifice pour arrêter sur elles un regard admirateur, devraient jeter au feu leur corset et essayer un des procédés calliplastiques indiqués dans le paragraphe suivant.

§ il.

Divers procédés pour augmenter le volume «les seins.

Les Orientaux n’aiment et n’apprécient que les gros et forts appas; leurs femmes ont trouvé le secret d’obtenir un surcroît de gorge au moyen de frictions et d’une alimentation particulière (Voyez le chapitre Maigreur de l'Hygiène et Perfectionnement de la beauté humaine ).

En Égypte, et dans presque toute la Nigritie, la beauté du sein consiste dans sa monstrueuse longueur. Les femmes de ces contrées malaxent les seins de leurs filles, puis les serrent avec des bandes et même

avec des cordes, à la manière d’un saucisson de Lyon ficelé. Ces manœuvres, longtemps répétées, font acquérir aux seins une forme longue et pendante ; il n’est pas rare de rencontrer des femmes dont les mamelles arrivent jusqu’aux genoux. Du reste, cette longueur était nécessaire, puisque les femmes dont il est question portent toujours leurs enfants derrière le dos et les allaitent en jetant leurs mamelles par dessus l’épaule. Ceci peut paraître une exagération, un conte, et c’est cependant une vérité. On peut, à cet égard, consulter les récits de tous les voyageurs.

Chez nous, où la beauté du sein existe dans sa forme sphérique, son volume médiocre et la fermeté de son tissu, c’est à d’autres moyens qu’il faut avoir recours. — Le manque de seins chez les filles pubescentes, dépend souvent de la compression du corset, d’où résulte un défaut de nutrition des glandes mammaires; pour remédier à celte atrophie, on conseille d’a-

bord de débarrasser la poitrine de toute compression ; ensuite de lotionner les seins de temps à autre avec une eau excitante, aromatique, et de les soumettre à des frictions légères, mais souvent répétées, afin d’attirer une plus grande quantité de sang la partie ; ces frictions doivent se pratiquer circulairement soit avec un gant de peau, soit avec une douce flanelle, et durer quelques minutes. 11 est indispensable de • joindre à ces moyens le régime alimentaire indiqué dans V Hygiène de la beauté.

Plusieurs orthopédistes se sont servis, pour développer les seins atrophiés, de moules en caoutchouc. Ces moules, appliqués sur les seins, en pressent mollement la base et les forcent à s’allonger d’une façon d’abord imperceptible, mais qui, avec le temps,, ne laisse pas que de donner un beau résultat. ^

L’application de larges ventouses, répétée plusieurs fois par jour sur le sein même, a été préconisée comme le moyen

le plus efficace; et, en effet, la violente aspiration que produit le vide fait entrer dans la ventouse le sein presqu’en entier, elle attire le sang à cette partie et en aug mente la vitalité; mais, pour obtenir un résultat avantageux, il est essentiel de se servir d'un système de ventouses graduées en largeur. On commence par se servir de la plus étroite, et, à mesure que le sein se développe, on arrive graduellement jusqu’à la plus grande, de manière à obtenir un sein à large base. Plusieurs femmes, célèbres dans les annales de la beauté, ont obtenu, par un moyen semblable, des appas dont elles ne possédaient que les rudiments; on cite, entre autres, M,ne de P0111padour.

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