DES PREMIERS SECOURS A DONNER AUX BLESSÉS
dimension qui permît de le tenir couché, celte position serait préférée à tontes les autres.
J'ai essayé cet appareil en vue des mineurs, non pas dans les houillères, mais à l'Hôtel— Dieu . Un jeune homme, simulant le blessé que j'ai en vue, s'est prêté à mes expériences. Je lui ai donné toutes les positions que j'indique, et j'ai pu m'assurer combien les manœuvres que je décris sont simples et faciles.
Bonnet a fait construire une autre gouttière qui immobilise non-seulement les membres inférieurs, mais encore le tronc tout entier : c'est l'appareil que nous venons de décrire, augmenté d'une cage pour le tronc. Il sera très utile et très précieux lorsqu'il s'agira de lésions de la colonne vertébrale, de la poitrine, du ventre. C'est dans cet appareil qu'est mort Bonnet lui-même, atteint d'une apoplexie de la moelle épinière.
Cet appareil a l'inconvénient d'être très volumineux, et par cela même peu commode à manier, sans quoi l'on devrait l'employer dans tous les cas de blessures graves; car il immobilise tout le corps, et rend facile le maniement du blessé. C'est le but que nous recherchons actuellement.
La manière de se servir de cet appareil est la même que pour le premier ; je ne répéterai pas ce que j'en ai dit.
Seulement, pour le transport avec ce second appareil, on pourrait, à la rigueur, se passer de brancard; le blessé, n'ayant que les bras et la tête libres, peut être soulevé tout d'une pièce par deux hommes placés à chacune des extrémités; un troisième soutiendrait la partie moyenne du corps.
126 HYGIÈNE DU HOUILLEUR.
Los gouttières simples, dans les blessures multiples des bras ou des jambes, peuvent être d'un très utile secours ; mais, môme pour tes fractures de jambe, on fera bien de se servir de l'un des grands appareils.
On les conservera dans un endroit sec, et avant de s'en servir, on aura soin de les revêtir d'un drap pour les préserver contre toute souillure.
Ces appareils, bien qu'ils n'aient pas été destinés par leur auteur au but pour lequel je les propose, me semblent propres à rendre de grands services dans les mines. Ils peuvent nous dispenser d'en inventer d'autres qui soient spécialement propres aux houilleurs, et même de nous servir de ceux qui ont été inventés.
c. Lit Valat. — En 183/i, le docteur Valat a imaginé, pour porter secours aux blessés dans les mines, un lit qui porte son nom, et qui lui a mérité les honneurs du prix Montyon. Voici ce qu'en dit M. Cordier, inspecteur général des mines de France, dans une notice qu'il lui a consacrée :
« L'appareil que M. Valat a imaginé dans ce but con-^ siste en une caisse , en forme de cercueil, avec cette différence qu'elle est pentagonale et légèrement infléchie dans le sens de la longueur. Son couvercle est mobile; elle contient un matelas traversé par une petite sellette, et en outre des sangles qui sont convenablement placées pour soutenir le blessé lorsque la caisse doit remonter au jour, et prendre à cet effet une position presque verticale. La caisse reçoit aisément cette position au moyen de chaînons en forme d'anse qui se trouvent fixés à l'une de ses extrémités. Cette même extrémité sert de plate-