‹ Hygiène des ouvriers mineurs dans les exploitations houillèresChapitre 25 sur 59 · DES PREMIERS SECOURS A DONNER AU\ BLESSÉS · texte numérisé non relu

DES PREMIERS SECOURS A DONNER AU\ BLESSÉS

s'adapter régulièrement au membre, par conséquent présenter les mêmes courbures que lui, s'étendre à toute sa

longueur et l'embrasser dans ses deux tiers postérieurs, de manière à le saisir à la fois par de larges surfaces et à le contenir solidement. On a construit des gouttières pour l'avant-bras, pour le bras, droites ou coudées, pour la jambe, pour la cuisse et pour les deux cuisses et le bassin, et aussi pour le tronc.

b. Appareils de Bonnet. — A. Bonnet (de Lyon) a fait construire une double gouttière qui embrasse les deux membres inférieurs et le bassin , bien matelassée et pourvue de courroies (1). A l'extrémité inférieure, se trouve une tige transversale ; cette tige forme l'axe d'une roue dentée, qui termine l'une de ses extrémités. Les dents de cette roue sont pressées par un ressort qui permet le mouvement en avant, et empêche le retour en arrière. L'autre extrémité se termine en s'évasant, et en formant une manette par laquelle le mouvement de la tige est commandé. Le milieu de la tige est en outre muni d'un crochet recourbé, en sens inverse du mouvement de rotation de la lige; c'est là que s'attache l'étrier (c'est-à-dire la bande qui a été roulée méthodiquement autour du pied et de la jambe, et qui est destinée à servir à l'extension). Les parties internes et supérieures de cet appareil qui s'appuient contre les pubis sont les points où se fait la contre-extension.

Quatre anneaux sont disposés ainsi : un vers la partie extérieure de chaque genou ; un autre au niveau de la

(I) Traité de thérapeutique des maladies articulaires, Paris, 4 853.

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partie antérieure et extérieure de chaque hanche. Ces quatre anneaux, au moyen de cordes qui s'y attachent, permettent de soulever le malade.

On peut multiplier les anneaux, de manière à donner au hlessé, au moyen de moufles, la position inclinée, qui est nécessaire.

L'appareil de Bonnet présente à la partie postérieure une échaucrure assez large pour que le sacrum soit complètement à découvert. De cette façon, le séjour prolongé dans l'appareil n'entraîne ni écorchures ni rougeur à la peau en arrière du bassin, et le malade peut aller sans gêne et sans inconvénient à la garderobe.

Tel est, en peu de mots, l'appareil que Bonnet a imaginé pour la fracture des deux cuisses. On prévoit déjà, par ce qui vient d'être dit, les avantages qu'on peut en tirer au point de vue des blessures des mineurs.

En effet, pour les lésions qui intéressent les régions du bassin, de la cuisse ou de la jambe, plaies, fractures, luxations, etc., cet appareil est fort précieux. Quel autre moyen plus simple, plus commode, plus rapide, emploieront, pour produire l'immobilité des fragments de l'os de la cuisse par exemple, des hommes étrangers à la chirurgie? Comment s'opposer aux frottements si douloureux de ces fragments contre les parties molles pendant l'ascension?

Voici les précautions à prendre pour appliquer cet appareil:

Le membre ou les membres lésés étant mis à nu et le blessé étant déshabillé, il s'agit de le soulever pour permettre de glisser sous lui la gouttière qui lui est destinée,

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Pour cela faire, un homme vigoureux se place près de lui, du côté opposé au membre lésé, applique l'une de ses mains à la partie inférieure des fesses et l'autre à la région lombaire, tandis que le patient lui passe ses bras autour du cou. Deux autres aides soutiennent, l'un le reste du corps, l'autre (c'est le rôle le plus délicat) le membre lésé: s'il y a deux membres lésés, il faudra un quatrième aide.

Chacun, étant en position, soulève en même temps doucement et sans secousse le patient. On place sous lui l'appareil, de manière qu'il corresponde aux parties du corps qu'il doit contenir. Cela fait, les aides laissent descendre le blessé lentement, avec ensemble et en exécutant les mouvements qu'indique celui qui tient le membre endommagé, et qui sont nécessaires pour que ce membre prenne sans secousse la place qui lui est destinée.

Une fois le blessé inséré dans l'appareil, on boucle les courroies, après avoir appliqué préalablement les coussins sur lesquels elles doivent s'appuyer.

Sans doute, si l'on a affaire à une fracture, les fragments continuent à chevaucher l'un sur l'autre, ou les uns sur les autres. Les désordres, en un mot, restent tels que les a produits l'accident; mais au moins on évite ainsi la déchirure des parties molles occasionnée par les mouvements imprimés aux fragments , et la douleur affreuse qui en résulte; on évite de transformer une fracture simple en une fracture compliquée , accident malheureusement fréquent, et qui laisse des infirmités souvent inguérissables.

Du moment où le membre est dans l'appareil, il est

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dans l'immobilité, et par conséquent à l'abri des inconvénients que je viens de signaler. C'est alors, mais seulement alors, que le transport du blessé doit avoir lieu. Après l'avoir couvert plus ou moins, selon la température qui règne, d'étoffes de laine, on le place sur un brancard muni d'un matelas ou d'une couche de paille. C'est le moyen le plus simple et le plus commode; on se le procure toujours facilement. On n'emploiera pas les chariots, à cause des secousses et des ébranlements qu'ils occasionnent, et qui retentissent douloureusement dans la blessure.

Une fois près du puits, on peut suspendre l'appareil au câble par le crochet des moufles dont nous avons parlé, et auxquelles il s'attache. Par le jeu des cordes fixées aux divers anneaux dont il a été question, on donne au blessé l'inclinaison que l'on juge convenable. De cette manière, on rend facile pour le blessé l'entrée et la sortie des cages ou des bennes. En effet, pendant qu'on le hisse, les aides qui l'entourent n'ont plus qu'à le diriger et à le soutenir.

Cet appareil permet de donner au blessé plusieurs positions : 1° Suspendu au moyen de moufles, pourvu d'une faible inclinaison et soutenu par des aides. — 2° Assis. Le bassin est contenu de telle façon que les mouvements de latéralité sont impossibles; mais les mouvements en avant ne le sont nullement. — 3° Debout. L'extrémité inférieure de l'appareil supportera tout le poids du corps. C'est cette position qu'on est forcé de donner au blessé, quand on est obligé de le placer dans une benne; il sera protégé par deux aides qui l'entoureront et le soutiendront. — /i° îl est clair que si l'on avait une cage d'une

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