VI PRÉFACE
Elle est la sauvegarde de la santé. « Ayez une bonne hygiène et moquez-vous des médecins, » disait Voltaire; et, à la forme près, il avait raison.
C'est à elle aussi qu'il faut demander les moyens de tarir la source des épidémies et des autres maladies qui désolent l'humanité, car elle seule peut fournir des remèdes vraiment efficaces.
Depuis qu'il est démontré que le quinquina guérit la fièvre intermittente, que quelques autres médicaments combattent victorieusement certaines maladies, les esprits se sont ton niés vers la recherche des spécifiques. 11 est probable que la nature, dans l'inépuisable trésor de ses ressources, recèle des remèdes propres à tous nos maux, et qu'il nous sera permis d'en découvrir quelquesuns encore inconnus aujourd'hui; mais ces recherches pour lesquelles il n'est pas de guide, dans lesquelles on s'égare par conséquent, n'aboutissent que bien rarement. C'est presque toujours le hasard qui nous met sur la trace d'une découverte de ce genre. Qu'a produit depuis plusieurs années l'appât d'un prix de 100 000 fr. offert à celui qui trouvera un spécifique contre le choléra? Jusqu'à présent, rien.
D'ailleurs, ne vaudrait-il pas mieux découvrir les moyens d'empêcher le mal de naître, que le remède destiné à le combattre? Sanare bonum, melius providere.
Cela revient à dire que c'est vers l'hygiène que nous devons principalement diriger nos études ; on en comprend la nécessité quand on voit des milliers d'hommes perdre fatalement leur santé faute de soins ou de précautions bien entendues.