PRÉFACE. VII
« Le moment n'est pas encore venu, dit M. Tardieu (1 ), où il sera possible de tenter avec quelque chance de succès une histoire générale des professions, envisagées au point de vue de leurs conditions hygiéniques, des maladies qui leur sont propres et des lois de leur mortalité comparative. Une telle entreprise, la plus grande à coup sûr et la plus utile que puisse choisir pour but de ses efforts tout homme sincèrement voué au progrès de l'hygiène publique, et à l'amélioration du sort des classes laborieuses; une telle entreprise, pour être accomplie clignement, exige des éléments empruntés à la fois à l'économie politique, à la statistique, à la technologie, à la médecine enfin, et dont aucune de ces sciences n'est encore en complète possession. Jamais cependant, à aucune époque, un intérêt plus réel et plus immédiat ne s'est attaché à de semblables études qui, non-seulement peuvent faire disparaître les causes d'insalubrité inhérentes à certaines industries, mais encore sont le seul fondement sur lequel puissent être solidement instituées les sociétés de secours mutuels et les caisses de retraite pour les artisans malades et invalides. Aussi, en attendant qu'il soit possible de les mettre en œuvre, doit -on s'attacher à réunir tous les matériaux nécessaires, et à préparer, par une suite de travaux partiels entrepris dans cette voie, la construction de l'édifice tout entier. »
J'ai entrepris un de ces travaux partiels, et j'essaye d'apporter une petite pierre à l'édifice.
(4 ) Elude hygiénique sur la profession de mouleur en cuivre pour servir à l' histoire des professions exposées aux poussières inorganiques. Paris, 1854.