‹ Hygiène des ouvriers mineurs dans les exploitations houillèresChapitre 50 sur 59 · HYGIÈNE MORALE · texte numérisé non relu

HYGIÈNE MORALE

Toutes les professions ont leurs dangers et leurs inconvénients, celle du houillour plus que les autres peut-être, malgré les progrès qu'a faits l'art des mines, malgré la vigilance active et intelligente des chefs qui dirigent les travaux (1).

11 est possible néanmoins à ceux qui l'exercent de la dégager en grande partie de ces dangers et de ces inconvénients et de vivre heureux.

(1) Tableau des accidents survenus dans le bassin de Saint-Etienne pendant l'année 1860.

Morts 32

Blessures \ ° or) { 64

( graves. ...... 32 S

Sur ces 96 accidents. 8 seulement ont donné lieu à des poursuites judiciaires; 88 ont semblé aux magistrats qui veillent avec une sévère sollicitude à la sûreté des ouvriers, indépendants de toutes les précautions nécessaires. Si nous connaissions l'histoire de chaque cas particulier, nous verrions que l'imprudence des ouvriers est le plus souvent la cause du mal.

J'aurais voulu donner ici le tableau de mortalité des mineurs dans le bassin du Saint-Étienne, pendant une série de dix années. — Le travail fait à ce sujet m'a démontré que les professions ne sont pas consignées d'une manière exacte sur les registres de l'état civil et que beaucoup d'ouvriers mineurs (par la faute de ceux qui font les déclarations) sont désignés sous le titre de manœuvres. — Ainsi j'ai trouvé 8, 9, 10 ouvriers mineurs morts pendant certaines années (1 850, 185i, 1854).

Évidemment ces chiffres ne représentent pas exactement la mortalité des mineurs à Saint-Étienne.

31*2 HYGIÈNE DU I10U1LLEUK.

J'espère avoir indiqué les moyens propres à atteindre ce but.

Je n'ajoute plus qu'un mot.

Arrivé au terme de ma tâche, et après m'ètre assez longuement occupé des choses matérielles de la vie, je ne puis m'empècher de terminer par quelques considérations d'un autre ordre qui, bien que n'ayant pas de rapport direct avec l'hygiène, ne sembleront pas, j'espère, déplacées ici.

L'homme ne vit pas seulement de pain, a dit saint Mathieu. Il existe en effet dans le sanctuaire des lois morales, un lien qui l'unit à Dieu et à ses semblables : des devoirs à accomplir, des droits à exercer et à respecter. C'est là qu'est réellement la vie.

Ces grandes vérités, je vous engage à les méditer quelquefois, elles agrandissent l'esprit et améliorent le cœur (1).

Elles nous apprennent à supporter les misères de cette vie, les malheurs immérités qui nous incombent, en nous montrant que l'Être suprême, dans sa bienveillance infinie, ne peut rien vouloir que de bon-, qu'impuissants à sonder la profondeur de ses desseins, nous devons les accepter et nous y soumettre avec la certitude qu'ils ont un but essentiellement bon ; que nos peines et nos chagrins, inhérents à notre nature imparfaite, sont des épreuves qui doivent tourner à notre profit, en nous ren-

(1) Comparez Hygiène du corps et de l'âme, ou Conseils sur la direction physique et morale de la vie adressés aux ouvriers des villes et des campagnes, par le docteur Max. Simon, Paris, 1853, in-18. — Hygiène de l'ûrnc, par IebaronE.de Fcuchtersleben. 2e édition, Paris, 1860, in-18.

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