RÉPONSE DE L’ADMINISTRATION MARITIME DE BORDEAUX
Le navire la Sainte-Marie, capitaine Moufflet, a été armé à Bordeaux le 12 septembre 1865.
Son équipage se composait de 10 personnes, qui appartenaient aux localités ci.après, savoir :
Bordeaux 1
Pauillac i
Blaye 3
Marseille 2
Dinan -, 1
Binic 1
Pau (le cuisinier) 1
Total 10
Les nommés Millo (Joseph) et Gallisthy (Oreste-Paulin), marins du quartier de Marseille, n’arrivaient point de celte ville lors de leur embarquement sur la Sainte-Marie.
Embarqués au Havre le 7 juin 1865, sur le navire le Palmier, ils en
avaient été débarqués à Bordeaux le 7 septembre, et avaient immédiatement contracté un nouvel engagement pour la Sainte-Marie.
D. — Le choléra régnait-il à Bordeaux ou dans les environs, même à l’état sporadique, lors de l’armement et du départ de la Sainte-Marie, contrairement à ce que constatait la patente de santé nette dont il était pourvu ?
R. — Le choléra ne régnait point à Bordeaux lors de l’armement de la Sainte-Marie. Il n’y a régné ni avant, ni après, même à l’état sporadique.
Pendant toute l’année dernière, la santé publique a été aussi satisfaisante que possible.
D. — Ce navire est-il rentré à Bordeaux, ou y a-t-on eu des nouvelles de sa traversée de la Poinle-à-Pilre à Matamoros?
Quelles ont été les circonstances de cette traversée?
Le choléra a-t-il régné à bord et y a-t-il fait des victimes?
A quelle particularité a-t-on attribué cette épidémie à bord? N’a-t-on pas regardé comme une des causes, ou comme la seule cause du mal, l’embarquement, à la Pointe-à-Pitre, d’un marin du pays, remplaçant un autre, décédé dans la traversée de Bordeaux à la Guadeloupe?
R. — La Sainte-Marie est encore en cours de voyage; mais, par un singulier concours de circonstances, je n’en ai pas moins eu ses papiers entre mes mains.
En effet, ce navire ayant été obligé de s’éloigner momentanément de la rade de Matamoros, par suite d’un coup de vent, le consul de France, qui ne comptait plus, à ce qu’il parait, sur son retour, s’est empressé d’adresser au ministre le rôle d’équipage et le journal de bord, déposés dans sa chancellerie, et ces deux documents m’ont été transmis par dépêche du 17 mars. (Inscription maritime à laquelle j’ai répondu le 28 du même mois.)
Or, j’ai pu constater ainsi, que personne n’était mort à bord pendant la traversée de la Pointe-à-Pitre à Matamoros, et je ne saurais supposer que la moindre épidémie ait sévi sur l'équipage après avoir lu ce qui suit dans le journal du bord :
<t Je suis parti de la Guadeloupe le 25 octobre 1865, suivant ma navigation pour Matamoros; arrivé sur cette rade le 11 novembre sans événements remarquables. »
D. — Comment le capitaine Moufflet a-t-il rendu compte à son armateur de sa relâche à la Pointe-à-Pitre et de la mort d’un de ses hommes en mer?
Sur quels besoins a-t-il motivé cette relâche?
A quelle affection a-t-il attribué ce décès?
Dans le cas où la Sainte-Marie serait rentrée à Bordeaux, quelles sont les indications de son journal, quant à sa relâche à la Pointe-à- Pitre? à la mort du maître d’équipage Duveaux, le 9 octobre ? — à l’état d’un autre homme de l’équipage qui était malade à l’arrivée à la Pointe-à-Pitre?
Qu’est devenu ce dernier après le départ de la Pointe-à-Pitre ? S’estil rétabli? A-t-il succombé, et à quelle maladie?
R. — Les motifs de la relâche de la Sainte-Marie à la Pointe-à-Pitre
sont exposés comine suit dans le journal de bord el dans une lettre du 24 octobre adressée à M. Grandval, armateur du navire :