VOILIERS
L'hygiène privée et l'hygiène de l'atelier interviennent ici comme causes prédisposantes. Les rhumatismes et les inflammations de poitrine sont très-rares chez les voiliers. La phthisie, d'après les recherches auxquelles je me suis livré chez les ouvriers du port de Lorient, offrirait un nombre de cas relativement élevé : 18 phthisiques sur 100 malades.
Nous trouvons, en effet, dans cette profession, deux éléments d'une grande importance pour le développement de la phthisie : la vie sédentaire et l'immobilité relative du corps pendant le travail, jointe à la position inclinée en avant. Mais il est plus que probable que la constitution déjà débile des jeunes apprentis, qui, dans les ports, n'embrassent cette profession que parce qu'elle offre un travail moins rude que les autres, doit être prise ici en sérieuse considération.
Les maladies externes sont très-rares chez les ouvriers voiliers. Il en est une, toutefois, qui, par sa fréquence et son siège, revêt un caractère singulièrement professionnel; c'est le panaris.
Il siège le plus ordinairement au pouce gauche. C'est avec ce doigt, en effet, que l'ouvrier repousse la toile audevant du point desortie de l'aiguille; et c'est dans les tissus de ce doigt que l'aiguille, poussée trop rapidement, vient pénétrer. Ces panaris sont quelquefois très-graves.
Un accident des plus fâcheux et malheureusement encore trop fréquent, c'est la blessure de l'œil gauche par cette même aiguille que l'ouvrier vient s'enfoncer lui-même dans l'organe en la retirant maladroitement à lui. La perte de l'œil en est presque toujours la conséquence.
Voici maintenant quelle est la main professionnelle du voilier :
Main droite. Durillons et callosités sur le bord externe
VOIX (Hommes se livrant aux exercices de la). 541
du médius et de l'index, aux points où vient s'appliquer et presser le fil quand on le tire; pour la même raison, callosités et coupures au bord cubital du petit doigt. L'usage delà paumelle ou dé amène la formation d'un durillon au bord cubital du cinquième métacarpien, et d'un bourrelet calleux au point où elle coupe le premier espace interdigital, sur le bord externe du deuxième métacarpien. Cicatrices de panaris à l'index plus souvent qu'aux autres doigts.
Main gauche. Callosités au bord cubital du cinquième doigt; pouce et index criblés de traces de piqûres; cicatrices de panaris presque toujours au pouce.
A. Layet, Hygiène et Pathologie des ouvriers voiliers (Arch. de méd. nav.,t. XX, 1873).
voix (hommes qui se livrent aux exercices de la), chanteurs, orateurs. — Le son est produit par les vibrations de la muqueuse des cordes vocales, sous l'influence du passage de l'air. Les organes qui entrent en jeu dans l'exercice de la voix sont, en premier lieu : les muscles respiratoires et les poumons, dont le rôle est de mesurer la force de la poussée de l'air nécessaire aux vibrations sonores. Cet air, plus ou moins vivement inspiré, est expulsé ensuite dans un effort d'expiration soutenu. Puis viennent les organes propres de la phonation : la cavité du larynx, la muqueuse qui la tapisse, et la partie essentielle des cordes vocales, c'est-à-dire les muscles qui les soustendent, et dont le degré de contraction sert à resserrer plus ou moins l'ouverture de la glotte et à limiter la partie vibrante de la muqueuse. Les parties supérieures du tuyau vocal comprenant le pharynx, l'arrière-cavité des fosses nasales, l'isthme du gosier, la cavité buccale, sont autant
LAYET. 31