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VOIX (Hommes se livrant aux exercices de la

d'organes auxiliaires du son, qui, en se dilatant ou se contractant au moment du passage de l'air, contribuent à produire ce qu'on appelle le timbre et les registres de la voix.

Ceci exposé, il est facile de comprendre que, d'une part, l'effort et le mouvement professionnels résidant dans le jeu des poumons et dans la contraction des muscles phonateurs, et de l'autre, le passage répété sur les muqueuses d'un air chassé avec violence, doivent entraîner, à la longue, des inconvénients nombreux et variés.

Les efforts habituels d'expiration entretiennent, en effet, chez les chanteurs, les avocats, les prédicateurs, les crieurs publics, les lecteurs, les professeurs, etc., qui font un usage immodéré de la voix, un état de congestion pulmonaire qui peut donner lieu à des hémoptysies parfois considérables. — L'air expulsé des poumons, ne trouvant pas toujours une issue immédiate par les petites bronches, dont l'état de contraction doit mesurer son écoulement au dehors, suivant le plus ou moins de force et d'ampleur à donner à la voix, vient, le plus souvent, dilater les vésicules pulmonaires des bords antérieurs et du sommet, et, cette dilatation continuelle devient ainsi la cause d'un emphysème du poumon plus ou moins prononcé. Je l'ai particulièrement observé, dans le cours de mes navigations, chez les matelots et les quartiers-maîtres gabiers, qui du haut au bas de la mâture s'appellent et se transmettent les indications des diverses manœuvres, au milieu du bruit et souvent de la tempête.

Il est deux affections extrêmement communes chez tous ces hommes dont nous parlons ; ce sont la laryngite et l'angine glanduleuse.

La laryngite, presque toujours passagère au début, se rapporte le plus souvent alors à une congestion subite du larynx et de l'arrière-gorge, provoquée par l'action d'un

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courant d'air froid ou par un changement brusque de température. L'enrouement, tel est le principal symptôme de cette laryngite, qui doit céder rapidement à un traitement approprié (émollients, potion diaphorétique à l'ammoniaque, gargarisme légèrement astringent).

D'autres fois,l'enrouement subit qui se manifeste, surtout, chez les chanteurs, trouve sa cause dans un trouble momentané de l'innervation laryngienne, ou dans une fatigue des muscles tenseurs des cordes vocales. Il faudra alors conseiller le repos.

Mais l'affection qui prédispose par-dessus tout à la congestion chronique du larynx," c'est l'angine granuleuse ou mieux glanduleuse, caractérisée par le développement anormal des glandes du pharynx et une flaccidité trèsmarquée de la muqueuse de la gorge. — Les cris violents, la fatigue occasionnée par le chant et la parole, sont, en effet, des causes efficientes de l'angine glanduleuse. Le séjour prolongé dans une atmosphère viciée, comme celle d'une salle de spectacle pour les acteurs, d'un temple ou église pour les prédicateurs, est éminemment favorable à son développement. Green, en effet, a appelé cette affection : le mal de gorge des ecclésiastiques (clergymerfs sore throat). — On la rencontre, le plus ordinairement encore, chez les chanteurs, les avocats, les professeurs, etc. Cet état de la muqueuse, qui probablement est dû, en grande partie, au passage rapide et répété de l'air, et par suite à l'évaporation incessante des liquides destinés à la lubrifier, entraîne à lui seul des modifications importantes dans la voix : c'est ainsi que la voix des chanteurs atteints d'angine glanduleuse devient rauque et criarde ; quelques-uns perdent totalement la faculté de chanter en certains registres. Il en est dont la voix parlée est discordante, qui n'abordent la scène qu'en tremblant, et dont la voix, en

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chantant, devient parfaitement claire. C'est le fait d'un artiste dont parle Noël Gueneau de Mussy. Le traitement de l'angine glanduleuse est toujours long et souvent inefficace; les modificateurs de toute espèce sont souvent épuisés sans résultat sérieux; le repos, toujours conseillé, ne saurait être accepté par des hommes dont c'est la profession de parler ou de chanter en public. Un des meilleurs modes de traitement consiste en douches locales dirigées au fond de la gorge, et dans l'emploi de liquides médicamenteux pulvérisés.

Gueneau de Mussy a particulièrement insisté sur l'action favorable des Eaux-Bonnes dans cette affection.

De même que chez les écrivains de profession, l'exercice continu des doigts devient la cause de spasme fonctionnel, de même que l'application soutenue des yeux sur de petits objets entraîne chez les bijoutiers, les graveurs, etc., des troubles dans l'accommodation visuelle, de même encore nous nous trouvons ici en présence d'une affection analogue, Yasynergie vocale, qui consiste en un trouble de la fonction, résultant du défaut de contraction coordonnée et suffisante des muscles phonateurs du larynx. Ce trouble de la voix est parfois tellement passager et peu accusé, qu'il reste souvent inaperçu par ceux qui en sont affectés, et qui même n'en soupçonnent l'existence qu'au moment où ils ont besoin de mettre en œuvre toutes les nuances de leur voix. — « Sans aucune cause occasionnelle, dit Jaccoud, l'artiste se trouve dans l'impossibilité de chanter, parce qu'il ne peut plus produire les notes élevées : tant qu'il ne dépasse pas le médium de l'échelle diatonique des voix, il possède toute la plénitude de ses moyens; les notes sont émises, justes, nettes et parfaitement timbrées; au delà, il y aune aphonie complète, ou bien il ne se produit que des sons discordants et criards qui n'ont plus aucun des carac-

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tères des sons du registre dit de poitrine. Du reste, la voix parlée est intacte; elle a sa tonalité et son timbre normaux, et l'examen de la gorge ne révèle aucune congestion, aucune modification appréciable. On n'a point affaire ici à des phénomènes congestifs, il y a simplement un défaut d'accommodation des cordes vocales, qui ne peuvent plus arriver au degré de tension convenable. »

Si, pour le chanteur, c'est dans la hauteur du son que s'aperçoivent les premiers indices du mal ; pour le comédien et l'orateur, c'est dans les nuances de la parole qu'on les observe. « L'artiste dramatique, dit Krishaber, qui, tout en disant ses vers comme autrefois, ne peut plus cependant donner à sa voix les inflexions et les intonations qui, par les insaisissables nuances de l'art, en faisaient toute la puissance, est atteint d'asynergie vocale. » On comprend qu'une pareille affection puisse se manifester à des degrés bien différents. Pour ma part, j'ai connu un chanteur médiocre qui était pris d'un véritable spasme de l'arrièregorge presque toutes les fois qu'il donnait une note de fausset. Le seul traitement que nous proposons en dehors du repos de l'organe, c'est l'électrisation des muscles intrinsèques du larynx, en faisant passer un courant continu dans la région.

Les recherches que j'ai faites dans le but de savoir quelle était au juste l'influence des efforts de la voix sur le développement de la phthisie pulmonaire, ne m'ont conduit à aucun résultat sérieux. La plupart des auteurs restent silencieux à cet égard. Dans un travail original sur l'hygiène du chanteur, Segond a cru pouvoir émettre cette théorie, que le chanteur, respirant plus vite et davantage, a besoin de réparer plus qu'un autre, parce qu'il consomme une plus grande quantité de carbone et d'azote. Il n'est pas prouvé, selon nous, que tout l'air inspiré serve à l'échange res-

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