HUMIDE
DE LA POPC- LATION
Scies
En Angleterre et pays deGall«s
Danslon
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ooles
Un pareil tableau n'a pas besoin de commentaires.
Parmi les maladies intrinsèques des aiguiseurs, noustrouvons en outre les brûlures et les lésions traumatiques des yeux comme chez les ouvriers en aiguilles ; les durillons forcés et la rétraction de l'aponévrose palmaire comme chez tons les ouvriers brunisseurs en général.
Le l)riinissoir est un instrument en acier ou en pierre dure qui sert à polir un corps en frottant les inégalités ou
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aspérités qui sont à sa surface. Ce genre de travail expose à uiio fatigue assez grande des muscles du bras et de Tavant-bras , à de la synovite tendineuse, en mémo temps qu'à des callosités et bourrelets métacarpo-plialangions.
Les aiguiseurs sont encore exposés à des coupures et plaies contuses de la main. Elles sont dues, le plus souvent, à la maladresse et à l'inexpérience de Tapprenti. Mais il arrive quelquefois, surtout lorsqu'on veut dégraisser la meule, que l'outil et la main qui l'accompagne sont repoussés et ramenés brusquement entre la nKMile et le rebord de l'auge dans laquelle elle tourne. De là des contusions et des plaies profondes aux doigts. On évitera ces accidents au moyen d'un support qui puisse s'approcher aussi presque possible de la meule. Ce support, placé du côté où la meule rabat, ne doit servir que pour les outils exigeant un point d'appui pour l'aiguisage, tels que les crochets des tourneurs par exemple. Pour les burins, les fers de rabot, les ciseaux, il faut défendre de les affûter du côté du support, et exiger de l'ouvrier qu'il se place du côté où la meule monte, en tenant l'outil qu'il affûte librement appuyé sur la meule.
Un genre d'accident qui prend un caractère de spécialité professionnelle résulte de la rupture de la meule. Cet éclatement est dû presque toujours au gonflement humide des coins de bois avec lesquels on cale la meule sur son arbre. Très-souvent, en chassant ces coins avec force, on prochiit de petites fentes au centre de la meule, et ces fentes se développant rapidement sous les efforts continuels de la force centrifuge, ne tardent pas à faire éclater la meule. Projetés de tous les côtés, ces éclats de meule viennent frapper l'ouvrier aiguiseur à la tète, à la face, à la poitrine, et donnent lieu à des blessures graves.
Des accidents analogues peuvent se produire par l'emploi
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de coins trop secs qui, en se gonflant au conlact de Teau qui coule sur la meule, en amènent la rupture.
D'après Chevallier, la station debout développerait, chez les ouvriers couteliers, des varices et des ulcères aux jambes. Chez les aiguiseurs de la rue ou rémouleurs, j'ai souvent constaté la présence d'une hernie inguinale à droite.
Comme maladies extrinsèques, on note, par ordre de fréquence, les angines, les rhumatismes et les afiFections gastro-intestinales. Ces dernières sont dues, le plus souvent, sans doute à Tinfluence de l'humidité environnante, mais il faut accuser aussi l'action directe des particules siliceuses sur la muqueuse digestive.
Hygiène préservatrice. — Les moyens prophylactiques propres à empêcher les atîections pulmonaires sont de deux sortes : les uns, purement mécaniques, ont pour but de s'opposer à l'absorption des poussières ; les autres, de placer les ouvriers dans des conditions hygiéniques telles quel'action des poussières soit atténuée autant que possible. Les respirateurs ordinaires sont inefficaces parce qu'il ne protègent pas l'ouverture des narines; l'éponge mouillée est très -incommode; il faut la nettoyer de temps en temps, et les ouvriers cessent bientôt d'y recourir. Ëulenberg a proposé un grillage métallique en forme de masque recouvert d'une gaze à claire-voie ; il suffit d'essuyer de temps en temps la surface extérieure de cette gaze avec une éponge mouillée, et d'autant plus longtemps que les poussières se développent en plus grande abondance. On pourrait encore se servir du masque du docteur Durwell (de Guebviller). (Voy. Tailleurs de pierres.)
Les ateliers d'aiguiserie doivent être spacieux et bien aérés; des bouch?s de ventilation générale doivent y être largement ménagées, les meules y seront disposées sur
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un seul rang. Mais on aura recours avant tout aux ventilateurs spéciaux. Il y a plus de trente ans déjà ({ue dans les usines d'aiguiserie de H. Peugeot, à Hérimoncourt (Doubs), on a adapté aux meules des armateurs et des aspirateurs lançant la poussière hors de Tateiier. Dans son étude sur les industries anglaises, Ch. de Freycinet parle d'un système qui consiste à engager la partie antérieure de la meule dans Torifice d'un tuyau communiquant avec un ventilateur à palettes. L'ouvrier étant placé de Tautre côté de la meule et en face de cet orifice, les poussières qu'il produit en repassant s'échappent tangentiellement et se dirigent vers le tuyau, où elles sont vivement aspirées dans l'intérieur. Mais nous offrirons comme modèles en ce genre les installations faites par Goldenberget G"' dans leur usine au Zornhoff près Saverne.
Leur ventilation est basée sur le principe du ventilateur aspirant en usage à Châtellerault : les meules sont montées dans des fossés maçonnés et aussi étroits que possible; ils ont une pente très-forte vers un égoul longitudinal qui reçoit les eaux provenant de l'aiguisage, et dans lequel Sont entraînées les boues formées par l'usure des meules et des outils aiguisés.
Parallèlement à cet égout on a ménagé un second canal à fleur de sol et parfaitement clos, de O'^'ySOde hauteur sur une largeur égale, et qui communique avec la fosse de chaque meule par une ouverture de 0",25 de section. Ce canal peut, lorsque les dimensions de l'atelier l'exigent, être placé au-dessus de l'égout servant à l'écoulement des eaux.
L'une des extrémités de ce conduit qui forme le canal de ventilation vient déboucher à l'extérieur de l'atelier, et son orifice s'arrondit de manière à correspondre au diamètre du ventilateur, dont l'un des côtés devra s'appli-
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quer, aussi hermétiquement que possible, à l'orifice de ce conduit. — Chaque fosse de meule est munie de deux vannes à clapet, dont Tune ferme sa communication avec le fossé d'écoulement des eaux, et dont l'autre l'isole du canal de ventilation... On comprend aisément que si on obstrue les ouvertures existant sur le derrière et le côté des meules, et que l'on fasse agir ainsi cet appel d'air le plus près possible du point où appuie la barre d'acier avec laquelle on tourne, toutes les molécules détachées par l'outil seront entraînées du côté de l'appel. L'action du ventilateur sera en outre aidée de la force centrifuge de la meule, qui cherche déjà à entraîner ces molécules.
MM. Goldenberg ont adopté, pour les meules sèches, une enveloppe pourvue de parties mobiles qui permettent de la rétrécir au fur et à mesure de l'usure de la meule, en sorte que l'ouverture ménagée pour le travail de l'ouvrier conserve toujours une section à peu près uniforme.
La partie des poussières aspirées qui reste déposée dans le canal de ventilation ou dans la fosse est enlevée de temps en temps.
D'une manière générale, un système de ventilation n'est réellement pratique qu'à la condition de laisser l'ouvrier rifler sa meule chaque fois qu'il le croit utile. Il faut donc multiplier les appareils de ventilation.'
A Saint-Etienne, on a cherché à pratiquer la ventilation des meules par injection d'air : l'appareil de compression est un ventilateur triple du système Perrigault. Le principe consiste à ouvrir l'aspirateur, et en même temps l'air est appelé et entraîné par tous les vides qui existent entre les contours de la bâche et de la meule.
Dans le but de prévenir les accidents causés par la rupture de la meule, il sera bon de se livrer à un essai préalable de celle-ci et de l'entourer, en grande partie, d'une
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auge ou bâche. L'éclatement des meules à aiguiser, avonsnous dit, est toujours déterminé par des divisions parlant du trou central qui livre passage à Taxe de fer autour duquel elles tournent. Polonceau a proposé de les munir^ sur leurs deux faces latérales, de renflements cylindriques dont le diamètre serait au moins le tiers de celui de la meule. Ces renflements régneraient de chaque côté circulairement autour du trou central el auraient le même axe que lui, en sorte que leurs saillies sur les faces planes de la meule présenteraient Tapparence d'un court moyeu.
C'est en se basant sur ces données que MM. Goldenberg sont parvenus à éviter tout accident de ce genre dans leur usine. Avant de procéder au montage de la meule, on la sipnde en la frappant de légers coups de marteau, et pour peu qu'elle ait la moindre fente elle rendra un son fêlé, et doit, dans ce cas, être immédiatement rebutée; car sous aucun prétexte on ne peut monter une meule à moins qu'elle n'ait été reconnue parfaitement saine. Après le montage, la meule est tournée, puis sondée une seconde fois pour s'assurer qu'il ne lui est arrivé aucun accident pendant cette opération ; si lé son est resté clair, elle est mise en mouvement à titre d'essai. Cet essai consiste à faire marcher la meule pendant une heure avec une vitesse de 120 à 140 tours par minute au lieu de 80 à iOO qu'elle fait en temps normal. Quand au montage, il s'opère de la façon suivante : les meules sont montées sur des arbres en fer de 0™,ii de diamètre, sur lesquels on les fixe à l'aide de deux plateaux en fonte de 0^,87 de diamètre, portant deux nervures près de leur circonférence extérieure, qui correspondent à deux rainures taillées dans la meule; ces plateaux sont serrés contre la meule à l'aide d'unécrou qui s'emboite dans la partie taraudée de l'arbre. Lorsque la meule est serrée sur son arbre, on coule du
soufre sous les plateaux, de manière à remplir non-seulement les vides existant entre les plateaux et la meule, mais encore pour bien sceller l'arbre dans le trou central de cette dernière.
C'est pour ces installations préservatrices au premier chef, que l'Académie des sciences a accordé tout récemment à MM. Goldenberg et C^® le prix des arts insalubres.
Quant aux meules artificielles fabriquées avec le grès ou l'émeri et la gomme laque, et que l'on a essayé de substituer aux meules de grès, elles ont le double inconvénient d'éclater plus souvent que les autres et de développer, en s'échaufîant, une odeur nauséabonde très-incommode.
L'ouvrier aiguiseur aura soin de se vêtir chaudement, de manière à éviter les refroidissements. Une blouse de travail en forte toile gommée ou cirée sera passée pardessus ses vêlements et soigneusement fermée au col et aux poignets. Dans le cas où il aurait l'habitude d'appuyer contre sa poitrine l'instrument à aiguiser, il fera usage d'un petit plastron suspendu à son cou. Pendant l'opération de l'aiguisage à sec et du riflage de la meule, il aura recours à un garde-vue, à des lunettes, pour se garantir des éclats métalliques.
Si, malgré toutes les précautions hygiéniques et individuelles, l'irritation des organes broncho- pulmonaires s'affirme chez l'ouvrier émouleur, il devra renoncer à poursuivre plus longtemps sa profession. Le mal en effet est d'abord circonscrit, il ne se généralise que très-tard, et si l'ouvrier a pu se soustraire à temps à toute nouvelle absorption de poussières, il peut guérir ou du moins prolonger longtemps encore son existence. (Voy. Pathologie GÉNÉRALE de la phthisie professionnelle.)
Alph. Chevallier, Des accidents auxquels sont exposés les couteliers, émouleurs et aiguiseurs (AnnaUs d'hygiène publique, 183C).
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— PoLOXCEAU, Moyen de prévenir la rupture des meules à aiguiser (Ann. d'hyg. publ., 1845). — MORiN (de l'Institut), Dangers auxquels sdftt exposés les ouvriers dans les fabriques d*ancrcs (Compt. rend, de l'Acad. des sciences, 1847). — Desayvre, Étude sur les maladies des ouvriers de la manufacture d'armes de Cliàtcllerault (Ann. d'hyg. publ., 1856). — Jordan, Maladies des ouvriers dans les fabriques d'acier (Ann. d'iiyg. publ., 1864). — Beaugrand, article Aiguiseurs (Dict. encyclopédiq. des scien. médic). — A. GoLDENBERG, Note sur le système de ventilation appliquée aux meules et aux polissoirs des usines do MM. Goldcnberg et C>o au ZornhofT près Saverne (Public, industr. d'Anncngaud aîné, t. XIX, 1871). — Freycinet, Traité d'assainissement industriel, Paris, 1870.
AlB COnPMllIË (ouvriers qui. TRAVAILLENT DANS L*).
— L'air comprimé trouve surtout son applicaliou dans le creusement des puits de mines et dans la construction des piles de ponts en rivière.
Dans l'un et l'autre cas, le principe consiste à enfoncer des tubes en fonte ou en tôle de 3 mètres de diamètre, environ dans lesquels on fait pénétrer des ouvriers après avoir refoulé l'eau à la base du tube, au moyen de l'air comprimé. On comprend dès l'abord que le passage de l'extérieur, oii la pression est normale, dans le tube, où l'air est comprimé à un certain nombre d'atmosphères, ne saurait se faire d'une façon immédiate sans inconvénients graves pour la santé. Il en est de même pour le retour h la pression naturelle. — Aussi les ouvriers sont-ils reçus, avant d'entrer ou de sortir, dans une chambre intermédiaire entre le puits et l'atmosphère e.xtérieure, où ils sont soumis, suivant le cas, à la condensation ou à la décompression graduelle de l'air. — Cette chambre d'équilibre ou chambre à air, établie à l'extrémité supérieure du tube ou cheminée de descente, consiste en un cylindre de fonte fermé en haut ou en bas par des portes ou clapets s'ouvrant à charnière; la supérieure de dehors en dedans et rinférieure
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de dedans en dehors. Ces plapets ont des dimensions assez grandes pour livrer passage aux hommes et aux caisses contenant des déblais. La chambre est en génfl^l traversée par deux tuyaux, Tun pour introduire l'air dans le puits, et l'autre pour donner, dans certains cas, issue à Teau et mettre le terrain à sec. Enfm chacune de ses parois opposées est munie d'un robinet dont l'usage est d'établir alternativement la communication de cette cavité avec le puits ou avec l'air extérieur.
L'équilibration d'entrée ou de sortie des ouvriers se fait par un véritable éclusement de l'air. Pour bien comprendre dans quelles conditions doit se faire une pareille équilibration, nous allons faire connaître les effets physiologiques et pathologiques de l'air comprimé sur l'organisme, au moment de l'entrée et de la sortie des ouvriers.
Les premiers effets de la compression de l'air sur l'organisme sont le refoulement d'abord, puis la condensation de l'air contenu dans les voies aériennes, occasionnant du bourdonnement et des tintements d'oreille, de la tension de la membrane du tympan avec obtusion, puis acuité de l'ouïe ; de la tension et des douleurs vives aux régions sus-orbitaires et frontales; une ampliatîon plus considérable des cellules pulmonaires, et à sa suite une respiration d'abord rapide, mais bientôt lente et plus facile.
L'air comprimé, dit Foley, aplatit, en raison de sa force d'expansion, la muqueuse qui tapisse les cavités nasales et pharyngiennes; de là une ampliation de ces cavités, qui résonnent et vibrent avec un éclat métallique dans la phonation. Cette même puissance agissant sur les muscles délicats que renferment les lèvres, les bords du larynx, le voile du palais et les narines, gène et paralyse en quelque sorte leur action : aussi certaines personnes ne peuvent pas parler, et tout le monde perd la faculté de sif-
AIR COMPRIMÉ (Ouvriers travaUlant dans i*). 05
fler. Par cette raison, le goût, Todorat, diminuent ou disparaissent dansTair des tubes ; la peau elle-même, quoique plus résistante, y perd la fînesse du tact. >
Mais bientôt les sécrétions cutanées augmentent; en même temps les mouvements musculaires deviennent plus faciles ; les ouvriers travaillent dans les tubes sans fatigue et ne ressentent aucun essoufflement.
La rapidité des combustions interstitielles deTorganisme entraîne chez eux la sensation profonde de la faim ; les expériences de Paul Bert démontrent en effet que la richesse en oxygène du sang artériel est en raison directe de la pression. Comme on le voit, les inconvénients de la compression de l'air se résument en de simples effets physiologiques qui peuvent disparaître avec l'habitude de descendre dans les tubes. — Mais il arrive souvent que les ouvriers sont sujet», dans les puits, à de l'irritation des bronches, à des accidents gastriques et nerveux que quelques auteurs, Hermel entre autres, regardent surtout comme la conséquence de troubles survenus dans l'hématose, par la viciation de l'air dans les caissons. Cet air peut être en effet vicié 1° par l'acide carbonique provenant de la respiration des hommes et dont l'exhalation est augmentée par le travail musculaire ; 2° par les vapeurs fumeuses et les produits empyreumatiques de la combustion incomplète des bougies et des lampes. Bucquoy a constaté la présence, en quantité assez notable, d'acide carbonique et d'oxyde de carbone principalement dans l'air des puits où l'on ne se trouve point en présence de l'eau. Mais, dans les travaux tubulaires des ponts, la présence de l'eau dans le fond des caissons est une source d'absorption de l'acide carbonique, et comme elle communique par infiltration avec le resté du fleuve, le gaz nuisible se répand, par diffusion-, dans le licrnide environnant.
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Sans parler ici des accidents, rares aujourd'hui, qui surviennent dans les tubes à la suite des manœuvre^ d'extraction des déblais (rupture des câbles , chute des échelles, chute des graviers provenant des déblais, etc.), nous ajouterons que le mouvement professionnel entraine quelquefois chez les ouvriers des congestions locales avec douleur plus ou moins intense dans les muscles, de Tempâtement périarticulaire principalement du coude, des épaules et du genou, des crampes dans les membres inférieurs, tous phénomènes qui s'accusent surtout avec un degré élevé de compression de l'air. Si l'on compare ces accidents à ceux que P. Bert a constatés chez les lapins par une pression énorme, on serait tenté d'accuser ici la surcharge d'oxygène dans le liquide sanguin.
Mais c'est surtout le retour à la pression normale qui détermine les troubles les plus graves et peut occasionner subitement la mort. La précipitation vers l'extérieur de l'air condensé outre mesure dans les tissus, la rupture de l'équilibre entre les gaz et les divers liquides organiques, telles sont les principales causes des accidents par- dessus tout redoutables aux ouvriers : On ne paye qu'en sortant, disent-ils. — Au moment de la sortie, en effet, Tair s'échappe du conduit auditif, parfois avec un véritable bruit de sifflement et de glouglou; le vide se fait dans les difl*érentes cavités respiratoires ou autres; sous l'influence d'une véritable aspiration, il y a un afflux subit du sang et des liquides dans les muqueuses et les tissiis. De là des congestions dans l'oreille se manifestant par des olalgies intolérables et parfois de la surdité ; de là des hémorrhagies du nez, des congestions des muqueuses naso-buccales avec coryza et angine ; de là des congestions et apoplexies pulmonaires, des hémoptysies, des congestions vers le foie, la rate et les principaux organes in-
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ternes ; de là, enfin, la congestion et Tapoplexie cérébrale : un sang rutilant, en effet, surchargé d'oxygène, est refoulé vers les centres nerveux, et ce refoulement, véritable choc en retour, peut se manifester d'une manière foudroyante. — Du côté de la peau, on a observé une sensation de chaleur plus ou moins intense, parfois ùcre et mordicante, avec une transpiration plus ou moins abondante ; d'autres fois, c'est une démangeaison pénible, brûlante, intolérable, qui oblige à se gratter. Les ouvriers nomment puces celte horrible sensation qui rarement disparaît sans l'intervention d'une sorte de sueur. — Du côté des muscles, la courbature s'affirme en se généralisant; ou bien la fatigue et la congestion frappent ceux d'entre eux qui ont le plus fonctionné : « C'est ainsi, ditFoley, que le bêcheur, qui du pied enfonce constamment son outil dans la glaise, est frappé dans les muscles extenseurs de la jambe; le piocheur, qui tour à tour baisse et lève son instrument, l'est aux muscles de l'épaule (deltoïde, pectoraux, grand dorsal); ledéblayeur, dans le genou gauche; l'homme du frein, à la région mammaire, et son compagnon dans les bras. :»
Les expériences de Paul Bcrt viennent jeter un jour tout nouveau sur la véritable étiologie de la plupart de ces affections. Nous avons déjà dit que la richesse oxygénée du sang artériel est en raison directe de la pression de l'air; la proportion d'acide carbonique, elle, n'est aucunement influencée par l'augmentation de pression; quant à l'azote, qui est simplement dissous dans le sang, sa proportion augmente avec la pression à peu près conformément à la loi de Dalton : c'est ce gaz qui se dégage brusquement lorsqu'un animal soumis à une pression considérable est, sans transition aucune, ramené dans l'atmosphère normale; il se produit aussi de véritables embolies aériennes.
LÀTET. 6
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« Lorsque la pression a été moins considérable et sa cessation relativement moins brusque, Tazote ne repasse à l'état aériforme que par bulles plus ou moins nombreuses qui s'arrêtent çà et là dans les capillaires, déterminant chez rhomme des troubles légers de la locomotion, des gonflements musculaires, des démangeaisons, etc., qui se dissipent à mesure que le gaz se Tedissout peu à peu. Néanmoins, il est des organes où ces embolies aériennes donnent lieu à des lésions durables et de la plus haute gravité : tels sont les centres encéphalo-rachidiens. La moelle et le cerveau sont des organes éminemment délicats et qui supportent très-mal l'insuffisance de sang pour peu qu'elle se prolonge; des ramollissements par arrêt circulatoire se produisent alors entraînant des paralysies incurables et la mort, s'ils viennent à siéger au niveau du bulbe par exemple. » (Paul Bert.)
On comprend qu'à la longue de semblables alternatives de nutrition exagérée et de troubles de réaction finissent par amener dans l'organisme un afl*aiblissement prononcé avec absence de ressort. Ainsi s'expliquent l'amaigrissement, l'anémie et les dyspepsies continuelles que l'on rencontre chez les ouvriers employés depuis longtemps à ce genre de travaux.
Hygiène préservatrice. — Nous savons que les phénomènes qui se manifestent chez les ouvriers au moment de leur entrée dans l'air comprimé ne dépassent pas généralement les limites des simples efl'ets physiologiques. C'est donc par une lente et sage gradation dans la condensation de l'air qu'il faudra chercher les moyens d'atténuer la rapidité et la violence de ces phénomènes. — Les ouvriers attendront donc dans la chambre l'équilibre de pression entre l'air qu'elle contient et celui de la partie inférieure du tube ou caisson. Ils en hâteront ou ralenti-
AIK GOHPniMÉ (Ouvriers travaillant dans Y). 99
roDt à volonté rétablissement au moyen du robinet intérieur. L'expérience du moyen terme à prendre s'acquiert vite : « Ouvrir frop, dit Foley, produirait une dépression considérable et brusque de la membrane du tympan ; trop peu ne permettrait point à l'air comprimé de chasser les mucosités qui, presque toujours, obstruent les trompes d*Eustache et prolongent les douleurs. » En général, deux ou trois secousses de robinet sont préférables, pour déplacer ces mucosités, aune pression graduée. Une manœuvre excellente consiste, pour dégager la trompe d'Eustache, à fermer la bouche, se pincer le nez et soulKler vigoureusement.
La précaution de se bourrer les oreilles de coton est au moins inutile, si elle n'est nuisible.
Une fois dans les tubes, tout travail pénible devra être interrompu par des repos, pour peu que la pression soit forte ou que les orçanes soient déjà fatigués.
L'air comprimé est chaud ; c'est pourquoi on fera passer le cylindre soufflant dans une bâche remplie d'eau facile à renouveler; par son passage dans l'eau de la bâche, l'air se trouve ainsi débarrassé de la chaleur que la compression vient de lui faire éprouver, et arrive aux ouvriers à une température assez peu élevée pour qu'ils n'aient pas à en souffrir.
La fumée des lampes et les produits de 'la combustion pourront être évités au moyen de l'éclairage électrique. Il serait bon de placer aussi dans les parties reculées des puits, des vases remplis d'eau de chaux destinée à absorber l'acide carbonique. — Les ouvriers devront avoir un vêtement de travail spécial, de forme commode et en étoffe légère. — Les pieds seront tenus à l'abri de toute humidité par l'usage de bas de laine et de sabots.
Pour éviter tout accident pendant l'extraction des dé-
100 AIR COMPRIMÉ (Ouvriers travaillant dans V).
biais, on fera bien de remplacer remploi des câbles par celui de norias spéciales. Les ouvriers n'auront, pour ainsi dire, qu'à pousser dans les godets des norias les graviers qu'ils déblayeront successivement. — La durée du séjour dans les tubes ne dépassera pas cinq à six heures, et sera immédiatement suivie d'un repos de six à huit heures. Les ouvriers seront disposés par escouades et devront se relayer dans les travaux.
Le travail une fois terminé, il faut remonter dans l'écluse et y rester quelque temps ; dans les tubes on sue facilement, et pendant qu'on remonte, le pouls reprend toujours de la vitesse et de l'ampleur. Il faut donc laisser le calme se rétablir, et puis alors on se décomprime d'autant moins vite qu'on a travaillé plus profondément et qu'on a plus fatigué. Mais il faut toujours être en garde contre les refroidissements, car la décompression rend l'air de l'écluse froid, glacial et nébuleux par la prodigieuse quantité d'eau qu'il fait condenser. Quelle devra donc être la durée du déséclusement?
François a proposé les chiffres suivants : quatre à cinq minutes pour un excès de pression de un quart à une demiatmosphère, six à huit minutes pour une pression jusqu'à une atmosphère, dix minutes au-dessus de une jusqu'à une et demie, de douze à quinze minutes jusqu'à la pression de deux atmosphères. — Les chiffres de Foley sont bien inférieurs : trente secondes pour un excès de pression d'une demi-atmosphère, une minute pour une atmosphère, une minute trente secondes pour une atmosphère et demie, deux minutes pour deux atmosphères, deux minutes trente secondes pour deux atmosphères et demie, etc.
Il est certain qu'en acceptant les premiers chiffres, on court le risque de s'exposer à un refroidissement d'autant plus dangereux qu'il agit sur un organisme éminemment
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disposé à la violence de la réaction; maïs, d'un autre côté, il nous semble que les limites de Foley doivent exposer davantage aux accidents de la décompression.
Au sortir des tubes, l'ouvrier s'empressera de revêtir un vêtement chaud préparé d'avance. Il prendra du vin chaud pour provoquer une excitation générale avec moiteur, et regagnera rapidement son domicile. Une fois chez lui, il évitera toute cause de refroidissement,* et se couchera, au besoin, en se couvrant de manière à transpirer légèrement.
Thérapeutique. — Mais, lorsque les affections que nous avons décrites viennent à se montrer, quels devront être les moyens de traitement mis en usage? D'une manière générale, il faudra s'efforcer de mettre obstacle à la congestion des organes internes en excitant vivement les fonctions cutanées. — On favorisera la circulation de manière à dégager le trop-plein des tissus par des excitants diffusibles, des sudorifiques et des révulsifs. On emploiera les frictions et les massages répétés contre les gonflements et douleurs des muscles et jointures. — Pol et Watelle ont surtout préconisé les àffusions froides. Foley blâme cette pratique, insiste particulièrement sur les pédiluves très-chauds et sinapisés.
Nous pensons que les àffusions froides suivies d'un enveloppement rapide du corps dans des couvertures, avec frictions générales, seront utilement employées dans les cas de congestions internes avec perte de connaissance. La saignée générale devra être pratiquée dans le cas d'apoplexie pulmonaire imminente. — S'il y a eu hémorrhagie, des boissons acidulés, mais surtout le repos, devront être prescrits après les premiers soins. La plupart des observateurs s'accordent pour regarder le retour dans les tubes comme un moyen de combattre et de dissiper les accidents
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graves consécutifs à une décompression trop rapide. L'ouh vrier malade y séjournera jusqu'à son retour à la santé^ et sera soumis à un. second déséclusement avec toutes les précautions voulues.
En général, l'air comprimé manifeste son action d'une manière spéciale et à des degrés différents suivant les individus qui y sonl soumis, et toujours selon le tempérament, la constitution et l'âge du sujet. On est d'autant plus exposé qu'on est plus avancé en âge. Ce a'est pas, comme on pourrait le penser, dans la période de trente à quarante ans, où l'homme possède son maximum de force, qu'on résiste avec le plus d'avantages à la décompressioa. C'est, d'après l'observation, de dix-huit à vingt-six ans, et d'autant mieux dans cette période qu'on est plus près de son début. — Le tempérament le plus favorable est le lymphatique ; celai qui sera le plus éprouvé est le sanguin. — Tout excès de fatigue ou de boissons sera éminemment favorable à l'apparition des accidents les plus graves.
On ne laissera jamais entrer dans l'air comprimé un ouvrier atteint d'ivresse. Si cela avait lieu, ce dernier ne devrait point sortir avant que son état fût complètement dissipé, car la décompression de l'air, en pareille circonstance, ne peut avoir que des conséquences funestes.
B. PoL et T. J. J. Watelle, Mémoire sur les effets de la compressM» de l'air appliquée au creusement des puits de houille (Ami. d'hygiène publique, 2e série, t. I, 185i). — A. Guérard, Note sur les effets physiologiques et pathologiques de Tair comprimé (Ann. d'hygiène publique, t. I, p. 279, 1851). — François, Des effets de Tair comprime sur les ouvriers travaillant dans les caissons servant de base aux piles du pont du grand Rhin (Ann. d'hyg. publ., 1860,. t. XIV, p. 280). — BucQUOY, Thèse de Strasbourjj, 1862, no 546. — FoLEY, Du travaU dans l'air comprimé, élude médicale, hygiénique et biologique faite au pont d'Argentcuil, Paris, 1863, in-8«,. J. B. Baillière; analysé in Annales d'hyg. publ., 1864. — Her-
MEL, Des accidents produits par Tasage des caissons on chambres à air compriBié (Art médical, 1863, et tirage à part, Paris, J. B. Baillière). — H. Barella, Travail dans Fair comprimé (Bulletin de TAcad. roy. de médec. de Belgique, 1868).— Le Roy de MéricoutiT, Revue d*hygiène industri<>Ue (Ann. du génie civil, 1865). — Paul Bert, Recherches expérimentales sur l'influence que les chaugenients dans la pression barométrique exercent sur les phénomènes de la vie (Comptes rendus de TAcad. des sciences, 1871- 7^73).
jLJiJfi^TECKS, Limeurs, Tourneurs sur métaux, Serruriers. — Sous le nom général d'ajustage on comprend les travaux qui consistent à raboter, percer, limer, tourner, buriner, finir, en un mot, les outils en métal et les diverses pièces des machines. Ces travaux sont exécutés par des hommes adroits, instruits dans leur métier, et dont rintelligence est en général cultivée, tels que mécaniciens, serruriers, tourneurs sur métaux, etc. Dans tout atelier d'ajnstage fonctionnent des machines spéciales,, machines à raboter, à percer, à aléser, et les divers tours^ à surface, à pointes, à fdets, etc. De là une division naturelle de l'ajustage en ajustage à la main et en ajustage à h machine.
Les ajusteiirs à la main se livrent particulièrement à deux genres de travaux, le travail de Tétau, comprenant celui à la lime et celui au burin, et le travail des tours. Le travail à la lime amène le développement d'un premier durillon lai^e et épais situé dans le creux de la paume de la main qui tient le manche de l'instrument; et de deux autres durillons sur le milieu des éminences thénar et hypothénar de la main qui appuie sur l'extrémité de la lime. En hiver, le durillon central se fendille souvent dans le sens des plis de la main, et il se forme des crevasses^ sanieuses et extrêmement dangereuses. Un autre effet du travail à l'étau, c'est une déformation particulière, consé-
quence de l'attilude professionnelle : l'épaule et la partie voisine du thorax correspondantes à la main qui tient habituellement le manche de l'instrument se développent, se bombent en arrière sans que l'épaule devienne plus élevée, de manière à présenter une légère gibbosité latérale. D'après Jordan (ouvrage cité), les mouvements latéraux qu'accomplit la jambe droite amèneraient un allongenient des ligaments internes de l'articulation fémoro-tibiale, d'où un certain degré de déviation du genou en dehors. Le forage à la main, qui nécessite des efforts très -grands des membres supérieurs eu même temps que de profondes inspirations, amène, à la longue, une prédisposition à la congestion pulmonaire et des crachements de sang. « Dans le travail des tours, la pièce à travailler étant fixée sur le tour, l'outil qui le façonne porte fortement sur la partie antérieure de la poitrine où il est maintenu par la main gauche pendant que la main droite le dirige. Il en résulte à la partie antérieure du thorax, au niveau de la deuxième côte, une saillie considérable qui comprend à la fois le point de réunion de la première et de la deuxième pièce du sternum, et les secondes côtes, qui, à partir de leur tiers antérieur, proéminent fortement. En avant, au-dessous de cette crête saillante, se trouve un méplat large, uni, formé par le sternum et l'extrémité antérieure des côtes, et servant de surface d'appui à l'outil. Tout le côté droit du thorax est porté en avant et rétréci par la flexion des côtes, qui proéminent fortement et sont incurvées en avant comme tout ce côté du squelette. » (Ambroise Tardieu.) Une semblable déformation agit de la façon la plus défavorable surles fonctions respiratoires. Les ouvriers ajusteurs sont, avec les ouvriers qui se servent du brunissoir, ceux qui présentent le plus souvent la flexion permanente des doigls consécutive à la rétraction de l'aponévrose palmaire.
Tous les observateurs ont insisté sur les lésions oculaires que présentent ces ouvriers. La multiplicité des pièces à limer, la variété du fini qu'ils doivent y mellre parfois dans l'ajustage à la machine, l'obligation incessante de fixer son attention sur des lignes et tracés presque imperceptibles, de diriger ainsi par la vue, pendant toute une journée, le mouvement de l'instrument, finit par amener chez tous, d'abord de la fatigue de la vue pendant le travail seulement, puis l'éblouissement avec ses formes variées : mouches volantes, bluettes, points noirs, scintillation et multiplication des lumières, de la céphalalgie sus-orbitaire et du larmoiement, enfin un affaiblissement plus ou moins prononcé de la vision. Quelques circonstances exercent, à cet égard, une réelle influence, entre autres le travail à la lumière artificielle et l'usage de lunettes trop fortes. Presque tous les ouvriers ajusteurs, en effet, font usage de verres de presbyte. (Voy. Pathologie GÉNÉRALE, p. 24.)
Mais ce n'est point la seule manière dont la vue peut être lésée; le travail au burin expose fréquemment aux blessures de l'œil par la projection de parcelles métalliques ; le fer forgé, moins que tous les autres métaux, donne lieu à de semblables accidents, parce que, suivant l'expression en usage dans les ateliers, il s'accompagne, c'est-à-dire que le morceau enlevé par le burin se roule en forme de copeau et ne se brise point en éclats. Il n'en est plus de même du laiton et surtout du bronze. Dans ces cas, chaque coup de marteau fait sauter de petits fragments de métal qui deviennent la cause de conjonctivites et de kératites traumatiques. Le bronze est traUre, disent les ouvriers. Un inconvénient particulier aux ajusteurs à la machine est le suivant : pour empêcher réchauffement du burin ou rabot mécanique en même temps que son oxydation,
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une installationi particulière permet de faire écouler continuellement sur l'instrument une solution étendue de potasse. Lorsque le rabol a un certain trajet à parcourir, la chaleur qui se développe par le frottement donne lieu à des vapeurs alcalines qui viennent agir sur les yeux attentifs et y développer à la longue une irritation chronique des rebords ciliaires de la paupière.
Dans un travail que nous avons publié sur Thygiène et la pathologie des ouvriers des arsenaux maritimes, les ajusteurs venant en première ligne, nous ont présenté le chiffre considérable de 449 affections des veux sur 1000 maladies externes, la moyenne générale étant chez tous les ouvriers réunis de 55 sur 4000.
On a signalé comme pouvant donner lieu à certains inconvénients, l'emploi du mastic de fonte. La composition ordinaire du mastic de fonte est la suivante : limaille de fer non oxydé 20 à 30 parties, sel ammoniac 1 pactiey flLeur de soufre 1 partie. Lorsqu'on, introduit ce mastic, à coups de marteau, dans les interstices des pièces comme dans l'assujettissement des cylindres, des bouillons, etc., on fait d'abord chauffer le mélange en l'humectant avec de l'eau ou de l'urine. Dans cette opération, le chlorhydrate d'ammoniaque et l'eau sont décomposés, le fer passe à l'état de sulfure, chlorure et oxyde, et il se dégage de Tammoniaque et de l'hydrogène sulfuré dont l'action peut être nuisible. Il sera donc préférable de ne se servir à la fois que de petites quantités de mastic. (Regnault, Acfiof» du mastic de fonte sur les ouvriers qui Vemploienty in Afin, d'hyg. publ. , i 861 .) La nature du métal qu'on travaille peut encore influer sur la santé de l'ouvrier; c'est ainsi que Desayrre nous montre les limeurs des garnitures de cuivres atteints de coliques de cui\Te par suite de l'absorp-
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Uon des particales métalliques que l'action de la lime soulève autour d'eux- (Voy. Cuivre.)
J'ai rencontré chez les ajusteurs de l'arsenal maritime de Lorient un nombre assez considérable d'afîections de poitrine. Elles sont représentées par le chiffre de 39 sur 100 maladies internes (la moyenne générale étant de 35 pour 100); et pour la phlhisie pulmonaire seule le rapport est de 21 pour 100 maladies internes. Relativement au nombre total des malades, on compterait 11 phlhisiques sur 100 ajusteurs soignés à l'hôpital. L'attitude professionnelle, les déformations qui en sont la conséquence et le mouvement exagéré des membres thoraciques, ont-ils ici une influence marquée sur le développement de cette dernière affection? Cest là une opinion sur laquelle s'accordent les auteurs ; tandis que sur 4000 serruriers, Benoiston de Châteauneuf a relevé un chiffre de 8 phthisiques, Haimover, à Copenhague, donne pour les tourneurs sur métaux un chiffre de 10 phthisiques sur 100 malades, et 42 décès par phthisie sur 100 décès. Lombard (de Genève) et Neufville, à Francfort, donnent comme âge moyen de décès chez celte catégorie d'ouvriers l'âge de quarante-cinq ans; ce qui, relativement à la moyenne trouvée par ces auteurs, range la profession parmi les moins favorisées. Les maladies des yeux et la phthisie, telles seraient donc les deux genres d'affections professionnelles des ouvriers ajusteurs. Toutefois, mes observations personnelles m'engagent à croire que la faiblesse de constitution qui porte la plupart des jeunes ouvriers intelligents à embrasser le métier d'ajusteur, doit entrer en ligne sérieuse de compte dans l'évaluation de la fréquence de la phthisie chez eux. Selon Maisonneuve, l'hypertrophie du cœur n'est pas rare non plus chez les vieux ouvriers de cette profession; elle serait la conséquence de la gêne respiratoire et de la continuité du mou-