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vcmenl professionnel. On trouve encore comme maladies externes en dehors des lésions oculaires : aiïections cutanées et furoncles, 1 1 pour 400 ; abcès, phlegmons des membres supérieurs et panaris, 8 pour 100; ulcères et varices aux membres inférieurs, 4 pour 100. Comme maladies internes, après la phthisie et la bronchite, viennent par ordre de fréquence : embarras gastriques et fièvre muqueuse, 9 pour 100; affections gastro-intestinales, 7 pour 100; rhumatismes et lumbago, 8 pour 100.
A. Tardieu, Dict. d'iiyg. publ. et de salubrité, 2® édit., art. Tourneurs, 1864. — Maisonneuve, Hygiène et Pathologie professionnelles des ouvriers des arsenaux maritimes (Arch. de méd. navale, t. VII, 1867). — A. S. Layet, Hygiène et Pathologie professionnelles des ouvTicrs de l'arsenal maritime de Toulon, article Atelier de l'ajustage (Arch. de méd. nav., t. XX, 1873).
ALLUMETTES PHOSPHORIQUES (OUVRIERS QUI FA- BRIQUENT les). — La fabrication des allumettes phosphoriques comprend diverses opérations, qui sont : 1** la préparation du mastic inflammable; 2° la mise en presse et le trempage des allumettes ; 3"* le dépôt à Tétuve ou séchoir; 4° le démontage des presses et la mise en boîtes ou en paquets.
Les deux causes principales des accidents qui atteignent les ouvriers dans l'exercice de leur profession sont la déflagration des mastics inflammables et l'absorption des vapeurs phosphorées. C'est surtout dans la préparation et le broiement du mastic qui doit être employé à froid que les explosions ont lieu avec la plus grande facilité,- et occasionnent des brûlures graves et même des incendies. — En eCTet, la pâte inflammable se faisait autrefois et se fiiit trop souvent encore aujourd'hui à l'aide d'un mélange de chlorate de potasse et de phosphore; on ajoute un corp
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pulvérulent (verre pilé ou tan) qui divise le phosphore ; et une matière colorante (minium ou bleu de prusse) ; la pAte, qui doit être employée à chaud ^ est simplement formée de phosphore, de colle et de verre pilé ; mais si elle n'expose plus aux déflagrations, elle donne lieu à des vapeurs phosphorées plus abondantes que le mélange à froid. Les brûlures causées par le phosphore qui fond en brûlant, sont, en général, graves, parce que le phosphore laisse dans la plaie un acide très-corrosif, Tacide pliosphorique, qui est le résultat d'une combustion vive. On a conseillé de laver les parties brûlées avec de Téther ou du sulfure de carbone. Ratier a indiqué l'emploi de J'huile dans de semblables brûlures, parce que l'huile se combine, dit-il, avec le phosphore. Suivant Legouest, l'explication n'est pas exacte; les bons effets de l'huile, qui dissout à peine le phosphore, sont dus, dans ce cas, à ce qu'elle forme une <;ouche imperméable à l'air et empêche ainsi le phosphore de passer à l'état d'acide phosphorique.
Le trempage des allumettes consiste dans l'application du mastic sur de grandes quantités d'allumettes serrées à la fois dans des cadres ou presses spéciales. Celte opération expose beaucoup moins aux déflagrations ; mais à la condition de se servir de cuvettes de cuivre à fond plat de 1 à 2 centimètres de profondeur dans lesquelles on place le mastic, à la surface duquel on applique, sans appuyer les extrémités soufrées ou non, des tiges de bois qui forment les allumettes. En revanche, cette opération, en même temps que le dépôt des allumettes dans l'étuve ou le séchoir et le démontage des. presses, expose particulièrement à l'action délétère des émanations phosphorées.
Il est une manœuvre étrangère au maniement du phosphore, mais qui n'en offre pas moins des inconvénients sérieux. Les bois qui doivent servir à faire des allumettes^
LAYET. 7
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après avoir élé découpés et séchés, sont portés aux ouvrières, qui les assemblent de longueur dans des caisses et les repassent aux monteuses de cadres. Cet assemblage est accompagné d'un dégagement de poussière de bois très-ténue qui couvre les ouvrières et dont l'absorption finit par irriter fortement les bronches. Disons tout de suite qu'on pourra éviter ces inconvénients en nettoyant préalablement les bois dans une machine à vanner avec blutoir, en sorte qu'ils arrivent à l'atelier parfaitement exempts de poussière.
Les premières recherches sur les maladies des ouvriers employés à la fabrication des allumettes phosphoriques datent do 1844 à 1845.
Ces affections consistent en un empoisonnement le plus souvent lent et chronique, qui se manifeste par une teinte jaune de la peau et une maigreur progressive : il y a à la fois des troubles des voies gastriques ou intestinales, tels que dyspepsie, maux d'estomac et de ventre; et des troubles nerveux (maux de tète, étoufîements, engourdissement des membres, affaissement de^ facultés cérébrales). On a constaté chez les femmes une certaine prédisposition à l'avortement. — Gendrin, Rognetta-, Th. Roussel et Sédillot ont particulièrement insisté sur l'irritation plus ou moins intense des voies respiratoires. Cette irritation entraîne à sa suite de la bronchite, de l'asthme et de la bronchorrhée. Mais l'inflammation caractéristique au point de vue professionnel, c'est l'inflammation des gencives et la nécrose des maxillaires. Cette nécrose est-elle primitive ou consécutive à l'intoxication générale de l'organisme? la question, selon nous, est loin d'être çésolue.
Quelques auteurs, Dupasquier entre autres, ont pris la défense des vapeurs phosphorées. Selon ce dernier, on devrait plutôt incriminer l'arsenic que certains fabricants
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emploient quelquefois en quantités considérables dans la composition des allumettes cliimiques. — Suivant d'aulres auteurs, Tétat cachectique des ouvriers serait dû le plus souvent aux mauvmses habitudes hygiéniques; Tardieu, on effel, nous les représente comme étant d'une extrême malpropreté, se nourrissant mal et se livrant de la manière la plus funesle aux excès alcooliques.
Tout en tenant compte de cette influence indirecte d'un.* mauvaise hygiène privée, on ne saurait plus nien aujourd'hui le développement d'une dyscrasie phospliorique. Quelques observations, entre autres celle de Foiiniier et A. Ollivier (Société médic. des hôp.,juinl8()l>), tendent à prouver que l'intoxication par les vapeurs phosphorées peut avoir lieu d'une manière suraiguë. — Comment agirait le phosphore dans l'organisme? Serait-ce là une» espèce d'asphyxie (anoxémie), le phosphore s'oxydant aux dépens de l'oxygène du sang? (Réveil, Lécorché.) D'après une séduisante théorie de Gubler, les masses de phosphore absorbées et accumulées en excès dans les tissus auraient le pouvoir d'ozonifier l'oxygène de l'organisme, de telle sorte que ce dernier communiquerait au plasma et aux tissus ainsi hyperphosphorés une activité exagérée, désordonnée, source de la dénutrition générale et de Tusure rapide des globules sanguins.
La prédisposition de l'organisme dans la nécrose des maxillaires attendrait-elle, pour se manifester, qu'une irritation locale soit le point de départ du mal? Th. Houssel pense, en effet, que la présence des dents cariées peut être considérée comme la cause première de l'inflammation alvéolo-dentaire ; et dans ce cas-là, l'acide phosphorique doit-il être considéré comme l'agent destructeur de l'os?
Gubler et Lailler ont observé des cas de nécrose phos-.
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phorée de toute la mâchoire inférieure où les dents étaient absolument intactes. Et si Tacide phosphorique était Taçenl de cette destruction, les dents seraient ramollies et translucides comme chez les fabricants de soude artificielle.
Selon Gubler, il est plus probable que le phosphore en nature pénètre dans les tissus mous et jusqu'au périoste pour y arrêter le mouvement nutritif.
Quoi qu'il en soit, il est remarquable de voir combien souvent, au début, les ouvriers attaqués de la nécrose maxillaire jouissent d'un bon état de santé générale. La périostite phosphorée atteint toujours primitivement l'un ou l'autre maxillaire, l'inférieur plus souvent que le supérieur; mais elle peut envahir consécutivement et par extension les autres os de la face.
L'inflammation commence par le périoste alvéolo-dentaire, gagne le corps de l'os, entraîne la suppuration, et souvent aussi donne naissance à de nouvelles formations osseuses (ostéophytes) qui, à leur tour, prennent part à la formation du pus. — Il se forme là un vaste foyer purulent qui décolle le périoste et gagne du terrain. — La mortification de l'os et la formation d'un séquestre en sont la conséquence. — Tantôt la nécrose s'étend à la totalité du maxillaire, tantôt elle reste limitée à une portion de i'arcade alvéolo-dentaire.
L'élimination du séquestre dépend du plus ou moins d'extension de la nécrose ; elle se fait, en général, du côté de la bouche. Quant à la régénération, elle a lieu ordinairement au maxillaire inférieur, mais jamais d'une manière complète. Au maxillaire supérieur, l'absence de réparation est la règle. — Les symptômes sont : douleur dentaire, gonflement phlcgmoneux dépassant, le plus souvent, la limite du mal et s'étendant au cou et à la face. Un pus
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fétide, ichoreux, s'échappe au travers de fistules multiples. — L'érysipèle est une complication fréquente. — Il y a, petit à petit, une véritable résorption d'éléments putrides. L'alimentation devient insuffisante et les symptômes généraux d'épuisement finissent par amener la mort.
Heureusement, ce n'est pas toujours là la marche que suit la maladie : quelquefois la nécrose se poursuit sans presque aucun symptôme de réaction générale, et les malades sont tout étonnés le jour où, d'un coup de langue, ils font tomber dans la bouche le séquestre mobile. — Relativement à la gravité de la maladie, il résulte des divers relevés faits par Trélat que l'on perd presque un malade sur deux, et encore, chez les individus donnés comme guéris, faut-il noter des difformités de la face, des désordres très-grands dans les fonctions masticatoires et digestives, qui altèrent profondément l'économie et menacen l'existence dans un temps plus ou moins éloigné.
Hygiène préservatrice. — Il n'y a que peu d'années que ies propriétés de Yessence de térébenthine comme substance neutralisante du phosphore ont été reconnues, et déjà un grand nombre de faits probants sont venus confirmer les premières données de l'observation.
Ch. de Freycinet nous apprend que dans les fabriques d'Angleteriçe un des plus sûrs moyens de préservation mis en usage consiste à placer des vases remplis d'essence de térébenthine dans toutes les salles et locaux où se dégagent les vapeurs de phosphore, et de faire porter aux ouvriers, suspendue au cou et appuyée sur la poitrine, une petite boîte contenant de l'essence dont les vapeurs s'échappent de la boîte ouverte et se répandent dans l'air aspiré. — D'après Letheby, en effet, i/4000 de térébenthine dans l'air, à la température et à la pression ordinaires, suffit pour arrêter la combustion lente du phosphore et à empé-
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cher complètement la diffusion des vapeurs phosphorées. Les voies respiratoires doivent bénéficier avant tout de ces propriétés de la térébenthine à la fois préservatrices et mo- <iificatrices de toute irritation bronchique. Suivant Personne, qui s'est livré à des expériences sur des chiens, Tabsorption de Tessence s'opposerait à l'oxydation du phosphore et par suite à l'altération des globules sanguins. — D'après Gubler, cet obstacle à la combustion du phosphore supprimerait la formation d'ozone. — Quoi qu'il en soit, dans les cas d'intoxication phosphorique suraiguë, l'essence de térébenthine devra être donnée à l'intérieur. — Un second moyen prophylactique pour neutraliser les effets du phosphore sur le corps humain , c'est l'usage de boissons alcalines et le rinçage de la bouche avec des liqueurs pareillement alcalines : par exemple, avec une légère solution de carbonate de soude. — Mais rien ne vaut l'abandon du phosphore blanc dans la fabrication des allumettes, et son remplacement par le phosphore amorphe. — En effet, le phosphore rouge, dit amorphe parce qu'il n'est pas susceptible de cristalliser, est exempt, en général, d'effets toxiques, et peut être ingéré à hautes doses sans aucun danger. Toutefois, les ouvriers employés dans les fabriques d'allumettes phosphoriques devront chercher avant tout une hygiène privée bien entendue, des garanties dç résistance et de préservation contre la maladie professionnelle. — Ils prendront des habitudes de tempérance et de propreté. Un costume de travail sera déposé à l'atelier. — Des ablutions seront faites au moment des repas et à la fin du travail. Gubler a conseillé l'administration de petites doses de charbon et de magnésie avant les repas et à la fin de la journée. — Selon cet auteur, en effet, l'eau de chaux et le charbon absorbent et neutralisent les acides dérivés par oxydation du phosphore. Les ouvriers feront bien aussi de
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se nettoyer les dents avec un mélange de ces deux substances. — Une mesure des plus efficaces est celle qui consiste à abréger la durée du travail, à le couper par des intervalles de plein repos, et à exiger que l'ouvrier sorte de la fabrique pendant le repos, afin de respirer le grand air. € L'air pur ainsi aspiré, dit Garman, affaiblit Tinfluence des vapeurs pernicieuses absorbées pendant le travail. »
Mais c'est surtout à la ventilation convenable des ateliers qu'il faut demander les moyens pratiques de prévenir et d'atténuer les effets des inconvénients des vapeurs phosphorées. Nous ne saurions mieux faire que de donner ici la description d'un établissement où les conditions d'assainissement du milieu professionnel sont vraiment remarquables : c'estceluideM. Deroubaix, ànémixem,près Anvers. « On y a fait une large et intelligente application de la ventilation artificielle, en ayant soin de la faire agir partout de haut en bas. En même temps, on a établi, entre les diverses opérations, une division méthodique de nature à en atténuer le plus possible les dangers. Cinq bâtiments séparés, pour l'emmagasinage des matières premières, pour le soufrage, pour la préparation de la pâte phosphorée, pour le trempage, le séchage et la mise en boites, et enfin pour l'expédition du produit, constituent la fabrique proprement dite. Ils sont tous aérés au moyen d'une grande cheminée centrale de 2 mètres de diamètre intérieur à la base, et de 36 mètres de haut, qui reçoit les flammes d'un appareil à vapeur, et en outre, si besoin est, celles d'un foyer spécial. Le long de deux faces contiguës de chaque bâtiment règne, extérieurement, un carnau souterrain en maçonnerie, de 0°',60 de côté, qui débouche à la cheminée. Partout où le phosphore séjourne, une ouverture pratiquée dans le mur et communiquant, par un petit conduit, au carnau souterrain, donne
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issue à la vapeur délétère sans lui permettre de se répandre dans Tatelier. La disposition prise pour saisir le gaz nuisible varie d'ailleurs selon la nature de l'opération. Ainsi, pour la préparation de la pâte on a une hotte large et basse, dont l'aspiration est encore activée par les flammes du petit foyer de fusion. — L'atelier de trempage et de séchage, qui offre le plus de danger, est particulièrement soigné.
» Sur les deux côtés longs sont disposés les séchoirs, au nombre de dix-huit, ayant chacun 1",80 de large, 3 mètres de profondeur et 2™,50 de hauteur. Ils communiquent avec le carnau de ventilation par de triples orifices au niveau du sol, et reçoivent l'air extérieur par des cheminées ouvrant au-dessus du toit. Ils sont chauffés par trois tuyaux de vapeur placés sous le plancher, qu'on démasque à volonté à l'aide de registres manœuvres de dehors. L'aspiration est également réglée à volonté. — Devant chaque rangée de séchoirs court un petit chemin de fer venant de l'atelier de fusion et se rendant à l'atelier d'expédition. Un chariot en fer reçoit la pâte toute préparée et la présente successivement devant les séchoirs ; — à chaque point de stationnement, un orifice d'aspiration pratiqué dans le sol entraîne les vapeurs au carnau. — Le trempage se fait rapidement; les cadres sont aussitôt placés dans les séchoirs, dont les portes en fer sont soigneusement refermées. Le milieu de la salle est réservé à la mise en boîtes. Sous les tables sont pareillement ménagées des bouches d'aspiration. Enfin les boîtes terminées sont chargées en wagon et transportées au lieu d'expédition. Vu la rapidité des opérations, le très-court séjour du phosphore dans la salle et l'énergie de l'aérage, on peut espérer qu'un pareil atelier sera à peu près exempt d'inconvénients. » (Ch. de Freycinet.)
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Abordons maintenant les questions d'hygiène industrielle, au point de vue des éléments de la fabrication ellemême. — On évitera les occasions de brûlures en remplaçant le chlorate de potasse par un corps comburant n'exposant point à la déflagration : c'est tantôt du peroxyde de manganèse qu'on associe à du minium, tantôt aussi du peroxyde de plomb associé à du salpêtre ou trèsimproprement à du chromate de potasse. Aujourd'hui, le chlorate de potasse est généralement exclu de cette fabrication, sur le continent du moins; mais en Angleterre, le chlorate de potasse est encore à peu près le seul comburant employé. Dans ce cas-là, il faudra prendre soin de le détremper dans une solution de gomme avant de le soumettre au broiement à froid.
On a cherché à rendre inofîensif le phosphore blanc en réduisant considérablement sa proportion et en l'incorporant dans la pâte à un état de division extrême (procédé de Wagner). Ce procédé, qui ne diminue en rien Tinflammabilité de l'allumette, devra être employé de préférence. D'autre part, ainsi que nous l'avons dit, on a remplacé le phosphore blanc par le phosphore amorphe (Schroelter) dans la confection d'allumettes chimiques dites non vénéneuses. Telles sont les allumettes de MM. Coignet, les allumettes androgynes de Bombes-Deviliiers. Mais cette substitution si désirable paraît destinée à rester à l'état de vœu, car eu se perfectionnant ainsi, l'allumette au phosphore rouge perd, aux yeux de bien des personnes, le mérite principal de Tallumelte chimique : celui de pouvoir produire du feu en tout temps, en tout lieu, sans le concours d'aucun accessoire. Du reste, c'est un fait reconnu aujourd'hui que sans présenter un danger d'empoisonnement aussi grand que le phosphore blanc, le manimeenl du phosphore rouge est loin de mettre à l'abri de
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toute nécrose. C'est pourquoi on a essayé la fabrication d'allumettes chimiques sans phosphore ni poison. Telles sont les allumettes de M. Canouil, composées en associant le chlorate de potasse avec des éléments tels que le bichromate de potasse, le nitrate de plomb, roxysujfure d'antimoine, etc.
Citons enfin, pour terminer, la machine à tremper de Bell et Higgins, dont on fait usage à Stratford, près de de Londres. Par ce procédé les ouvriers seraient complètement soustraits aux émanations du phosphore au moment même où le maniement de ce corps offre le plus de dangers. (Freycinet, Assainissement industriel^ p. 93.)
Heyfelder, Sur la nécrose des os maxillaires observée dans les fabriques d'allumettes chimiques (Arch. de méd., octobre 1843). — STROHL,Sur la mêm« nécrose (Gaz. méd. de Strasbourg., nov. 18i5). — Genbrin, Sur une bronchite particulière dont seraient atteints les ouvriers des fabriques d'allumettes (journ. l'Époque, oct. 1845). — RoGNETTA, Sur cette même bronchite (Ann. de thérap., 1846). — Th. Roussel et SÉDiLLOT, Communication à l'Acad. des sciences, 1846. — Ou- PASQUIER, Mémoire relatif aux effets des émanations phosphorées sur les ouvriers employés dans les fabriques de phosphore et les ateliers où l'on prépare les allumettes chimiques (Compt. rend, de l'Ac. des sciences). — Th. Roussel, Recherches sur les maladies des ouvriers employés à la fabrique des allumettes chimiques (Compt. rend, de l'Acad. des sciences, oct. 1846). — Boys de Loury, Chevallier et Bricheteau, Mémoire concernant l'action des vapeurs phosphorées sur les ouvriers qui y sont soumis (Compt. rend, de l'Acad. des sciences, 1847). — S. Gaussé et Ghevalmer fils. Considérations générales sur l'empoisonnement par le phosphore, les pâtes phosphorées et les allumettes chimiques (Ann. d'hyg. publ., 1855).
— A. Chevallier, Rapport à l'Acad. sur la substitution du phosphore amorphe au phosphore ordinaire, 1855. — Mémoire sur les allumettes chimiques préparées avec le phosphore ordinaire, et sur les dangers qu'elles présentent sous le rapport de la santé des ouvriers, de l'empoisonnement et de l'industrie (Ann. d'hyg. publ., 1861).
— Gaultier de Glaubry, Des allumettes chimiques avec ou sans
ÀMIDONNIERS, FÉCULIERS. 119
phosphore (Ann. d'hyg. publ., 1850). — Tardif.u, Étude hygiénique •et médico-légale sur la iabricatiou et remploi des allunicltes chimiques, rapport an comité d'hygiène, 1856; et article Allumettes <;himique8, in Dict. d*hygîène publique, 186i. — Recueil des travaux du comité consultatif d'hygiène publique de France, t. H, 1873. — Ch. de Freyciket, Traité d'assainissement industriel, Paris, 1870. — GuBLER, Commentaires thérapeutiques du Codex medicamontarius ou Histoire de l'action physiologique et des effets térap. des méd-, p. 500, 2« édit., Paris, 187i.
msnDOTViviERS, FÉCULIERS. — Lcs amidonniers sont exposés, dans rexercice de leur profession, à deux causes principales de maladies, qui sont : l'action des poussières développées par le tamisage et le blutage de la fécule ; et l'influence fâcheuse de l'humidité entretenue par les lavages à grande eau qui sont nécessaires pour séparer le gluten de l'amidon. L'usage du blutoir mécanique ne met point à l'abri de cette action des poussières; c'est surtout au moment où la fécule est chassée hors de l'appareil et reçue directement dans des sacs que celles-ci se développent en quantité considérable. — Leur absorption n'a point un effet aussi pernicieux sur les poumons que celui produit par les poussières siliceuses. La plupart des amidonniers n'accusent qu'une extrême sécheresse de la bouche et du gosier. Ils expectorent souvent, après le travail, des crachats rendus gommeux par la présence de l'amidon qui a fermenté ; mais ils n'offrent aucun symptôme d'altération parenchymateuse des poumons. Déjà Benoiston de Chàteauneuf avait constaté le petit nombre de cas de phthisie que présentent les amidonniers : 1 ,02 sur 100 malades. Trébuchet, dans ses recherches, a trouvé le chiffre de 65 décès de phthisie sur 1000 décès.
Une affection assez commune est une éruption herpéli- ^ineuse qui a son siège au pourtour des commissures des
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lèvres ou sur le pavillon de l'oreille. L'irritation des paupières et de la conjonctive due à l'action directe des molécules pulvérulentes s'observe fréquemment aussi chez les ouvriers amidonniers. On a noté encore l'angine glanduleuse chez quelques-uns. Les autres maladies extrinsèques que l'on observe le plus souvent sont l'embarras gastrique, la diarrhée, et les douleurs rhumatismales. Elles doivent élre attribuées en partie à l'influence de l'humidité ambiante, en partie à l'absence de soins hygiéniques.
AIVILIIVE (ouvriers EMPLOYÉS A LA FABRICATION DES
COULEURS d'). — L'aniline est un alcaloïde organique artificiel dérivé du benzol. On obtient ce produit en traitant la nitro-benzine par la limaille de fer et l'acide acétique dilué. Aujourd'hui, presque toutes les couleurs employées dans la teinture des soies sont des dérivés de l'aniline: telles sont la fuchsine, les rouges Magenta, Solférino, les violets et bleus de Lyon, etc. Il serait trop long d'énumérer toutes les substances qui, par leur réaction sur l'aniline, peuvent produire des dérivés colorés ; l'acide arsénique, le bichlorure d'étain, le bichromate de potasse, l'acide sulfurique, l'acide benzoïque, etc., sont les réactifs le plus fréquemment employés dans l'industrie pour développer les rouges-violets d'aniline.
Les accidents auxquels sont soumis les ouvriers dans la fabrication des couleurs d'aniline sont de trois sortes : les premiers surviennent pendant la préparation de la nilrobenzine et sont dus à l'action de la benzine et des vapeurs d'acide hypoazotique ou azoteux qui se répandent autour des ouvriers pendant la combinaison de l'acide azotique avec la benzine.
Les émanations de benzine ont pour résultat de produire une excitation des centres nerveux se manifestant
ANILINE (Ouvriers fabriquant des couleurs d*). 12!
au début par une sorte d'ébricté et occasionnant, ii la longue, un état de malaise avec des sueurs abondantes, une lassitude extrême, qui ne cessent qu'au bout de quelques jours (A. Chevallier). Les vapeurs nitreuses agissent particulièrement sur les voies respiratoires : elles provoquent une bronchite spasmodique avec toux opiniâtre et douloureuse suivie parfois de crachements de sang. Quelcjucs ouvriers sont pris de vomissements auxquels succèdent de violentes coliques, et la plupart sont forcés de quitter l'atelier la poitrine oppressée, la respiration haletante, en proie à un commencement d'asphyxie.
L'opération du décartage est celle qui, avec le lavage, présente le plu5^d*ââti,vu'vénienls à cause de la grande quantité de Vapeurs rutilantes qui se dégage. Il faut noter, en estre, l'action corrosive sur les mains du mélange d'acide azotique et sulfurique, et les brûlures causées, par l'inflammation des produits hydrocarbonés.
La seconde espèce d'accidents qui doivent être attribués plus spécialement à l'absorption des vapeurs d'aniline consiste en un empoisonnement qui peut revêtir la forme aiguë ou la forme chronique. Je ne saurais mieux faire que de transcrire ici le tableau des symptômes de cet empoisonnement tel qu'il nous est tracé par Jules Bergeron dans son mémoire :
€ Les ouvriers qui débutent dans la fabrication de la nitrobenzine et de l'aniline accusent, dès le premier ou le deuxième jour, une céphalalgie orbitaire gravative compliquée parfois de nausées et de vomissements.
» Cet état de malaise, si pénible pour quelques-uns qu'ils abandonnent la fabrique, se dissipe, en général, après une ou deux semaines d'apprentissage, pour ne plus se reproduire qu'accidentellement, soit à l'occasion d'un travail forcé, soit pendant les chaleurs de l'été. La plupart éprou-
122 ANILINE (Ouvriers fabriquant des couleurs d').
Tcnt aussi pondant leur noviciat des vertiges qui disparaissent facilement au grand air. Dans d'autres cas, au vertige succède la perte de connaissance, qui cède plus ou moins promptement à l'action de l'air frais et laisse quelquefois une sorte d'hébétude, laquelle se dissipe par degrés et laisse une grande pesanteur de tête. D'autres fois, l'ouvrier est pris d'un sentiment de torpeur, sa face se congestionne, il vacille, chancelle et tombe, comme un homme ivre, dans un état semi-comateux ; ses yeux sont entr'ouverls ; il bégaye quelques paroles incohérentes et fait à peine quelques mouvements automatiques; la respiration est pénible, irrégulière. Au bout d'une heure et quelquefois plus, l'intelligence se réveille, l'individu sort de cette crise, conservant seulement un sentiment de fatigue générale avec un irrésistible besoin de sommeil. Chez d'autres, il survient de véritables convulsions épileptiformes des membres, des spasmes tétaniques de la région cervicale postérieure, alternant avec des accès de délire et un tremblement générale Les mouvements respiratoires sont irréguliers, la peau est froide, insensible, le visage pâlit; les lèvres, la langue, les extrémités prennent une teinte bleuâtre; les pupilles sont dilatées; les battements de cœur fréquents, et surtout d'une violence extrême, se ralentissent et deviennent irréguliers; cet état alarmant peut durer plus d'une heure, et l'ouvrier en sort brisé de fatigue et avec de violeutes douleurs de tête... Mais, à la longue, il finit par s'établir chez les ouvriers en contact habituel avec les vapeurs d'aniline, une véritable chloro-anémie avec diminution de globules et augmentation des leucocythes. Il y a, le plus souvent, de l'embarras gastro-intestinal avec un état habituel de constipation. Il s'y ajoute un certain degré d'insensibilité aux membres supérieurs et de langueur des fonctions génitales. » (Jules Bergeron, BiilL de VAcad.)
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Des accîdents d'un aulre ordre, et, chose remarquable, les premiers sur lesquels on ait appelé Fatttention, peuvent se rencontrer chez les ouvriers employés à la préparation des couleurs d'aniline. Ils sont dus à Faction même des réactifs dont on se sert pour obtenir les dérivés colorés. La plupart de ces réactifs, en effet, le bichlorure de zinc, le bichromate de potasse, les sels de cuivre, etc., ont une action cathérétique très-marquée; mais c'est surtout à l'acide arsénieux qui se dégage dans la préparation de la fuchsine que doivent être attribués les symptômes décrits par Charvet en 18G3, dans sa thèse inaugurale; tlièso qui devint le point de départ de recherches nombreuses sur la pathologie et l'hygiène de la profession.
Les ouvriers qui, dans l'usine de Pierre-Bénite, préparent la fuchsine, et qui ont été traités dans les hôpitaux de Lyon, présentaient les symptômes suivants : gonflemen!, et pustules au scrotum s'étendant quelquefois aux jambes et aux avant-bras, crampes dans les membres avec tremblement musculaire, fourmillement dans les extrémités, affaiblissement plus ou moins marqué commençant toujours par les extrémités des membres, paralysie arrivant parfois au point d'empêcher la station, la locomotion et la préhen sion des objets, insensibilité se manifestant aux extrémités, soif, constipation, vomissements, diarrhée.
Ce sont là des signes évidents d'empoisonnement par l'arsenic. On a pu constater en outre des troubles de la vue, djB véritables ophthalmies arsenicales, et des éruptions diverses de forme papuleuse et vésiculeuse. (Voyez Arsenic, p. 135.)
Hygiène préservatrice. — Les principales mesures de précaution consisteront avant tout dans l'isolement de différentes opérations les unes des autres, et dans la substitution de vastes hangars aux ateliers clos. Les ouvriers
m AMLIXE i'Ou\Tiers fabriquant des couleurs d*).
qui s'occupent de la préparation de la benzine peuvent être soustraits à ces incommodités lorsqu'on les fait travailler dans des ateliers convenablement disposés et parfaitement aérés. La conservation de la benzine demande des précautions, car elle est susceptible de s'enflammer et de donner naissance à des incendies et des brûlures. On de\Ta toujours avoir dans les ateliers du sable, qui peut ser\'ir avec plus d'avantage que l'eau pour l'extinction des liquides hydrocarbonés qui entreraient en combustion. Pendant les opérations qui dégagent des vapeurs acides ou aniliques, on pratiquera une ventilation très-énei^ique, et en outre, lorsque les ouvriers procéderont au mélange des acides, au décantage et au lavage, ils devront mettre devant la bouche et les narines une éponge ou un mouchoir imbibé d'une légère solution alcaline au travers de laquelle l'air puisse se dépouiller de l'acide dont il est chargé. Un excellent procédé pour éviter le dégagement du gaz acide hypoazotique durant la préparation de la nilrobenzine, est celui qu'emploient depuis longtemps, en France, MM. Devers et Plisson, et qui consiste à faire passer les vapeurs hypoazotiques au travers du coke remplissant des bonbonnes superposées, et sur lequel on fait couler un filet d'eau en laissant accès à Faîr.
Sous l'influence de l'eau et de l'oxygène de l'air, l'acide hypoazotique se change en acide azotique qui se condense facilement et s'écoule au bas de la colonne des bonbonnes superposées. On peut remplacer les bonbonnes par des tronçons de cylindres creux en lave et en grès, qui conviennent mieux pour une grande fabrication. S'il arrive quelques accidents aux ouvriers occupés à la fabrication de la nilrobenzine ou de l'aniline, il faudra leur faire cesser immédiatement tout travail, forcer l'ouvrier malade de se reposer, et en lui laisser reprendre ses occupations
que peu à peu, en surveillant atlentivcmenl les effets qui peuvent se produire, et s'ils se renouvellent, faire changer les ouvriers de travail, et même les obliger à quitter Tatelier pour prendre une autre profession. En cas d'empoisonnement aigu et grave, on fera des affusions froides, et Ton administrera tous les quarts d'heure une dose d'eaude-vie alternant avec une potion à l'ammoniaque.
On est parvenu à rappeler à eux des hommes plongés dans la plus profonde cyanose, en pratiquant des fictions stimulantes énergiques, en couvrant la poitrine, les jambes, les cuisses de sinapismes jusqu'au retour de la chaleur et la disparition de la lividité.
Lorsque la chloro-anémie se montrera avec tous les symptômes de l'aglobulie, le traitement le plus efficace consistera à faire respirer de l'oxygène pur, de Fair comprimé.
Dans la préparation de la fuchsine, les ouvriers prendront toutes les précautions prescrites pour la préparation des substances arsenicales : lavages fréquents et vêtements appropriés; abstention de tous repas dans les aleliers, etc. (Voyez Arsenic.)
Charyet, Étude sur une épidémie qui a sévi parmi les ouvriers employés à la fabrication de l'aniline, thèses de Paris, 1803. — G. Ber- GERON et Ollivier, Mémoire sur Taniline (Journ. de pliysiol. de Brown-Séquard, 1863, et Nouv. Dict. de mcdec. et de chirurgie pratiques, Pariss 1865. — J. Bergeron, Résumé d'un mémoire sur la fabrication et l'emploi des couleurs d'aniline (Bull. d'Acad. de médec, tome XXX, 1864-1865). — A. Chevallier, De la benzine, de la nitrobenzine et de l'aniline. Dangers et inconvénients qu'elles présentent dans la fabrication et pour la santé des ouvriers (Ann. d'hyg. publ., 1865, 2e série, t. XXIV, p. 374). — De la fuchsine, de sa préparation, des accidents qui peuvent en résulter relativement aux ouvriers, et des dangers graves pour les habitants des localités près desquelles sont situées les fabriques (Ann. d'hyg., 1866,2e série, t. XX.V, p. 12). — Ferrand, Rapport sur l'influence sur la santé publique de la fabrication de l'aniline et des produits qui en déri-
12G API»r,ÊTEURS D'ÉTOFFES EN GÉNÉRAL.
vent (Gaz. mrdic. de Lyon, 1860). — Beaugrand, article Aniline dû Nouveau Dictionn. encyclop. des sciences médic.
JtPPRÊTELRS D'ÉTOFFES E^ GfeVÉRJtI>, TEINTU- RIERS, DÉGRAISSEURS, IMPRIMEURS SUR ÉTOFFES. — SouS la
dénomination générale d'appréteurs d'étoffes nous comprendrons les apprôteurs proprement dits, les teinturiers^ les dégraisseiirs, les imprimeurs sur étoffes.
L'influence prolongée de l'humidité sur l'organisme, le contact prolongé de certaines parties du corps avec les substances employées comme réactifs ou altérants, le mélange à l'air respirable de vapeurs nuisibles qui s'élèvent (les bains de teinture ou de dégraissage : telles sont ies causes principales des affections morbides que l'on rencontre chez tous les apprêteurs d'étoffes. Dans les ateliers de teinture et d'apprêts, il règne une température humide de 35 à 40 degrés qui détermine chez presque tous les ouvriers une transpiration abondante ; dans certaines étuvcs où l'on fait sécher les éloffes de coton, la température s'élève jusqu'à 50 degrés (Villermé). On comprend que ceux qui, par leurs fonctions, sont obligés de passer alternativement d'ateliers aussi chauds dans de véritables courants d'eau froide que nécessite le lavage des étoffes, sont exposés à contracter des maladies fort graves : les rhumatismes, les inflammations catard^les des poumons et des intestins sont des affections que l'on rencontre très-fréquemment chez tous ces ouvriers.
Dans quelques établissements, l'habitude de promener au-dessus des pièces tendues sur des cadres, et dans le sens de leur longueur, de petits chariots chargés de brasiers remplis de charbon de bois allumé, peut donner lieu à des accidents par suite du dégagement d'acide carbonique.