ATHLÈTES ET LUTTEURS. U
maintenir, de la continuité de rcxercice musculaire. Dès qu'un lutteur de profession prend du repos, il se manifeste chez lui une tendance prononcée à Tobésité. Ce fait est bien connu en Angleterre et a donné lieu à ce qu'on appelle Yentrainement des boxeurs. Il nous paraît intéressant d'en transcrire ici les détails. Le système généralement employé est le suivant : « Le régime, leg exercices sont réglés avec le soin le plus scrupuleux. L'atblète qui, par le repos, est devenu replet et à respiration courte, est chaudement enveloppé dans d'épais vêtements de laine, puis contraint de parcourir de longues distances, surtout en montant, jusqu'à ce qu'il se déclare une transpiration abondante. Alors on le frotte soigneusement avec un linge rude; on lui fait prendre des bains fréquents, de manière à nettoyer parfaitement la peau et à rendre à cette membrane la parfaite intégrité de ses fonctions, et surtout celle de sécrétion. Le sujet est soumis à des exercices variés, simulacre de lutte et autres moyens calculés pour augmenter la puissance musculaire et développer la poitrine. Comme régime, on fait surtout usage de biftecks, de côtelettes de mouton; la viande est d'abord battue, afin de rendre la fibre animale plus digestible, puis cuite dans une poêle à frire exactement nettoyée, pour éviter la moindre contamination. On doit couper cette viande en petits morceaux, afin de rendre la mastication plus facile. On permet l'usage de la bière, mais avec modération. Au bout de quelques semaines de ce régime, un homme tout boursouflé, qui ne pouvait, sans être haletant, parcourir 20 mètres, ni recevoir le moindre coup sans être meurtri et ecchymose, est débarrassé de toutes les substances superflues et amené au point de déployer la plus grande force d'action et de résistance ! y* Il est une affection particulière que l'on rencontre
chez les lutteurs .: c'est rhématocèle du pavillon de roroille (Jarjavay). La répétition des pressions, des froissements, jointe sans doute à la congestion de toutes les parties de la face pendant les efforts de la lutte, a pour conséquence d'amener une sorte d'hypertrophie du tissu cellulaire sous-cutané, qui se traduit par le développement exagéré des oreilles, la rougeur et Tépaississement de la peau. Dans ces conditions, il n'est pas rare de voir, sous l'influence d'un traumatisme même léger, la peau se décoller du cartilage sous-jacent, et une poche sanguine se former. Le traitement consistera à faciliter la résorption du sang par l'application de compresses résolutives; et lorsque la tumeur sera volumineuse, on pratiquera quelques ponctions, de manière à évacuer la plus grande quan< tité possible de liquide. (Claverie, De Vhématome du pavillon de V oreille, thèse de Paris, 1870.)