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boulangeries. La machine à pétrir la pâte, de Pînlus et 0\ ne demande que peu de frais d'installation et peut être employée dans les plus petites boulangeries. Dans une auge sont mises en mouvement par une manivelle deui paires d'ailes hélicoïdales. Un homme peut ainsi pétrir en quelques minutes et amener à un état satisfaisant 100 à 150 kilogrammes de farine et d'eau mélangées. Cette substitution du pétrissage mécanique au pétrissage à bras aura pour effet de soustraire, en grande partie, l'ouvrier i l'absorption des poussières, puisque au lieu d'être courbé sur le pétrin il sera placé à côté ; d'une autre part, les mouvements violents seront entièrement supprimés.
Parent -DuGHÀTELET, Recherches sur la véritable cause des ulcères qui affectent fréquemment les extrémités inférieures d*an grand nombre d'artisans de la ville de Paris (Ann. d*liyg., Paris, 1830, t. IV). — Turner-Thackrah, The ef[ects of principal Arts and Trades and Professions ou Health and Longevity, London, 183S, in-8o. — Lombard (de Genève), De l'influence des professions sor la durée de la vie (Ann. d'hyg., l^e série, 1835, t. XIV). — Gacl- TiER DE ClAubry, Rapport sur la fabrication du pain par le pétrissage à bras et par les machines (Ann. d'hyg. publ., 1839). — Hannover, Die Krankheiten der Handwerker, in Beilage zur Deutsche Klinik, 18G1, n^^ 5, 6, 7, traduit sous le titre, Maladies des artisans, d'après les relevés des hôpitaux de Copenhague (Ann. d'hyg., 1862, t. XVII), — Mayer, Uber den Einfluss des Slandes und Berufcs auf die Lebensdauer (AerzUiches Intclligenz-Blati, Mûnchen, september 18G3, et Ganstatt's Jahresbericht uber die Forteschritte in der gesammten Medicin, V^urzburg, 1864, Band Vil, analysé par Beaugrand, in (Ann. d'hygiène, Paris, 1865, t. XXIII, p. 229). — Neuf VILLE, Lebensdauer und Todesursachen 22 verschicdener Stande und Gewcrbc. Mit 23 statit. Tabellen, Frankfnrt a M., 1855. — Beaugrand, Dict. encycl. des sciences médicales, art. Boulangers.
BOTAUDiEBfS. — On désigne sous le nom de boyaadiersles ouvriers qui préparent et filent les cordes à boyaux
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servant aux instruments de musique, à la confection des raquettes ; les cordes dites à Lorrain pour les rémouleurs, les cordes à fouets, les cordes dites d'arçon pour les chapeliers, les cordes pour les horlogers, etc^
La profession de boyaudier est Tune des plus dégoûtantes qu'on puisse imaginer. Cette industrie consiste en effet à séparer des boyaux déjà fétides les matières fécales qui s'y trouvent renfermées. Ces matières fécales sont reçues dans un puisard qu'elles changent en un cloaque infect. Il faut encore détacher la graisse qui adhère à ces intestins, les débarrasser de leur membrane muqueuse, les tremper, les insuffler, les dessécher et les blanchir au soufre.
On arrive à séparer les membranes en laissant les boyaux subir la putréfaction pendant cinq à six jours en hiver, deux ou trois en été.
Les ouvriers boyaudiers sont soumis à deux causes principales de maladies : Thumidité extrême qui les environne, et les émanations putrides qu'ils respirent. Suivant quelques auteurs, ils sont pâles, languissants et sujets à Tœdème des jambes. L'anémie et les troubles dyspeptiques, gastrp-intestinaux, telles sont en effet les affections les plus communes chez eux.
€ Dans l'opération de l'insufflation, qui consiste à souffler les boyaux à la surface d'un grand baquet rempli d'eau, le même ouvrier ne peut pas souffler plus de trois jours de suite. Ses mains seraient pour ainsi dire dépouillées et sa poitrine fatiguée. Malgré l'habitude, il sent alors l'odeur qui lui prend à la gorge, cet organe recevant presque chaque fois qu'il respire le refoulement de l'air qu'il fait entrer avec force dans le boyau et qui en sort infect. » (Labarraque.)
Cette opération provoque, à la longue, une irritation
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chronique du pharynx et des voies buccales ; les lèvres sont irriloes, parfois turgescentes et ulcérées, surtout aux commissures ; Tépiderme des mains est usé, soulevé par places et crevassé dans l'intervalle des doigts. A cette action de Teau s'ajoute celle des solutions alcalines (potasse) dans lesquelles on met à macérer les intestins. On rencontre quelquefois chez ces ouvriers une certaine anesthésie des mains et des avant-bras semblable à celle que Rombcrg a signalée chez les blanchisseuses. Dans la fabrication des cordes harmoniques, le soufrage que l'on fait ordinairement subir aux boyaux desséchés et désinsufflés pour les blanchir, expose à l'irritation des yeux et des voies respiratoires.
Les affections de poitrine se rencontrent assez souvent chez les boyaudiers, mais la phthisie ne serait guère plus fréquente ici que chez les bouchers.
Il est une fabrication industrielle, celle du crin â pêcher, qui se rapproche jusqu'à un certain point de celle ' que nous venons d'étudier. Suivant Laboulaye (in Dict. des arts et manufact,), quand le papillon du vers à soie s'est fait jour, on prend les cocons et on les jette dans une chaudière pleine dVau bien chaude ; on saisit une foule de brins avec un balai de bruyère; ils s'agglutinent et ne suivent au rouet que très-peu, en raison du trou dont le cocon est percé ; on soufre ces brins pour les blanchir et on les met en paquets. La matière animale rérineuse qui entoure ce fil le rend imperméable à l'eau. Cette opération donne lieu au mal dit de bassine (voy. Dévideuses de cocons), et expose à l'action des vapeurs sulfureuses sur les voies respiratoires.
Hygiène préservatrice. — L'hygiène préservatrice individuelle consistera à éviter, autant que possible, le contact prolongé de l'eau; on portera par-dessus les vêtements
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une chemise de grosse toile cirée. On fera usage de sabots et de tabliers de cuir.
Pour l'insufllalion des boyaux, l'emploi d'un embout présentera les lèvres et la bouche de toute action directe des liquides. Un moyen plus complet de préservation, et qui supprimerait en même temps toute fatigue de la poitrine, serait l'emploi d'un réservoir d'air comprimé au robinet duquel on fixerait le bout de l'intestin qu'on veut insufller. Dans la fabrique de Monnier et Dutripon, à Eysines (Gironde), on pratique l'insufflation au moyen de gros soufllets mus avec le pied, à l'instar des meules de rémouleurs. Ch. de Freycinct nous apprend qu'une disposition à peu près semblable est en usage depuis quelques années chez M. Brimbœuf, à Issy : le soufflage s'exécute à la mécanique, au moyen de chalumeaux desservis par un ventilateur. {Traité d'assainissement industriel.)
On procédera à l'hygiène de l'atelier en renouvelant Te^u des baquets et des cuves le plus fréquemment possible, en suppi:imant les puisards et en les remplaçant par des tonneaux à déversoir. On combattra les émanations putrides au moyen des désinfectants, principalement le charbon elle sulfate de fer. — On favorisera l'écoulement immédiat des eaux en bitumant ou dallant le plancher des chambres de travail. Ces eaux chargées de résidus putrides seront conduites au dehors. On établira des cheminées 4*appel constamment ouvertes, et les magasins de produits fabriqués seront largement aérés. Pour Topération du ratissage on emploiera le procédé Labarraque, qui consiste à immerger, même à l'état frais, les boyaux dans une solution d'hypochlorile de soude, ce qui dispense d'avoir recours à la macération pour opérer la séparation des membranes, et arrête subitement les progrès de la fermentation putride déjà commencée. — On ne pénétrera enfin
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dans les soafroirs qu'après les avoir soumis à une complète aération.
Les affections morbides contractées par les ouvriers bojaudiers subiront un traitement approprié, mais le plus souvent tonique. Le régime habituel sera fortifiant, et l'on fera usage de Wn et de viande autant que possible.
LABAMLiftrE, article BoTaudiers (Dictionn. industriel de ManléoD). — CiiCYALLffA et GrÉKAiD. Xémoire sur les résidus liquides proTCnant des établisseinents industrieb fAnn. d*hTg. publ., 1816, t. XXXVI, p. 113/. — TtEBrcHET, Du travail des peaux et autres résidus des boyanderies. Rapport général des travaux du conseil d'hygiène publique et de salubrité du département de la Seine, extrait reproduit in /Ann. d*hyg. publ., 1861, t. XVI, p. 2fâ». — Beac- CRJiKb, article Boyaudiers (Dict. encyclop. des sciences médiqdes.) — an. FBETaxET, Traité d'assainissement industriel. Paris, 1870, p. Ii9.
ra.ASSEi3K8. — Les brasseurs, suivant Pâtissier, présentent une singulière tendance à l'embonpoint et à perdre de bonne heure toute activité d'esprit et d'imagination. Turner-Thackrah et Halforl confirment l'observation précédente. On remarque en effet chez les brasseurs un état pléthorique qui les prédispose aux congestions et aux troubles fonctionnels du cerveau. Sous une apparence de robuste santé, ils cachent des maladies chroniques de l'abdomen et un état de réplélion de tout le système veineux. Les dyspepsies gaslro-inlestinales, les hypérémies du foie sont les affections les plus fréquentes.
D'après mes propres recherches, j'aL noté comme une maladie commune chez eux l'irritation des voies uriuaires et principalement de la vessie.
C'est à leur genre de vie, ainsi qu'aux excès de boisson de bière auxquels ils se livrent, qu'il faut rapporter la plupart de leurs prédispositions morbides.