CARRIERS
pées par les efforts et le mouvement qu'ils sont obligés de faire. L'extrême humidité des galeries souterraines les expose d'une façon continue aux affections catarrhales et rhumatismales. Le lumbago, les rhumatismes musculaires et articulaires, les paralysies, les névralgies des muscles, reconnaissent à la fois pour causes et le froid humide do milieu, et l'exagération du mouvement professionnel.
L'ascension des échelles, la traction des chariots, ie transport des matériaux provoquent des efforts continneb d'inspiration qui entretiennent dans les poumons un état habituel de congestion qui prédispose les carriers aux affec* tiens organiques du cœur. Les plaies et les ulcères des membres inférieurs se rencontrent très-fréquemment chex em.
L'action des poussières n'a point ici l'influence funeste qu'on pourrait croire. L'extrême humidité des lieux est elle-même un obstacle à leur suspension dans l'air, et pu suite prévient leur pénétration dans les voies respiratoires. La phthisie, en effet, n'est point fréquente chez les ouvriers ' qui exploitent les carrières sans procéder à la taille des pierres. Des blépharites ciliaires, diverses éruptions cutanées (lichen, eczéma), une simple irritation des muqueuses nasales et pharyngiennes : telles sont, chez ces ouvriers, les affections le plus communément justiciables de l'action mécanique des poussières.
Les accidents sont peut-être plus communs ici que dans les mines métallurgiques et les houillères. Les blocs qui se détachent pendant leur ascension, et qui écrasent les ouvriers au fond de la carrière exploitée à ciel ouvert; les éboulements qui les ensevelissent dans les carrières souterraines; les échelons qui se brisent sous le poids de leur corps et les chutes qui en résultent font plus de ravages chez eux, dit Âmbroise Tardieu, que les affections
'(Donaires et la phthisie.
CARRIERS. m>
Une cause fréquente de péril est celle-ci : lorsque, dans une carrière à galeries souterraines, le bloc de pierre est amené à la surface du sol par le puits d'extraction, les ouvriers sont chaînés de le dériper, c'est-à-dire de le décrocher avec des pinces pour le placer sur des rouleaux que Ton met près du puits d'extraction et qui servent à le transporter dans le chantier. Cette manœuvre devient dangereuse si les rouleaux sont posés sur un plan incliné, parce qu'alors le glissement du bloc de pierre s'opère précipitamment et menace les ouvriers.
Nulle part, d'une manière générale, tous ces accidents n'ont de conséquences plus graves que dans les carrières. C'est ainsi qu'en 1842, tandis que sur un chiffre de 480 accidents résultant d'éboulements dans les mines, on relève 43 tués seulement; sur 77 accidents semblables arrivés dans les carrières, il y a 06 morts. En 1850, sur un relevé de 140 morts arrivées par éboulement dans les diverses exploitations minières, 58 appartiennent aux carrières : 23 aux carrières souterraines, 35 aux carrières à ciel ouvert.
Les suites de ce genre d'accidents, dit Tardieu, sont fréquemment funestes, et des décombres ou des masses de terre qu'ils amoncellent on ne retire souvent que des cadavres; les uns ont la tête ou la colonne vertébrale broyées et sont morts par le fait de la lésion du cerveau ou de la moelle; les autres ont péri étouffés et présentent, à l'autopsie, les signes caractéristiques de la suffocation : ecchymoses ponctuées disséminées à la surface des poumons et du cœur. — Quant aux blessures non suivies de mort que déterminent les éboulements, elles sont en général très-graves; ce sont le plus ordinairement des fractures des membres et des côtes. Celles-ci ont un caractère plus particulièrement sérieux, car elles sont multiples et
196 CHAPELIEIS.
peaTent se compliquer dVpanchenients tranmatiques, d'inflanimations et de fièvre. Quelquefois il s'agit seulement de contusions, mais dont retendue et la profondeur rendent les suites non moins redoutables que celles des fractures. La moelle épinière ressent fréquemment le contrecoup de ces contusions, dont la colonne vertébrale reçoit principalement le poids. Il en résulte des paraplégies qui persistent toujours très-longtemps, parfois même à Téfat d'infirmités incurables. Ces différentes lésions peuvent s'accomp^ner de plaies sur diverses parties du corps et notamment à la tête.
Tammeo, Oes lésions produites psr les éboulemeats accidentels, in Afin. d^hTgiène publiq., t. XII VI, 2« série, 1871.
cmMWBLÊKWM. — La fabrication des chapeaux de feutre comprend différentes opérations très-nuisibles pour les ouvriers. Ce sont le nettoyage des peaux, qui consiste à les racler et à les battre jusqu'à ce qu'il n'en sorte plus de poussières; puis le secrétagey opération qui a pour but de permettre d'enlever plus facilement les poils, et dans laquelle on frotte les peaux avec une brosse à poils rudes imbibée d'une solution de nitrate acide de mercure (sept à huit parties de mercure pour soixante parties d'acide nitrique) à laquelle on ajoute trois à quatre parties d'acide arsénieux et une à trois de deutochlorure de mercure. — La préparation de ce nitrate acide, qui se fait dans l'atelier même, expose les ouvriers à l'action des vapeurs hypoazotiques qui se dégagent en abondance de la solution. En troisième lieu vient Véjarragey qui consiste à arracher tous les poils adhérents aux peaux. Il se fait, en général, à la main, et les ouvriers se trouvent dès lors au milieu d'une poussière mercurielle et arsenicale des plus dangereuses.