‹ Hygiène des professions et des industries, précédée d'une étude générale des moyens de prévenir et de combattre les effets nuisibles de tout travail professionnelChapitre 42 sur 98 · CUISINIERS, PATISSIERS · texte numérisé non relu

CUISINIERS, PATISSIERS

la surexcitabilité maladive des éléments sécréteurs de la peau, et Faction irritante du calorique rayonnant. Aîibert, dans son traité, cite les cuisiniers comme sujets à la dartre crustacée flavescente et au prurit brillant dos membres. La main et l'avant-bras sont souvent atteints d'érythème et d'eczéma.

Le lichen et Tacné cébacée se rencontrent communément sur les membres et sur le tronc. Les abcès tubéroux de l'aisselle et les oreillons ont été plusieurs fois observés par moi chez ces artisans.

Oudin, Pâtissier, Parent-Duchàtelet (ouvrages cités) les regardent comme particulièrement exposés aux ulcères atoniques des jambes. L'exposition continue à un foyer ardent fatigue leur vue et les prédispose aux altérations des milieux de l'œil, la cataracte et l'amblyopie entre autres. (Voy. Pathologie générale, p. ,W.)

On rencontre bien souvent, chez les cuisiniers comme chez les pâtissiers, des brûlures dues à l'action des liquides bouillants. La nature du liquide influe ici sur la profondeur de la lésion; les différents liquides arrivant à Tébullition à des températures différentes. Indépendamment de celte quantité de chaleur ou capacité pour le calorique des différents liquides, il faut reconnaître qu'ils sont plus ou moins gluants, visqueux; qu'ils restent plus ou moins attachés, fixés aux parties sur lesquelles ils ont été répandus : ainsi l'eau bouillante tend à s'écouler; mais les graisses bouillantes, Vhuile, le sucre fondu produisent des blessures plus profondes, et parce que leur température est très-élevée et parce que leur action est prolongée par le fait de leur adhésion. C'est ce qu'on a l'occasion d'observer dans ces deux professions. Nous retrouvons ici, mais à un degré moindre que chez les boulangers, l'aptitude fâcheuse à contracter les épidémies. — Dans les

iU CUISINIERS, PATISSIERS.

pays chauds, sur les navires, les cuisiniers sont toujours parmi les premières victimes des maladies endémiques. Chez eux, les moindres plaies prennent souvent un caractère fâcheux, surtout aux mains, où la turgescence passive des tissus prédispose à Tangioleucite. — Il est de plus une remarque intéressante à faire, c'est que les pâtissiers comme les cuisiniers sont très-fréquemment atteints de symptômes syphilitiques qui se présentent presque tous sous la forme humide : pustules ou plaques muqueuses.

Il faut noter enfm une plus ou moins grande tendance à Talcoolisme chronique, les déperditions nombreuses ^e sueur auxquelles ces artisans sont en butte, les portant généralement à boire.

Hygiène. — Il est nécessaire qu'une cuisine soit largement aérée, ce qui malheureusement n'a pas lieu en raison de l'exiguïté des appartements actuels : « Nous avons constaté dans un grand nombre de cas, dit Chevallier, que beaucoup de cuisines établies dans les nouveaux logements que l'on construit à Paris, sont trop exigués, mal ventilées, et que certaines cuisinières sont forcées de quitter des maîtres chez lesquels elles se trouvaient bien, leur santé ayant été menacée par des asphyxies partielles qu'on a pu faire cesser, mais qui se renouvelaient. {Des professions dans lesquelles il y a danger d'asphyxie y in Ann, d'hyg.publ, 1864.) — Une excellente mesure d'hygiène en même temps que d'économie domestique consistera à ne tenir les fourneaux allumés que le temps nécessaire, et à aérer plusieurs fois dans l'intervalle des repas,

cui¥RE (ouvriers QUI TRAVAILLENT le). — Nous examinerons ici l'action du cuivre et des sels de cuivre sur Torganisme, sans entrer dans les détails des diverses professions dans lesquelles on travaille ce métal.

CUIVRE (Oimers qui traYailient le). 235

C'est en général sous forme de poussière fine que le cuivre est absorbé par l'ouvrier. — « En effet, dit Bailly, que Ton se transporte dans un atelier de polisseurs et de limeurs de cuivre; pour peu qu'un rayon de soleil vienne filtrer à travers une ouverture et traverser Tatmosphère chaînée de poussière, on voit dans cette traînée lumineuse les particules cuivreuses briller et reluire, et déceler ainsi par leur miroitage leur présence dans l'air. Ces particules métalliques voltigent sans cesse et pénètrent dans la bouche des ouvriers; elles viennent se déposer à la base des dentSy à la manière des résidus buccaux. »

Hillon, chez les chaudronniers de Durfort, et Perron, chez les horlogers de Besançon, insistent sur ce dépôt de molécules cuivreuses sur les gencives et les dents. € Presque tous, dit ce dernier, ont les dents maculées d'un vert plus ou moins foncé facile à constater. Si les plombiers ont les dents noires, les horlogers les ont bronzées; c'est là un caractère indélébile et bien accusé. Les mucosités gingivales laissent déposer cet enduit en se desséchant; on l'enlève difficilement par le raclage, et l'on aperçoit au-dessous l'émail de la dent, qui est d'un jaune sale terreux tirant sur le vert. » Palais, Chevallier, Boys de Loury, Bucquoy, ont observé les mêmes faits. Le premier effet de ces accumulations de poussières est d'irriter les gencives et d'occasionner une sécrétion abondante de salive qui devient bientôt acide. Cette irritation est surtout très-marquée à l'entour des dents, où elle forme comme un liséré rouge-pourpre caractéristique, signalé pour la première fois par Corrigan. Jusqu'ici il n'y a qu'une action locale et toute mécanique; mais, sous Tinfluence de l'acidité des liquides salivaires, les particules métalliques sont transformées en sels de cuivre, et dès lors il va y avoir absorption et intoxication consécutive. — Cette ab-

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sorption ne saurait être mise eu doute. Pendant leur yie, dit Millon, les chaudronniers de Durfortont les cheveux tout colorés en vert; Turine qu'ils rendent donne une couleur verte à Tendroit du mur et à Tendroit du sol qui reçoivent plusieurs fois par jour cette urine. Cette absorption se fait quelquefois dans de telles proportions que les os en prennent une coloration verte (Audouard). — Stanislas Martin cite un ouvrier en métaux qui ne travaillait le cuivre que depuis cinq mois, et qui, dans ce court espace de temps, vit la nuance de ses cheveux changer de telle sorte que de blanche elle devint d'un vert si prononcé, que le pauvre homme ne pouvait sortir sans devenir un objet de curiosité. L'analyse chimique fit reconnaître que ce n'était pas seulement un dépôt de cuivre dans la chevelure, mais que les cheveux eux-mêmes contenaient de l'acétate de cuivre en assez grande quantité. {Bulletin de thérapeuliqtte, t. XLIX, p. 549.)

Mais, s'il y a absorption, on voit qu'il y a aussi une élimination prompte et facile par les fonctions urinaires et cutanées. C'est pour cela que souvent les accidents qui déterminent cette introduction du cuivre dans l'organisme se réduisent à peu de chose, si ce n'est à quelques légères coliques. — La colique de cuivre est en effet la principale manifestation de l'empoisonnement professionnel auquel les ouvriers qui travaillent le cuivre sont toujours exposés. Cette affection, dit Blandet, est caractérisée par des accès de coliques auxquels se joint une prostration extrême. Le ventre n'est pas toujours indolent, et l'on observe tantôt de la constipation, tantôt au contraire de la diarrhée. — Telle est la véritable colique professionnelle, comme je l'ai observée moi-même sur des ouvriers ajusteurs en cuivre.

Pour quelques auteurs. Chevallier et Boys de Loury entre autres, l'inspiration des particules cuivreuses est

CUIVRE (Ouvriers qui Iravailleiit lo. t'Sl

parfaitement innocente; les accideiils qui survieiineiitchez les ouvriers doivent être attribués aux sels de cuivre, particulièrement au carbonate, qui recouvrent les vieux objets. Sans aucun doute le nettoyage des objets de chaudronnerie, des tubes de cuivre ou de laiton, etc., recouverts d'une couche de sel cuivrique, expose à labsorplion d'une poussière dangereuse, et provoque plus sûrement les symptômes d'un véritable empoisonnement que la poussière du métal lui-même; mais n'avons-nous pas vu que ce métal n'était absorbé qu'à l'état de sel de cuivre, transformation due à l'action acide de la salive sur le dépôt gingival professionnel? — Il faut toutefois reconnaître que dans certaines circonstances les particules métalliques peuvent agir mécaniquement sur les muqueuses des voies absorbantes et produire seulement des efîels d'irritation locale, delà gastro-entérite catarrhale par exemple, au même titre que des' conjonctivites, des angines et des bronchites catarrhales. Chevallier, et plus tard Pécholier et Saint-Pierre, observant les ouvriers employés à la fabrication du verdet ou acétate de cuivre, n'ont reconnu en effet chez eux que cette manière d'agir des poussières absorbées. Ce sont là des faits qu'il faut accepter sans doute, mais qui demandent de nouvelles recherches. — Que penser toutefois de la conclusion que ces deux auteurs ont cru devoir tirer de leur travail? « Non-seulement, disent-ils, la fabrication du verdet est réellement sans inconvénient, mais encore l'absence de chlorose chez toutes les ouvrières qui ont été examinées nous amène à conclure que la profession n'est pas étrangère à celle immunité, et que le cuivre possède des propriétés analogues à certains égards à celles du manganèse et surtout du fer. » (Pécholier et Saint- Pierre.) Il est enfin un troisième mode d'absorption du cuivre

238 CUIVRE (Ouvriers qui travaillent le cuivre).

par les vapeurs qui se dégagent pendant sa fusion. Les chaudronniers qui soumettent au feu, pour les nettoyer, des objets revêtus d'une épaisse couche de sel de cuivre, ceux qui fondent à la chaleur rouge Talliàge de cuivre qui sert à souder, sont exposés à des accidents graves qui présentent alors au plus haut degré les caractères de l'intoxication professionnelle : « Saveur acre cuivreuse; sécheresse de la langue, sentiment de constriction à la gorge avec grande irritation ; rapports acides et crachotement, puis nausées et vomissements tantôt abondants, tantôt avec beaucoup d'etîorts; tiraillements de l'estomac, douleurs fixes dans cet organe ; coliques violentes qui laissent après elles une impression douloureuse; déjections alvines souvent sanguinolentes, mêlées de mucosités blanchâtres, quelquefois ballonnement de l'abdomen qui est douloureux à la pression; la peau est sèche, le pouls quelquefois serré, fréquent, ordinairement dur; la chaleur tantôt naturelle, tantôt élevée; soif ardente, anxiété précordiale, urines rares, abattement général, douleurs dans les membres, crampes nerveuses. »

Quelques auteurs, Burq, Pécholier et Saint-Pierre, avaient avancé que les ouvriers qui travaillent le cuivre étaient à l'abri du choléra. Malheureusement des faits ont été produits qui ont prouvé que des ouvriers en cuivre avaient été frappés de l'épidémie tout aussi souvent que les autres. Bien plus, en Angleterre, de récents travaux de statistique ont démontré que les ouvriers employés dans les jnanufactures de cuivre avaient été parmi les plus atteints; la moyenne générale des ouvriers atteints étant de 2,20 pour 1 00, les ouvriers en cuivre auraient fourni un chiffre de 0,50 !

Hygiène et thérapeutique. — On mettra surtout en pratique tous les moyens de préservation indiqués dans l'hygiène générale, au sujet de l'empoisonnement profes-

CmVRE (Ou>Tier8 qui travaillent le). !23i)

sionnel. (Voy. p. 60.) Mais on comprend qu'il faudra insister avant tout sur les soins de propreté de la bouche et des dents, et empêcher tout séjour des particules cui- >Teuses sur les gencives.

Quant au traitement, il consistera en éinoliients, diaphorétiques et diurétiques (bains généraux, petits lavements calmants). — Le lait doux est généralement regardé par les ouvriers comme une boisson préservatrice de toute irritation gastro-intestinale.

A. Chevallier, Note sur la santé des ouvriers qui travaillent le cuivre (Ann. d'hyg. publ., 18^i3). — Blandet, Mémoire sur la colique de cui\Te (^Bullet. de TAcad. de luéd., 1840). — Millon, Note sur les oumers qui travaillent le cuivre dans le département du Turii ; rapport par Martin Solon, Bullet. de l'Acad. de médec, 18^17, t. XII, p. 561. — A. Chevallier, Note sur les ouvriers qui travaillent le vert-dc-gris (Ann. d'Iiyg. publ., 1847, t. XXXVII, p. 30:2). — A. Chkvaluei et Boys de Loury, Mémoire sur les ouvriers qui travaillent le cuivre et ses alliages (Ann. d'iiyg. publ., Paris, 1850, t. XLIII, p. 337). — Pietra-Santa, Mémoire sur la colique de cui>Te (Compt. rendus de l'Académ. des sciences, 185S). — Perron, Des maladies des liorlogers produites par le cuivre et l'absorption des molécules cuivreuses (Bulletin de la Société de médecine de Besançon, 1860, n» 10, et Annales d'byg. publ., I8G1, t. XVI, p. 70). — PÉCHOLIER et Saint-Pierre, Hygiène des ouvriers employés à la fabrication du verdet (Montpellier médical, 1804). — Maisonneuve, Hygiène et pathologie professionnelles des ouvriers employé-? dans les arsenaux maritimes (Arch. de méd. navale, 1865). — Bihq, Choléra; préservation et traitement jiar le cuivre (Gaz. des hôpitaux 1865). — Bailly , Du signe pathognomoiii(|ue de riiitoxicati<ui cuivreuse (Union médic, nov. 1873). — Bicûioy, Rapiiort lu à la Société médicale des hôpitaux, Paris, découibre 1873.

CVLTIY^TEURS , MOISSONNEURS , VIGNERONS. — S'il

est un fait généralement accepté, c'est Tinfluence favo rablede la profession agricole sur la santé et la mortalité moyenne générales. Comparée surtout à ce qui se passe

t\i) LLTIVATELUS, MOISSONNEURS, VIGNERONS.

dans les villes maiiufaclurières, cette iiiflueDce apparaît avec une telle évidence, que Ton ne peut s'empêcher de s'écrier avec le poète latin :

0 roi'tiinatos niminni sua si buua nurint Ajjricolas !

Mais la statistique a des formes de langage à nulle autre pareilles; elle dissimule sous la rigueur mathémalii^ue des chilTres qu'elle nous donne, une élasticité d'aperçus échappant pour ainsi dire à l'interprétation définilive, par la facilité avec laquelle on peut les pliera toute comparaison.

Si nous consultons Villermé, en effet, nous voyons que la durée probable de la vie au moment de la naissance serait de 39 et même de 43 ans dans les contrées essentiellement agricoles, et seulement de 19 et 22,5 dans les centres manufacturiers. De tels chiflres parlent haut; mais ils ne sont vraiment complétés que par le tableau suivant :

Pour 10()0 décès, on aurait en Angleterre :

Aviiiil. Avanl Ucslu ù 40 aii;^ iO ans M ans sur lOOOU.

* Dans les districts ajjricolcs 3,505 3,038 -4,157

Dans les districts agricoles et maiiuliicturiers 3,8:28 i,048 i,24i

Dans les districts essentiellement manufacturiers.. . -4,355 2,104 3,541

Par ce tableau, il est facile de voir que la morlalilca lieu surtout avant Fàge de dix ans, époque de la vie où rinfluence prolessionnclle ne saurait intervenir; et si nous acquérons ainsi la conviction que la vie des champs est plus favorable à l'enfance que le séjour des villes, nous sommes loin d'être renseigné sur le bénéfice assuré par

GULTiVATËlUS, MOISSONNEUIIS, VIGNERONS. ili\

leur profession à tous ceux qui travaillent à la campagne.

Les statistiques françaises nous donnent la même différence en faveur de la population rurale. Tandis que Deville trouve pour toute la France, dans une moyenne de dix années (de 1851 à 1861), une proportion de décès égale à !2,28 pour 100, la mortalité pour la population rurale est représentée par un chiffre égal à 2 pour 100 seulement. D'après Bertillon, tandis que la France enregislre de ^20 à 50 ans, année moyenne, une mortalité de 1:2 décès sur 1000, la population rurale n'offre que 10,8 décès sur 1000. Ces derniers chiffres doivent attirer plus spécialement notre attention. De 15 à 60 ans, en effet, rinffuence professionnelle entre en ligne de compte et doit être soupçonnée à bon droit. — Nous trouvons enfin dans Bertillon des données positives sur le sujet qui nous occupe. C'est ainsi que lorsque la mortalité générale moyenne et annuelle sur 1000 vivants est, pour les périodes de i25 à 35 ans, de 35 à 45 ans, de 45 à 55 ans, de 8,65, 11,47 et 16, 5i pour toute la population ; pour les fermiers et les valets de ferme elle n'est plus que de 6,6, 7,7, 11,6 dans les mêmes périodes de vie.

Mais ce fait une fois établi, il reste à distinguer quelle est la part exacte qui revient ici aux influences du milieu rural, et quelle est celle qui doit être rapportée spécialement au genre de travail professionnel. Nul doute, en effet, que les industries des villes, transportées en pleine campagne, dans une contrée salubre, ne vissent leur état hygiénique s'améliorer au point de présenter, avec les mêmes conditions de travail, un ét;it sanitaire et une durée de la vie fort différents de ce qui existe en rôalité. — Or Chadwick, cité par Beaugrand, nous donne comme durée moyenne de la vie, dans un district essentiellement agricole, le Rutlandshire, 52 ans pour les professions libé-

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raies, 41 ans pour les fermiers et métayers, 38 ans seulement pour les journaliers cultivateurs.

Cette différence de 14 ans aux dépens de la vie moyenne des simples cultivateurs peut sans doute être le résultat d'un labeur professionnel qui les soumet à une grande fatigue du corps; mais elle est surtout amenée par la détestable hygiène privée des travailleurs des champs, hygiène qui vient neutraliser les heureux avantages que leur assure une vie active au grand air. A cet égard, tous les auteurs sont unanimes. « Rien n'est insalubre comme la demeure du paysan, dit Druhen; balayures, débris de légumes destinés à la nourriture des animaux, graines sèches, chanvre à filer, chaussures, eaux grasçes, etc., sont mêlés dans une ridicule et dégoûtante confusion. Une chambre principale est le point de réunion de la famille entière pour les repas, pour les veillées ; pendant l'hiver, chacun prend sa place autour du feu ardent où cuisent les aliments de la famille et des animaux; et pour que l'air ne puisse renouveler cette atmosphère épaisse de miasmes et de vapeurs, on ouvre rarement les portes et on condamne les fenêtres. L'habitude et rindifîérence pour tout ce qui concerne les soins de la maison laissent les fenêtres ainsi condamnées pendant l'été; et le cultivateur, obligé de dormir au milieu de vapeurs méphitiques et malsaines, a bientôt perdu les salutaires effets d'une journée passée à l'air par et vivifiant de la campagne. » — Mais c'est surtout en Bretagne que l'ignorance des paysans et l'insouciance des fermiers vient peser lourdement sur la santé de tous. (( Les habitations sont basses et mal aérées, le plus souvent en contre-bas du sol, percées d'ouvertures insuffisantes pour la lumière et le renouvellement de l'air; le sol, dépourvu de carrelage ou de plancher, finit par se crenser et former des cloaques où séjournent les eaux... Le vois!-

CULTIVATEURS, MOISSONNEURS. VIGNERONS. tiil

nage des étables, et au dehors les immondices, les eaux croupissantes provenant des fumiers souvent adossés aux maisons et qui peuvent fdlrer à travers los murs, exposent à l'influence funeste de miasmes organiques et d'émanations malsaines (Caradec).

On comprendra maintenant pourquoi les paysans cultivateurs sont, dans la plupart des contrées, et mali>:ré Topi • nion généralement professée, plus enclins que d'autres à contracter certaines maladies graves, et pourquoi ils payent souvent un large tribut aux épidémies. Shann, en effet, a signalé la fréquence des afTeclions digestivos chez les laboureurs anglais, et le nombre considérable de décès qu'ils fournissent aux épidémies de variole, de typhus fever et de dysenterie.

C'est là, il faut le dire bien haut, un point essentiel d'économie sociale autant que professionnelle, sur lequel philosophes, hygiénistes et administrateurs devront insister avant tout; et, sans nous étendre davantage sur ce sujet, disons ici que l'instruction et l'éducation morale du paysan lui assureront d'autant plus les bénéfices de l'application et du maintien d'une hygiène privée convenable. « Parmi les modifications les plus importantes qu'il serait désirable de voir introduire dans le régime intérieur des campagnes, nous nous bornerons avec Brochin à indiquer en particulier les suivantes : éloignement des fumiers des pièces d'habitation; suppression des toitures en chaumes, qui entretiennent l'humidité et sont le siège et le réceptacle de décompositions organiques ; agrandissement et multiplication des croisées et autres voies d'aération ; dallage, carrelage ou mieux planchéiage des rez-de-chaussée, et leur surélévation au-dessus du sol; suppression des alcôves, des baldaquins, épais rideaux, qui sont tout autant d'obstacles à la libre circulation de l'air autour du lieu de couchage,

ainsi que de ces sortes de cabines obscures confinées dans la partie la plus reculée de Thabitation et les. plus inacessibles à Tair, où couchent un grand nombre d'habitants des contrées froides et des montagnes. »

Nous allons maintenant pénétrer dans Tétude des causes particulières des maladies qui atteignent ceux qui travaillent aux champs ; les décrire sera le plus souvent indiquer le moyen de les prévenir.

S'il est une profession qui expose plus particulièrement aux intempéries des saisons, c'est celle de cultivateur.

Soit qu'il laboure et qu'il ensemence, soit qu'il fauche et qu'il moissonne, c'est tantôt par un froid vif ou humide, tantôt par un soleil ardent que le paysan travaille. Aussi les affections rhumatismales, les maladies inflammatoires des poumons et les insolations sont-elles fréquentes chez lui.

L'habitude de dormir en plein champ pendant la moisson, et raciion sur la tête ou la face des rayons du soleil deviennent souvent la cause de méningites graves et d'érysipèles. Pâtissier dit que les moissonneurs présentent souvent des ophthalmiesà cause de la lumière très-vive qui frappe leurs yeux. La cataracte a été regardée comme fréquente chez eux.

C'est surtout dans le sud de la France et les pays méridionaux que l'influence solaire se fait sentir ainsi. — Martin Duclaux a décrit en 1859 une maladie des moissonneurs qui aurait sévi épidémiquement sur les populalalions rurales et qui trouverait sa cause dans les chaleurs excessives de l'été. Suivant cet observateur, l'invasion, à peu près instantanée, s'est annoncée assez souvent par de la céphalalgie, par des éblouissements, par l'injection ou plutôt la cyanose du visage et de tout le corps, et par des dérangements digestifs. Insensiblement, et en peu de

temps, il survient de la défaillance des forces dans les membres; les mains laissent échapper les instruments, ]a marche devient titubante, et le malade, pris de vertiges, tombe le plus souvent. Il est rare qu'il n'accuse point de douleurs dans divers points de la colonne vertébrale. — La cause de la maladie serait une hypérémie des centres nerveux, du cervelet et de la moelle épinière principalement. Le traitement employé a consisté en émissions san« guines et frictions mercurielies.

L'attitude et certains mouvements professionnels peuvent devenir la cause d'affections diverses. C'est ainsi que l'on a remarqué l'inflammation des gaines tendineuses des muscles de Tavant-bras chez les moissonneurs qui saisissent et serrent avec vigueur les gerbes de blé. — Suivant Yemois, après la saison des foins, des blés, seigles ou avoines, et à la suite d'un travail sur des milliers de bottes, les boUeleurs présentent au niveau du genou droit des callosités, des rugosités très- vives avec rougeur, qui sont parfois suivies d'inflammation plus ou moins profonde. La cause est la pression constante du genou sur les liens qui assujettissent la botte. — J'ai dans mes recherches constaté que cette attitude occasionnait, le plus souvent, des crampes dans le mollet, et que l'extension forcée et continue du gros orteil provoquait parfois des douleurs trèsvives dans l'articulation métatarso-phalangienne correspondante, et de la crépitation douloureuse dans l'extenseur propre du gros orteil. — Dans l'action de bêcher et de piocher, l'influence de l'attitude est incontestable. Chez les travailleurs de la terre qui se tiennent constamment le corps penché en avant, les muscles spinaux fmissent par ne plus réagir; les vertèbres pressant les unes sur les autres par leur face antérieure, se déforment, et il se produit une déviation à convexité postérieure de la colonne vertébrale

U6 CULTIVATEURS, MOISSOrmECRS, VIGNKRONS.

on cyphose. Presque tons les vieux paysans sont ainsi penchés vers ce sol qu'ils ont tant arrosé de leurs sueurs. Chez les vignerons de profession, cette courbure est surtout très-prononcée à la région cervico-dorsale. — D'après Yernois, le maniement et la préhension habituelle do manche de la bêche amènerait, à la longue, une déviation des quatre doigts de la main vers le bord cubital^ a?ee impossibilité de redressement normal.

Basedow a signalé, sous le nom de melker-krampf, m spasme fonctionnel des doigts, analogue à la crampe des écrivains, chez les trayeuses de vaches. *— Suivant Sbann, les laboureurs viendraient immédiatement après les forgerons pour la fréquence des maladies organiques du cœur, Cet auteur aurait de la tendance à les attribuer h l'influence des efforts violents qu'ils font avec leurs bras.

Cette exagération du mouvement professionnel se rencontre surtout chez ceux qui battent le blé avec des fléaux sur l'aire ou dans les granges. -— Il n*est pas rare d'observer chez les batteurs en grange des irritations des yeux, de la gorge et des bronches. Le battage à la mécanique emploie moins de monde, mais ceux qui dirigent la machine sont plus exposés : de la paille saisie par elle et secouée avec violence s'élève une poussière épaisse formée de détritus de toutes sortes qui pénètre dans le nez, les yeux, la bouche et les voies aériennes. De là des inconvénients inhérents à toutes les poussières, mais acquérant une certaine gravité chez ceux qui sont prédisposés à la phthisie (Beaugrand).

Il en est de même du nettoyage du grain ou vannage. Ce nettoyage s'opère le plus souvent à bras, au moyen d'un van, espèce de grand panier plat à l'aide duquel on agile Je grain en le projetant à une certaine hauteur. Les en-

CULTÎVATECRS, MOISSONNEURS, VIGNERONS. 2i7

veloppes des grains et les matières légères sont entraînées par les courants d'air, et le grain, plus posant, retombe dans le panier. — Les ventilateurs mécaniques, dont l'usage tend à se répandre à cause de Féconomie qu'ils entraînent, occasionnent plus encore, si c'est possible, de la ponssière. De plus, il résulte de la fatigue et des douleurs, ce qui oblige les hommes à se relayer de demi-heure en demi-heure ; la mise en mouvement nécessitant un assez grand effort musculaire.

Les travaux de défrichement par suite duquel les couches profondes de terre humides et chargées de débris organiques sont exposées à l'action de l'air, sont une source firéquente de fièvres intermittentes, mémo dans une loca- Kté qui en est d'ordinaire exempte.

Dans les contrées marécageuses (Bresse, Sologne), les rizières (Lombardie, Parme), l'influence de l'humidité et des miasmes telluriques entraîne, à la longue, un état prononcé d'anémie. Tandis qu'en France, comme dans presque toute l'Europe, la mortalité moyenne annuelle est de 1 sur 40, dans les pays marécageux on voit cette proportion tomber jusqu'à 1 sur 20, et même plus bas encore dans les contrées les moins favorisées.

Ughiy parlant des cultivateurs de riz des rizières de Parme, dit que sur iOO cas de mort parmi les habitants du pays, 56 portent sur les enfants au-dessous de cinq ans ; de ceux qui survivent, les deux tiers succombent avant leur vingtième année ; et le reste végète dans u n état d'affaiblissement physique et moral vraiment digne de pitié (Ughi).

Les hommes qui rentrent les foins, les botteleurs surtout, sont exposés à contracter une affection particulière connue sous le nom d'asthme des foins. — Décrite pour la première fois par Bostock, celle affection est caracléri-

-248 <:Ui;nVATEURS, MOISSONNKCRS, VIGNERONS.

sée par Uîie dyspnée spasmodique avec coryza et larmoiement. Il y a des quintes de toux bientôt suivies d'une expectoration assez abondante, et quelquefois de la fièvre. On a attribué la cause de ces accès d'asthme aux poussières végétales et aux émanations du foin.

L'analogie de ces symptômes avec ceux que détermine chez les ouvriers employés à la sublimation de Tacide benzoïque l'aspiration des vapeurs qui s'échappent accidentellement (irritation très-violente de la poitrine^ quintes de toux très-péniBles) semblerait venir à l'appui de l'opinion de Vogel et Smith, qui considèrent l'asthme des foins comme occasionné par l'acide benzoïque dégagé des plantes fourragères sous l'action du soleil (Smith).

Si nous faisons remarquer que cette affection se manifeste surtout quand le foin est sec, après avoir été exposé plus ou moins longtemps à l'humidité des nuits, on pensera avec nous que l'absorption des poussières en est la principale cause. Peut-être faut-il faire intervenir ici une influence nouvelle, colle de la présence dans ces poussières d'infusoires ou de moisissures. — « Le professeur Helmholtz, dit Tyndall, est atteint chaque année de la fièvre des foins ; il a constaté qu'à ce moment son mucus nasal est peuplé de vibrions qui ne s'y présentent jamais à tout autre moment de l'année, vibrions qui paraissent se loger de préférence dans les anfractuosités profondes des fosses nasales, puisqu'il faut un éternument énergique pour les déloger. »

D'autres affections de même nature ont été décrites par les auteurs. Salisbury parle d'un exanthème fébrile qu'il aurait observé chez un fermier ayant travaillé à rentrer des pailles gâtées, et qui s'était ainsi exposé à l'absorption de poussières moisies résultant du triage de celles qui étaient intactes. Il constata de la fièvre, de l'oppression.

de la rougeur et du gonflement de la gorge et des amygdales; puis il survint, en même temps que du coryza et du larmoiement, une éruption rubéolique généralisée. Les symptômes eurent une durée de quatre à cinq jours.

Salisbury s'inocula des spores et des cellules du champignon de la moisissure, et obtint comme résultat l'apparition de symptômes identiques à ceux de la rougeole ordinaire, sauf une incubation plus rapide. (Effet de VinoculcUion et de la paille de blé, par Salisbury.)

Rouyer a signalé, en 1866, chez les paysans occupés à rentrer le blé altéré par l'humidité, comme chez ceux qui couchaient dans les greniers où il était déposé, une affection parasitaire assez analogue à celle que nous aurons l'occasion de rencontrer chez les meuniers.

€ La maladie débutait par un prurit très-pénible qui durait seulement quelques heures; la peau rougissait et se couvrait d'une éruption miliaire, et de petits points noirs se mouvant en différents sens; puis tout disparaissait spontanément ou avec des lotions vinaigrées après trois ou six jours. — Ch. Robin a reconnu dans ces petits points noirs des nymphes d'un acarien dont il n'a pu constater un seul échantillon d'animal parfait. ^

A l'époque des vendanges, les vignerons qui pénètrent dans les cuves vinaires sont quelquefois victimes d'accidents d'asphyxie provoqués par l'acide carbonique développé par la fermentation.

Ce gaz peut se répandre et s'accumuler aussi dans un cellier mal aéré et devenir ainsi une cause très- fréquente d'asphyxie pour les ouvriers insouciants. Mais en dehors de la production de ce gaz délétère, les observations de Saint- Pierre ont démontré qu'il pouvait exister dans les cuves vinaires des atmosphères asphyxiantes par suite de la

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diminution de l'oxygène et de la présence, en quanlilé excessive, de Tazole.

On devra donc prendre les plus grandes précautions avant de pénétrer dans un cellier et surtout dans une cuve. Non-seulement il faudra faire absorber l'acide carbonique par de la chaux vive et de Fammoniaque, mais encore on devra toujours se faire précéder d'une bougie allumée, car dans le cas où le gaz irrespirable serait de l'azote, c'est à la ventilation seule qu'il faut avoir recours.

Suivant quelques auteurs, Bouché de Yilray et Desmartis entre autres {Camptes rendus de VAcad. des sciences, mai 1864), Yoïdium Tuckeri de la vigne auraitété pourdesvignerons, durant l'époque de la taille, la source d'accidents graves. Ces ouvriers auraient présenté diverses affections de nature diphthéritique, entre autres des coryzas et des angines couenneuses.

Letellier et Spéneux ont démontré, par des expériences nombreuses, que ce fait avancé est complètement erroné. Bouisson (de Montpellier) a décrit une ophthalmie produite par le soufrage de la vigne. — La plupart des travailleurs chargés de cette opération qui se renouvelle depuis le mois d'avril jusqu'au mois d'août, à chaque invasion de l'oïdium, sont atteints d'une irritation oculaire plus ou moins forte. Quelques-uns sont obligés de renoncer à ce genre de travail. C'est une conjonctivite généralement peu grave; les yeux sont rouges, larmoyants, tuméfiés, il y a de la douleur pongitive, pénible surtout au milieu de la journée, où elle est exaspérée par la radiation solaire et la réverbération. Il y a, le plus souvent, inflammation de la caroncule lacrymale, et des ecchymoses sous-conjonctivales. Le soufre sublimé (fleur de soufre) en serait plutôt la cause que le soufre trituré, et c'est à son action chimique plus qu'à son action mécanique qu'il faut attribuer les acci-

lents. Le mélange du soufre avec de la chaux rendrait les ophthalmies plus fréquentes et plus intenses. — Le choix du soufre, l'adoption de bons instruments, Teinploi de voiles, de lunettes, tels seront les moyens préservatifs mis en usage.

Les éruptions cutanées sont trés-fréquentcs chez les garçons de ferme. La malpropreté et le contact habituel avec des matières plus ou moins fermentescibles sont la cause ordinaire de ces affections. L'habitude de coucher dans les étables ne saurait être blâmée d'une manière générale; mais il est bien certain que les odeurs ammoniacales et les produits de la décomposition des urines et des fumiers peuvent porter atteinte à la santé. L'irritation chronique des yeux, et, dans quelques cas, des embarras gastriques bilieux sont le résultat de semblables émanations.

Liguson a trouvé dans l'atmosphère des étables une grande quantité de poils d'animaux, des pellicules, des fragments d'épithélium, quelques cellules de la teigne, des ovales, des champignons de différentes espèces et une grande quantité de matières organiques. On comprend d'après cela que l'herpès circiné, tonsurant, les éruptions pustuleuses du cuir chevelu que l'on rencontre assez souvent chez les garçons de ferme, peuvent avoir une origine contagieuse. Raynaf, en effet, a fait ^connaître à l'Académie de médecine des cas de communication à l'homme de la dartre lonsurante du bœuf et du cheval (1858). — Il est une autre maladie parasitaire des oiseaux de basse- cour, maladie analogue à la gale et causée par le sarcopte mu-' îans de Charles Robin, et qui, d'après Raynal, serait aussi transmissible aux garçons de ferme, aux filles de basse-cour.

Ce que nous venons de dire doit faire reconnaître la nécessité de rassainissementdcs étables» Celui-ci, en dehors

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des moyens ordinaires d'aération, qui, le plus souvent, sont assez difficiles à établir, s'obtiendra autant par l'emploi de substances antiseptiques et désinfectantes dont on saupoudrera le sol et les fumiers, et par une distribution abondante d'eau, avec laquelle on évacuera promptement les résidus de tous genres. — En Allemagne, on s'est bien trouvé, pour enlever les odeurs aux écuries et aux étables, d'arroser le fumier avec une solution de perchlorure de fer. Ce sel a l'éminente propriété de désinfecter en même temps qu'il accroît la valeur agricole de l'engrais (Ch. de Freycinet).

En Angleterre, on fait un grand usage d'un mélange de carbonate de chaux et de sulfite de magnésie (poudre de Mac-Dougall).

En France, on a souvent préconisé, dans ces derniers temps, les composés phéniqués et le phosphate ammoniacomagnésien. Le docteur Lemaire a proposé de saupoudrer le sol des écuries et des étables avec de la terre et du sable contenant deux millièmes d'acide phénique.

Dans certaines circonstances, quand la quantité de gaz répandus dans les étables est considérable, on emploiera le procédé suivant, recommandé par Yernois. Dans une terrine à moitié pleine de cendres on mélange 4 onces de sel commun et 8 onces d'huile de vitriol. Il va se dégager des vapeurs abondantes neutralisantes des odeurs ammoniacales, et des produits de la décomposition des urines et des fumiers. — On ferme pendant le dégagement, puis on aère avant de pénétrer de nouveau.

Nous ne terminerons point cette étude des maladies plus ou moins accidentelles que Ton rencontre chez les gens de la campagne, sans citer une affection curieuse propre aux jardiniers. Elle consiste en une éruption trèsdouloureuse de clous siégeant principalement aux mains,

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et qui a lieu très-fréquemment en Belgique, chez les personnes qui arrachent les panais. Cette éruption, bien connue des maraîchers belges sous le nom de mal du panais, se manifeste ordinairement lorsque l'arrachage se fait à la rosée. {Gaz.hebd.,aos. 1801.)

L. Dedhen, Des causes de l'indigonco et ilos moyens d'y remédier, Besançon, Turbergiie, 1850, in-S». — Martin Duclaux , Comptes rendus de rAcadémie des sciences, 1851). — Ur.Hi, Gaz. med. italiana, provinz. sard., 1861. — Smith, Médical Tiiiios and Gazette,

1863. — BouissoN (de Montpellier), Comptes rendus de l'Académie des sciences, Paris, 1863. — Salisbury , Annales d'hygiène publique, 1863. — A. Chevallier, Des accidents détei minés parles gaz résultant de la combustion du bois et du charbon ; des professions dans lesquelles il y a danger d'asphyxie (Ann. d'hyg. publ.

1864, t. XXII, p. 7-i). — Brochin, Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, art. Logement. — Bertillon , Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, article Grande-Bretagne ; mortalité à chaque âge selon les professions. — Saint-Pierre (de Montpellier), Les atmosphères irrespirables des cuves vinaires (Conq)tes rendus de l'Académie des sciences, 1867). -^ Ch. de Freycinet, Annales des mines, 1860, et Traité d'assainissement, 1870.

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