‹ Hygiène des professions et des industries, précédée d'une étude générale des moyens de prévenir et de combattre les effets nuisibles de tout travail professionnelChapitre 44 sur 98 · DÉGHARGE13RS DE BATEAUX, DÉBARDEURS · texte numérisé non relu

DÉGHARGE13RS DE BATEAUX, DÉBARDEURS

suite des efforts professionnels. — La plupart des auteurs, Ramazzini, Fourcroy, Pâtissier, etc., ont insisté sur la présence d'ulcères aux membres inférieurs. Les ouvriers, dit Pâtissier, sont exposés à se faire aux jambes des écorchures qui dégénèrent souvent en ulcères très-difficiles à guérir. Parent-Duchâlelet, tout en reconnaissant la fréquence des plaies et des contusions aux jambes, est loia de regarder le séjour dans l'eau comme défavorable à leur cicatrisation. — Cet auteur a décrit le premier une maladie particulière aux débardeurs et connue sous le nom de grenouilles.

Les grenouilles constituent une altération du derme caractérisée par un ramollissement, des gerçures et souvent une usure, une véritable destruction des parties qui sont en contact avec l'eau. On les remarque sur les extrémité^ supérieures comme sur les extrémités inférieures; mais plus souvent sur ces dernières. Ainsi, elles siègent de préférence entre les orteils, où elles déterminent de vastes fentes ou crevasses dont la profondeur est quelquefois de plusieurs millimètres; il n'est pas rare de les observer sur les talons; et alors tantôt la peau est fendue, gercée, crevassée en différents sens, tantôt comme mâchée; chez quelques-uns elle s'en va par lambeaux, laissant à vif un fond rouge pulpeux d'une sensibilité extrême. — Cette affection, qui paraît n'être que le résultat d'une macéra'» tion du derme, détermine, dans son état d'acuité, une douleur et une cuisson des plus vives, mais seulement quand les parties, étant hors de l'eau, commencent à se sécher. Cette maladie n'a par elle-même aucune gravité; elle se guérit par le seul repos et la cessation de la cause qui l'a produite. Mais il est des ouvriers qui, dans le cours d'une campagne, sont obligés d'interrompre cinq ou six ois leur travail pour se reposer quelques joursi

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Les panaris, les phlegmons de la main consécutifs à la pénétration d'éclats de bois dans les tissus se rencontrent fréquemment chez tous ces artisans.

Chez ceux qui halent les bateaux le long des rivières, on remarque parfois une certaine voussure de la colonne Vertébrale due à l'attitude courbée qu'ils prennent dans leurs efforts de traction. Ils présentent, en outre, une direction des pieds en dehors plus ou moins marquée (Yalgus), due à leur manière de marcher sur le chemin dchalage et de presser sur le sol surtout avec le bord interne de la plante du pied. — L'action du baudrier ou de la corde sur les épaules détermine par le frottement une inflammation plus ou moins vive de la partie froissée, des furoncles, des anthrax^et la formation d'une bourse séreuse accidentelle sur le sommet de l'épaule.

Cette même cause, en agissant par compression sur la cage thoracique et la partie inférieure du cou, a donné lieu quelquefois à des hémoptysies et à des vertiges con«* sécutifs au gonflement des veines cer\'icales. — Presque tous ces ouvriers sont atteints de hernie.

Les durillons forcés sont ici extrêmement fréquents; ils se montrent sous les premières phalanges de chaque doigt^ et 8*accompagnent très-souvent de suppuration.

La nature des matériaux dont on opère le déchargement ou transbordement peut de son côté influer d'une manière fâcheuse sur la santé des ouvriers. C'est ainsi que le charbon, le guano, les céréales, exposent à l'absorption de poussières irritantes et nuisibles.

Coustan a signalé chez ceux qui chargent et déchargent le charbon de lerre, et particulièrement les briquettes, des inflammations de l'oreille fréquemment suivies d'olorrhée, et déterminées par la présence et le séjour dans le conduit auditif de particules charbonneuses irritantes. On

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comprend combien fl est nécessaire d^exiger, dans ces caslà, les lavages fréquents de la face et des oreUles, mais le moyen préventif par excellence consistera à se Jboucher les oreilles avec dn coton introduit profondément.

J*ai remarqué que les hommes occupés à charger les navires de guano sont le plus souvent atteints de blépharites chroniques, et quelquefois de conjonctivites tenaces» dues sans doute aux émanations ammoniacales et à la nature de la poussière elle-même.

Il est des accidents singuliers que Ton a observés en pareilles circonstances : des ouvriers déchai^eant un bateau de riz non décortiqué furent atteints d'une tumé&ction avec rougeur de la face, et d'une inflammation des yeux si intense que plusieurs furent obligés d'interrompre leur travail au bout de quatre heures ; deux d'entre eux fqrent tellement incommodés qu'ils ne purent regagner leur domicile et se trouvèrent dans l'impossibilité d'ouvrir les yeux pendant douze heures. En examinant une petite balle de riz, on reconnut qu'elle était recouverte de larves vivantes de la calandre du riz et de leurs dépouilles, et que le grain, en grande partie vermoulu, renfermait une quantité énorme de calendres mortes et se réduisant en poudre par un léger frottement. — D'après les analyses de de Brou, la calandre du riz contiendrait un principe susceptible de produire une assez vive rubéfaction. (De Brou, Accidents produits par ta calandre du riz^ in Ann. hyg. publ.)

Il est enfin des circonstances où les ouvriers courent les plus sérieux dangers; c'est lorsqu'il s'agit du déchargement sanitaire d'un navire infecté de miasmes épidémique ou contagieux, tels que fièvre jaune, choléra, etc.; témoins les cas de fièvre jaune survenus à SaintrNazaire lors du déchargement de l Anne-Marie, 1864.

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