‹ Hygiène des professions et des industries, précédée d'une étude générale des moyens de prévenir et de combattre les effets nuisibles de tout travail professionnelChapitre 45 sur 98 · DÉCHARGEURS DE BATEAUX, DÉBARDEUKS · texte numérisé non relu

DÉCHARGEURS DE BATEAUX, DÉBARDEUKS

L'emploi des désinfectants, des fumigations et des chlorures à larges doses ne saurait donner, dans ces cas-là, des garanties suffisantes contre les chances de contamination ou d'infection. Le Roy (de Méricourl) a proposé l'emploi d'appareils respiratoires spéciaux :

€ La respiration étant la voie la plus largement ouverte à l'absorption des miasmes, dit cet auteur, les ouvriers qui opèrent le déchargement sanitaire devraient ne pénétrer dans les parties profondes des navires infectés que munis de l'appareil respiratoire de Rouquayrol.

> Cet appareil repose sur l'emploi de Tair comprimé; il consiste essentiellement dans une botte à parois métalliques qui se porte sur le dos; elle est munie à sa partie supérieure d'un régulateur spécial de la consommation de l'air. L*air comprimé est distribué aux poumons de l'ouvrier suivant ses besoins par le régulateur que mettent en mouvement les mouvements eux-mêmes d'inspiration. — Un simple pince-nez ferme hermétiquement les orifices des narines : l'homme est donc ainsi complètement isolé et entièrement soustrait aux influences nuisibles des atmosphères méphitiques dans lesquelles il peut séjourner. Il porte avec lui une atmosphère comprimée, il est vrai, mais salubre. Grâce à cet artifice, le déchargement sanitaire, le lavage à l'eau douce des navires dont la cale est aussi infectée que possible, peuvent se faire sans danger, minutieusement, sans dépenses extraordinaires et sans que le chai^ement ait le moindrement à soufl'rir. y>

M. Perroud (de Lyon) a fait une communication à l'Association pour l'avancement des sciences à Lille, sur la plUhisie des mariniers du Rhône. Cette phthisie traumatique est due à l'action du horpeau sur le creux sus-claviculaire. Elle apparaît le plus souvent vers quarante ans. (Ces mariniers ne sont employés qu'à partir de vingt-sept

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à trente ans.) Les lésions se montrent assex rapidement au sommet, surtout du côté droit, mais peuvent s'améliorer et même guérir par des soins bien dirigés et surtout par le changement de profession. On a bien essayé de prévenir ce traumatisme à l'aide de plaques protectrices; mais il est très- difficile de faire adopter celles-ci, contraires aux habitudes professionnelles.

Parent-Duc HATELET, Mémoire sur les débardeurs de lavHlede Paris, ou recherches sur l'influence que peut avoir sur la sant^ rimmereion longtemps prolongée des extrémités inférieures dans Teau froids (Ann. d'hyg. publ., Paris, 1830Jt. III)« reproduit inHygiène publique, Paris, 1836.— Le Roy (de Méncourt), Arch.„ de méd. nav.( 1865.

DENTELLIÈRES, BRODEUSES. — Rien n^est plus triste que le tableau que les observateurs, de tout temps, nous ont tracé de la santé des dentellières. — Retz assure que la plus grande partie des ouvrières en dentelles d'Arras mourait de la poitrine. — Brieude, dans sa Topographie médicale de la haute Auvergne (Àurillac, 1821), dit avoir remarqué que toutes les jeunes personnes de Saint *-Flour^ d'Âurillac, de Murât et de Mauriac, qui travaillent à faire de la dentelle, contractaient une mauvaise santé et finissaient par avoir toutes les cachexies qu'une vie sédentaire, une attitude courbée et une mauvaise nourriture produisent.

L'attitude professionnelle, l'immobilité presque absolue des extrémités inférieures, l'application continuelle des yeux sur un travail fin et fatigant : telles sont en effet les causes constantes qui déterminent des accidents fâcheux chez ces ouvrières. — Mais lorsqu'à ces causes, qui agissent communément chez toutes les ouvrières en couture, viennent s'ajouter l'influence d'une habitation humide et rendue malsaine par l'encombrement, le défaut d'hygiène

D£NT£LUÈKE8, UIIUDËUSËS. i.VJ

physique, rinsuflisance de ralimentation et surtout les déplorables effets d'un apprentissage commencé trop jeune, on ne sera plus étonné du sombre portrait que Thouvenin a fait des dentellières de Lille.

€ C'est principalement à Lille, dit cet auteur, que la position de dentellière est malheureuse. On peut regarder comme un fait positif que sur 100 jeunes filles de cinq à six ans à qui l'on fait apprendre la fabrication de la dentelle dans un âge aussi tendre, et pendant quatre ans, comme Tusagele veut, la moitié au moins, à cinquante ans, seront bossues ou atteintes d'une des nombreuses affections des yeux, comme l'engorgement des paupières, l'amaurose^ la myopie, la cécité, dus à l'extrême fatigue de ces organes, ou d'un des symptômes de la maladie scrofuleuse; et d'une taille beaucoup au-dessous de la moyenne, avec voussure du dos, pâleur et maigreur de la figure ; et cette proportion de femmes infirmes augmente encore avec l'âge. >

La scrofule et la phthisie tuberculeuse, tels sont en effet les deux grands vices organiques dont ces ouvrières sont menacées. — Pour prévenir de semblables résultats, «cet auteur conseille avec juste raison de retarder les débuts de l'apprentissage ; et au lieu de poser leur carreau sur les genoux, ce qui force les dentellières à se pencher fortement en avant, il voudrait les voir faire usage d'un pupitre.

c Combien de femmes âgées, dit-il, occupées depuis longues années à la fabrication de la dentelle, éprouvent une grande difficulté à mouvoir leurs jambes, quand, après un travail de quatre à cinq heures, elles sont obligées de se lever pour prendre leur repas et satisfaire à leurs besoins! Certainement, si dans leur bas âge, quand elles ont commencé à travailler, on leur avait fait contracter l'usage

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