‹ Hygiène des professions et des industries, précédée d'une étude générale des moyens de prévenir et de combattre les effets nuisibles de tout travail professionnelChapitre 53 sur 98 · LA Y ET · texte numérisé non relu

LA Y ET

826 FOSSOYEURS (Ouvriers employés aux exhumations). •

F. X. Masson, Enquôte sur la question du travail ag^coloet industriel dans le canton de Charlcville. Moyens de prévenir- ou d*atténucr les suites fâcheuses de crises commerciales, et spécialement d^amé* liorer le sort des cloiiliers et ferronniers de l'Ardenne française, Méïières, 1849 (Compl. rendus in Ann. d'hyg. publ., 1850, t. XUII.

— Desatvre, Étude sur les maladies des ouvriers employés dans la manufacture d'armes de Ghâtellerault (Ann. d'hyg. publ., 1856, t. Y).

— Marten, Statistique médicale d'une usine métallurgique. Pappcuheim*s Beitrage zur Forschung auf dein Gcbiete der Sanitats Polizci, Berlin. Extrait par Beaugrand (Ann. d*hyg. publ., 1862, t. XYIIl).

— Maisonneuve (de Rochefort), Hygiène et Pathologie professionnelle des ouvriers des arsenaux maritimes (ouvr. cité). — A. Layet, Pathologie professionnelle des ouvriers de l'arsenal maritime de Toulon, article Atelier des forges (Arch. de méd. nav., 1873,

. t. XX).

t^eSSOYEURS, OUVRIERS EMPLOYÉS AUX EXHUMATIONS.

— Les fossoyeurs et les ouvriers généralement employés aux exhumations sont surtout exposés aux accidents redoutables du méphilismc putride engendré par la décomposition des cadavres.

Ces accidents peuvent se manifester d'une façon lente et chronique, par Taltération progressive de Torganismc, précédée et accompagnée d'un embarras prononcé des voies gastro-intestinales, avec tendance aux flu.Y bilieu.Y et dysentérique.

L'ouvrier qui subit, à différentes reprises, une aussi funeste influence finit par tomber dans une anémie profonde avec diarrhée persistante, bouffissure de la face et des extrémités. Plus que tout autre il est exposé aux fièvres graves et malignes, malgré l'opinion contraire de quelques auteurs. Il se manifeste fréquemment sur les diverses parties de son corps, on dehors de toute exacerbalion fébrile, des taches pétéchiales discrètes, ou des éruptions furonculeuse et huileuse, indices d'un véritable empoisonnement constitutionnel. Mais il arrive souvent

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qu'un dégagement subit de gaz vient surprendre le fossoyeur au moment de la découverte d'un eadavre, soit au moment où, creusant une fosse, il frappe sur un cercueil voisin, soit lorsqu'il procède à l'exhumation d'un mort récent.

« En effet, dit Tardiou, les fossoyeurs ont eux-mêmes observé qu'ils n'étaient exposés à un danger véritable que dans la première période de la décomposition des corps, c'est-à-dire quelques jours après leur inhumation, lorsque le ventre, après avoir été distendu par des gaz, se déchire aux environs de l'anneau et quelquefois autour du nombril ; il s'écoule alors par les ouvertures un fluide sanieux, 1)runâtre, d'une odeur fétide, et il se dégage en môme temps un gaz très-méphitique et dont on doit redouter les daogereux effets. » L'ouvrier qui respire ce gaz tombe comme frappé à mort, quelquefois pour ne plus se relever. D'autres fois, il ne survit que quelques jours à l'absorption de ces émanations mortelles, et tout son corps présente alors les traces d'une décomposition anticipée.

Dans quelques circonstances, selon Pellieux, c'est à l'asphyxie par l'acide carbonique que les fossoyeurs sont exposés : dans les fosses temporaires et les fosses communes, la masse des cadavres en décomposition permanente est une source continuelle d'acide carbonique. Or, suivant l'état barométrique, par les temps calmes et lourds, l'acide carbonique peut s'accumuler à la surface du sol et descendre dans les caveaux placés sur sa route. C'est principalement dans les caveaux provisoires que cette accumulation aurait lieu. On comprend quels dangers courent les ouvriers appelés à descendre dans ces caveaux.

Hygiène préservatrice. — C'est aux instructions du conseil supérieur d'hygiène publique que nous emprunterons, en grande partie, ce que nous allons dire des précau-

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lions à prendre dans la pratique des exhumations. L'exhumation se fera de préférence le matin, surtout dans les saisons chaudes; on y emploiera un nombre suffisant d'ouvriers pour qu'elle s'achève le plus promptement possible; on arrosera la fosse et le cercueil avec une solution de chlorure de chaux, de sulfate de fer ou de l'eau phéniquée. S'il y avait lieu à exhumer dans des caveaux, il faudrait ouvrir largement ceux-ci au moins vingt-quatre heures avant le commencement du travail, y faire répandre de la solution chlorurée, et ne permettre aux ouvriers d'y entrer qu'après qu'on se serait assuré, en y descendant une chandelle allumée, que leur vie ne saurait y être ex; posée au danger d'une asphyxie par l'acide carbonique.' Si la chandelle, en s'éteignant, dénotait la présence de ce ga^, il faudrait soit le détruire en versant dans le caveau du lait de chaux, soit l'extraire à l'aide d'une manche à air ajustée à un fourneau d'appel placé au dessus du caveau. Guérard a proposé, dans sa thèse de concours, de faire jouer à vide, au fond du caveau, une pompe àincendie qui chasserait promptement, grâce à l'air respirable qu'elle y projetterait, les gaz délétères amassés. Gaultier de Claubry en effet n'admet pas la seule présence de l'acide carbonique dans ces caveaux ; il y aurait encore des produis ou miasmes putrides dont la composition échappe à l'analyse. Les premiers ouvriers qui y pénétreront auront donc la bouche et lés narines garnies d'un masque ou mouchoir tremj)é dans l'eau phéniquée ; ils seront suspendus par une corde passant sous les aisselles, afin de pouvoir être retirés au moindre danger. Si l'opération doit se prolonger, il serait prudent de les munir d'un appareil Gallibert. (Voy. la description de cet appareil à l'article Égoutiers.) iMais il est des circonstances où ies exhumations doi-

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vent avoir lieu sur une plus grande échelle; c'est dans les cas d'abandon de cimetière et de déplacement d'un grand nombre de cadavres. On procédera par une température peu élevée; un nombre suffisant d'ouvriers sera employé, afin de faire vile et de pourvoir au remplacement de ceux qui se sentiraient indisposés; les couches de terrain, à mesure qu'elles seront découvertes, seront imbibées de liquides désinfectants (goudron, coaltar, acide phénique, sulfate de zinc, sulfate de fer, chlorure de chaux). Il arrivera infailliblement qu'on trouvera beaucoup de cercueils consumés et des cadavres en pleine putréfaction ; dans ce cas, il faut désinfecter convenablement le cadavre avant de le déplacer, et le travail de déplacement devra se faire avec des crochets, des dragues ou de longues pinces de fer, car il ioiporte que les ouvriers mettent le moins possible les mains aux corps ou parties de corps en putréfaction; il sera bon de les pourvoir de solution phéniquée, afin qu'ils puissent se laver dès qu'ils auront été imprégnés de produits putrescents; ils fumeront et garderont dans leur bouche un morceau de camphre afin de masquer l'odeur cadavérique. Lorsque la journée sera finie, ils se livreront à des ablutions à grande eau; ils changeront leurs vêtements afin de les faire désinfecter en les soumettant aux vapeurs de chlore. Enfin, une bonne nourriture et Tadministration d'une ou deux rations d'eau-de-vie compléteront

les précautions employées.

Halle, Hygiène, Maladie «les fossoyeurs, Paris, 1806. — Alph. Gric- RARD, Des exhumations et des inhumations sous lo rapport de l'hygiène, thèse de concours, Paris, 1838. — Augustin Pelliei'X, 0I>servations sur les gaz méphitiques des caveaux mortuaires des cimetières de Paris (Ann. d'Iiyg. publ., 1819, t. XLI). Instructions du conseil supérieur d'hygiène publique, Paris, 1801. — Amiir. Tardieu, Dictionnaire d'hygièno publi«|ue ot de salubrité, 2© édition, articles Exhumations, Inhumations, Putrides (émanations), Paris,

330 GAZ DE L'ÉGUIRâOE (Ouvriiii ÈimmÊHUitm).

186â, et article Exhumations» ie Nouy. Dict. éoipéiocine et de dû* rurgio pratiques, de iacc^ud, t. XIV» 1871.

«AX DB l4*ËCUtlRACSE (OUVRIERS EMPLOYÉS A LA

FABRICATION Du). — Les ouvriers des usines à gaz sont soumis à deux causes principales de maladies qni sont : les grandes variations de température auxquelles les expose particulièrement le travail des cornues, et la présence degas et de poussières nuisibles dans l'atmosphère des ateliers.

Parmi les affections professionnelles nous devons citer en première ligne les maladies des organes respiratoires qui se manifestent principalement chez les individus eod'ployés aux fourneaux. — Ce sont, engénéral, des catarrhes bronchiques et des inflammations du poumon; n^aissup* tout Taffection appelée par nous bronchorrhée profesaon* ncUe, et dans laquelle, en même temps qu'une expectoration de mucosités noirâtres, on constate de l'emphysème pulmonaire et de la dilatation des bronches. — La cause première de cette affection réside dans l'inhalation continue de la poussière de charbon qui remplit l'atmosphère des ateliers, et ses symptômes sont ceux de la maladie des bouilleurs.

Toutefois, les brusques refroidissements du corps en sueur jouent ici un rôle important dans la détermination rapide de la maladie et dans sa facilité à revêtir les formes avancées.

Les rhumatismes sont fréquents parmi ces ouvriers : suivant Potersen, la forme la plus commune de ces accidents serait la sciatique.

Il est un certain nombre d'affections qui résultent à la fois de l'affaiblissement provoqué par des déperditions sudorales continues et par l'absorption de gaz nuisibles. Nous voulons parler des affections gastro-intestinales chro-

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niques, qui sont le plus souvent, avec la chloro-anémie, les symptômes d'une altération lente du sang, — Quel-, quefois, cependant, il se manifeste des signes rapides d'intoxication caractérisés par un catarrhe aigu de Testomac, accompagnés de vomissements et de fièvre, qui plonge les ouvriers dans l'abattement le plus profond, plus rarement, dans un coma subit. Ces derniers accidents doivent être attribués à l'action des produits empyroumatiques, aux carbures d'hydrogène et à l'hydrogène sulfuré, qui se dégagent des cornues pendant le travail, au moment d'une fuite. — Mais la chloro-anémie et tous les symptômes de l'empoisonnement chronique sont le résultat do l'obstacle apporté à une oxygénation suffisante du sang, par la combinaison du gaz oxyde de carbone absorbé, avec les globules sanguins. (Voy. Repasseuses.)

Toutefois, par l'application exacte des principes d'hygiène industrielle, grâce à une excellente distribution des ate« liers, grâce surtout à l'emploi le plus large d'une ventilation bien entendue, les ouvriers de la plupart des usines à gaz n'offrent qu'un bilan pathologique restreint. — Les éruptions de la peau ne sont pas rares chez eux, et parmi elles il nous faut signaler tin exanthème papulo-pustule\ix ressemblant à l'acné varioliforme de Bazin, maladie très*» tenace et difficile à guérir.

Citons enfin les brûlures, quelquefois étendues, auxquelles exposent le travail des fourneaux et l'inflammation des produits gazeux.

Quelques auteurs admettent, que le séjour dans ces usines est préservatif de certaines affections. On sait que c'est là un mode de traitement de la coqueluche. — Suivant Petersen, dans les ateliers d'épuration des gaz, dont l'atmosphère est pour ainsi dire intolérable, la bronchite est complètement inconnue.

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