GRAVEURS
Les ouvriers employés aux cornues seraient aussi trèspeu prédisposés aux maladies infectieuses, et spécialement à Finfeclion typhoïde.
Petersen, De la santé des ouvriers des usinos à gaz de Copenhague, in Hygieniske meddelelser og. Botratyninger, vol. VU, part, n, 1872, Copenhague. Extrait par Du Mesnil (Ann., d'hyg. publ. 2» série, Avril 1874.) — LuDW. Hirt, Die Krankheiten dcr Arbeiter, Bfeslau iind Leipzig, 1873, 2<) fascicule, analyse par Schwartz (Annales d'hygiène publ., 2° série, 1874).
C3RATEURS. — Nous trouvons chez les graveurs au burin les causes suivantes de maladies : vie sédentaire, application soutenue des yeux à un travail minutieux, attitude courbée, exercice professionnel des doigts.
Voici comment s'exprime Jordan à leur sujet : « Parmi les organes des sens, les yeux sont surtout affectés, chez les graveurs, par Tattcntion extrême qu'exige leur travail. La fixité continuelle de la vue sur de petits objets et à un très-grand rapprochement, finit par détruire le pouvoir d'accommodation de l'œil. Le travail qui s'accomplit à une lumière défectueuse, insuffisante ou trop vive, agit d'une manière encore plus défavorable, il en résultera des phlegmasies chroniques des membranes internes ou externes de l'œil, le trouble dans la transparence des milieux, et enfin l'amblyopie. » (Voy. Malad, professionnelles des yQUoc, in Path. gknér., page 23.)
La pression du brunissoir amène le développement de callosités et de durillons à la face interne des doigts et de la main. On a remarqué surtout un bourrelet épidermique saillant à l'articulation des deuxième et première phalanges, et parfois la contracture du petit doigt dans la main qui tient le brunissoir.
La pression de Tinstrumont h graver, par sa tête, sur la paume de la main ; par son manche, sur les doigts ; la près-
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sion du bord externe de la main sur les planches ou les objets, ou la table à graver; le contact habituel des extrémités supérieures sur les plaques froides de métal, et le travail exécuté presque constamment avec les mains placées verticalement, les deux coudes appuyés fortement sur la table et le corps penché en avant : telles sont les causes, suivant Vernois, qu'il faut invoquer pour expliquer la présence fréquente de durillons aux phalanges du pouce et de l'index des deux mains, de durillon et de bourse séreuse accidentelle à chaque coude, de luxation habituelle, en arrière, du pouce gauche; le spasme fonctionnel des doigts, Fanesthésie fréquente de lapeau des mains et des avant-bras, et quelquefois la disposition en griffe des doigts de la main droite ou atrophie des muscles interosseux ; toutes atîections que Toa rencontre chez les ouvriers graveurs.
On a signalé aussi, chez eux, la voussure du dos, avec une certaine déformation en haut et en arrière des épaules. D'après Lombard (de Genève), les graveurs fourniraient douze décès de phthisie sur cent malades; dans le tableau de statistique professionnelle dressé par de Neufville à Francfort, la durée moyenne de la vie chez les graveurs est relativement inférieure, et ne dépasse pas quarante ans. On peut rapporter aux graveurs en particulier ce que nous avons dit des ajusteurs, à propos de la phthisie pulmonaire.
Dans la gravure à Teau-forte, les ouvriers sont exposés à l'action de l'acide nitrique sur la peau des doigts, et h celles des vapeurs nitrcuses sur les voies respiratoires; il peut en résulter des accidents que nous avons déjà rencontrés chez les bijoutiers pendant le dérochage. (Voy. Bijoutiers.) D'autres accidents, qui consistent en céphalalgie, légers troubles des sens, dyspepsie et coliques, sont