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paralysie ou impotence fonctionnelle du long péromer (Duchenne).
L'immobilité et le repos de Tarticulation dans le premier cas, la ténotomie dans le second cas, et dans le troi» sième la faradisation des muscles atteints : telles sont les règles du traitement à appliquer.
— Les vêtements du soldat et son équipement peuvent devenir, à leur tour, la cause d'aflections variées et graves quelquefois.
C'est ainsi que nous avons vu que la pression du col autour du cou favorise 4a congestion du corps thyroïde; elle est aussi une cause prédisposante du coup de chaleur.
Les médecins anglais attribuent à la gêne que fait éprouver à la respiration et à la circulation là constriction ainsi exercée par le collet et par la partie supérieure du vêtement, chez les militaires, la fréquence des anévrysmes du cœur et de Taorte, que Ton rencontre dans la professioni^ D'après les statistiques anglaises, en effet, cette affection serait onze fois plus fréquente chez les militaires que dans la population civile. D'après des recherches faites sur les registres de Tarmée anglaise, dans différentes stations sur le globe, l'inspecteur général Davy, dans son livre : Malih dies de Varmée, arrive à ce résultat important que la mortalité par les anévrysmes a été, pour les cavaliers, de 31 pour 4000, et pour les fantassins, 14 pour 1000. Cette différence de plus de moitié, chez les cavaliers, indique assez combien l'exercice du cheval prédispose à ce genre de lésions vasculaires.
Morgagni, Ramazzini, Pâtissier, Corvisart, avaient déjà signalé cette influence prédisposante de l'équitation sur les anévrysmes du cœur et des gros Vaisseaux.
— Il faut signaler ici la présence ordinaire de furoncles sur le dos des fantassins, peu accoutumés à la pression
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rude du sac ; au cou et à la nuque^ chez les jôunes conscrits exposés au contact roide du col militaire ; et, sur les fesses des cavaliers qui n'ont pas l'habitude du cheval, et quiy pimdant le trot, souffrent du frottement répété de la selle.
Cbecies cavaliers, dans Tarraée, il existe une forme particulière d'ecthyma, décrite par Dauvé sous le nom d'^cthyma des cavaliers. La forme de l'éruption ne présente rien de bien spécial, si ce n'est qu'elle est limitée aux jambes.
Sur 55 malades, Dauvé l'a vue siéger 50 fois à la partie antérieure et externe du tibia. Trois fois, elle occupait les fesses et les cuisses. Cette affection se distingue aisément du furoncle par l'absence de base indurée, acuminée ; elle dure en moyenne de vingt à vingt- cinq jours, mais peut revêtir une marche chronique. L'irritation produite par le pantalon à manchettes de cuir, par les petites et les grandes bottes, la malpropreté inhérente à tout cavalier, sont la cause de cette éruption, qu'accompagne aussi un état de faiblesse générale. (Dauvé, VEcthyma dans Varmée et spécialement dans la cavalerie^ in Recueil de mémoires de médecine militaire, 3^ série, t. V, p. 192 et 290.)
— Bégin, Larrey, Velpeau, ont fait ressortir la fréquence des abcès froids chez les jeunes soldats. Ces abcès surviennent généralement au cou (adénites cervicales), au dos, à la partie antérieure de l'épaule, à l'avant-bras gauche, lieux du corps qui souffrent de la pression et des frottements du sac, ou qui sont exposés aux chocs répétés du fusil; mais nous devons admettre avec Boyer et Denonvilliers que ce île sont là que des causes déterminantes, qui n'auraient point agi s'il n'avait pas existé chez les sujets une disposition générale, véritable principe de la maladie : la scrofulose.
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— De toutes les parties de rhabillement du soldat, il n'en est aucune qui demande plus de soins que la chaussure. Le maréchal de Saxe disait avec raison que l'armée qui aurait donné à ses troupes la meilleure chaussure posséderait sur ses ennemis un immense avantage , celui de conserver des hommes disponibles pour la marche. — Les mauvaises chaussures, en effet, font développer sur les pieds soit des produits chroniques de compression, soit des affections aiguës. Les produits chroniques sont surtout des durillons, des yeux de perdrix et des déformations de la partie antérieure du pied ; les affections aiguës consistent dans des inflammations de la peau, des ampoules^ des excoriations. Ces excoriations s'observent principalement au niveau du cou-de-pied et immédiatement au-dessous de la malléole externe. Elles sont produites pendant réchauffement des pieds par des marches prolongées et inaccoutumées, et occasionnées par les frottements répétés des bords et des angles du soulier, à chaque flexion du pied. Elles sont assez communes chez les jeunes soldats pour figurer dans la proportion d'un tiers dans les exemptions de service (Lèques).
— Il nous paraît utile et facile maintenant de formuler les quelques préceptes d'hygiène professionnelle ayant pour but de préserver les jeunes soldats de la plupart des inconvénients pathologiques que nous venons de passer en revue. On pourrait les résumer ainsi : aération complète et bonne disposition intérieure des casernes, soins extrêmes de propreté individuelle, alimentation suffisamment réparatrice, usage du vin et de la viande, alternatives de repos nécessitées par les fatigues du service.
Les divers procédés de ventilation et de chauffage des casernes et des corps de garde seront combinés et appliqués de la façon la plus convenable pour faire disparaître
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toute trace de gaz nuisible et d'humidité. (Voy. Ventilation NÂTURELLE.)On Combattra la grande malpropreté du corps chez lès soldats, en exigeant d'eux les soins les plus complets de la toilette : ablutions de la face, des mains et du cou, nettoyage des dents et de la bouche ; il sera bon de mettre à leur disposition, dans les casernes ou dans les camps d'instruction, des bains et des piscines. Le nettoyage du linge de corps surtout doit être l'objet des plus rigoureuses exigences.
En cas d'épidémie, on disséminera les troupes, et au besoin on fera évacuer la caserne, que l'on soumettra ensuite aux procédés usuels de désinfection.
D'une manière générale, les objets de vêtement et d'équipement seront modifiés de façon à n'obéir qu'aux seules considérations d'hygiène et d'aisance dans les mouvements du corps. Le col roide sera remplacé par une cravate, ou mieux devra disparaître tout à fait, comme cela a lieu chez les marins et les zouaves. La coiffure sera légère, capable de préserver de la pluie dans nos climats; dans les pays chauds, on adoptera l'usage d'un couvre-nuque pour se garantir du soleil. L'usagé d'une chemise de flanelle, à condition d'en surveiller très-attentivemenl le maintien de la propreté, évitera aux soldats bien des refroidissements subits et des rhumatismes, en protégeant la peau contre l'évaporation trop active de la sueur.
La chaussure du soldat, dit Morache, doit répondre à des conditions multiples plus encore que pour tous les autres individus ; il importe qu'elle soit souple, légère et solide, facile à mettre et à ôter, appropriée à tous les climats et à toutes les saisons, confectionnée de façon à laisser le pied sec et sain, à ne contrarier le jeu d'aucune de ses articulations, à empêcher l'entrée du sable et de la boue. {Hygiène milUaire y p. 591.) On habituera de bonne heure
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et progressivement les nouveaux soldats aux marches militaires, et à supporter le poids de leur équipement. Les haltes se feront toujours dans des lieux abrités. Le soldat portant toujours avec, lui deux paires de chaussures, Tune au pied et l'autre dans le sac, pourra en changer au besoin^ et prévenir ainsi à temps toute excoriation. On devra permettre aux soldats et, au besoin, exiger d'eux qu'ils se baignent les pieds le plus possible pendant les grandes marches.
« Au point de vue de l'hygiène, ce qui a une importance capitale, c'est non-seulement de diminuef le poids total de la charge du soldât, mais aussi de répartir cette charge suivant les lois de l'équilibre, de sorte qu'en dehors des elTorts musculaires nécessaires pour enlever tout le poids de l'équipement pendant la marche, il ne soit pas encore besoin d'autres efforts musculaires pour le maintenir. Enfm, il faut que les objets constituant le chargement, les liens ou courroies qui servent à les fixer, ne portent pas de gêne aux libres mouvements d'ampliation de la poitrine, ne compriment ni l'abdomen ni les gros vaisseaux superficiels de la région du cou ou des aisselles. >
Nous n'insisterons point sur les objets de campement ni sur l'installation de ce dernier; mais il nous parait nécessaire de dire quelques mots ici des avantages delà création des camps d'instruction, au point de* vue de la salubrité de la profession militaire. On a reconnu que la mortalité des soldats en France est beaucoup plus* forte dans les garnisons que dans les camps. Au camp de Châlons, en 1864, on a une moyenne annuelle de â,46 décès pour 400() hommes d'effectif, tandis que la mortalité de l'armée, à l'intérieur, est de 9,42 pour 1000.
Ces chiffres peuvent se passer de commentaires. Aussi dirons-nous avec Michel Lévy et E. Boisseau :
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. < Par la création des camps permanents, où l'espace serait largement concédé, où Ton établirait des habitations légères que l'on pourrait facilement déplacer, renouveler même au bout de quelques années, on supprimerait ces accumulations d'hommes dans des casernes où la fièvre typhoïde, la tuberculose, les fièvres éruptives sévissent en permanence. »
B. — C'est surtout le fantassin que nous avons eu en vue jusqu'ici ; il nous faut, à présent, dire quelques mots des affections auxquelles l'exercice du cheval expose plus particulièrement les cavaliers. En dehors des anévrysmes, que nous avons déjà signalés comme plus fréquents chez les cavaliers que chez les fantassins, nous citerons : les hémoptysies, qui se montrent chez les jeunes soldats qui n'ont point encore l'habitude du cheval, après de longues courses accomplies sans prendre du repos; les affections des voies respiratoires, que provoque une course rapide contre le vent; les hernies inguinales, l'hématurie, extrêmement fréquente chez les hommes forcés d'être souvent et longtemps à cheval; les abcès à la région sacro-coccygienne; la contusion des testicules et l'hydrocèle; les furoncles, les excoriations aux fesses, au périnée, à la partie supérieure et interne des cuisses, quelquefois aux genoux; des hémorrhoïdes très-fréquentes et très-pénibles.
Chez les cavaliers de profession, les cuisses et les jambes deviennent arquées, à convexité extérieure ; il s'établit, à la longue, un commencement de luxation en dehors de l'articulation fiémoro-tibiale, avec un léger depé de distension des ligaments de cette région. (Rider, Elude médicale sur réquitalion, in Ann. d'hyg. pubL, 1870.)
Chez les artilleurs, pendant le tir du canon, il peut se foire une rupture de la membrane du tympan,.par suito
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de rébranlement brusque imprimé à la colonne d'air par la détonation.
Percy a appelé rattention sur les bémorrhagies du conduit auditif consécutives à cette lésion, et âur l'apparition d'une céphalalgie très-vive et très-persistante. Il y a en général aussi des troubles plus ou moins prononcés de l'ouïe ; et des otites rebelles peuvent être la conséquence de la non-cicatrisation de la plaie par rupture.
Suivant Barthélémy, ce que l'on rencontre le plus souvent chez les canonniers, après les exercices à feu, c'est une dureté momentanée de l'ouie, avec ces sifflements, ces bourdonnements, toutes ces variétés de bruits silencieux^ indices d'un trouble dans l'innervation, et contre lesquels nous ne possédons aucun moyen d'action. Plus tard, par la reproduction fréquente de ces phénomènes, le nerf acoustique reste dans un état de torpeur, et une irrémédiable surdité finit par s'établir. Il faut que le canonnier se garnisse les oreilles d'un corps léger comme le coton; mais sans le tasser, car, dans ce cas, ce n'est plus un corps mou, interceptant les ondes sonores, mais bien un corps solide qui, à ce titre, est parfaitement apte à les transmettre.
On a aussi parlé d'une orcliite des canonniers, mais c'est un fait rare. Elle est due, évidemment, à la rétraction convulsive du crémaster et au froissement du testicule. . Nous n'avons pas l'intention de nous étendre ici sur tous les accidents qui peuvent survenir pendant le chargement et le déchargement des pièces. Ces accidents, du reste (explosion d'une gargousse, projection du refouloir, etc.), étaient plus fréquents avec l'ancienne artillerie. Nous appellerons seulement l'attention sur un genre de lésions assez fréquemment observées chez les fusiliers, depuis l'adoption du fusil Chassepot, et dont le mécanisme esl
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très-intéressant à connaître. Le fusil Chassepol, par Tagencernent des pièces de sa culasse mobile, donne lieu à des lésions de la main d'une certaine gravité ; l'accident se produit au moment où le tireur pousse la cartouche dans la chambre, avant qu'il ait eu le temps de rabattre le levier sur le rempart qui est destiné à empêcher le recul ; dans ces fâcheuses conditions, l'explosion de. la poudre repousse en arrière, avec toute la vitesse d'un projectile, le levier qui laboure profondément la paume de la main.
La plaie, toujours située à la main droite, est déchirée, noirâtre, coutuse au suprême degré, douloureuse, s'étendant du milieu de la commissure du pouce et de l'index au poignet, profonde en moyenne de 1 centimètre. En même temps, le visage est le plus souvent criblé de grains de poudre. Des accidents graves consécutifs peuvent survenir, tels que hémorrhagie, phlegmon, tétanos; mais en général la guérison est assurée. Sonrier {Mém. de méd. et pharm. militaires) a surtout préconisé, comme moyens de traitement, les irrigations froides, la position élevée de la main, et la réunion tardive.
Les soldats du génie qui creusent des galeries de mines sont sujets à des accidents spéciaux dus à l'action des gaz nuisibles, particulièrement de l'hydrogène sulfuré, qui se dégagent à la suite des explosions de poudre. Ges accidents, qui ressemblent beaucoup à l'asphyxie des fosses d'aisances, se manifestent à des degrés plus ou moins prononcés; ils consistent, le plus souvent, en de la céphalalgie, de la stupeur, des tintements d'oreille; quelquelois il y a une perte de connaissance de peu de durée; d'autres fois, on observe du coma, des convulsions épileptiformes; la respiration est stertoreuse, de l'écume apparaît à la bouche; le pouls est plein, inégal, irrégulier. Après quelques minutes, détente générale, douleur vive, trismus
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et claquement des dents, pouls petit, intermittent, peau livide, froide, la connaissance revient peu âpeu; douleur de tête persistante ; au bout d'un jour, rétablissement complet. C'est surtout dans le percement et la destruction des mines et contre-mines, pendant les sièges, que ces accidents s'observent (Josephson).
Suivant Rizet, « l'air vicié des galeries de mines, l'action lente des gaz carbonés, amènent chez les hommes assujettis au travail des mines un véritable état cachectique. Beaucoup arrivent, à la longue, à l'ètiolement et à la chloreanémie, à l'œdème des membres inférieurs*, aux ulcères scorbutiques après la moindre excoriation.
« Un certain nombre de mineurs du génie, obligés de ramper à plat ventre dans les galeries, deviennent emphysémateux par suite des efforts qu'ils font pour respirer. » {Mém. de méd. et pharm. milit.)
B. 2® partie. — Il faut maintenant nous occuper des causes principales de morbidité et de mortalité qui viennent frapper les armées en campagne. On comprend que nous nous renfermions ici dans les généralités.
Les pertes éprouvées par les armées en campagne, dit Legouesl, sont de deux sortes : les unes glorieuses et retentissantes, dues au feu de l'ennemi ; les autres silencieuses, mais toujours beaucoup plus considérables que les premières, causées par les maladies nées sous l'influence de la vie des camps, des privations et des fatigues de la guerre.
Les influences telluriques et climatériques, d'une part; l'encombrement ef la mauvaise alimentatioil, d'autre part: voilà les causes les plus importantes, «inon les causes uniques, des maladies des camps. Au sol doivent être attribuées les maladies palustres : de quelque côté que l'on porte la guerre, on est- presque assuré d'y rencontrer des
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affeclieBsinaremraatiques; du reste, tous les travaux de remuement du soi donnent naissance à ces aiïections. Aux influences ciimatériques il faut rapporter les affections rhumatismales, les affections tinmciques inflammatoires, rinsolation, la congélation; à Tencombrenealy les maladies typhiques ; à l'alimentation, le scorbut; à ces influences diversement combinées, et surtout aux influences ciimatériques et à l'alimentation, les fluxdiarrhéiques et la dysenterie. Dans les pays où régnent les maladies endémiques (choléra, fièvre jaune, etc.), les troupes agglomérées ne peuvent manquer de payer un lai^e tribut à ces fléaux. Donnons une idée des ravages causés par quelques-unes de ces maladies :