‹ Hygiène des professions et des industries, précédée d'une étude générale des moyens de prévenir et de combattre les effets nuisibles de tout travail professionnelChapitre 67 sur 98 · MINEURS, MINES MÉTALLURGIQUES · texte numérisé non relu

MINEURS, MINES MÉTALLURGIQUES

intercalées dans le texte, Paris, 1874, 1 vol. in-8o, 1(U0 p., J. B. Baillière. Roth und Lex, Handbuch der militar Gcsundbeits Pflege, Berlin, 1872-1875.

MINEURS» MINES MÉTALLURGIQUES. — Comme chez les bouilleurs, la pathologie professionnelle des ouvriers employés dans les mines métallurgiques comprend l'étude des maladies provoquées par l'action du milieu et du travail professionnels; et celle des accidents, auxquels les mineurs sont particulièrement exposés.

Nous allons résumer dans un tableau succinct les principaux éléments de l'étude pathologique de la profession, renvoyant à l'article Mouilleurs pour la plus grande parr lie des détails.

I. Étiologie générale. — 1® Âge peu avancé auquel les ouvriers commencent leurs travaux; 2° trop longue durée du travail ; 3"* alimentation insuffisante et mauvaise bygiène physique; 4° tempérament le plus souvent lymphatique et scrofuleux.

5® Action du milieu professionnely éléments morbigènes : Absence prolongée de la lumière solaire ; variation de la température ambiante; extrême humidité des lieux; altération dans la composition de l'air respirable (gaz délétères, poussières siliceuses et mélalliques).

ô"" Influence du travail professionnel^ éléments morbpgènes : Attitudes vicieuses contractées de bonne heure avant le complet développement du corps. — Fatigue des membres et de la poitrine par suite de la violence du mouvement professionnel ; ascension des échelles ; travail du havage; percement des trous de mine; traction des chariots et des v^agons, etc.

« L'état sanitaire des ouvriers, employés dans les mines de cuivre, d'étain et de plomb du comté de Cornwall est de

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beaucoup inférieur à celui des ouvriers occupés à l'agriculture et à d'autres travaux à l'air libre. — Encore jeunes, leur physionomie, toute leur personne, accuse manifestement une constitution détériorée : le visage est pâle, l'attitude souffreteuse, le corps chétif. Vers l'âge moyen de la vie, la santé commence à décliner rapidement, la décrépitude arrive à grands pas, et comme on le dit dans le pays, un mineur de cinquante ans est un vieillard. Enfin lorsque par l'expérience ils ont acquis l'habileté qui constitue le bon ouvrier, ils deviennent incapables de travailler. >

C'est ainsi que s'exprime le rapport de la commission chargée de l'enquête sur l'état des mines de la Grande-foetagne {Blue book, 1868).

Les statistiques recueillies par la commission montrent un excès très-considérable de la mortalité chez les mineurs de Cornwall.

Prenant la mortalité moyenne de cinq années (1849- 1853), et représentant par 100 la mortalité des sujets masculins de diverses professions à chaque période décennale de la vie, on trouve, que pour les mineurs, la mortalité est de 125 entre 15 et 25 ans, de 101 entre 25 à 35 ans, de 143 entre 35 et 45 ans, de 227 entre 45 et 55 ans, de 263 entre 55 et 65 ans, et de 189 entre 65 et 75 ans.

Dans le Devonshire, les mineurs sont exposés aux mêmes maladies que dans le Cornwall ; il en est de même dans le pays de Galles et le Shropshire, où, suivant Peacock, la constitution des ouvriers est extrêmement chétive.

Une série de statistiques, donnant parallèlement la mortalité dans Jes mines métallurgiques du Cornwall et dans les mines houillères, démontre avec la plus complète évidence que l'excès de mortalité chez les premiers ne dépend pas exclusivement du travail souterrain dans les galeries obscures. — En effet, le chiffre des décès chez les

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mineurs en métaux l'emporte, pour tous les âges, sur celui des bouilleurs. Entre 35 et 75 ans, la différence est trèsgrande, et presque aussi considérable en faveur des bouilleurs du Durham et du Northumberland, qu'elle Test pour les babitants non mineurs du comté de Cornwall.

C'est dans la nature des poussières absorbées et dans la plus grande bumidité des galeries qu'il faut rechercber la cause de cette nocuité plus grande qui frappe les mineurs en métaux.

Aussi, les affections pulmonaires sont-elles plus nombreuses et plus graves ici que chez lés bouilleurs. — Représentant par 100 le nombre de décès pour celle cause chez les sujets masculins non mineurs, pour chaque période de la vie, on voit, d'après les documents recueillis dans les trois années 1860-62-63, que le chiffre de la mortalité chez les mineurs est de 114 entre 15 et 25 ans, de 108 entre 25 et 35 ans, de 186 entre 35 et 45 ans, de 455 entre 45 et 55 ans, de 834 entre 55 et 65 ans, et enfin de 430 entre 65 et 75 ans !

Ce n'est plus l'asthme ni l'emphysème qui dominent ici, mais la bronchite chronique avec crachement de sang, et la phthisie caséeuse.

L'irritation produite par la présence des particules métalliques développe plus rapidement que la poussière de charbon une inflammation parenchymateuse du poumon; et la dégénérescence des produits exsudés ou bémoptoîques, sous l'influence d'une mauvaise constitution organique, conduit fatalement à la phthisie. C'est ainsi que Peacock a observé que chez les ouvriers bouilleurs du nord de l'Angleterre, l'asthme professionnel se présente sous une forme beaucoup plus simple, et qu'il est bien moins souvent compliqué de dégénérescence des poumons ou des maladies du cœur que chez les mineurs du Cornwall ; et

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