MINEURS, MINES MÉTALLURGIQUES
c'est pour n'avoir pas fait celte séparation entre les mineurs des mines métallurgiques et les mineurs des houillères, que la confusion règne à cet égard dans les auteurs.
Brockmann, qui a écrit sur les maladies métalluigiques observées dans les mines de Harz en Allemagne, a décrit, comme une maladie spéciale aux ouvriers occupés à broyer les minerais, un ensemble de symptômes qui ne sont qu'une manifestation plus tranchée de l'anémie propre aux mineurs. C'est ainsi qu'il parle d'une affection particulière q^u'il appelle slomacace métallurgique, caractérisée par un état ecchymotique des voies buccales et parfois des voies dîgestives, avec pétéchies et hémorrhagies. Or cette maladie, que Beaugrand regarde, avec juste raison, comme analogue au scorbut, est le résultat d'une alimentation insuffisante et de mauvaises conditions hygiéniques.
La nature du minerai, à son tour, peut contribuer à rendre l'absorption des poussières plus dangereuse; c'est ainsi que les troubles gastro-intestinaux, vomissement et diarrhée, les symptômes cachectiques, les troubles nerveux et les hydropisies ont été principalement observés chez les ouvriers employés aux mines de cuivre et de plomb; par contre, dans les mines de fer, de semblables complications sont beaucoup plus rares.
IL Les causes des accidents sont les mêmes que chez les bouilleurs. (Voy. Bouilleurs et Carriers.) — Pour l'ensemble du Royaume-Uni, la proportion est d'une mort accidentelle sur 354 mineurs employés dans les houillères, et par 109715 tonnes de charbon amenées à la surface; pour les mines de fer seulement de l'Ecosse, une vie a été sacrifiée par chaque 84000 tonnes en 1863, et en 1864 par chaque 100000 tonnes de minerai produit. On le voit^ c'est déjà une proportion beaucoup plus forte que celle donnée par l'exploitation des charbons. (Extrait d'une dé-
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pèche du consul français à Glascow au ministre des affaires étrangères.)
Le nombre des décès arrivés par accident, dans les mines, est de beaucoup inférieur à celui des houillères ; mais, placé en regard du nombre des ouvriers employés, on voit que tandis que les bouilleurs fournissent ua cas de mort accidentelle sur 354 ouvriers, on relève chez les mineurs i décès par accident sur 84 ouvriers !
Cette différence estdue principalement à la gravité des lésions, et, parmi les causes elles-mêmes des accidents, aux coups de mine, aux éboulements et à la défectuosité des procédés d'extraction.
Hygiène. — L'hygiène préservatrice industrielle consistera à multiplier les efforts pour substituer au travail de l'homme le travail mécanique. La barre à mine pour percer les trous cédera la place à des appareils spéciaux. Nous citerons, entre autres, les appareils de Richards et Abegg, et les appareils dits cavateurs de M. Trouillet. — On se servira de la pile pour mettre le feu aux trous de mines, fusage de la mèche ne permettant pas toujours à tous les ouvriers de se mettre complètement à l'abri de l'explosion. Oïl prendra les précautions les plus rigoureuses avant de faire sauter les mines, et, à défaut d'appareil spécial, on pourvoira d'outils en cuivre et en bronze les ouvriers chargés de pratiquer les trous de mine pour le tirage à la poudre.
Depuis quelques années, l'usage du coton-poudre et de ta nîtro-benzine tend à se substituer, dans les mines, a remploi de la poudre. Mais le maniement de la nitrobenzine est' excessivement dangereux, et le plus grand avantage que l'on trotive^ c'est l'absericê de toute fumée après Texplosion. Cet avantage est surtout appréciable dans les endroits où la ventilation est difficile, et où, par conséquent,
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l'usage de la poudre ordinaire est défavorable à l'éclairage et à la respiration des ouvriers. (Voyez, pour l'hygiène individuelle, I'Hygiène générale et l'art. Bouilleurs.)
Voyez la bibliographie des bouilleurs. Rapport de la commission chargée de Tenquète sur Tétat des mines de la Grande-Bretagne (Blue Book« 1864). — Bulletin des annales des mines. Extraits des dépêches des consuls de France en Angleterre au ministre des affaires étrangères (1864-65-66, 68). — BuUetiu de la Société de Tindustrie minérale.
NACBiEBS. — Les coquilles de nacre de perle servent à la fabrication d'une foule d'objets d'utilité et de luxe, tels que boutons doubles et simples, éventails, touches d'accordéon et divers objets de tabletterie fine. Les ouvriers qui travaillent la nacre prennent, suivant la nature de leur travail, le nom de scieur, d'émouleur, de découpeur, de façonneur, de tourneur, de graveur, de perceur et d'encarteur. Mais, de tous ces travaux, les ouvriers ne se plaignent que de Témeulage, du sciage et du travail au tour. Ce sont en effet ceux qui présentent le plus d'inconvénients pour eux et de danger pour leur santé. Il est, toutefois, des inconvénients communs à ces diverses opérations; c'est d'abord l'aspiration incessante de poussières sèches ou humides provenant de la coquille, et occasionnées par l'action de la scie, de la meule ou de la fraise dont se servent les tourneurs et découpeurs ; ce sont ensuite l'obligation de se tenir continuellement debout, et les mouvements continuels du bras ou du membre inférieur et du pied qu'entraîne la mise en mouvement de ces divers instruments : scie, tours, forels, etc.
Le travail du tour en Tair surtout est extrêmement fatigant. L'ouvrier fléchit fortement les coudes pour prendre des points plu§ solides, et penche fortement le haut du
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corps en avant, ce qui met sa bouche au-devant d'un nuage épais de poussière de nacre, soulevé par la fraise agissant en emportorpièce tournant. (Voy. Ajusteurs et Tourneurs