‹ Hygiène des professions et des industries, précédée d'une étude générale des moyens de prévenir et de combattre les effets nuisibles de tout travail professionnelChapitre 71 sur 98 · PEINTRES · texte numérisé non relu

PEINTRES

banal dans la peinture en bâtiments et en décors, et le blanc de plomb (cérusé), sont en effet les deux principales causes de Tempoisonnement professionnel chez les peintres.

Le broyage, le tamisage, pour les ouvriers qui préparent les couleurs fines ; le délayage de la couleur, le grattage surtout des vieilles couches de peinture, pour les peintres en bâtiments, sont des opérations dangereuses par suite du dégagement de poussières sèches ou humides auxquelles elles donnent lieu.

A. Chevallier a signalé chez les premiers des diarrhées, des coliques, des vomissements et des douleurs dans les bras et dans les jambes, tous symptômes plus ou moins prononcés de'rintoxication professionnelle. (Voy. Plomb.) Mais outre cette action toxique générale, conséquence de l'absorption des poussières, on peut encore observer chez quelques-uns de ces ouvriers les symptômes d'une irritation spéciale des poumons. Sous le nom de sidérose pulmonaire, Zenker a décrit une infiltration des poumons par les particules pulvérulentes du rbuge d'Angleterre, chez les ouvriers qui le travaillent. Cette affection, qui n'est autre qu'une pneumonie parenchymateuse chronique, présente tous les symptômes de la phthisie moins ceux de l'auscultation et de la percussion. Chez une ouvrière, Zenker a pu extraire jusqu'à 22 grammes de poudre de rouge d'Angleterre des poumons infiltrés! D'après Shann, les ouvriers peintres seraient très-sujets à la phthisie; leur âge moyen ne dépasserait pas trente-cinq ans.

Il est une substance à l'action de laquelle sont soumis les peintres, et qui donne naissance à des accidents particuliers tels que céphalalgie, troubles'divers des sens, dyspepsie et faiblesse des membres, etc. ; c'est l'essence de térébenthine que l'on emploie si fréquemment pour les

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mélanges colorants. Boutigny. (d'Evreux) a particulièrement observé les effets de celte influence sur les peintres en porcelaine. Quelques-uns même auraient été obligés de quitter leur état à cause des vertiges et des violentes céphalalgies que leur faisaient éprouver les vapeurs d'essence de térébenthine. Les recherches de A. Chevallier sont venues confirmer ces premières observations. Nous renvoyons, pour lou( ce qui concerne l'hygiène préservatrice (aération des ateliers, emploi des tamis fermés, broyage dans des appareils clos, lavages fréquents, surtout avant le repas, etc.), à THygiène générale et aux articles : Ouvriers EN PAPIERS PEINTS et PlOMB.

A. Chevallier, Note sur la santé des ouvrierii qui préparant les couleurs lines (Ann. d'hyg. publ., 1858).

PBOTMiRAPBES. — Les photographes manient habituellement deux poisons très-énergiques, le cyanure de potassium et le bichlorure de mercure. « Les seuls accidents qui se sont produits dans ces circonstances ont toujours eu pour caus(» soit l'existence de crevasses ou de coupures existant aux doigts, soit la persistance à frotter avef un fragment de cyanure de potassium solide les taches de nitrate d'argent existant sur la peau, et que le cyanure de potassium fait souvent disparaître.

» Dans ce dernier cas, Tépiderme, ramolli d'abord par Faction énergiquement alcaline du cyanure de potassium^ est bientôt enlevé par lés frottements réitérés, et n'oppose plus aucune résistance à la mortelle absorption de ce produit. » (Tardieu.)

Le fait suivant est des plus intéressants à connaître : « Un photographe voulant faire disparaître les tacties noires laissées à Tune de ses mains par le nitrate d'argent,

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