‹ Hygiène des professions et des industries, précédée d'une étude générale des moyens de prévenir et de combattre les effets nuisibles de tout travail professionnelChapitre 70 sur 98 · PÊCHEURS, PLONGEURS, POISSONNIERS · texte numérisé non relu

PÊCHEURS, PLONGEURS, POISSONNIERS

catarrhe chronique des bronches surtout paraît être le triste apanage de leur profession. — Quelques auteurs ont signalé la fréquence de& ulcères aux membres inférieurs, et Ramazzini a avancé que les pêcheurs sont presque toujours atteints de constipation opiniâtre (?)

Parmi les affections externes, nous devons citer le panaris, que Ton rencontre inévitablement chez les pêcheurs à la ligne de fond.

Le mal siège presque toujours à Tindex et doit être attribué à Faction du frottement de la corde sur le doigt. c En effet, dit Barthélémy, sa fréquence à Terre-Neuve, à bord des bâtiments pêcheurs, est connue de tous : les piqûres par. les hameçons, les arêtes, les nageoires des poissons, dans un climat froid et humide, doivent bien y contribuer; mais on sait aussi quelle longueur de corde doit . passer entre leurs doigts, quand du matin au soir ils sont employés à pêcher par des fonds de plusieurs brasses.

« Ceux qui se livrent à la pêche des perles, des éponges, du corail, en plongeant à des profondeurs souvent considérables, sont exposés à des accidents d'une haute gravité. »

« Certains plongeurs, dit Ponty en parlant des pêcheurs de perles du golfe Persique, peuvent tenir quatre et même cinq minutes sous Teau; et il est habituel de voir une immersion aussi prolongée déterminer des flux hémorrhagiques par la bouche, par le nez et les oreilles. Un danger permanent menace au reste la vie des plongeurs; et si l'intrépide chercheur de perles échappe à rasphjxie,à la dent des squales, aux accidents de toutes sortes qu'il affronte, la surdité y la cécité et divers troubles des organes des sens ne manquent pas de l'accompagner dans sa retraite prématurée. »

Avec l'application des appareils sous-marins à ce genre de pèche, la plupart des accidents seront évités. Toutefoi*s,

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il peut survenir deux causes de périls pour les plongeurs; ce sont : la mauvaise confection des scaphandres, et une trop grande précipitation daus la compression et la décompression de l'air contenu dans leur intérieur. • Les appareils sous-marins sont au nombre de trois : la cloche à plongeur, le scaphandre Cabirol, et l'appareil régulateur Rouquayrol-Denayrouse.

La cloche à plongeur consiste en un vase ouvert par le bas et fermé par toutes les autres parts, dans lequel on peut descendre, sans danger, des hommes au fond de Teau, en envoyant continuellement de Tair à une pression d'autaat plus grande que la cloche s'enfonce davantage.

Il serait trop long d'entrer dans les détails de la description du scaphandre Cabirol. C'est celui employé dans la marine pour les recherches et les travaux soufi-marins. Nous dirons seulement que les objets destinés à isoler le. plongeur sont au nombre de trois : un casque muni de glaces protégées par un grillage en fd de fer, une pèlerine métallique, et un vt^enient imperméable.

Nous avons déjàdécrit l'appareil Rouquayrol eu parlautdu déchargement des bateaux infectés de miasmes. Lorsqu'on veut s'en servir pour la pêche, le plongeur est maintenu au fond de l'eau par des souliers auxquels sont vissées des pia(j[ues de plomb du poids de 8 kilogrammes ; et lorsqu'on doit rester longtemps sous l'eau, afin d'éviter l'action du froid et celle de l'eau de mer sur les yeux, il faut joindre à l'appareil un vêtement de caoutchouc et un masque préservateur (Denayrouse).

Les accidents que l'on a eu l'occasion d'observer en pareils cas sont en tous points semblables à ceux que nous avons décrits au sujet du travail dans l'air comprimé. C'est avec le scaphandre Cabirol qu'ils se sont présentés le plus souvent. En effet, il résulte des observations qui

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ont été faites, que rien ne réglant l'arrivée de l'air dans le scaphandre, l'ouvrier en reçoit tantôt une trop grande, tantôt une trop faible quantité. En 1867, sur 24 hommes qui péchaient avec 12 scaphandres de fabrication anglaise, par des fonds de 45 à 54 mètres, 10 sont morts, 3 presque subitement en revenant à Fair libre, les 7 autres après plusieurs mois de souffrances, et ayant tous offert la paralysie des membres inférieurs et de la vessie.

Suivant Le Roy de Héricourt, les pêeheurs qui ont ainsi succombé ont dû être atteints d'hémorrhagies de la moelle produites par la tension des gaz libres en solution qui saturaient le sang.

Les récentes expérie/ices de Paul Bert sont venues confirmer cette opinion. (Voy. Travail a l'air comprimé.)

Avec l'emploi de l'appareil régulateur, il est rare d'observer des accidents. 11 est, toutefois, certaines profondeurs qu'il est toujours dangereux de dépasser : 35 mètres par exemple^

Ou prendra, dans tous les? cas, les plus grandes précautions en descendant le plongeur, mais surtout au moment de la décompression de l'air.

Celle-ci devra être d'autant plus prudente (jue la profondeur atteinte aura été plus grande. La durée d'une minute par mètre d'ascension de retour serait suffisante, d'après de Méricourt. Thibaut et Le Roy de Méricoui-t ont eu l'occasion d'observer aussi chez les plongeurs au scaphandre des accidents d'intoxication dus au sulfure de carbone provenant d'une mauvaise vulcanisation des tubes en caoutchouc (Arch. de méd. nav., 1804); c'est là un bit extrêmement rare.

On a*signalé chez les vendeuses de poissons des symptômes d'empoisonnement par les émanations putrides s'exhatant des paniers à poissons. Deville {Gaz. hôpU.,

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4 octobre 1860) a constaté, surtout chez les jeunes enfants soumis à ces émanations, daqs les chambres où ces paniers se trouvaient déposés, des entérites chroniques quelquefois mortelles.

Chevallier cite des faits semblables provoqués par l'odeur fétide des paniers à poissons. {Journal de chimie médicale.)

Déjà Pâtissier avait dit : c Les poissons qui commencent à se putréfier exhalent une odeur très-puante, formée par le gaz hydrogène phosphore (?) — Cette odeur peut occasionner des maladies graves. Les poissonniers sont exposés au scorbut, à Térysipèle, aux dartres et aux inflammations de Testomac et des intestins. » J'ai été à même d'obsener la fréquence de la dysenterie chez les vendeuses de poissons. Une remarque que j'ai faite aussi, c'est que la plupart d'entre elles ont une très-mauvaise haleine.

D'après les recherches de Henry et Labarraque, c'est à la couche de matière gélatineuse qui adhère très-fortement aux mailles dés paniers, et à sa décomposition, qu'il faut attribuer la plupart des accidents.

Il est donc nécessaire de conseiller avant tout la désinfection des paniers à poissons, au moyen du chlorure de chaux ou de Thypochlorite de soude.

A. PoNTY, Relation médicale de la campagne de l'aviso à vapeur le Surcouf ùiins le golfe Persique, th. de Montpellier, 1867. — Le Rot DE MÉRICOURT, Considérations sur l'hygiène des pêcheurs d*éponges, résumé in Bullet. de l'Acad. de méd., 1868, t. XXXIII, p. 786 (Arch. de méd. navale, 1868; reprod. in extenso dans Ann. d'hyg.,1869, t. XXXI, p. 274).

PEINTRES. — La plupart des accidents déjà signalés chez les apprêleurs d'étoffes colorées et les ouvriers en papiers peints se rencontrent chez les peintres. — Le vert de Scheele (arsénite de cuivre), substance d'un emploi si

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