RAFFINEURS
duiis chimiques (Journ. de. chimie médicale, 1848). — BussT, Note sur rinflucnce des fabriques de produits chimiques sur Thygiène publique (Journ. de pharmac. et de chimie, mars 1858). — Yernois, Traité d*hygiène industrielle, Paris, 1860, article Produits chimiques. — A. Chevallier, Note sur les ouvriers qui travaillent aux préparations de sulfate de quinine (Comptes rendus de TAcadémie •des sciences, 1858). — Ch. de FRETcnnsT, Traité d'assainissement industriel, Paris, 1870, p. 127. — Boutron, Instruction concernant les précautions à prendre lorsqu'on doit faire des réparations aux chambres de plomb dans les fabriques d'acide sulfm'ique (Journ. de pharm. et de chimie, 1871).
BAFFiNEURS. — Les ouvriers qui travaillent dans les raffineries de sucre sont soumis à deux causes principales <le maladies qui sont : 1^ la haute température des ateliers, 2** et la présence, dans l'atmosphère professionnelle, de gaz et d'émanations nuisibles produits par la décomposition spontanée des matières employées dans la fabrication. Les refroidissements auxquels ils sont exposés les disposent aux affections calarrhales des bronches et de l'estomac. Il règne dans les salles de travail une odeur fade et pénétrante provenant des matières organiques dont le sol est imprégné. La chaleur humide qui pénètre les ouvriers raffineurs entretient chez eux une tendance à la débilitation et au lymphatisme. La fièvre typhoïde est fréquente chez eux. Le cachet de leur constitution est une apparence anémique due à une sorte d'empoisonnement chronique du sang, entretenu par la respiration continue d'un air vicié dans lequel on trouve des traces d'hydrogène carboné, d'acide carbonique et d'hydrogène sulfuré.
Les ouvriers chargés de la cuite du jus et sirop de betteraves sont atteints fréquemment de troubles dyspeptiques et de flux de ventre. Outre les gaz provenant.de la fermentation des matières azotées, ils respirent encore l'ammoniaque qui se dégage en grande quantité pendant les pre-
miers temps de Tévaporalion du jus, et qui provoque chez eux une irritation des voies bronchiques et de l'arrièregorge.
Les éruptions eczémateuses et furonculeuses sont trèscommunes chez les raffineurs. Elles sont dues au dépôt, sur la peau, de particules de sucre ou de mélasse, répandues en grande abondance dans l'atmosphère des salles de cristallisation, ou bien encore au mauvais état des voies digestives.
Hygiène préservatrice. — Les mesures d'hygiène préservatrice consisteront surtout dans le maintien de la plus grande propreté des salles de travail ; dans la condensation des vapeurs d'ammoniaque, que Ton pourra ainsi recueillir et exploiter; dans le nettoyage et l'assèchement des parquels.
Les ouvriers éviteront les brusques transitions de température; ils se garderont de tout excès en tout genre, se livreront aux soins les plus minutieux de leur personne; en dehors des heures de travail, ils prendront un exercice salutaire au grand air. Un régime tonique et l'usage du vin seraient indispensables ici; malheureusement, cette industrie s'exerce principalement dans le nord delà France, où l'abus de la bière et de l'alcool vient encore favoriser Tapparition des affections gastro-intestinales auxquelles ils ne sont déjà que trop disposés.
iiEPAisiSEri»ES. — S'il est une profession qui, embrassée de bonne heure, expose les jeunes filles à l'anémie et à la chlorose, c'est bien celle de repasseuse. Le défaut d'exercice nécessaire, l'attitude fatigante qu'elles conservent pendant de longues heures, mais bien plus encore la respiration d'un air vicié par les vapeurs du charbon : telles sont les causes des maladies et des accidents qui se
présentent chez les femmes qui repassent le linge.
« Presque toutes les jeunes filles que je connais, et qui sont repasseuses, dit Guépin (de Nantes), sont chlorotiques; presque toutes souffrent de la vue; elles ont au fond de Fœil une congestion choroîdienne et une hypérémie de la papille du nerf optique. Elles ne peuvent lire quelque temps sans grande fatigue. Il en est un grand nombre, surtout dans les villes, chez lesquelles la chlorose est accompagnée de pertes blanches. Plusieurs fois des lingëres m*ont consulté pour des pertes de connaissance arrivées sous rinfluence de la combustion du charbon des fers à repasser. > Guépin cite, en outre, un cas de cécité, résultat d'une congestion bulbaire. Chez presque toutes celles qui s'évanouissent il a remarqué une faiblesse visuelle plus grande, et de la faiblesse dans Texécution des mouvements locomoteurs.
La diminution de l'activité ou du nombre des globules du sang, tel est le résultat plus ou moins éloigné de la respiration d'un air insuffisamment oxygéné; mais certains accidents sont, par le fait même de la rapidité et de la gravité de leur apparition, les symptômes d'un véritable empoisonnement. Or l'agent toxique n'est point, ici, l'acide carbonique, qui n'a pas d'action chimique sur le sang, mais bien l'oxyde de carbone.
C'est à la présence de ce gaz que sont dus le malaise général, les douleurs de tête persistantes que ressentent les repasseuses, quand l'aération de la chambre est insuffisante.
Leblanc a démontré que deux à trois millièmes d'oxyde de carbone dans l'air suffisent pour tuer un chien; il ne faut qu'un millième pour asphyxier un oiseau. Les expériences de Claude Bernard ont prouvé aussi que les globules sanguins se combinent avec ce gaz, et dès lors
deviennenl inaccessibles à Toxygène. L'animal meurt faute d'oxygénation des globules sanguins. Lors même qu'il eât reporté dans l'air pur, si l'action est trop avancée, la mort survient peu à peu, et, dans tous les cas, le rétablissement est long, parce que le retour des globules à l'état normal, ou le remplacement par de nouveaux, est lent. Ce que nous venons de dire nous fait comprendre comment Guépin a pu observer que chez des repasseuses obligées de quitter la profession il faut en général au moins une année pour restaurer, en pareil cas, la santé.
Le laisser aller des mœurs vient souvent s'ajouter aux causes précitées de maladies pour agir sur la santé générale ; la phthisie est tf ès-fréquente chez les repasseuses et les lingères.
Suivant Tardieu, l'habitude de presser avec les doigts sur les robes et sur les chemises amène parfois une cambrure remarquable des trois derniers doigts de la main droite, et une facilité très-grande de renversement des doigts de la main gauche sur le dos de la main. Yernois cite particulièrement la luxation habituelle en arrière du pouce gauche.
Les brûlures au premier et au deuxième degré, auxquelles sont particulièrement exposés les doigts et la main, sont, le plus souvent, le résultat de l'imprudence ou de la maladresse de l'ouvrière.
Hygiène. — La plupart des accidents arrivent souvent par l'emploi des fers à repasser, dans l'intérieur desquels on met le charbon. Ce sont ceux dont on se sert généralement en Bretagne, et qui ont donné lieu aux observations de Guépin (de Nantes). Les plaques que l'on* met à chauffer sur un fourneau placé sous une cheminée ne sont point dangereuses à manier. Le plus souvent, malheureusement, les fers sont exposés au contact du feu nu, soit dans un