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1648, les barbiers-chirurgiens avaient abandonné les insignes de leur métier et lorsque la déclaration royale de 1664 défendit aux chirurgiens d’empiéter sur les attributions des perruquiers-barbiers, ils ne s’adonnaient déjà plus qu'à la pratique des opérations. L’édit de 1673 organisa de nouveau la corporation des perruquiers-barbiers, dont les statuts donnés en conseil le 14 mars 1674 furent enregistrés au Parlement le 17 août 1674.
Mais les grands seigneurs au début du règne de Louis XIV confiaient plutôt leur tête à leurs valets qui leur servaient de coiffeur, les gens du peuple seuls avaient recours au perruquier ; les dames aussi faisaient ordonner leur chevelure par des coiffeuses dont certaines, comme la Barancey, étaient déjà fort à la mode à la fin du règne de Louis XIII. Il ÿ eut donc ainsi en plus des barbiers-perruquiers, des coiffeurs et des coiffeuses et de nouveaux statuts de la corporation des barbiers-perruquiers enregistrés au Parlement le 7 septembre 1718 ne donnaient nùllement à ces derniers le droit de coiffer, exclusivement réservé aux coiffeurs. j
Mais les perruquiers-barbiers s'étant appropriés ce droit, les coiffeurs réclamèrent et gardèrent le droit exclusif de coiffer les dames. C’est alors que parurent les coiffeurs de dames » dont la profession, disaienlils, appartenait aux arts libéraux, tandis que celle du perruquier rentrait dans les arts mécaniques ». Il est vrai, toutefois que bien avant Louis XIV et malgré le
concile d'Elvire en 1605 qui preserivait l'usage des { 8
coiffeuses les grandes dames s'étaient parfois engouées d'hommes réputés par lesquels elles se faisaient coiffer. À la fin du règne de Louis XV, un coiffeur de Versailles, M. Lorsana, ayant eu l’agrément de Mesdames, filles du Roi, les coiffeuses furent abandonnées à la petite bourgeoisie.
La communauté des perruquiers-barbiers continuait ses offices auprès des hommes, mais comme.elles ne pouvait plus suffire à sa tâche, elle se vit agréger par la déclaration royale du 17 août 1777, 600 coiffeurs de dame. Tous ces barbiers-perruquiers et coiffeurs eurent alors peu à peu les mêmes prérogatives el continuèrent en chœur à coiffer, friser, boucler, parfumer, poudrer. Ils poudraient tellement que, vivant dans un nuage de poudre, ils ressemblaient à des merlans enfarinés prêts à être mis à la poêle ; le nom leur en est resté: Le Docteur Noury nous rapporte à ce sujet, un incident qui troubla la représentation lors de l'inauguration du premier Théâtre des Arts de Rouen : négligeant ou n'ayant pas eu le temps de faire sa toilette, un perruquier était entré au parterre debout en habit de poudre ; comme il salissait ses voisins, il en était résulté du tumulte qui se termina par l'expulsion du merlan.
Après la révolution de 1789 et jusqu’à nos jours, perruquier et coiffeur ne firent plus qu’un, leur art se modifia avec la suppression des perruques et les caprices de la mode.
Si le barbier hindou ne tient pas boutique et circule dans les rues et le long des bazars, portant son maté-
riel en un paquet fixé sur l'épaule (Information de Saï-
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gon, 5 mars 1922), si dans certains villages on rase parfois en plein air ou dans certaines villes sur Îles quais, ice qui fait dire aux esprits facétieux « on rase sur le porc ! », actuellement les coiffeurs opèrent presque partout en boutiques plus ou moins élégantes parées avant la guerre de 1914, du nom presque exclusif de « salons de coiffure ».. :
Ces salons étaient alors surtout fréquentés par les hommes. Mais depuis la guerre, ces salons de coiffure sont devenus de luxueuses installations qui ont pris les noms plus pompeux d'institut de beauté, d'académie de beauté , etc., que fréquentent les jeunes élégants à face complètement rasée et à longue chevelure dont les frisures et ondulations artificielles obtenues à grands frais ne s’accommodent plus du port du chapeau, et où se pressent les femmes, esclaves de la mode des cheveux icourts rénovée de Néron. Celles-ci, comme le constate le Docteur Borpas, dans un rapport si documenté au Conseil Supérieur d'Hygiène publique de
France, y dépensent plusieurs heures pour subir les
multiples traitements : de la taille des cheveux, l’ap-
plication de lotions variées, le séchage électrique, l’indéfrisable, les teintures, l’action de la chaleur, de la lumière, des rayons infra-rouges ou ultra-violets, l’épilage des sourcils, le maquillage, l’émaillage du visage à la façon des perles de verre à l’aide d'un produit à base d’écailles d’ablettes ou de harengs, etc... avec une grande mise en jeu de sucs astringents, de crèmes émollientes, de pâtes adoucissantes, de fards
nutritifs, d’onguents, de lotions, de pâtes épilatoires,
ete., ete. Les chevelures et les visages ne sortent pas toujours indemnes des coupes savantes et des applications de produits aussi nocifs que variés ; le courant électrique n’est pas toujours inoffensif pour le patient dont le revêtement cutané, malmené au nom de Hygie, emporte des traces cuisantes de manœuvres intempestives, quand il ne conserve pas les stigmates indélébiles d’une maladie venue souiller son corps tout en-, tier. C’est dire que le salon de coiffure, et surtout le - salon de coiffure mal tenu, peut être à l’origine d’affections ou d'accidents que ses hôtes, victimes de leur désir de plaire, payent en tribut aux caprices de la
mode.