‹ Hygiène des Salons de CoiffureChapitre 13 sur 19 · RAC · texte numérisé non relu

RAC

traction et les traitements imposés au poil par des tondeuses ou des ciseaux coupant mal ou tenus par des mains malhabiles, alors que d’autres, au contraire, voient dans l’arrachement un moyen de favoriser le ‘développement des poils. Rien n’est moins prouvé que toutes ces assertions et l'expérience montre, pour le moins, qu'une section du poil pratiquée avec mesure est sans inconvénient, comme sans avantage pour lui, que de très belles barbes ou chevelures se rencontrent parmi celles qui sont périodiquement coupées comme parmi celles que les ciseaux n'ont jamais touchées.

On ne peut malheureusement pas en dire autant des accidents dont le client peut être victime dans le salon de coiffure et des affections qu'il y peut contracter, soit directement de la part de l’artiste auquel il se confie, soit médiatement, celui-ci n'étant que l'agent vecteur d’une affection que ses mains ou ses instruments colportent d’un patient à l’autre.

Le coiffeur peut donner à son client toutes les maladies aiguës ou chroniques dont il est lui-même atteint, les angines dont sa loquacité facilite la propagation, la tuberculose, etc...

Il peut, par la pratique détestable, qui existerait encore, dit-on, dans certains pays, du « rasage au pouce ou à la cuiller », transmettre d’un client à l’autre toutes les affections parasitaires ou microbiennes de la bouche et des maladies générales comme la syphilis dont d’ailleurs déjà, dans sa thèse de 1887, le Docteur Niver et en 1889, le Docteur MoreL-LAvVaLLÉE dans un

mémoire des Annales de Dermatologie et de Syphili-

opel

graphie, ont cité des cas de transmission par le rasoir. Ces cas rapportés par LANGEREAUXx ont été rappelés à la séance de janvier 1932, de la Société d'Hygiène publique par le Docteur Navarre, séance à laquelle de son côté, le Docteur Neveu rappelait le cas signalé par Ca- TRIN en 1896. Laissant de côté, Les lésions traumatiques fréquentes, mais en général, peu graves par ellesmêmes, comme les coupures des téguments par les ciseaux ou le rasoir, les brûlures de la peau par le fer. à friser maladroitement manié, on peut dire que le coiffeur ou ses instruments peuvent être l’agent vecteur de toutes les dermatoses dues à des acariens, à des microbes, comme l'érysipèle, l’impetigo, les folliculites, le sycosis, etc... à des champignons comme les teignes, à des virus filtrants comme l’herpès et les verrues.

Le pinceau à barbe, le blaireau provenant de régions où la désinfection des poils qui servent à sa fabrication n'est pas obligatoire, peut transmettre des maladies graves. C’est ainsi que le D' Ecworruy a signalé un cas de pustule maligne attribué à l’usage d’un blaireau contaminé et que le Docteur Courts a signalé en 1917, dix-neuf cas semblables dans le Local Governement Board. La simple pierre d’alun elle-même, dont le barbier se sert parfois comme hémostatique à la suite d’une coupure peut devenir un agent de contamination puisque REMLINGER (Revue d'Hygiène et de police sanitaire, juin 1911), a trouvé à sa surface le staphylocoque, le bacillus thermo, le bacillus mesentericus. Mais les accidents ou les affections graves à redouter, proviennent surtout de l’utilisation par le coiffeur des

— 38 — os Re À agents chimiques ou physique dont l'usage a pris de nos jours une extension telle qu’il constitue un véritable danger public. L'agent chimique le plus couramment employé est le sayon et le shampooing dont l'usage fréquemment répété n’est pas sans inconvé: nient pour le cheveu, la barbe ou la moustache. Le savon ét le shampooing qui contiennent l’un de la soude et l’autre de la potasse capables de dissoudre le poil, produisent à la longue la trichorrexie noueuse, vulgai-

rement appelée la maladie de la perle qui se rencontre

même sur les blaireaux usagés, qui disloque les cellules corticales du poil et le rend cassant. : Les cosmétiques appliqués à la chevelure se proposent de l’orner, de la conserver, de l’accommoder aux exigences de la coiffure, d’en dissimuler les imperfections et aussi de réparer les pertes éprouvées. Une foule

de substances ont été employées dans ce but, depuis la

graisse d'ours recommandée par Cléopâtre, jusqu'à l'huile de lézard, aux cendres de grenouille et de cantharide. Ils ne vont pas toüiours sans produire des | dermites, suivant la nature des produits chimiques qui

entrent dans leur composition, mais la plupart du

temps, ils se bornent à surcharger la tête de matières grasses, à rendre difficile son nettoyage et à én aecroître la malpropreté par la fixation de poussières et de substances étrangères. Leur nocivité apparaît donc limitée. |

Il n'en est pas de même des cosmétiques employés dans le but de farder, d'embellir et de conserver frai-

ches les parties extérieures du corps, notamment le

De (+ He

visage. IIS comprennent toutes sortes d’onguents, de crème, de lotions et même de boues exotiques plus ou moins contaminées, préparations fréquemment à base de céruse, de baryte, de bismuth, de zinc, de mercure (surtout lorsqu'elles sont d’origine étrangère) et même à base d’écailles de poisson quand il s’agit d’émailler les joues. a

Tous ces produits atrophient les glandes de la peau et la dessèchent, d’où apparition plus précoce des rides qu’elles ont la prétention de prévenir. Comme le dit le Docteur Bonpas, ils peuvent produire des « désordres fâcheux, éruptions du visage se caractérisant dans les formes légères par des rougeurs, de la sécheresse, des desquamations et dans les formes graves par des tuméfactions de la peau, des phénomènes eczémateux, de la suppuration avec croûte, ulcération, accidents qui s’accompagnent de démangeaisons, de fièvre pouvant durer des semaines. Enfin, ils sont tous susceptibles de donner lieu à de nombreux cas d’empoisonnements aigus ou chroniques, avec accidents urémique, albuminerie, etc... »

Le Professeur Renaup, de Lyon se plaisait à raconter à ses élèves, qu'appelé auprès d’une malade atteinte de saturnisme dont personne n'avait pu déceler l'origine, son attention d’érudit et d'artiste avait été attirée sur une remarquable petite boîte ancienne finement ciselée. Sa curiosité d'artiste le poussa à examiner de plus près cette boîte, il-l’ouvrit et vit qu’elle servait de boîte à poudre. Il eut l’intuition de demander l’examen de cette

poudre ; l’analyse y dénota la présence d’une grande

Page 1