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quanité de céruse ; l’origine de l’intoxication saturnine de sa malade était trouvée. |
Les pâtes épilatoires composées de sulfures alcalins ou alcalinoterreux, de sulfure d’arsenic, ne sont pas non plus sans provoquer de vives réactions inflammatoires sur les épidermes délicats.
Quant aux teintures fréquemment utilisées par les élégants des deux sexes pour réparer des ans l’irréparable outrage, ou pour suivre les fantaisies capricieuses de la mode qui va jusqu’à demander des cheveux bleus à ses adeptes, elles sont toutes dangereuses, non seulement par elles-mêmes, mais aussi par les opérations préliminaires que nécessite leur application.
C'est qu’en effet, celle-ci est toujours précédée du nettoyage des cheveux, de leur dégraissage souvent pratiqué à l’aide d'hydrocarbures volatils (dits éthers de pétrole) très inflammables et qui ont été cause de brùlures redoutables, ou avec des produits à base de tétra-: chlorure de carbone qui contient toujours du sulfure de carbone dont la toxicité ne fait que s’ajouter à celle du tétrachlorure.
Le nettoyage est, de plus, souvent suivi d’une décoloration pratiquée, presque toujours à l'eau oxygénée, dans le but de ramener d’abord à une même teinte les cheveux qu’il s’agit de teindre d’une manière uniforme. Cette eau est encore utilisée parfois par le coiffeur pour ramener à une teinte plus claire, une chevelure dont il a poussé trop loin la teinture. Les cheveux se trouvent ainsi soumis comme le fait remarquer
SABOURAUD « à plusieurs violences successives. S'ils
sont fins, ils cassent les jours suivants et il est des cas où au bout de quinze jours, la patiente peut avoir perdu la moitié de sa chevelure, >.
Parfois, l’eau oxygénée est simplement utilisée
pour blondir les cheveux ; dans ce cas, le cheveu n'est
violenté qu’une fois, son action paraît alors moins né-
faste. Néanmoins, l’abus de l’eau oxygénée, provoque parfois des éruptions à la peau, des sortes d’eczémas humides et suintants, dessèche les cheveux qui se cassent par suite de la production presque certaine de la trichorrexie. |
Les teintures, avons-nous dit, sont toutes nocives, mais cette nocivité varie avec leur nature. On a coutume de les diviser d’après leur composition en teintures végétales, teintures métalliques, teintures mixtes ou rastiks, teintures d’aniline.
Les teintures végétales sont à base de feuilles de henné et de racines d’indigo réduites en poudre. Ces poudres plus ou moins mélangées s'appliquent en cata-
plasme sur la chevelure. Elles constituent les teintures
les moins nocives ; leur principal inconvénient est de
gonfler le cheveu en diminuant sa résistance.
Les teintures métalliques ont été employées de toute antiquité. On se contentait autrefois d’imprégner les cheveux d'acétate de plomb ou d’acétate de cuivre et on demandait aux exhalaisons de la peau d'assurer leur transformation lente d’acétate en sulfure très foncé : plus tard, cette sulfuration fut produite extemporaire-
ment par une application d'hyposulfite de soude. La
‘plus répandue des teintures métalliques est la teinture
au nitrate d'argent, quelques-unes sont à base de mercure. Le moindre inconvénient de ces teintures est de compromettre le bulbe pilaire, mais elles peuvent produire dés intoxications consécutives à l'absorption par la peau de leurs composants toxiques, I peut arriver d'autre part, qu'une teinture à base de nitrate d’arsent laisse une tache-sur la peau du visage, on l'enlève facilement avec une solution d’hyposulfite de soude : mais il arrive parfois qu'on se serve pour l'enlever de flacons « à détacher » du commerce ce qui expose à de grands dangers d'intoxication en raison du cyanure de potassium éminemment toxique qu'il renferme le plus souvent.
Les teintures mixtes ou rastiks sont d’origine végétale et minérale. Elles sont habituellement à base de Pbenné, auquel on ajoute des sels métalliques. Les Arabes fabriquaient du pyrogallate de cuivre avec lequel ils communiquaient au henné une teinte plus ou moins foncée, en faisant griller des noix de galle avec des pyrites de cuivre. Leur toxicité est fontion de la toxicité du métal uni au henné, mais toutes rendent le cheveu plus fragile et SABOURAUD à vu après des applications, pour le moins maladroites, des femmes qui en rentrant chez elles, ont enlevé avec leur chapeau, la moitié de leur chevelure.
Les teintures d’aniline ont d’autant plus de vogue que leur application est facile et que les accidents qu’elles occasionnent sont relalivéement rares, : mais quand elles en produisent, ce sont des intoxications ex-
cessivement redoutables. Ces teintures sont, en géné-
ral, à base de paraphenylènediamine et d’eau oxygé-
née, le premier de ces corps est le mordant, le deuxième
le fixateur ; le mélange constitue la base du Bandrowski. À
- Les accidents lorsqu'ils se produisent n’apparaissent qu'après une dizaine d'heures. Ce sont d’abord des démangeaisons aux tempes et autour du cuir chevelu, puis apparaissent quelques petites rougeurs, et
un œdème énorme, mou, au point que la sérosité de
l’œdème se déplace suivant la position du sujet, en-
vahit toute la face, ferme les paupières et descend parfois jusqu'aux seins. Des phlyctènes apparaissent ensuite, s'ouvrent et laissent écouler une sérosité qui se concrète en croûtes d'aspect impétigineux. Le malade est parfois hideux à voir. Le euir chevelu, siège aussi de démangeaisons, peut ne présenter de lésions apparentes que sur ses bords. En général, cet état s’atténue vers le quatrième jour, mais le malade ne peut guère sortir avant une ‘quinzaine de jours. L’affection S’accompagne souvent d'albuminurie, que SABOURAUD a vu dans un cäs, -persister six mois. Elle constitue la plus. impressionante des affections d’origine chimique qui se peuvent contracter dans un salon de coiffure. Fous les sels toxiques d’aniline peuvent produire des effets semblables. ae
Les agents physiques eux aussi utilisés ‘dans les’ salons de coiffure, ne sont pas à l'abri de tout reproche.
La chaleur. portée par le fer sur le poil dont on veut obtenir la frisure, n'est pas sans inconvénient pour ce
dernier, ni sans danger pour la peau du patient exposé