HABILLEMENT
D. — Bas ET CHAUSSURES
La vogue a été longtemps aux bas de laine; ceux de coton tendent aujourd’hui à les remplacer : ils sont d’un contact plus agréable et s’encrassent moins vite. L’avantage reste cependant aux bas de laine pour tous les individus qui ne font pas un exercice suffisant ; il faut seulement avoir la précaution de les renouveler souvent.
Jadis les bonnes chaussures étaient la règle ; elles sont maintenant l’exception : c’est que les cuirs, qui restaient habituellement en fosse dix-huit ou vingt mois, en sont retirés au bout de deux ou trois. De là l’utilité d’avoir plusieurs paires de chaussures ; pendant qu’on porte les unes les autres sèchent complètement, et l’on peut tous les matins et même deux fois par jour, par les temps de neige et de boue froide, se mettre les pieds au sec. Cette condition et l’exercice de la marche permettent à toutes les personnes bien portantes d’éviter le froid aux pieds, l’un des supplices de la mauvaise saison.
La forme du pied s’éloigne tellement des formes géométriques habituelles qu’il est bien difficile de fixer, avec quelque précision, celle de la chaussure lui convenant. On peut dire seulement que le cou-de-pied doit être bien pris et les orteils à l’aise, le milieu suffisamment cambré et le talon bas. Les cordonniers français ont la rage de nous faire monter les orteils les uns sur les autres et de meurtrir, en sa partie médiane et antérieure, le bord externe du pied par une cambrure latéro-inférieure insuffisante ; les cordonniers anglo-américains semblent avoir évité ces défauts, et tout en désirant défendre
l’industrie nationale, on est obligé de reconnaître qu’on est mieux dans leurs chaussures que dans les nôtres. J’espère, du reste, que, parmi les ouvriers français, il en est qui ne tarderont pas à saisir le secret de cette fabrication.
En France comme à l’étranger, la confection pour tous triomphe de la confection pour un. Ce n’est pas seulement une affaire de commodité et de bon marché : telle personne qui n’a jamais bien été chaussée par son cordonnier trouve facilement, à la confection, chaussure à son pied, parce qu’elle a un grand choix parmi celles qui ont été faites pour des pieds analogues. Cette personne serait encore mieux servie si, au lieu de présenter le pied droit à l’essai, comme elle le fait d’habitude, elle présentait le pied gauche, normalement plus fort que l’autre.
11 n’est pas besoin d’habiter la campagne pour faire un usage journalier des sabots. Tout individu qui possède une cave et un jardin peut adopter ce genre de chaussure, quand il travaille dans l’une ou dans l’autre : on y est au chaud et au sec, surtout si l’on a la précaution d’en garnir le fond avec un peu de paille bien fraîche ; le pied y prend de l’ampleur, une belle forme et beaucoup de fermeté.
Alimentation
Alimentation solide ou alimentation ordinaire